‹ Traité de la physiognomie humaineChapitre 5 sur 92 · IG · texte numérisé non relu

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faibles et les petits dans la vie privée. Combien de célèbres philosophes, d’habiles législateurs, de grands conquérants, rougiraient de honte, s’ils voyaient soulever le voile qui dérobe avec tant de soin, aux yeux du public, la bassesse de leurs mœurs et de leurs penchants !

L'homme est l’être privilégié, il est le roi de la création, C’est sur lui que Dieu s’est plu à répandre ses dons les plus merveilleux. Si d’une part, en vertu de sa nature et de son organisation, l’homme se rapproche de l’animal, de l’autre, par son intelligence et sa raison, il s’élève jusqu’à Dieu. Quoique l’homme ait reçu tant de dons de la bonté de son Créateur, il est cependant le plus malheureux de tous les êtres. Ses aspirations au bien et sa pente au mal le livrent ici-bas à une lutte continuelle. Ses passions exercent sur lui une domination tyrannique et cruelle. Et ce n’est que par des efforts incessants et soutenus que sa raison peut parvenir à triompher des obstacles qui gênent sans cesse sa marche vers le bien.

Ce serait une erreur de croire que la liberté individuelle soit enchaînée et contrainte par la forme corporelle ou par l’organisation individuelle. De ces deux modes il résulte des tendances, des inclinations qui sont souvent d’une véhémence extrême, mais non des fatalités. La raison, quand elle est jointe à la volonté, peut réprimer et faire avorter les plus mauvaises tendances. Avec du courage et le sentiment du bien on peut triompher des inclinations les plus perverses. Mais notre pusillanimité pour la lutte, et notre complaisance pour nous-mêmes, nous font glisser insensiblement, et presque fatalement, dans le mal.

Nous n’avons pas le droit de nous féliciter d'être exempts de telles ou telles passions, puisqu’elles sont la conséquence de la forme corporelle et qu’elles prennent naissance dans certaines constitutions individuelles. Mais nous devons nous efforcer de détruire celles qui sont inséparables de notre organisation.

Quelque soin que l’homme emploie pour cacher ses défauts et dissimuler ses vices, il ne parviendra jamais à tromper l’œil clairvoyant du scrutateur habile et exercé. La contrainte que s’impose l’homme vicieux se lit sur sa face. La physionomie de l’homme simple et droit porte l’empreinte d’une sérénité que rien ne peut altérer.

Le physionomiste doit juger avec calme, sans amour comme sans haine. Quelle que soit son habileté, il ne doit point porter de jugement, lorsque son esprit est agité ou troublé par quelque impression violente. Car pour bien connaître les autres, il faut se posséder entièrement et jouir d’un calme d’esprit parfait.

Toute affirmation favorable ou défavorable, prononcée sous l’empire d’idées préconçues, est fausse, ou du moins fort exagérée. Si l’on est appelé à prononcer des jugements suides personnes que l’on aime ou que l’on déteste, on devra redoubler de prudence et de sagesse, sous peine de se rendre coupable de graves erreurs. Il faut s’armer de réserve et de circonspection lorsque l’on est appelé à prononcer des jugements durs et sévères, de crainte d’encourir la disgrâce et l’inimitié de ceux que l’on juge. Car les hommes désirent toute la vérité pour leurs vertus et leurs qualités, mais ils la redoutent pour leurs défauts.

Ce doit être pour le physionomiste une règle sévère de ne blesser ni l’amour-propre ni le cœur. L’homme ne consent à être censuré qu’avec prudence et réserve. Et la femme ne permet pas qu’on pénètre sans égards ni délicatesse dans le champ de ses faiblesses et de ses imperfections; encore moins, dans le domaine vénéré du sentiment et des affections.

Nous avons dit que la physionomie peut devenir accessible à tous, par l’étude et la méditation. Mais nous n’avons pas voulu parler de la physionomie transcendante, qui ne peut être pratiquée avec succès que par ceux qui en font une étude spéciale, et qui sont de plus attirés dans celte voie par un don naturel et par une secrète intuition.

Pour que le physionomiste puisse donner à ses facultés l’essor le plus complet, il faut qu’il se dégage de la terre, par l’ascétisme et la contemplation. Plus la matière s’annihile, plus l’esprit s’élève, et plus lame domine le corps. Mais si l’homme tombe sous le joug de ses passions, et devient esclave de la matière, son corps acquerra un développement considérable, son esprit s’engourdira, et son âme tombera dans une triste et déplorable inertie.

La contention violente de Pâme a le pouvoir d’illuminer l’esprit, de l’inspirer, et de lui faire acquérir une puissance inconnue dans ses limites. L’enthousiasme est la fièvre de l’esprit. La fureur prophétique en est la plus grande exaltation.

L’enthousiasme surexcité produit l’inspiration, et celle-ci allume dans l’esprit le feu sacré de la divination. L’âme, sous l’empire de ces deux puissances magiques, peut produire des prodiges.

Relativement aux influences que les hommes exercent les uns sur les autres, il est un fait important à noter, c’est que les vertus et les vices forment un courant interne qui se répand à l’extérieur du corps, et qui l’enveloppe comme d’une atmosphère fluidique. Cette atmosphère pénètre de ses puissants rayons corpusculaires tous les êtres qui se trouvent placés dans sa sphère d'action; et, suivant sa nature salubre ou dangereuse, elle dispense fatalement autour d’elle la santé ou la maladie morale. Il est donc vrai de dire dans toute l’étendue du terme que le contact des méchants est redoutable et pernicieux, et que les mauvaises passions et les maladies morales sont contagieuses, au même degré que les maladies physiques. Tout au contraire, les rapports suivis et constants avec les hommes sages et bons sont susceptibles de guérir et de cicatriser les plus graves blessures morales.

Les plantes odoriférantes ont le pouvoir d’embaumer l’atmosphère (pii les environne, de leur suave et pénétrant parfum. Il en est de même des. âmes fortes et vertueuses. Elles ont reçu le don précieux d’exercer sur ceux qui les

entourent une heureuse et salutaire influence, et cle communiquer naturellement la vertu, comme les fleurs leur parfum.

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