‹ Traité de la physiognomie humaineChapitre 51 sur 92 · DU TYPE CARRÉ ALLONGÉ · texte numérisé non relu

DU TYPE CARRÉ ALLONGÉ

Mercure , Jupiter et Mars (fig. 6). — Le type carré allongé se distingue par un front grand, large, carré, très découvert aux tempes; le frontal modérément convexe; les temporaux larges, saillants et arrondis; les muscles sourciliers éminents; des sourcils modérément ar-

traité de la physionomie humaine.

Fig;. 0.

qués et mobiles, avec un pli très accentué situé entre les sourcils et qui s’étend jusqu’à la racine du nez; des yeux ouverts et arrondis, gris clair, vifs et brillants; le regard droit, froid, calme et concentré; les paupières supérieures minces; le nez fort, courbé, saillant et large à sa base; des narines ouvertes, plus larges que longues; la bouche légèrement en avant, close, souple, creusée au milieu, et dont les coins se relèvent un peu sans sourire; la lèvre supérieure mince et plate, tandis que la lèvre inférieure, plus épaisse et arrondie, est un peu en avant; des joues larges, fermes et assez charnues; le menton droit, large, carré, quelque peu fossu ; le teint pâle, les cheveux châtains et plats; le sommet du front se dénudant prématurément; la parole vive et un peu saccadée; le timbre de la voix mobile et point agréable; la tète raide et légèrement inclinée vers l'épaule; l’allure vive, facile et un peu prétentieuse, avec un léger dandinement du corps; marchantavec l’air préoccupé et affairé; tous ces traits annoncent un esprit prompt, vif et subtil, positif et pratique; un homme très observateur, raisonneur, argumentateur ; qui excelle dans la controverse, mais qui est enclin à ergoter ; logicien systématique, il prétend tout réduire en formules mathématiques; innovateur audacieux, il médite sans cesse des combinaisons nouvelles. Il est remarquable par sa grande fécondité d’idées, par sa verve et par la subtilité de ses raisonnements. Publiciste politique, il se signale par la hardiesse de ses doctrines, par la vigueur et par l’originalité de sa polémique; paradoxal à l’excès, il combat toutes les doctrines et toutes les opinions reçues, prétendant tout réformer selon ses vues. Tout en sc prévalant de bon sens et de rationalisme, il tombe à son insu dans les utopies. Arrêté et cassant dans ses opinions, il les énonce hardiment, sans s’inquiéter du jugement d’autrui. Il agit toujours sous l’empire d’idées préconçues ; n’effectue rien avant de s’être interrogé et d’avoir longuement réfléchi sur la conséquence de ses actes; chez lui, la déduction logique et

mathématique des choses supplée au manque d’intuition et d’inspiration. Son esprit méthodique et classificateur s’applique aussi bien aux idées qu’aux choses; ses qualités d’ordre sont poussées jusqu’à la minutie. Il est très habile administrateur, et fort expert dans les affaires financières. 11 possède un génie organisateur et fondateur et des aptitudes diplomatiques. Sa grande activité le rend propre à mener et à diriger plusieurs entreprises à la fois. C’est un travailleur assidu et infatigable, mais il a besoin de silence, d’isolement et de recueillement pour se livrer au travail. Les sciences exactes et naturelles conviennent à son intelligence; la politique et l’économie sociale sont plus particulièrement du ressort de ses facultés; il est également propre à la jurisprudence. Ce n’est pas un linguiste, mais il apprend et parle facilement les langues vivantes. Il a l’esprit encyclopédiste, et il est excellent polémiste. Il a de remarquables qualités pour la politique et le gouvernement; mais c’est plutôt un théoricien et il est porté aux utopies.

L’idéalité, le sens poétique et artistique lui font absolument défaut. Ses apparences de calme et de placidité cachent une grande irritabilité et des tendances colériques très prononcées. Il est conciliant par raison, processif et duelliste par tempérament. Esclave de sa parole, il ne l’engage pas légèrement. Chez lui, le sentiment de la justice s’affirme plus dans les paroles et dans les écrits que dans les actes. Sa nature égoïste et intéressée contraste singulièrement avec ses doctrines philosophiques et humanitaires. Il est très enclin à l’avarice et ses accès de générosité ont l’ostentation pour mobile. Doué de courage, d’énergie et d’initiative, il se jette hardiment dans la lutte, tenant haut et ferme le drapeau des opinions qu’il professe et qu’il défend. Le sentiment de 1 amour lui est inconnu. Son amitié est sincère, solide et durable; sa franchise aux allures brusques est cependant calculée; jamais il ne s’ouvre entièrement, pas même avec ses plus intimes amis. Il est opiniâtre, exclusif et absolu dans

ses idées. Celui qui l'a trompé ne retrouve plus sa confiance. Il n’oublie pas les offenses, pardonne difficilement et jamais entièrement. Il est aussi discret que secret. Le sensualisme raffiné delà table a un certain attrait pour lui; mais sa règle est la sobriété ; il est gourmet par goût et sobre par raison ; tout excès lui est odieux.

