TYPE MALHEUREUX DU SOLEIL
Les soléiens au type malheureux ont un front proéminent en sa partie supérieure, et soucieux; des sourcils arqués et froncés; des yeux enfoncés, secs et qui scintillent; la prunelle est dilatée, fauve ou verdâtre, et présente parfois des points safranés; d’autres fois apparaît sur l’iris un double cercle, dont l’un est verdâtre, et l’autre safrané. Leur regard, assuré et hautain, a, quand il se concentre, quelque chose d’étrange qui trouble et qui fascine.
Ils ont le nez grand et saillant, recourbé en forme de bec d’aigle; les narines longues et souvent échancrées. Leur bouche est fermée et serrée, avec des coins abaissés et souvent plissés; des lèvres plates et minces. Le menton est grand, ferme et saillant; le teint d’une pâleur tirant sur l'olive, les cheveux plats et roussâtres.
Les soléiens de ce type sont chauves de bonne heure, surtout au sommet du front. Leur voix est brève et impérieuse. Ils ont une allure ferme et altière, marchent la tête haute et à pas comptés. Ils ont soin de leur personne et ont le goût des bijoux, des pierreries et des choses luxueuses ; cependant, ils affectent de ne s’en point parer. Leur mise est habituellement simple et soignée, mais elle a toujours un cachet d’originalité. Ils aiment la représentation, se plaisent dans les palais somptueux, où brille la magnificence, et où la lumière et les rayons du soleil pénètrent abondamment. Leur aversion de l’obscurité est tellement grande qu'il leur est pénible de dormir la nuit sans lumière; aussi plusieurs d’entre eux éclairent leur chambre pendant leur sommeil.
Au moral, les soléiens ont une gravité soucieuse et inquiète. Ils sont irascibles, orgueilleux, autoritaires, impérieux et résolus. Munis d’une volonté ferme et absolue, ils brisent impitoyablement ceux qui leur résistent. Leur ambition insatiable et aveugle les porte au despotisme, à la tyrannie, à l’injustice; elle peut même les induire à commettre des actions criminelles. Ils ne sont guère disposés à la clémence; cependant, par calcul et par politique, ils peuvent se montrer indulgents et :même généreux envers ceux qui les ont offensés, tout en conservant au fond d’eux-mêmes leur ressentiment et le désir de se venger. Ils sont très enclins à l’égoïsme, sont sobres, méprisent les voluptés et les plaisirs mondains, sont peu sensibles à l’amour et fuient la débauche des sens.
Ils n'ont de grand attachement ni pour leur famille ni pour leurs amis, et c’est surtout par un sentiment d’orgueil et de protection qu’ils s’efforcent de les produire, de favoriser leur avenir et de les faire arriver aux honneurs. Jaloux de leur autorité, ils ne souffrent pas qu’on y porte atteinte et n’admettent personne dans leur familiarité. Esprits dominateurs, ils imposent leurs opinions et ne peuvent supporter qu’on les contredise. Ils sont très désireux de louanges et d’approbation, bien qu’ils affectent de n’y point tenir; mais il leur est pénible de louanger ou d’approuver les autres. Ils gardent soigneusement le secret sur les étranges projets qu’ils nourrissent au fond d’eux-mêmes.
Dans la vie intime, ils parlent peu et paraissent absorbés dans leurs pensées, tandis qu’ils se plaisent à discourir en public. Leur langage est étrange, imagé et pompeux. C’est un singulier mélange de grandeur, d’inspiration, d’enthousiasme et de bizarrerie, qui électrise et entraîne; mais ils sont souvent prolixes.
Ils sont sujets à de terribles accès de colère. C’est avec éclat qu’ils se vengent de leurs ennemis, après avoir longtemps nourri leur haine. S’ils sont désireux de richesses, ce
n’est que pour paraître et pour faire servir ces richesses aux vastes projets qu’ils méditent sans cesse, et à la satisfaction de leur ambition dévorante.
En toutes choses, ils ont un cachet d’originalité. En religion et en philosophie, ils ont des idées absolument personnelles. Ils sont formalistes, aiment l'apparat, les cérémonies pompeuses et les solennités magnifiques. Bien qu’ils fassent volontiers des générosités et des largesses, c’est toujours avec ostentation. Ils ont peu d’amis intimes et fidèles et sont malheureux en famille et en amitiés. Leur orgueil, leur tyrannie et leur despotisme leur créent beaucoup d’inimitiés, et ils sont souvent en butte à des ennemis puissants et acharnés qui leur barrent le chemin de la fortune et des honneurs et qui travaillent sourdement à leur ruine. Ils sont aussi exposés à souffrir de grands chagrins à cause des femmes.
Parmi eux, on en voit qui, dans leur ambition insatiable et démesurée, rêvent de conquérir le monde entier et de le soumettre à leur loi. Encore la terre semble-t-elle insuffisante à satisfaire leur soif ardente de domination. D’autres poussent l’orgueil et la folie jusqu’à se croire des dieux, et prétendent aux honneurs qui ne sont dus qu’à Dieu seul ; ils osent se faire adorer, exigeant de leurs frères les honneurs divins. Les moins favorisés du sort, de la fortune et de la naissance se croient de grands génies méconnus ; et malgré les déboires et la misère qu’ils éprouvent, ils persévèrent dans des carrières qui ne leur rapportent que le mépris. Cependant, ils se consolent des adversités et les souffrent avec résignation, en se croyant des génies supérieurs. Beaucoup d’entre eux sont atteints de folie orgueilleuse, et meurent frappés de démence, dans des cabanons de fous.