‹ Traité de la physiognomie humaineChapitre 40 sur 92 · TYPE MALHEUREUX DE LA LUNE · texte numérisé non relu

TYPE MALHEUREUX DE LA LUNE

Les lunariens malheureux ont le visage rond, large et plus souvent glabre; les sourcils mal dessinés et conjoints; les yeux ronds, gros et saillants ; la prunelle d’un gris trouble ou glauque ; les paupières épaisses, un peu rouges sur le bord, et peu garnies de cils. Leur regard mélancolique et endormi s’anime par instants et darde un regard oblique maléfique. Ils ont le nez assez court, creusé en son milieu, gros et rond du bout; une bouche aux lèvres épaisses, très peu colorées, qui, par instants, font la moue; le menton large, arrondi et un peu en arrière; le teint d’un blanc mat; la peau lisse, molle, froide et moi te ; les gencives pâles, gon-

fiées, et parfois sanieuses ; dès dents prématurément cariées. La voix est sourde et voilée, quelquefois un peu nasillarde; la démarche incertaine, changeante et embarrassée; les mouvements maladroits. Us sont m}ropes; et parmi eux, on observe beaucoup de louches.

Us sont bizarres, fantasques, paresseux, lâches et égoïstes. En général taciturnes, ils ont parfois des accès de loquacité. Us sont mélancoliques, et ont une opiniâtreté passive. Bien qu ils soient très peureux, et que dans l’obscurité ils se croient inquiétés et poursuivis par des esprits fantastiques, ils fuient le soleil, l’éclat du jour, et aiment à errer seuls la nuit.

Très superstitieux, ils tremblent au moindre présage qui leur paraît fâcheux. La peur de l’au delà leur fait affecter des croyances de religion auxquelles ils mêlent des pratiques superstitieuses.

Pour arriver à leurs fins, rien ne leur coûte ; ils sont hypocrites, menteurs, médisants, artificieux, insinuants, souples, et même rampants. D’une sournoiserie extrême, ils feignent de ne rien voir, ni de rien entendre de ce qui se fait autour d’eux, afin de surprendre les secrets d’autrui, et d'en tirer profit. Us sont enclins au mal, ont une puissance suggestive redoutable ; aussi est-il dangereux de s’attaquer à eux, parce qu’ils sont plus à craindre qu’on ne pense. U en est parmi eux qui voyagent volontairement en vagabonds, comme les bohémiens, et qui se font gloire d’inspirer la terreur, en se prétendant doués de seconde vue ; se disant en rapport avec les démons, et capables d’évoquer les morts. Us prétendent aussi guérir les hommes et les bestiaux par leur souffle, leur toucher, et quelques paroles mystérieuses.

Les femmes ont de grands yeux arrondis, humides, et û fleur de tête; la prunelle irisée de vert, de bleu et de jaune; le regard languissant, félin et vénéneux; les paupières entourées d’un cercle violacé qui fait ressortir la pâleur étrange de leur teint; la bouche mi-close, aux lèvres fortes et peu colorées, qui esquisse un sourire d’une minauderie perfide.

Leur voix est doucereuse et traînante, avec un accent qui pénètre ; en parlant, elles appuient sur les mots. Leur démarche est nonchalante. Elles affectent des postures indolentes, d’une lasciveté voilée. Elles ont des gestes caressants, des manières câlines et enfantines, des minauderies de chattes, une grâce toute féline.

Impressionnables, changeantes et capricieuses, elles sont continuellement inquiètes. Tourmentées par des désirs étranges, chimériques et insatiables, elles se plaignent toujours, et ne sont jamais satisfaites. Elles s’alarment pour leur santé et souffrent de maux imaginaires. La moindre contrariété excite chez elles les larmes et les crises de nerfs. Elles se complaisent dans de vaines imaginations, et dans une oisiveté rêveuse et inquiète. Elles sont menteuses, et le sont souvent inconsciemment, se figurant vraies des choses qui ne sont pas arrivées, et qui existent seulement dans leur imagination. Astucieuses et comédiennes, elles affectent au besoin une pudeur hypocrite. En amour, elles n’ont point de résistance, et se donnent facilement. Entraînées par leur imagination et par leurs désirs capricieux, elles trahissent souvent celui qu’elles aiment, sans le vouloir, et tout en l’aimant toujours.

Ces lunariennes sont des femmes fatales qui exercent sur ceux qui se donnent à elles un pouvoir funeste et vampirique, capable d’absorber leur vie ou de les faire tomber dans une langueur mélancolique, pouvant les conduire au suicide.

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