Il tient essentiellement à ses droits et ne souffre pas qu’on y porte atteinte; rigoriste en fait d’autorité, il ne cède rien du pouvoir qui lui est confié. Il tient tout particulièrement au prestige de la considération publique ; désireux d’approbation et de louanges, il endure péniblement les observations. Toujours convaincu qu’il a raison, il veut à tout prix faire prévaloir son sentiment. Sa conversation est inépuisable, savante, spirituelle et pleine d’intérêt; son élocution facile et brillante; jamais il n’est à court d’arguments. C’est un parleur savant et habile, mais ce n’est pas un orateur. Convoiteux d’honneurs, il aspire aux premières places dans l’État; il aime à présider les assemblées; l’orgueil et l’ambition sont ses passions prédominantes.

Cet homme, par son mérite personnel et par ses œuvres, acquerra une grande célébrité et s’élèvera à une haute situation. Il se rendra illustre par ses écrits touchant la politique et l’économie sociale. Il captivera l’attention et l’amitié des princes. De là lui viendront des honneurs ; pourtant, il ne pourra s’élever à la hauteur de ses visées ambitieuses. Il comptera parmi ses amis beaucoup d’hommes illustres dans diverses sphères. D’une autre part, il se créera des ennemis acharnés à cause de ses doctrines. Enfin, il sera malheureux dans les choses de cœur, et de grands chagrins lui viendront par les femmes.

Un homme d’une telle physionomie ne demeure jamais dans la médiocrité ni dans l’obscurité, quelle que soit d’ailleurs sa position sociale.

Jupiter , Saturne et le Soleil (fig. 7). — Un type carré allongé avec un crâne large, bien voûté, élevé en la région sincipitale ; un grand front carré et perpendiculaire, qui s’élargit par le sommet en décrivant une courbe légère ; des sourcils arqués et étendus ; des yeux assez petits, vifs, fauves, retirés sous une arcade sourcilière large et saillante ; le regard ferme, assuré et perçant ; un grand nez en forme de bec d’aigle, ayant un pli transversal situé en sa racine, une épine large, un bout ferme, légèrement tombant et pointu ; des narines longues et un peu échancrées ; une bouche arquée, fermée et serrée, aux coins arrêtés et abaissés ; des lèvres fermes , tendues et minces, particulièrement la supérieure; un menton large et carré, aux contours fermes ; modérément en avant, avec une légère fossette ; des joues larges et carrées, aux contours fermes ; le muscle canin prononcé ; le teint blanc un peu jaunâtre ; les joues inégalement colorées ; les cheveux bruns, bien plantés et un peu durs ; la tête droite, fermement posée et un peu rejetée en arrière ; le col assez court ; les épaules hautes et larges ; la parole vive et impérieuse ; la voix ferme et tranchante, passant par instants du grave à l'aigu ; l’allure imposante, ferme et bien campée ; le pas régulier, grave et bien assis : ces divers traits appartiennent à un homme d’un caractère froid, ferme et réfléchi, doué de prudence et de bon sens ; qui pèse et mesure ses paroles ; qui sonde habilement les autres, sans jamais se compromettre, et qui n’agit qu’après avoir mûrement examiné et calculé la portée de ses actes. Diplomate d’une habileté con-

sommée, il n’est jamais pris au dépourvu, ni à court d’expédients pour se tirer d’embarras. Il sait avec une incomparable adresse tourner et vaincre les obstacles et les difficultés qui s opposent à ses desseins. Il possède l'art de convaincre les autres et, par l’habileté et la subtilité de ses raisonnements, il obtient d’eux ce qu’il désire. Conciliant avec ses ennemis, suivant les circonstances, il devance leurs machinations et sait adroitement les faire tomber dans le piège qu’ils lui tendaient et, par suite, leur reprendre avec avantage ce qu’il leur avait concédé. C'est un esprit judicieux chez qui la logique tient lieu de clairvoyance ; observateur froid, il ne se laisse emporter ni par la passion ni par les écarts de l’imagination. Ferme et arrêté dans ses opinions, il ne transige jamais avec elles, à moins qu’un intérêt puissant ne l’exige ; mais par des retours calculés et par des manœuvres habiles, il parvient toujours à en assurer le triomphe.

Autoritaire, conservateur et scrupuleux observateur des lois, il veut une justice sévère et inflexible, rendue avec équité, et appliquée sans exception aussi bien aux grands qu’aux petits. Il entend aussi que toute rébellion contre les lois ou contre l’ordre de choses établi soit réprimée sans pitié.

C’est une très forte tête, mais il a un cœur dur et insensible. Ses mœurs sont austères et il est irréprochable dans la conduite de sa vie privée ; il ne comprend absolument rien à l’amour ni aux choses de sentiment. Il a soif des honneurs et aspire au pouvoir ; une ambition secrète le dévore. Il est porté à l’avarice ; néanmoins il n’épargne pas l’argent et il le répand largement quand il s’agit de favoriser ses desseins ambitieux. Son esprit essentiellement positif et imbu d’une philosophie sceptique ne croit guère qu’aux faits matériels; mais pourtant il professe la religion naturelle. D’autre part, il est respectueux de la religion ; ses pompes et ses cérémonies l’impressionnent et lui plaisent. Il estime que la société ne pourrait subsister sans croyances,

et que l’athéisme conduit les peuples à la dissolution et les précipite dans les abîmes de l’anarchie. Il considère la religion comme un auxiliaire puissant et indispensable de gouvernement ; aussi veut-il qu’elle soit protégée et respectée. C’est dans la sphère étroite des choses humaines que sont concentrées ses aspirations, ses luttes, ses joies et ses peines ; sa vie se consume dans les fiévreuses agitations des affaires publiques.

