‹ Traité de la physiognomie humaineChapitre 50 sur 92 · TYPE CARRÉ FRANC · texte numérisé non relu

TYPE CARRÉ FRANC

Saturne et Jupiter (fig. 1). Un crâne large et profond, régulièrement voûté, éminent en la région sincipitale, saillant en la partie pariétale; un front perpendiculaire, à lignes courbes, bien développé en hauteur et en largeur, légèrement en saillie en sa partie supérieure et traversé dans son milieu par des plis horizontaux et réguliers; l’arcade sourcilière large et proéminente; des sourcils horizontaux légèrement arqués vers la partie temporale, rapprochés des yeux à leur racine, épais, couchés et un peu froncés; le muscle sourcilier épais; des yeux bien ouverts, enfoncés sous la paupière, d’un

brun verdâtre, limpides; la conjonctive légèrement jaunâtre ; le regard calme, concentré et méditatif, empreint de douceur et de fermeté; un grand nez courbé, fort et saillant, dont l’extrémité s’avance en s’amincissant; des narines ouvertes, larges et épaisses, le canal accentué; une bouche doucement close, aux coins fouillés et quelque peu relevés; la lèvre inférieure un peu en avant, au contour ferme, et plus forte que la supérieure, mais ne la débordant pas; un menton large, au contour ferme, osseux, et un peu en avant; des pommettes osseuses et saillantes; des joues creuses et plissées; le teint pâle; des cheveux bruns et gras; la tête se présentant droite, ferme, mais sans raideur; une démarche tranquille et mesurée ; une grande sobriété de gestes : ces divers traits dénotent un homme d’un caractère calme, sévère, mais plein de bienveillance; grave et méditatif; qui parle peu, craignant de dissiper sa pensée; qui réfléchît longtemps avant de parler; qui pèse et qui mesure ses paroles ; qui ne parle jamais le premier et qui cède volontiers et sans dépit la parole aux autres; qui est entièrement maître de lui-même, qui ne se laisse jamais entraîner par la passion et qui agit avec la plus grande circonspection; qui est prévoyant et prudent de manière à n’être que fort rarement surpris par l’imprévu ; qui est persévérant et tenace à poursuivre sans dévier la ligne qu’il s’est tracée; qui médite longuement ses projets avant de les effectuer et qui, lorsqu’il les a mûris et arrêtés par une réflexion calme et profonde, les accomplit en silence, sans bruit, sans brusquerie et sans précipitation ; qui, devant un obstacle, se recueille pour trouver le moyen de le surmonter, ou sait y renoncer avec résignation, si le succès lui paraît impossible. Homme sage, il condamne sévèrement toute témérité, si heureuse qu’elle soit, parce qu’elle lui semble un défi à la logique et au bon sens. Toute innovation religieuse, sociale, ou politique, excite sa défiance : il y voit le germe de la révolte et de la subversion sociale. Il veut que le progrès et les réformes s’accomplissent régulièrement,

sagement, sans secousses, et non par la force et la violence. Esprit profond et judicieux, il parle peu, mais observe et médite pour apprendre toute chose. Son étude constante de l’homme et de la nature, sa prudence et son expérience de la vie le rendent fort habile à donner des conseils. C’est une Ame droite qui méprise la ruse et qui hait le mensonge; qui gémit en secret sur les malheurs de l’humanité et sur ses faiblesses. Tolérant pour les fautes légères, il poursuit impitoyablement le vice; il démasque et flagelle l’égoïsme et l'hypocrisie de la société, qu’il rend responsable de la plupart des maux qui affligent et dégradent l’humanité.

Plein de bienveillance pour les peines d’autrui, il s’efforce de relever les courages abattus, et de venir en aide à ceux qui souffrent et qui sont victimes de l’injustice des hommes ou de leur méchanceté.

La salutaire pensée de la mort est souvent présente à son esprit. En vrai sage, il envisage avec calme cette nécessité fatale. Par une fréquente méditation religieuse et philosophique, il prépare son âme à la venue de cette messagère libératrice des maux et des épreuves terrestres.

Il est réglé et discipliné dans la conduite de sa vie; ses mœurs sont très austères; sa sobriété est poussée jusqu’à l’ascétisme. Son honnêteté, sa probité et sa loyauté sont extrêmes. Il a horreur des procès; il fuit soigneusement toute contestation; il préfère être lésé dans ses droits plutôt que d’en confier la revendication aux controverses et aux roueries de la chicane.

Il pardonne volontiers les offenses, tout en en gardant longtemps et malgré lui le souvenir. Il est laborieux, patient et consciencieux dans ses travaux. Par l’étude et la constance il vient à bout de tout; il est apte à acquérir une très grande érudition. Il travaille toujours, même en marchant. C’est un grand penseur, un esprit sagace qui observe et qui examine sans cesse, qui possède une grande puissance de conception, un raisonnement solide et profond, une argumentation serrée,

incisive, une logique puissante. Il a l’esprit méthodique et classificateur ; il est enclin à tout soumettre à la règle et au compas; c’est tout à la fois un philosophe et un mathématicien.

Il aime à se recueillir clans le silence de la solitude; assis près de son foyer, plongé dans une demi-obscurité, il se livre avec plaisir à de graves méditations.

