TYPE OVALE FRANC
Mercure , le Soleil et Vénus (fig. 28). — Une tête bien proportionnée, un crâne élevé et parfaitement voûté ; des traits réguliers dessinés avec précision ; un beau front, allongé, convexe, bien voûté, qui s’incline doucement en arrière ; la peau unie sans être tendue; le*' milieu du front traversé par une veine lucide perpendiculaire ayant assez la forme d’un Y dont la brandie gauche se recourbe vers la droite, partant de la base du front et s’étendant jusqu’à l’extrême sommet ; l’arcade sourcilière d’un contour ferme et arqué ; des sourcils doucement arqués, légèrement froncés, bruns, nettement tracés, au poil fin et couché; deux plis fins, dont l’un vertical est situé entre les deux sourcils, et l’autre, partant de dessous l’arcade sourcilière, traverse horizontalement la racine du nez; des yeux bien enchâssés, modérément
enfoncés, bien fendus en amande; des prunelles d’un noir de velours et étincelantes; l’iris d’un vert foncé pointillé d'or; la paupière supérieure mince et bien arrêtée; le regard perçant, reposé et réfléchi ; un nez bien en relief, d’une courbure ferme et correcte, affiné en son extrémité ; des narines allongées et bien arquées; le canal finement prononcé; une bouche doucement fermée; d’un contour correct et ondoyant, dont les coins sont légèrement relevés; des lèvres de moyenne grosseur, souples, un peu arrondies, lisses, bien bordées, de couleur de corail; la lèvre inférieure
tant soit peu en avant, un menton assez petit, d’un relief
modéré, ferme et arrondi; le teint pâle; des cheveux souples, fins et soyeux, à reflets dorés ; la tête très légèrement inclinée sur l’épaule ; le cou long, assez mince ; la voix flexible, harmonieuse et expressive; la démarche calme et grave; le pas assuré, régulier et léger : ces caractères physionomiques dénotent un homme grave, sage, réfléchi, doué d’une rare prudence, qui ne parle et qui n’agit qu’après avoir mûrement pesé la conséquence de ses paroles et de ses actes. Sa nature défiante et quelque peu indécise fait qu’il éprouve une certaine peine à se déterminer ; mais une fois qu’il a pris une résolution, il l’effectue avec une rare persévérance. Doué d’une sage et prudente ténacité dans ses idées, il ne les met à exécution qu'après avoir longuement et sérieusement réfléchi ; il poursuit ensuite son entreprise sans s’inquiéter des difficultés ni des oppositions qu’il rencontre.
Il est judicieux, sage, retenu dans ses paroles et dans ses actes, sachant se taire et parler à propos. C’est un penseur profond, un esprit méditatif et contemplatif. Son intelligence est vaste et solide , sa pensée est élevée , pleine de sagesse et souvent sublime. Son raisonnement est solide, juste, droit et clair. Il ne prend pas 1 initiative de la parole; mais il a le discours clair et facile, de la force dans l’expression, de l’élévation dans la pensée, de la chaleur dans le mouvement, une éloquence nerveuse,
énergique et entraînante. Son goût pour le merveilleux tranche singulièrement avec son esprit chercheur, douteur et ami de l’expérience. Il a le génie inventif, et son imagination est ardente et féconde. Il est tout à la fois artiste, poète, philosophe et moraliste. Sa grande puissance d’observation, sa mémoire extraordinaire et universelle, lui donnent les moyens de tout faire et de tout expérimenter. La médecine est aussi du ressort de ses facultés et de ses goûts. Il se fait remarquer encore par son adresse et son industrie. Ce qu’il y a de particulier en lui, c’est qu’il devine les choses plutôt qu’il ne les apprend; mais il joint à cette faculté un esprit d’investigation, un amour du travail et un goût pour l’étude qui sont de puissants auxiliaires de sa faculté intuitive. Son étonnante perspicacité et ses inspirations secrètes le rendent extraordinaire dans la science conjecturale ; aussi possède-t-il à un haut degré le sens divinateur.
C’est aussi un habile physionomiste qui excelle par sa sagacité dans l’art difficile de conseiller les autres.