Cet homme est un profond politique, doué d’une vaste et rare intelligence ; il excelle dans l’art de manier la plume et la parole ; il se rendra célèbre par son grand talent oratoire, ses hautes connaissances en politique et en diplomatie et sa grande habileté à manier et à conduire les affaires le feront élever aux plus grandes charges de l’État. Ministre, il imposera ses volontés à tous, voire même au roi. Il aspirera au pouvoir suprême. Sa fortune éprouvera d’étranges vicissitudes; par plusieurs fois il sera élevé au pouvoir et il en sera précipité. Il sera comblé des plus grands honneurs, et il jouira de prérogatives presque royales. Enfin, il sera idolâtré des uns et haï des autres.

Mercure, la Lune et Saturne (fig. 8). — Le type carré allongé, associé à des traits effilés, pincés et anguleux; un front plat et osseux dont le haut se renverse en se déprimant ; des sourcils noirs, longs, épais, abaissés et conjoints, sous lesquels se cachent à demi de petits yeux enfoncés, noirs, dont l’iris est marqué de points blancs etsafranés, formant un double anneau autour de la prunelle, et qui par instants étincellent et dardent un regard vipérin, oblique et furtif ; la paupière violacée à sa naissance ; un long nez qui s’avance tout d’un trait, en se creusant un

— is'i —

peu au milieu, et dont le bout se termine en pointe et se relève un peu ; des narines longues et étroites ; l’épine du nez étroite, pincée et ang'uleuse ; une bouche de forme curviligne, aux lèvres plates et très minces, sur lesquelles apparaît par instants un grimaçant sourire; le muscle canin relevé et profondément marqué ; un petit menton osseux et fuyant ; le teint blême, légèrement verdâtre; les cheveux d’un blond fade ; la voix variable, tantôt faible, tantôt aiguë, et parfois sifflante ; une parole et des manières patelines ; le dos un peu voûté, la tête tendue en avant, jetant un regard inquiet et furtif tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, un pas vite, inégal, mal assuré et en zigzags ; ces divers caractères indiquent une nature perverse et profondément méchante. Celui qui possède une physionomie semblable ne nourrit en son esprit que des projets atroces et diaboliques. Il n’est occupé qu’à nuire à autrui et ne cherche qu’à satisfaire sa basse et avide cupidité et ses vils instincts de lubricité. Cet être satanique et malfaisant jouit par avance du mal qu’il va causer. Il est rompu dans l’art des machinations occultes et criminelles. Pourvu qu’on le gorge d’or, on le trouve toujours disposé à être l’instigateur des plus noirs et des plus lâches forfaits. Gardez-vous de ce démon à forme humaine ! C’est un hypocrite consommé qui se joue et se rit des âmes naïves et honnêtes, et qui, par son astuce savante et ses habiles comédies, trompe la prudence et la vigilance des plus clairvoyants. N’ayez donc aucun rapport avec ce reptile dangereux; s’il a pénétré dans votre domicile, bâtez-vous de l’en chasser, car c’est un tendeur d’embûches et un corrupteur des âmes. Cet homme est expert en chimie et très habile à manipuler et à combiner les substances toxiques les plus dangereuses. Excité par sa malfaisance satanique et par son ardente cupidité, il s’absorbe et s’acharne à la recherche des poisons les plus redoutables, mettant à prix d’or sa science infernale au service d’œuvres criminelles qui s’accomplissent dans l’ombre et le mystère.

Pourtant ce monstre échappera à la justice des hommes. Louangé et honoré pour son grand savoir, on le verra briller aux premières places dans les assemblées scientifiques et élevé aux honneurs dans les académies. Mais il périra d’une façon tragique au milieu de ses alambics et de ses cornues. Il sera foudroyé en se livrant à quelque expérience chimique.

Vénus et Saturne (fig. 9).

— Un crâne à bosses pariétales saillantes ; un front presque perpendiculaire , au coronal éminent, sans rides ; des tempes plates et sans veines apparentes ; des sourcils droits, courbés à leur extrémité, nettement dessinés, bruns, épais, au poil doux et couché ; des yeux bien fendus en amande, d’un noir velouté, ornés de longs cils bruns, au regard placide et vague ; des paupières assez épaisses au contour arrondi ; un nez long et fort, presque droit, au bout large et arrondi ; les ailes du nez grasses, les narines modérément ouvertes; le canal (on nomme ainsi la fossette située entre le nez et la lèvre supérieure) accusé et bien dessiné, une bouche doucement close, au contour souple, dont les coins fouillés sont légèrement relevés ; des lèvres assez fortes, arrondies, lisses, et modérément colorées; la lèvre inférieure plus grosse que la supérieure et la débordant un peu ; un menton large et gras avec une petite fossette, et qui n’avance ni ne recule ; des joues bien en chair, un peu grosses ; le teint brunâtre, les pommettes un peu colorées, la peau lisse ; les cheveux bruns, épais et doux au toucher ; des favoris bruns et touffus ; la voix un peu gutturale, flexible et agréable, la parole posée et doucereuse ; des dents

belles et qu’on affecte de montrer lorsqu’on rit; des épaules rondes et un peu tombantes ; les hanches larges ; le derrière saillant ; la démarche paisible et prétentieuse, le pas un peu dansant : un tel sujet a la mise recherchée et à la mode du jour ; il se parfume avec soin ; ses doigts sont ornés de bagues nombreuses ; ses manières sont affectées, sa politesse cérémonieuse ; friand de bonbons, il en mange à toute occasion, et se plaît à en offrir avec une gracieuse insistance, surtout aux dames.