Il fuit le monde; ses oripeaux et ses pompes lui font pitié. La comédie sociale l’indigne et le dégoûte. Il aime la vie paisible, tranquille et retirée ; la vie champêtre plaît à ses mœurs antiques ; là, retiré dans une modeste demeure, il partage son temps entre l’étude de la philosophie, la contemplation de la nature et les travaux agricoles.

C’est un administrateur sage, prudent et habile. Sa censure est sévère, mais jamais blessante. Il excelle dans le conseil. Il manie admirablement la parole ; ses discours sont empreints d’une simplicité antique et d’une éloquence solide et sévère qui s’élève parfois jusqu’au sublime. Son style serré et correct est grave, simple et concis : il brille par la hauteur et parla profondeur des pensées. Quoi qu’on fasse, on ne parvient pas à exciter sa colère, tellement il est maître de lui-même. Il demeure impassible devant la provocation et l’insulte. Par son calme, il arrête et paralyse la fureur des autres. Sa bienveillance s’étend à tous, même à ses ennemis. Il a pour les faibles une sollicitude toute particulière ; les opprimés trouvent en lui un ardent et éloquent défenseur. En se montrant le strict observateur des lois qu’il veut voir respectées, il donne à tous l’exemple de s’y soumettre. Il réprouve et il combat ouvertement l’injustice et l’iniquité, quelque puissant qu’en soit l’auteur. Esclave de son devoir, il l’accomplit scrupuleusement, même au péril de sa vie. Il se tient en garde contre l’orgueil, qu’il considère comme l'aveuglement de l’esprit et l’écueil de la sagesse et de la raison.

La tempérance est la règle de sa vie. Plein de résignation,

il supporte avec une sage philosophie les adversités et les maux d'ici-bas. Souvent il retrempe son esprit dans la lecture des philosophes anciens ; et ceux qu’il prend pour modèles sont toujours les plus sages et les plus vertueux. Si parfois le doute auquel il est enclin vient à troubler son âme, la sagesse de son esprit en triomphe promptement. Chez lui les convictions religieuses sont fondées sur la raison, et non sur le sentiment.

Il se plait souvent dans la contemplation de la nature parce que, dans la sublime harmonie de l’univers, il voit partout des marques éclatantes de la toute-puissance de Dieu, de sa sagesse et de sa bonté infinies.

Selon lui, la vraie philanthropie consiste dans les actes et non dans les doctrines : c’est pourquoi il s’emploie avec ardeur à fonder des œuvres humanitaires. Il est plein d’admiration pour les bienfaiteurs de l’humanité ; pour ceux aussi qui, par leurs doctrines, leurs écrits, leur parole et leur exemple, ont moralisé les peuples et relevé les âmes abaissées. Il a le respect des premiers âges du monde, où la justice, la paix, la bonne foi et l’hospitalité régnaient parmi les hommes ; ces temps primitifs où les cœurs forts, généreux, innocents et naïfs, ignoraient les savants et hypocrites travestissements de la corruption des temps modernes.

La religion et la justice sont à ses yeux les bases fondamentales de toute société. Il reconnaît à la société le droit de punir; mais si sévères que soient les lois établies, il veut qu’elles soient appliquées à tous les citoyens. Il regrette qu’un pouvoir si grave et si redoutable que le pouvoir judiciaire soit souvent confié à des hommes incapables, et parfois même indignes. Il voudrait que, dans chaque contrée, les juges fussent choisis parmi les citoyens les plus anciens et les plus distingués par leurs vertus, leur sagesse et leurs lumières. Plein de respect pour la justice et pour l’autorité, il veut qu’un magistrat offre les plus sérieuses garanties morales, qu’il réunisse en lui les plus hautes qualités de

sagesse et d’honnêteté; qu’il possède une grande érudition, qu’il s’applique surtout à la connaissance du cœur humain; qu’il soit grave, religieux; que ses mœurs soient pures et austères; qu'il soit doué de fermeté et de: pitié, que la sérénité de son âme ne soit jamais troublée par la colère; qu’il ne soit ni cupide, ni jaloux, ni envieux; que son intégrité et son incorruptibilité soient à toute épreuve.

Les places ni les honneurs ne le tentent point ; effrayé de la lourde responsabilité qu’assument les hauts fonctionnaires de l’Etat, il n’en accepte le fardeau qu’à regret et pour le salut du pays.

La modestie de ses goûts, la simplicité de ses mœurs antiques et son manque d’ambition lui font fuir les fiévreuses agitations de la vie publique; il se tient à l’écart des passions politiques, évitant avec soin de se mêler aux luttes et aux haines des partis.

C’est un juriste d’un savoir profond et éminent. Ses grandes lumières, sa sagesse, son expérience consommée et ses vertus le placent au rang le plus élevé dans la magistrature. Rigide observateur des devoirs que lui impose son état, soucieux de la responsabilité qui lui incombe, il redouble de prudence et de vigilance, et, lorsqu’il doit rendre un arrêt, il s’y prépare par la retraite et par la méditation.

Il a la passion des antiquités ; c’est un collectionneur savant et expert. 11 professe le culte des morts, la religion du souvenir.