Sous une apparence calme et sereine, cet homme cache une âme inquiète et ambitieuse, tourmentée par le besoin de briller et par le désir des honneurs. Il a de la timidité et de l’hésitation, mais dès qu’il a pris une résolution, il l’effectue avec prudence et opiniâtreté, sans bruit ni précipitation. Il est avisé, précautionneux, fin, adroit et dissimulé, habile et ingénieux à combiner les moyens de réussir dans ce qu’il entreprend ; et si difficile et embrouillée que soit une affaire, il parvient à s’en tirer avantageusement. Par son adresse de manières et de langage il sait gagner les bonnes grâces des personnes qui entourent ceux dont il a besoin et finit par obtenir de ceux-ci ce qu’il désire. Il connaît bien le monde et en a la science ; aussi, lorsqu’il doit paraître en public ou aller en société, il étudie avec soin ses attitudes, ses gestes et ses regards. Il excelle dans l’art de se créer des relations et de se faire agréer dans les meilleures sociétés ; par son rayonnement heureux, il exerce du prestige dans les maisons et dans les salons qu’il fréquente, et doucement il supplante ceux qui y étaient le plus influents et le mieux posés.

Il tient singulièrement à la considération du monde. Rempli d’amour-propre et désireux de louanges et d’approbation, il souffre péniblement la critique et la raillerie, sans toutefois le laisser paraître; et quelle que soit son antipathie ou même son hostilité contre une personne, rien en lui ne trahit extérieurement son sentiment. Il conserve même à l’égard

de ses ennemis des formes courtoises et bienveillantes, tout en leur gardant secrètement de la rancune.

Il est susceptible de mouvements d’expansion, mais il no s’y abandonne pas jusqu’à livrer le fond de sa pensée. Sa gaieté est seulement de surface, car au fond de lui-même, il est souvent travaillé par des tristesses et des appréhensions.

Il est secrètement attaché à l’argent; mais il tient à se montrer généreux et n’épargne pas sa bourse pour briller et pour satisfaire ses goûts luxueux. Il la met volontiers au service de ses amis, l’emploie à des œuvres de bienfaisance ; mais il fait cela par ostentation ; d’autre part, il est parcimonieux. Il aime les vanités du monde, ses fêtes, ses cérémonies et ses plaisirs. Il tient essentiellement à la mise, autant par coquetterie que par calcul ; il se plaît à porter des bijoux, vrais ou faux, selon ses moyens ; il est d'une propreté méticuleuse ; tout dans son intérieur est rangé avec un ordre remarquable. Il apprécie les plaisirs de la table, mais il pratique la tempérance.

Il est timide en amour, défiant, soupçonneux et jaloux ; mais il s’efforce de ne point le paraître, et concentre ses sentiments au fond de lui-même. En ce qui concerne la pudeur, il est plein de réserve et de convenance dans ses manières et dans ses paroles; pourtant il est enclin à la lasciveté et même raffiné dans les plaisirs charnels lorsqu’il y est sollicité; maj> il se cache et en éprouve une certaine honte. S’il se marie, il fera un mariage de raison et observera la foi conjugale.

Il est poltron, mais ne veut pas le laisser voir, et si par aventure on le provoque en duel, il trouve le moyen de se dispenser d’y paraître à l’aide d’un habile subterfuge qui n’entache pas son honneur.

Il aime le jeu, y est loyal et heureux, et se montre ingénieux à trouver des combinaisons.

Il a de la religiosité, mais beaucoup de respect humain ; ainsi, il ira très volontiers dans des sanctuaires renommés

par leurs miracles, implorer la Vierge ou les saints pour des grâces qu'il désire obtenir, mais il le fera en cachette ; d’autre part, il aura la lâcheté de jouer l’esprit tort et le sceptique avec ceux qui le sont, par crainte de leurs railleries.

Il est singulièrement attaché à la vie et la mort lui inspire une si grande terreur qu’il n’assiste aux cérémonies funèbres qu’avec une extrême répugnance et en tremblant ; cependant malgré lui la pensée de la mort obsède souvent son esprit et le poursuit même au milieu des plaisirs mondains.

Cet homme positif et pratique à tant d’égards a, d’un autre côté, du goût et du sentiment pour les choses d’art ; il aime la musique et y a môme de l’aptitude. En outre, il y a chez lui de la sentimentalité : il a le goût des élégies ; parfois il est ému jusqu’aux larmes par l’audition de certains airs tendres, ou par la récitation de vers sentimentaux.

Il se rendra célèbre comme orateur du barreau. Il manie facilement et habilement la parole ; son éloquence est élégante et persuasive. Il sait se concilier la bienveillance de ses auditeurs, et il a le secret de les impressionner, de les toucher et de les émouvoir jusqu’à provoquer leurs larmes.

Dans toutes les carrières, excepté celle des armes, cet homme se trouve au premier rang, soit comme chef d’administration, soit comme directeur de compagnies ou de sociétés, soit comme présidents d’assemblées ou de conseils, soit comme possesseur de charges publiques. Enfin on le verra porteur d’insignes honorifiques et décoré de plusieurs ordres.

Il est singulièrement heureux dans ses affaires et dans ce qu’il entreprend; mais aussi, il a le don précieux de saisir adroitement les circonstances où la fortune lui sourit, et de la seconder merveilleusement en mettant en activité les facultés naturelles dont il dispose. En outre, sa chance naturelle le sert si bien que ses propres fautes tournent même le plus souvent à son avantage.

— ISO —

Mais pourtant, cet homme, qui a tous les bonheurs en affaires, en honneurs et en ambition, est très malheureux dans les choses du cœur; de ce côté, il n’éprouve que des malheurs, des déceptions, des tristesses et des amertumes ; ses affections sont constamment traversées et marquées par d’étranges fatalités.

Jupiter, Saturne et la Lune (fig.10). — Un type carré allongé avec un crâne bien voûté, éminent en la partie sincipitale ; un front large et élevé, légèrement penché en arrière ; la bosse frontale proéminente, mais sans exagération ; les tempes aplaties; l’arcade sourcilière saillante et arrondie ; des sourcils bien arqués, fournis, doux et couchés; des yeux bien ouverts, vifs, limpides, gris clair; la paupière assez épaisse et arrondie ; le regard doux, calme et reposé ; un nez grand, fort et arrondi en son extrémité; des narines longues et bien dilatées ; une bouche de moyenne grandeur, souple, doucement close, aux coins un peu relevés et légèrement souriante ; des lèvres souples, douces et incarnates ; la lèvre inférieure forte, arrondie et un peu en avant; un menton assez grand, droit, rond, gras et fossu, se doublant avec l’âge ; des joues larges, grasses et fermes ; le teint blanc rosé ; la peau fine, douce, souple ; des cheveux abondants, bouclés, châtain clair, doux, fins et souples, blanchissant tôt; la tète droite, sons raideur et quelque peu enfoncée dans les épaules; le col court; les épaules larges et arrondies; la démarche très calme, le pas petit, mal assuré, nullement précipité; la voix d’une sonorité douce et régu-

lière ; la parole calme, onctueuse et mesurée, avec de petites pauses ; comme signe particulier, l’habitude de joindre les mains en parlant et de les frotter légèrement l’une sur 1 autre : cette physionomie d’une apparence ordinaire cache un homme sage, très heureusement doué. Son âme élevée, douce et tranquille, est à l’abri des orages des passions ; il possède des inclinations vertueuses, l’amour du bien, beaucoup d’empressement pour tout ce qui est bon et généreux, une franchise et une loyauté parfaites; la modération, la douceur et l'aménité de caractère; une douce et sage gaieté. Il désire plaire pour être utile aux autres; il se rend agréable à tous ceux qui l’approchent; il s’applique à éviter ce qui pourrait peiner ou blesser. Son cœur bon et généreux pardonne et oublie les offenses, et il fait volontiers du bien à celui qui l’a offensé. Son amitié est sincère, constante, indulgente et expansive; sa confiance amicale est sans bornes. Il est plein de prévenances et d’attentions délicates; simple et modeste, il se met à la portée de tous; son excessive bienveillance le fait condescendre aux désirs des autres ; il va jusqu’à se faire enfant avec les enfants. Sa bonhomie est aimable et spirituelle, sa plaisanterie fine, mais réservée et jamais blessante; il est tout attention quand il vous écoute, tout bienveillance quand il vous parle. Il est profondément peiné quand il ne peut rendre le service qu’on lui demande.

Il commande avec bonté et réprimande avec une touchante douceur. Il est profondément religieux, très tolérant, réglé dans ses mœurs et dans sa conduite, prudent, judicieux et plein de bon sens. On le trouve humble dans les grandes choses, grand dans les petites. C’est une intelligence distinguée, un savant modeste ; mais son excessive modestie l’empêche souvent de tirer parti de ses talents. Sans ambition, n’appartenant à aucune coterie, il arrive péniblement à la réputation et ne recueille que tardivement le fruit de ses travaux. Il est juste cl bienveillant envers ses rivaux. Ami

des pauvres, il prend sur son salaire pour soulager leur misère. Il a horreur du mensonge et de la duplicité. Son âme ouverte permet à tous de lire sa pensée, toute sa dissimulation se bornant à cacher deux choses : son mérite et sa bienfaisance.

Essentiellement pacifique, il s’applique avec bonheur à apaiser les dissensions et les différends qui divisent les familles ou les personnes. Il est pénétré de l’amour de la justice et y est profondément attaché. Autant il a de l’indulgence et de la condescendance pour les humbles et les petits, autant il est juste mais sévère envers les grands et les puissants. Il professe le respect de l’autorité et observe scrupuleusement la loi, pourvu toutefois qu’elle ne porte pas atteinte à la morale ni à la conscience. Dans la carrière judiciaire, on le verra magistrat digne, intègre, savant et incorruptible, exerçant la justice avec une impartialité et une fermeté impassibles jointes à la douceur, s’appliquer à ne rendre que de justes arrêts, et avant de les prononcer, s’y préparer dans le silence par la prière et le recueillement. Il a le mépris de la courtisanerie du pouvoir, et s’il lui fallait rendre un arrêt inique au prix de sa dignité et de son poste, rempli d’indignation, il n’hésiterait pas un instant à descendre de son siège sans bruit et sans éclat.