Il est très attaché à sa patrie et au fo}rer domestique. Il est plein d’affection et de bonté pour les siens, mais cependant sans faiblesse pour eux.

II sera éprouvé par de grandes adversités et par des chagrins domestiques. Son cœur sera contristé par la perte de sa femme, par la mort prématurée de ses enfants, ainsi que par de nombreux deuils de parents et d’amis ; de sorte qu’il demeurera seul dans sa vieillesse, survivant à tous les siens.

Il sera élevé aux plus hautes dignités; conseiller intime

TRAITÉ DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE. Il

des princes, .il jouira d’un grand crédit et d'une grande influence dont il n’usera qu’avec une extrême modération et encore jamais pour lui-même, mais seulement pour le bien public. Il s’emploiera avec ardeur à mettre en lumière des talents ignorés et à faire récompenser des actes de vertu et de dévouement demeurés dans l’obscurité.

Mais l’austérité de sa vertu, l’intégrité de son caractère, sa justice, sa noble indépendance et son rigorisme lui susciteront des jalousies redoutables et des inimitiés puissantes. On intriguera contre lui pour le faire disgracier, de sorte qu’il éprouvera la méchanceté et l’ingratitude des hommes. Calomnié, persécuté par ses ennemis, abreuvé de chagrins, d’amertumes et de déceptions, il sera contraint de s’expatrier pour trouver le repos sur la terre étrangère.

Si son front porte des signes fatals et qu’il vive dans une époque de troubles et de révolution, il mourra victime des fureurs populaires.

Mercure et Saturne (fig. 2). — Le crâne haut, large, peu profond, à bosses saillantes , aux contours tourmentés ; la région sincipitale très proéminente ; un grand front qui, du haut, se renverse en arrière en s’arrondissant; la bosse frontalelargé'etprotubérante; les temporaux osseux et

veineux; des sourcils modérément arqués, larges, touffus, hérissés, peu éloignés des yeux, crispés a leur racine et sépares par un pli profond ; l’arcade sourcilière large et profonde; des yeux enfoncés, arrondis, gris, vifs et brillants ; un regai d

vague et distrait ; les paupières inférieures gonflées ; un nez

courbé, froncé à la racine; l’épine éminente, large et anguleuse; les ailes saillantes et osseuses, le bout du nez ferme et carré ; les narines longues et étroites; une bouche médiocrement éloignée du nez, aux contours souples avec des coins légèrement surbaissés ; des lèvres de moyenne grosseur, bien bordées, aux contours fermes; l’inférieure carrément arrêtée; les joues fermes et creuses, l'os molaire saillant et anguleux; le menton droit, carré et osseux, un teint très pâle qui, avec l’âge, prend une teinte légèrement parcheminée; des cheveux peu fournis, droits, fins, doux, d’un blond cendré, la démarche irrégulière, tantôt assez vive, tantôt se ralentissant et s’arrêtant subitement, comme pour réfléchir et se parler à soi-même; ces différents traits indiquent un homme d’un caractère très réfléchi, inquiet et soucieux, irritable et fantasque ; d’une colère prompte, mais facile à s’apaiser ; sujet à éprouver de profondes tristesses intérieures, sans se laisser jamais aller à la désespérance. Son caractère ferme, énergique et plein de ressort réagit vigoureusement contre les chagrins qui l’affligent. Cet homme possède une activité fiévreuse, dévorante et pleine d’initiative. 11 agit avec promptitude, quoique avec réflexion. Son imagination ardente et exaltée surexcite et enflamme son courage; entraîné par son fiévreux enthousiasme, il ne croit rien impossible et il affronte sans sourciller les entreprises les plus téméraires et les plus périlleuses. Il possède une grande puissance de volonté et une persévérance à toute épreuve; aussi ne connaît-il pas d’obstacles insurmontables. A-t-il formé un projet, il en poursuit la réalisation avec ténacité sans être rebuté par les difficultés, ni découragé par les plus dures déceptions. Inébranlable dans ses opinions, il ne se soucie nullement des contradictions et des oppositions qu’elles rencontrent. Il lient haut et ferme le drapeau de ses idées ; plein d’ardeur et de courage, il combat pour la défense et pour le triomphe de ses doctrines. C’est un polémiste habile, ardent et passionné qui se complaît dans

les controverses philosophiques et scientifiques. Doué d’un esprit essentiellement spéculatif, le sens pratique lui fait absolument défaut. Sa nature droite et confiante à l’excès l’expose à être facilement dupé et exploité par les gens habiles. Il n’entend rien à l’intrigue; sa fierté de caractère le rend incapable de courtisanerie, le rôle de solliciteur lui répugne ; sa nature possède une certaine raideur nuisible à ses propres intérêts. Chez lui, le sentiment du mérite personnel, poussé jusqu’à l’extrême, le fait aisément glisser dans l’orgueil. Il est très sobre; et il supporte avec une résignation philosophique les adversités et les plus dures privations Son amour de l’indépendance et sa répugnance pour toute sujétion lui font préférer la pauvreté avec la liberté, plutôt que la fortune avec les chaînes de la servitude. Pour la même raison, il préfère le célibat à la vie conjugale. Il est doué d’une prodigieuse activité cérébrale; son esprit n’est jamais en repos; il est sans cesse stimulé par Tardent désir de tout connaître, de tout expérimenter, de tout savoir. Le merveilleux le charme et l’attire. Il a l’esprit pénétrant, inventif, chercheur et combinateur. C’est un fouilleur d’idées, un observateur profond, qui scrute la nature pour en pénétrer les mystères et qui poursuit sans se décourager la solution des problèmes les plus ardus, les plus difficiles et les plus étranges. C’est un travailleur infatigable chez qui la passion du devoir et l’enthousiasme scientifique sont poussés jusqu’à l’héroïsme et lui font affronter les plus grands dangers. Dévoré par l’ambition des découvertes scientifiques, il consume sa vie à la recherche d’inventions nouvelles. Avide de gloire et de renommée, il sacrifie, pour y arriver, son repos, sa fortune, sa famille, sa santé, voire même sa vie.

Son existence sera très laborieuse; elle sera traversée par beaucoup de chagrins, par des luttes continuelles, par de rudes épreuves et par de cruelles déceptions. Ses aflaircs seront ruinées par des malheurs soudains et imprévus. Sa carrière sera entravée par des oppositions et par des persé-

culions d’ennemis puissants; sa famille même se tournera contre lui. Les hommes et les choses sembleront se liguer pour conspirer sa perte : en effet, ses recherches scientifiques lui feront courir de terribles dangers et plusieurs fois sa vie sera mise en péril par des expériences chimiques et aérostatiques. Enfin il n’arrivera au succès et à la célébrité qu’à travers une multitude d’obstacles et d’adversités.

Saturne , le Soleil et Mars (fig. 3). — Un crâne large et carré, protubérant en la partie occipitale ; des contours carrés et anguleux; un front perpendiculaire, développé en hauteur et plus encore en largeur ; les temporaux très larges, proéminents et veineux ; le sourcilier saillant et anguleux; des sourcils épais, durs, légèrement arqués, crispés et abaissés à leur racine, sur des yeux modérément enfoncés, étincelants, au regard fixe et aigu, assuré et fascinateur; la prunelle fauve, la conjonctive jaunâtre et striée de sang, près du larmier ; la paupière supérieure tort mince, l’inférieure épaisse et veineuse; un nez grand et fort, courbé en forme de bec d’aigle, à épine large et saillante, au bout ferme, saillant et carré; des narines relevées, épaisses, anguleuses et très dilatées; une bouche rapprochée du nez, horizontale, fermée, serrée; des lèvres minces et anguleuses, la supérieure en avant; un menton large, osseux et saillant en forme de bille; les pommettes larges, saillantes et osseuses; le muscle canin très accentué; les joues fermes et musculeuses; les maxillaires épais et anguleux; le teint d’une pâleur légèrement citrine; des cheveux bruns et droits; la tète droite et fermement posée; la voix dure, ferme, forte et sonore; la parole

brève, brusque et assurée; le cou fort, musculeux et veineux ; la pomme d’Adam saillante; la démarche grave, altière et assurée; le pas grand et ferme, ni lent, ni précipité; ces différents traits indiquent un homme sévère et pensif, un esprit sérieux, positif, pratique, méditatif, calculateur, et chez qui tout est l’eflet d’idées préconçues et de combinaisons mûrement et savamment arrêtées. C’est un stratégiste profond et consommé, qui parle peu et qui agit beaucoup, mais sûrement et après avoir longuement médité et réfléchi ; qui est doué d’une volonté de fer, d’une puissante énergie d’action et d’une grande force de résistance, qui est secrètement dévoré d’ambition, mais qui garde le silence sur les projets qu’il médite et qui ne les confie à personne. Dur, brusque, inflexible et despote, il ne peut souffrir qu’on le contredise quand il parle, ni qu’on lui résiste lorsqu’il commande. Violent et irascible, il sait au besoin maîtriser sa colère et comprimer ses impressions ; mais ses passions véhémentes et concentrées ont une explosion terrible. Doué d’un grand et héroïque courage martial, il conserve son sang-froid dans les plus grands dangers, affrontant les plus grands périls sans sourciller, ne craignant pas la mort et se faisant tuer sur place, plutôt que de céder ou de reculer. Implacable dans sa haine, il ne pardonne jamais; inexorable pour ses ennemis, il les poursuit sans relâche et les frappe sans pitié. Strict observateur de la discipline, il s’y conforme aveuglément et ne permet pas qu’on la transgresse impunément. Dur, juste et sévère dans le commandement, c’est avec la plus grande rigueur qu’il punit quiconque ose lui résister. Son opiniâtreté est raisonnée et invincible, sa persévérance à toute épreuve. Il est inébranlable dans ses décisions, et, quand il a conçu un projet, il en poursuit l’exécution en silence avec une énergie et une ténacité que rien n’arrête, brisant et renversant tout ce qui lui fait obstacle.