Dans la carrière sacerdotale, c’est un saint prêtre, qui, pénétré de sa mission évangélique, la remplit avec ferveur, douceur et modestie. Sa charité est inépuisable. Il recherche les petits, les faibles et les déshérités de ce monde, et s’impose les plus dures privations pour secourir ceux qui sont dans l’indigence. Plein d’un zèle apostolique, il prêche aux grands et aux puissants les rigueurs de l’Évangile, et il en enseigne les douceurs et les consolations aux petits et aux déshérités des biens de ce monde. Son goût le porte à exercer son ministère dans le silence d’une cure de campagne. Mais malgré sa modestie et son humilité, il sera élevé à de très hautes dignités ecclésiastiques. Cet homme porte sur

son visage le rayonnement de la prédestination à la sainteté.

Soleil, Mars et Saturne (fig. 11). — Un crâne bien proportionné ; des traits prononcés aux contours énergiques tendus et anguleux ; un front carré perpendiculaire; la bosse frontale large et modérément saillante ; le muscle sourcilier large, saillant et vigoureusement dessiné ; des tempes anguleuses et protubérantes ; le milieu du front traversé par des plis finement tracés, réguliers et horizontaux ; des sourcils fièrement dessinés, noirs, longs, touffus, bien arqués et froncés, ombrageant des yeux enfoncés, d’un contour très ferme et arqué ; la prunelle vert foncé et étincelante ; la paupière supérieure mince et anguleuse, l’inférieure tendue et carrément arrêtée ; un regard d’aigle, fixe, dur, perçant, qui ne s’abaisse jamais et qui trouble et fascine celui qui ose l’affronter; un nez prononcé et cambré à épine large et arrêtée, qui est ferme et anguleux en son extrémité; des narines carrément dessinées, bien dilatées et au contour arqué; une bouche assez petite, fermée, serrée, d’un contour ferme et abaissée aux coins ; des lèvres minces, anguleuses et très arrêtées; le dessous de la lèvre inférieure formant un angle rentrant ; un menton osseux, assez saillant, d’un contour énergique et carré; des pommettes larges, saillantes et anguleuses; des joues creuses, très fermes, aux muscles accusés; le muscle canin très marqué; le teint légèrement hâlé, la peau ferme et- tendue; des cheveux bruns roussàtres, très abondants, durs et frisés; l’oreille grande, droite, cartilagi-

Fig. ii.

neuse et bien rebordée; la tète droite et fièrement portée ; la démarche grave, hautaine et imposante; le cou musclé; le cartilage thyroïde très accusé; le pas assez grand, régulier, ferme et point précipité ; la voix forte et d’une sonorité retentissante; la parole très assurée, concise et imposante: tous ces caractères indiquent un homme qui a une nature rude, virile et fortement trempée; sa devise est: des actes et non des paroles ; aussi parle-t-il peu, mais il agit beaucoup et avec discernement. Cependant, il possède le don de la parole: c’est un orateur puissant et éloquent; son style est facile, simple, sévère, laconique, énergique, véhément et entraînant. Il possède une volonté de fer, une grande énergie d’action, une constance admirable. Il est ferme dans ses principes, et entièrement dévoué à ses opinions. Homme déréglé et de discipline, il donne l’exemple aux autres, en s’y soumettant le premier. Il possède l’art de commander, a le commandement rude et sévère, punit avec une grande rigueur, mais aussi avec équité. Il apprécie l’argent comme moyen, mais il n’est aucunement cupide de richesses. Sa probité est incorruptible. Il ne respire que pour la gloire ; pour arriver à la renommée, il brave la peine, les fatigues et les périls. C’est un homme de résolution, d’un courage martial, intrépide et réfléchi, qui conserve son sang-froid dans la chaleur du combat, et qui, par sa grande présence d’esprit, se tire des positions les plus critiques et les plus périlleuses. Inébranlable aux coups de l’adversité, aux secousses de la fortune, il supporte le malheur avec une stoïque résignation.

Ses passions sont fortes, profondes et terribles dans leur explosion; mais, plein d’empire sur lui-même, il sait maîtriser les mouvements tumultueux de son âme. Ses mœurs sont austères; il mène une vie dure et pénible, s’imposant volontiers des privations, et habituant son corps à la fatigue.

Il médite constamment sur les vies des hommes illustres de l’antiquité, principalement sur celles des grands capi-

taincs: il les prend pour exemples et il s’applique à imiter leur conduite, leur héroïsme et leurs vertus austères.

C’est un esprit sage, profond et méditatif, qui agit avec une très grande circonspection et une réflexion sérieuse, \ nourrissant silencieusement ses projets et les mûrissant avec patience avant de les effectuer. Il ne fait rien avec précipitation; toutes ses entreprises sont combinées, calculées et

mûrement arrêtées avant d’être mises à effet.

Il est enclin à l’envie, et, bien qu’il s’observe sévèrement pour réprimer ce penchant naturel, il endure péniblement toute rivalité, et la gloire d’autrui excite une secrète jalousie dans son âme ; aussi redouble-t-il d’efforts pour triompher de ses rivaux.

Son amitié est ferme, constante et généreuse; entièrement dévoué à ses amis, il expose volontiers sa vie pour eux. Jaloux de son honneur, il préfère la mort à l’ignominie. Il consacre sa vie à la cause qu’il sert; sa parole est inviolable. Fortement attaché à son devoir, il est toujours prêt à lui sacrifier son intérêt. Son cœur est plein de l’amour de la patrie; il n’aspire qu’à la servir et à se dévouer pour elle.