Il est excessivement sobre, dur à la peine et à la fatigue, supportant aisément les intempéries de l’air, les longues

marches et les veilles prolongées. 11 souffre en silence et avec une fermeté stoïque les maux les plus cruels et les plus dures privations. Les plus grands revers de fortune n’abattent pas son courage et n’ébranlent pas son caractère de fer. Animé d’un stoïcisme farouche et antique, il demeure ferme, inébranlable et impassible au milieu des plus horribles calamités publiques, relevant par son exemple les courages abattus.

Rigide observateur du devoir, esclave de sa parole, quand il s’est lié par un serment, il l’observe scrupuleusement, dûtil même en être victime.

Animé d’un patriotisme fanatique, il se dévoue corps et. âme à la cause de la patrie; il lui sacrifie son existence, dùt-il être payé d’ingratitude.

Dans les combats, sans prendre aucun souci de sa vie, il s’expose aux plus grands périls; entraînant ses troupes par son exemple et par l’audace de son intrépide courage, il leur enseigne le mépris de la mort et le secret de la victoire. Entouré d’ennemis, écrasé sous leur nombre, il ne se rend pas et meurt en combattant. Profond tacticien, il n’est jamais à court de ressources ni surpris par l’imprévu ; d’un coup d’œil rapide, il saisit et déjoue les plans de ses ennemis, et, par des manœuvres habiles et hardies, il se tire d’embarras et triomphe des positions les plus désespérées.

Brave comme César, mais imbu d'une philosophie sceptique, orgueilleuse et farouche, comme Caton, il préfère se donner la mort plutôt que devoir la vie à la générosité do son ennemi.

Cet homme a le génie de la guerre et possède au plus haut degré les vertus militaires. Lors môme qu’il serait d’une naissance obscure, il s’élèvera aux plus hautes dignités, voire même au pouvoir suprême, et se rendra célèbre dans la carrière des armes. Défenseur et soutien de sa patrie, son nom sera la terreur des ennemis de l’État.

Mars et Mercure (fig. 4). — Le type carré franc avec des traits énergiquement accusés ; des contours tendus et anguleux; un front renversé en arrière, à ligne droite et anguleuse, brusquement arqué et découvert au sommet; traversé au milieu par des plis arqués et tourmentés ; des tempes larges, saillantes et musculeuses, sillonnéesde veines gonflées ; le muscle sourcilier saillant, tourmenté et vigoureusement accusé; l’arcade sourcilière saillante et très anguleuse; des sourcils obliques, arqués, crispés et tourmentés, abaissés à leur racine et brusquement relevés vers les tempes, très épais, blond ardent, durs et hérissés; des yeux très ouverts et arrondis, d’un contour très ferme, de couleur fauve ; la prunelle flamboyante; la conjonctive striée de sang; le regard audacieux et d’une fixité blessante; un grand nez saillant d’un contour énergique, courbé d’un seul trait, ferme, dur et pointu en son extrémité ; des narines obliques, anguleuses, arquées, échancrées et dilatées; une bouche fermée, serrée et arquée, ayant les coins abaissés; des lèvres carrées, rugueuses et très rouges, ombragées par une épaisse moustache rousse ; un menton au contour anguleux et en avant ; des joues fermes et musculeuses; des pommettes saillantes ; des mâchoires larges et anguleuses ; le teint enflammé ; le front rouge au sommet; la peau rude, ferme et tendue; des cheveux très épais, frisés, durs et roussàtres; la tête raide, ferme et un peu projetée en avant; le col court, musclé et très veineux ; des épaules larges et carrées ; la poitrine large et fortement bombée; les reins très cambrés. Cet individu a la respiration forte et bruyante, la voix rude, puissante, stridente, et qui, par instants, a quelque chose du rugisse-

ment; sa démarche est très ferme, son pas assuré, grand, bruyant et rapide. En marchant, il lient les poings serrés et remue violemment les bras, heurtant et bousculant les passants et ne cédant le pas à personne. Une physionomie comme celle-là dénote un homme ayant des passions excessivement violentes et indomptables, une très mauvaise tète, une volonté brutale et inflexible. Despote et tyran, il ne souffre pas qu’on lui résiste ni qu’on discute ses caprices. Il frappe brutalement et sans pitié ceux qui osent braver ses volontés. Sa colère est tapageuse, dévastatrice et inhumaine ; dans la violence de sa fureur, il rugit, il rage, il écume, il brise, il frappe et il tue. Doué d’une énergie terrible et redoutable, d’un courage aveugle, audacieux et intrépide, il ne recule ni devant les périls ni devant la mort. Il est insolent, agressif et provocateur. Chercheur de noises et de querelles, il se complaît aux rixes et aux duels. C’est un être indomptable, chez qui l’esprit d’insubordination et de révolte est saris bornes; qui ne craint rien; qui n’a ni foi, ni loi, ni conscience, ni remords. Impie, brutal et grossier, blasphémateur et sacrilège, il se rit de Dieu et il brave audacieusement les hommes.