Doué d’un grand génie, il a l’ambition des grandes choses, et il médite de vastes projets. II est tout à la fois guerrier et législateur; son esprit est actif, entreprenant, organisateur. Les mathématiques sont l’objet de ses méditations et de ses recherches; habile tacticien, il joint à une science profonde de la guerre un courage intrépide, une audace savante et tranquille. Avec une âme noble et guerrière, il possède toutes les vertus militaires. On trouve en lui ce qui fait le héros: grand et calme dans la prospérité, il est sublime dans l’adversité. Un tel homme est marqué pour une destinée particulière. Appelé à illustrer son nom par la grandeur de ses actions, il sera le premier en puissance parmi ses contemporains. Par son génie et ses vertus, il s’élèvera aux plus grands honneurs et aux plus hautes dignités. Il pourra même arriver au pouvoir suprême.

Saturne et Merc ure (fi g. 1 2) .

— Untype carré allongé, avec des contours très anguleux; un front perpendiculaire, de forme ogivale, osseux, un peu bombé au sommet; des sourcils noirs et horizontaux, abaissés à leur queue ; de petits yeux très enfoncés, très noirs, d’un éclat métallique, d’où sortent par instants des éclairs phosphorescents, et qui ont sur l’iris des points jaunes et bleus, formant un double cercle qui entoure la prunelle ; le regard sec, aigu et furtif ; un très grand nez, à épine anguleuse, mince, recourbé en forme de bec, pointu en son extrémité ; des narines obliques, longues, étroites et pincées ; une bouche horizontale, fermée et serrée, tirée d'un trait, plissée du coin; des lèvres très minces et plates; un petit menton, un peu en avant maigre et anguleux; des pommettes osseuses et anguleuses; des joues fort creuses; le muscle canin très prononcé; la peau sèche et tendue; le teint légèrement olivâtre; les cheveux très noirs ; Te dos un peu voûté ; la démarche raide et compassée; l'habitude de marcher sur la pointe du pied, légèrement et sans bruit ; celle de parler à demi-voix et d’un ton sentencieux; une voix qui a par instants des échappées de son étrange, semblable à un sifflement de serpent ; l’habitude, quand dans une négociation les choses ne vont pas au gré des désirs, de faire claquer sa langue et de se mordiller les lèvres; ces divers traits indiquent un homme dur, inflexible, impitoyable; incapable de sentiment; jaloux et envieux du bonheur des autres; éprouvant de leurs désastres une joie secrète. Instigateur secret du mal, il cache la noirceur de son

âme sous lo masque de la vertu et de la religion. Rien ne peut attendrir son cœur de pierre ; renfermé dans son misérable et affreux égoïsme, il est sans pitié. Tout pour lui, rien pour les autres, voilà son code. Que lui importent les malheurs et les calamités publiques, pourvu qu’il n’en soit pas victime? il s’en réjouit même en secret, s’il y trouve une occasion d’avantages pour lui. Que peut lui faire la mort des siens, pourvu qu’il leur survive et qu’il hérite de leurs biens ? S’il les voit favorisés de la fortune, il ne faut pas que leur mort tarde, sinon l’esprit du mal qui l’obsède pourrait lui inspirer quelque pensée sinistre. Profondément rusé et dissimulé, il impose à tout le monde et trompe môme les plus fins. Souple et adroit en affaires, il n’emploie sa rare habileté qu’à sacrifier et à duper les autres, au profit de son insatiable cupidité. Cet homme sans principes, sans conscience, sans loyauté, met son talent au service du plus offrant, sans se soucier si la cause qu’il sert est honnête ou non. Ce qui lui importe, c’est de s’enrichir promptement. Dans son cynisme intéressé, il prise infiniment plus un fripon qui satisfait sa honteuse et avide cupidité, qu’un honnête homme auprès duquel il ne trouve aucun profit. C’est un homme processif, un légiste qui connaît son code mieux que personne, possédant à fond la science des affaires, habile à trouver des expédients, et qui excelle dans l’art de la chicane et dans ses machinations ténébreuses. Toujours servi par une chance infernale, il triomphe des obstacles les plus difficiles. Doué d’une forte tête et d’une activité prodigieuse, il peut entreprendre et diriger une multitude d’opérations à la fois; il se crée des relations dans tous les mondes, surtout dans celui des affaires et de la politique; enfin, il se faufile partout où il voit un moyen ou une occasion de servir ses desseins; c’est avec une merveilleuse adresse qu'il s’insinue dans les maisons et dans les sociétés choisies ; rien n’échappe à ses yeux terriblement vigilants; sans en avoir l’air, il est tout oreilles, épie et saisit tout ce qui se dit autour de lui, en

• Mtoénr ■— ... . ..... ....

prend note pour en user â son profit ou contre ceux qui lui sont ennemis et qu’il veut perdre.

Tartufe incomparable, passé maître en fourberie, il fait quelquefois du bien, pour pouvoir impunément faire du mal. Par sa profonde et savante hypocrisie, il parvient à séduire les plus expérimentés, au profit de ses intérêts. On le voit même accaparer la fortune de ceux dont il a su capter la confiance et l'amitié. Si vous avez quelque héritage à prétendre, et qu’un homme semblable soit votre parent, ayez constamment l’œil sur lui ; surveillez avec attention ses pas, ses démarches, ses agissements; car vous pouvez être persuadé que ce misérable, ce comédien habile, emploiera tous les moyens, même les plus détestables, pour vous frustrer de vos droits.