Fanfaron et vantard, il aime à faire parade de sa force. Il fréquente assidûment les salles d’armes ; amateur passionné d’escrime, de bâton, de boxe et de savate, il excelle en ces exercices. C’est un paresseux, un pilier de cafés et de cabarets, qui vit dans un libertinage crapuleux. C’est un coureur de maisons de jeu et de tripots; joueur passionné et heureux, la chance naturelle dont il est gratifié ne suffit pas à son insatiable cupidité : pour s’assurer le gain, il emploie la tricherie et la piperie. Filou audacieux, cynique et redoutable, il roue de coups ceux qu’il a effrontément volés, quand ils osent protester contre sa coquinerie. Dissipateur et gaspilleur, il dépense son argent en extravagances et en orgies, et, par une vaniteuse ostentation, il fait volontiers des dons et des largesses à ses compagnons de débauche. Fai-

seur de paris stupides et dangereux, il est souvent victime de ses vaniteuses bravades.

Malheur à celui qui l’offense! car sa vengeance est prompte, cruelle et sanguinaire. Cet être indomptable brave effrontément les lois et vit en révolte ouverte contre toute autorité sociale. C’est un séditieux actif, audacieux et redoutable, un organisateur d’émeutes. Révolutionnaire par tempérament et par goût, on le trouve partout où la révolution gronde.

Il est la terreur de son quartier; ses voisins le craignent et le redoutent ; chacun tremble devant lui ; tapageur nocturne, faiseur de scandale, il insulte, provoque et frappe tout le monde, voire même les agents de la police.

Cet homme qui, entraîné par ses passions furieuses, commettrait un meurtre sans en éprouver de remords, expose volontiers sa vie pour sauver celle des autres qu'un homme tombe dans l’eau, sans hésiter et sans s’inquiéter du péril qu’il affronte, il s’élance dans les Ilots pour arracher à la mort le malheureux qui se noie; qu’un incendie dévore une maison, plein d’un courage intrépide et téméraire, et sans souci de sa vie, il s’élancera dans les flammes, bravant les plus terribles dangers, pour sauver des malheureux prêts à être consumés par le feu; qu’un coursier affolé de fureur brise et renverse tout sur son passage, faisant fuir les passants épouvantés, on verra cet homme plein de courage et d’audace s’élancer à la tète de l’animal, saisir entre ses mains de fer ses naseaux fumants et ne point lâcher prise qu il ne l'ait maîtrisé. Enfin, quelle que soit la grandeur du péril, il est toujours prêt à l’affronter. Aussi verra-t-on briller sur sa poitrine les nombreux témoignages de son excessive bravoure.

S’il est dans l’armée, il s’y fera remarquer par un courage héroïque qui lui vaudra des grades et des honneurs ; mais il subira des peines infamantes pour de graves infractions à la discipline et pour insultes et voies de fait envers ses supérieurs.

Sa vie sera tumultueuse et excessivement agitée; elle sera traversée par des péripéties de grande fortune et de grande misère; il aura des coups de chance étonnants ; joueur singulièrement heureux, il lui arrivera de faire sauter les banques des maisons de jeu.

Sa vie sera aussi marquée par des événements tragiques et sinistres; son caractère audacieux et aventureux lui fera entreprendre de très longs voyages, pénétrant dans des régions sauvages et inconnues, il y éprouvera des malheurs étranges qui mettront sa vie en grand péril.

Poursuivi pour ses nombreux duels et incarcéré pour quelque homicide, il parviendra à s’échapper de prison, après avoir couru les plus grands dangers; et, pour se soustraire à la justice, il mènera une vie errante. Enfin il terminera violemment sa vie : soit qu’il trouve la mort dans quelque rixe ou duel, soit qu’il périsse victime de son imprudente audace, ou bien encore de quelque accident terrible.

Saturne et la Terre (fig. o). — Le type carré franc, au large crâne, aux traits fortement accusés claux contours anguleux; un front carré , osseux, perpendiculaire, développé en largeur et traversé par des plis profonds ; l'arcade sourcilière large, proéminente et anguleuse; des sourcils noirs, longs, durs, épais, abaissés, froncés et peu arqués; des' yeux étincelants, d’un gris sombre, enfoncés sous l’orbite, qui dardent un regard droit, persistant, glacial et scrutateur; la conjonctive d’un blanc jaunâtre prononcé ; les larmiers chargés d’un dépôt calcaire;

la paupière inférieure gonflée et violacée ; le nez saillant, fortement accusé, à large épine, gros et carré en son extrémité ; des narines épaisses, cartilagineuses et médiocrement dilatées ; une bouche fermée et serrée, aux coins enfoncés et abaissés ; les lèvres épaisses et carrées, au contour ferme et arrêté, peu colorées et rugueuses ; le menton droit, carré et osseux, des joues larges, plus en ossature qu’en chair; les pommettes saillantes et larges ; un teint d’un jaune bistré ; des cheveux d’un noir un peu roussàtre, gros, durs ; la barbe dure et étendue sur la face ; la tète un peu enfoncée dans les épaules ; la voix grave et un peu sourde ; le cartilage thyroïde saillant; de larges épaules, le dos voûté. Cet homme marche la tête baissée, le regard fixé vers la terre, se parlant souvent à lui-même. Il a la démarche pesante, le pas grand et lourd; quand il marche, il ploie les genoux et souvent il frappe ses talons l’un contre l’autre. Cette physionomie, sous des apparences rustiques, cache une intelligence remarquable, mais tardive à se développer. Chez cet homme, la conception n’est ni prompte ni facile; il a besoin de beaucoup de temps et de travail pour apprendre, mais ce qu’il sait, il le sait à fond, et jamais il n’oublie ce qu’il a appris. Il possède une grande puissance de réflexion et de concentration; ses aptitudes le rendent très capable de travaux scientifiques exigeant de longues recherches, une attention soutenue, de la patience, et un travail constant et opiniâtre; aussi peut-il acquérir une grande érudition. Dans ses travaux, il est patient, consciencieux, minutieux et très laborieux. Désireux qu’il est de perfectionner son œuvre, il est difficilement satisfait de lui-même; aussi recommence-t-il volontiers son travail pour le rendre le plus parfait possible. Bien qu’il n’ait pas de facilité naturelle pour apprendre et pour produire, par l’étude et la constance il vient à bout de tout ce qu’il entreprend. Sa persévérance est à toute épreuve; quand il a résolu de faire une chose, aucune difficulté n’est capable ni de l’arrêter ni de le décourager; son énergie et sa ténacité