Pour feindre l’homme de bien, il se montre parfois rempli d’un saint empressement pour présider et diriger des œuvres de bienfaisance.

Gardez-vous bien de vous faire un ennemi de cet homme, car sa haine est implacable et redoutable. Vous le verrez souvent, simulant une résignation religieuse, endurer les plus grands outrages, sans manifester d’indignation. Mais sachez que, s’il comprime sa colère, c’est pour mieux préparer dans l’ombre sa vengeance et pour l’exercer à l’imprévu, avac une joie féroep.

Pour servir ses projets, ses vastes desseins et son ambition, il entre dans la franc-maçonnerie, où il parvient bientôt aux plus hautes dignités. Il s’affilie à certaines autres sociétés secrètes, pour en connaître la raison, et pour s’en servir au besoin de ses desseins.

Au jeu, il a une chance si grande qu’il fait toujours sauter la banque.

Il fait montre de mœurs austères; pourtant il a des passions infâmes qu’il satisfait en secret.

Cet homme satanique trouve toujours le moyen d’échapper au châtiment de ses méfaits et de ses crimes, en les envelop-

pant d’ombre et de mystère avec un art diabolique. C’est un habile tendeur d’embûches, qui excelle à perdre ses ennemis ou ceux qui entravent ses projets, en les enveloppant en silence dans de savantes et mystérieuses machinations.

Il possède un étrange pouvoir suggestif et un redoutable pouvoir absorbant; doué d’une volonté de fer, il plie celle des autres au gré de ses désirs ; cet homme, comme un vampire, absorbe la force vitale de ceux qu’il vise, ou qui vivent en commun avec lui. Malheur à la femme qui s’allie à lui, car elle ne tarde pas à succomber sous les effets mortifères de sa terrible puissance.

Ce sceptique, qui ne croit pas môme en Dieu, tourmenté par son insatiable ambition, ira interroger l’enfer et implorer son secours pour le succès de ses vastes et ambitieux desseins. Seul, la nuit, dans une forêt sombre, lugubre et solitaire, séjour mystérieux du silence et des ombres, selon les rites, il évoque Satan, et fait un pacte avec lui ; vendant ainsi son âme au diable pour prix de ses faveurs.

N’en déplaise aux libres penseurs et aux esprits forts, qui, par parenthèse, sont souvent bien faibles, de nos jours le pacte diabolique n’est pas aussi rare qu’on pourrait le croire. Je sais pertinemment que certains personnages politiques et financiers l’ont pratiqué, et par là sont arrivés aux plus hautes positions. Certes, peu de gens sont capables d’affronter sérieusement une semblable expérience ; car pour cela, il faut avoir un caractère bien trempé, Du reste, en dehors de la réprobation religieuse appliquée à ce pacte terrible, je pense que celui qui le pratique attire sur lui-même ou sur sa descendance de terribles fatalités ; ou qu’il s’expose à être frappé de folie, et parfois de mort foudroyante, sur le lieu même où il fait cette expérience.

Médecin, par son esprit éminemment chercheur et observateur, il acquerra un très grand savoir, et se rendra illustre par ses doctines médicales et par des découvertes qui bouleverseront les systèmes de la science officielle. Comme prati-

cien, il fera grand bruit dans les académies et dans le public par des cures merveilleuses sur des maladies réputées incurables; résultats qu’il otiendra par des moyens thérapeutiques occultes. Mais cet homme si savant est sans honnêteté ni moralité; ambitieux d’honneurs et de richesses, il n’est rien d’indigne et de méprisable qu'il ne fasse par cupidité; ainsi, il mettra volontiers sa science à l’encan et vendra ses services pour des dignités ou pour de l’argent.

Si vous êtes riche, et que votre mort soit désirée par des parents ou par d’autres personnes de votre entourage, impatientes de recueillir votre héritage et méditant de sinistres projets sur votre existence, gardez-vous bien de confier le soin de votre santé et de votre vie à cet homme, car si on le sollicite, il consentira très volontiers, mais à prix d’or, à livrer le poison subtil qu’il aura composé lui-même, pour trancher le fil de votre vie.

Prêtre, il aura bien une austérité et des vertus de parade ; mais il ne s’appliquera ni à pratiquer les sublimes enseignements de la morale de l’Évangile, ni à sanctifier son âme par le sacrifice de lui-même et par de bonnes œuvres; il n’ira point chez les pauvres leur porter des consolations religieuses, ni soulager leur misère. Il sera dur et hautain avec les déshérités des biens de ce monde, obséquieux avec les grands et les riches pour s^ ménager leur appui et leur faveur. Il se gardera bien de prêcher à ceux-ci les rigueurs de la morale chrétienne. Son seul souci sera d’arriver à la suprématie.

Moine, toute sa conduite ne sera qu’ hypocrisie; couvrant sa méchanceté et ses indignités du masque de la vertu et de la plus fervente piété, il renchérira sur les austérités de la règle. On le citera comme un saint; tandis que ce perfide, convoitant en silence et en secret la place du supérieur, méditera sa perte, y travaillant dans l’ombre avec une ruse infernale. Enfin, conduisant son intrigue avec une habileté satanique, il parviendra à le supplanter.

Page 1