redoublent devant les obstacles ou les oppositions qu’il rencontre. Sa grande prudence lui fait éviter en partie les pièges et les malheurs que la fatalité sème sous ses pas. Impénétrable et défiant, il garde volontiers le silence, ne parlant jamais le premier, de crainte d’être surpris ou deviné. Il réfléchit longtemps avant de parler ou d’agir ; en toutes choses, il procède par calcul, faisant tout par compas et par mesure. On trouve chez lui une sorte de timidité sauvage et orgueilleuse. Il est taciturne, mélancolique, irritable, mécontent et grondeur, très difficile à vivre en raison de sa bizarrerie d’humeur et de ses formes rudes, brusques et acerbes. Défiant et concentré, il ne s’épanche avec personne, refoulant au fond de lui-même ses sentiments, ses peines et ses rares joies ; dévorant en silence ses chagrins et ses nombreuses déceptions. Nul n’est confident des projets qu’il médite; son excessive indépendance lui fait repousser toutes les chaînes et il considère la servitude comme le plus grand des maux.

C’est un esprit chercheur, observateur, méthodique, classificateur, qui systématise tout; un raisonneur, un argumentaleur fort habile aux sophismes. Philosophe rationaliste, drapé dans son fol orgueil, il prétend tout expliquer, ne croyant que ce qui lui est mathématiquement démontré, et encore doute-t-il toujours; son scepticisme orgueilleux le conduit au matérialisme et à l’athéisme. La fausse sagesse dont il se pare ne lui procure ni la quiétude de l’esprit ni la paix de l’àrne; tourmenté par le doute, dévoré par une ambition secrète, obsédé par des pensées pleines d’amertume, sinistres et désespérantes, l’idée du suicide envahit son esprit; mais il recule affolé d’épouvante devant ce terrible inconnu qu’il va expérimenter.

Son cœur vide et glacé est inaccessible au sentiment de l’amour et fermé aux douces et pures jouissances de l’amitié. Il désespère des hommes et, ou fond de lui-même, il méprise et hait l’humanité. Renfermé dans sa personnalité sceptique et orgueilleuse, il dévore en silence les déceptions cruelles

el les nombreux chagrins dont il est abreuvé. Sa sobriété est excessive et systématique, il pèse et mesure la dose de ses aliments et de sa boisson; il supporte volontiers le jeûne. Jamais il ne pardonne les offenses, si légères qu’elles soient. L’ordre matériel et l’instinct de la propreté lui font défaut ; son intérieur porte des marques de confusion et de saleté. Casanier par nature, la vie du monde lui pèse et lui répugne.

Il vit seul ou isolé au milieu des siens. Le travail nocturne lui convient; il supporte les longues veilles; son sommeil est court, léger et inquiet. Les lieux solitaires et silencieux plaisent à son esprit méditatif.

Sa vie est réglée comme celle d’un moine ; esclave de ses habitudes, il ne s’en écarte qu’avec peine. Il éprouve un pro- ; fond mépris pour les fêtes et les cérémonies mondaines; les exigences sociales et l’étiquette du monde lui semblent un joug pesant et tyrannique. Il ne fait aucun cas du confortable, : du luxe et des oripeaux trompeurs des sociétés modernes qui cachent la misère et le vice ; tandis qu’il estime et qu'il regrette la vie simple et austère des temps antiques.

Il professe ostensiblement le mépris des richesses, mais cependant il conserve au fond de lui-même un secret amour pour l’argent ; il est prévoyant et très économe ; il a l’étrange ; manie de tenir des sommes d’argent en cachette ; tourmenté par sa défiance naturelle, il regarde souvent si ses dépôts sont intacts.

Il éprouve un singulier plaisir à bouquiner, recherchant soigneusement les livres rares, les médailles et les monnaies; comme écrivain, comme collectionneur, c’est un numismate i distingué.

Sa grande défiance des hommes le rend d'une circonspec- ' lion et d’une réserve exagérées dans ses rapports avec les • autres; la négligence qu’il met à entretenir ses relations lui fait manquer une foule d’occasions de se produire et de l mettre son savoir en lumière.

Il accorde rarement et difficilement sa confiance et son

amitié, mais quand il donne celle-ci, elle est profonde et durable ; d’ailleurs, quelles que soient l’estime et l’affection qu'il ait pour une personne, il ne se confie jamais entièrement à elle.

11 est tourmenté par la crainte et le soupçon, et sa défiance est telle que, soit qu’il demeure dans son logis, soit qu’il en sorte, il retourne dix fois à sa porte pour s’assurer qu’elle est bien fermée.

Le célibat est de son goût ; s’il se marie, ce sera dans un âge avancé; il deviendra veuf, et, s’il a des enfants, il aura le chagrin de les voir mourir prématurément.

Cet homme se rendra célèbre par ses travaux et par ses grandes découvertes, mais sa célébrité sera tardive et il en tirera peu de profit; les habiles exploiteront son grand savoir et s’enrichiront à ses dépens. Il subira de grandes adversités et de nombreuses déceptions causées par les envieux. Son humeur fâcheuse et bizarre sera couse en partie de ses maux en lui suscitant de nombreuses inimitiés. Entouré d'ennemis et d’envieux, victime du sort et de l’injustice des hommes, abandonné de tous, il mourra délaissé et dans un état voisin de la misère. Si son front porte quelque signe néfaste qui confirme l’indication physionomique, il mourra par le suicide.

Un tel homme est sujet à l’hypocondrie à idée délirante, à la folie orgueilleuse et principalement à la monomanie du suicide.

Ses prédispositions morbides sont : l’arthrite goutteuse, la constipation grave, la colique néphrétique, la gravelle.

Il porte en lui une redoutable influence maléfique, nuisible surtout aux tempéraments sanguins et lymphatiques, et absolument hostile aux tempéraments nerveux.

On doit se garder de prendre un médecin ayant une semblable physionomie. Si l’on est dans les affaires, on ne doit pas le prendre pour associé, sous peine d’être ruiné par des désastres subits et imprévus.

Si le chef d’un État prenait pour ministre un tel homme, il pourrait être assuré qu’avec son concours, rien de solide ni de stable ne saurait être établi dans son gouvernement.

Avec une semblable physionomie, un roi lui-même devrait s’attendre à voir son règne attristé par de nombreux désastres et par des malheurs publics. La prospérité ou la ruine des États dépendent de l’influence individuelle heureuse ou malheureuse de ceux qui les gouvernent. L’histoire des nations est écrite sur la face des hommes qui ont présidé à l’aurore de leur destinée.

Mars , la Lune et Mercure. — Un crâne déprimé en la partie sincipitale, protubérant en l’occipitale; un front bombé, renversé et plissé, chauve au sommet ; des tempes éminentes et variqueuses ; des sourcils mobiles, inégalement tracés, n’occupant guère que la moitié du sourcilier, et d’un blond de filasse ; des yeux saillants qui tiennent du chat sauvage, de couleur perse, avec un cercle de couleur citrine sur l’iris ; les paupières rouges et plissées ; le regard félin et scintillant singulièrement; un nez court, à épine large, et dont le bout large et carré se relève; des narines très ouvertes, laissant voir l’intérieur des fosses nasales; une grande bouche grinçante, aux coins plissés et abaissés; la lèvre inférieure recouvrant en partie la supérieure ; un menton carré ; la partie inférieure du visage en avant ; des maxillaires épais et d’un contour anguleux ; le visage blême et parsemé de larges taches de rousseur; des cheveux durs et rougeâtres; la voix comme enrouée, avec un certain glapissement saccadé ; la démarche irrégulière, tantôt déhanchée et rampante, tantôt ferme, audacieuse et précipitée : ces traits dénotent un homme pervers, porté à toutes sortes de méchancetés; indomptable dans ses passions et ses mauvais instincts, qui n’a d’autre loi que sa volonté, ne connaissant ni Dieu, ni diable, ni maître; se réjouissant du mal, ne demandant et ne souhaitant que querelles, débats, combats et

malheurs. C’est un tendeur d’embûches; rusé et dissimulé, il ment et trompe effrontément; il n’entreprend rien vainement, se lance hardiment et témérairement au-devant des périls. Paresseux et vagabond, il vole et tue volontiers pour satisfaire à ses besoins, à ses passions et au triomphe de son parti. Fauteur de troubles et excitateur de désordre, il sème la discorde môme parmi les siens et parmi ses amis. Insulteur, provocateur et batailleur, clans la lutte il mord son adversaire et se sert du couteau lorsqu’il est le plus faible. Fornicateur éhonté, il se souille clans des débauches crapuleuses, et il s'en glorifie, se vantant même du mal qu’il n’a point fait. Sa colère est effroyable et sanguinaire, elle est épileptiforme : il rage, il rugit, il se tord, se mord et se frappe. 11 se plaît clans les courses nocturnes, errant çà et là. Coureur et orateur de réunions publiques, il y excite des troubles et y prêche hautement la révolte et le crime. C’est un sectaire farouche et redoutable, un ardent propagateur de doctrines atroces et sanguinaires, qui ne recule ni devant le meurtre ni devant l’incendie. Il est expert à inventer des engins terribles et meurtriers, et rêve la destruction universelle.

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