Son impressionnabilité extrême lui cause de continuelles appréhensions; cependant, il s^t maîtriser ses émotions, et conserver son calme et son sang-froid devant le péril. Dans sa jeunesse, sa timidité est excessive, mais avec lage il acquiert de l’assurance. Doué d’une volonté puissante et raisonnée, cet homme, si fort par la tète, se montre faible par le cœur. Voluptueux par tempérament, il est sage et austère dans ses mœurs par raison et ascétique par principe. Ce n’est que par une lutte constante qu’il parvient à dominer ses mauvaises tendances, et qu’il triomphe des étranges tentations qui l’obsèdent.
Il est aussi religieux par le sentiment que par le raisonnement. La pensée de la mort est constamment présente à son esprit, mais la sérénité de son âme n’en est point troublée, car il est fermement assuré que le terme de l’expiation terrestre est le commencement de l’immortalité.
Son esprit ne se repose jamais, et comme Pline l’Ancien, il travaille toujours, même en marchant.
La sobriété et la tempérance sont la règle de sa vie; pour dominer son corps, il refuse à ses sens et s’impose des privations.
Il aime la vérité, mais la vivacité de son imagination inventive l’expose à fabriquer des contes ; aussi est-il forcé d’être toujours en garde contre lui-même à ce sujet.
Dur et avare pour lui-même, il est bon, grand et généreux pour les autres. Exercer la charité et rendre service au prochain est pour lui un véritable bonheur.
Il possède à un haut degré les qualités d’ordre et d’économie ; mais, à cause de son bon cœur et de son excessive générosité, il lui est fort difficile d’amasser et de conserver ses épargnes; ce qu’il possède étant toujours au service de ses parents et de ses amis.
Sa discrétion est à toute épreuve. Personne ne le connaît à fond, habitué qu’il est à se concentrer et à comprimer ses sentiments ; cependant il s’abandonne parfois à l’effusion de son âme et à la tendresse de son cœur.
Par la persuasion, la douceur et l’affection, on peut tout obtenir de lui ; mais il demeure inflexible devant la menace, l’intimidation, l’injure et la violence. 11 tient essentiellement à être juste envers les autres; aussi toute injustice provoque dans son âme des sentiments d’indignation qu’il ne peut contenir. Soumis et résigné d’avance aux arrêts du destin, il n’est ni enivré par la prospérité, ni abattu par les coups de l’adversité.
Il fuit le bruit, le fracas du monde et tous ses vains plaisirs. Cependant l’isolement n’entre pas dans ses goûts; la société lui plaît, quand il y trouve la satisfaction de l’esprit et du cœur. Mais il aime à se retirer souvent dans la solitude pour y méditer en paix sur les graves sujets qui le préoccupent, ou pour contempler la nature, qu’il aime avec passion.
Son esprit pénétrant et investigateur cherche à tout approfondir; et il étudie sans cesse la nature pour en découvrir les opérations secrètes. Ce qui est réputé impossible,
comme de pénétrer dans l’inconnu, surexcite son ardente curiosité; aussi poursuit-il sans relâche la solution des problèmes les plus extraordinaires, creusant, fouillant sans cesse, jusqu’à ce qu’il ait atteint le résultat définitif de ses recherches ; n’étant jamais arrêté par les difficultés, ni découragé par les déceptions.
Cet homme de génie, qui a la simplicité d’un enfant, est doué d’une modestie remarquable, il s’efface devant les autres, se tient à l’écart, et ne parle que le dernier. Sa nature indépendante échappe à la domination qu’on voudrait lui imposer; mais il est facilement esclave de ses propres habitudes. Il se trace une règle de vie dont il ne s’écarte que fort rarement.
Il a pour principe de tout faire avec conscience. Esclave de son devoir, si dur et si pénible qu'il soit, il l’accomplit avec une courageuse fermeté.
Tout engagement lui coûte et lui répugne; aussi ne s’engage-t-il pas à la légère ; mais une fois sa parole donnée, il la tient scrupuleusement.
Il est très susceptible et fort Enclin à la colère; ce n’est qu’avec peine qu’il parvient à maîtriser cette fâcheuse tendance de son tempérament. Il pardonne vite les offenses, si graves qu’elles soient, mais il les oublie difficilement.
Son caractère est essentiellement grave, rêveur et mélancolique. Pourtant il est sujet à de certains accès de gaieté enfantine ; d’autres fois il éprouve des tristesses intérieures, des découragements; son âme est envahie par des pensées amères causées par de nombreux chagrins d’esprit et de cœur; et cependant on le surprend parfois chantant dans la solitude, d’une voix grave et mélancolique, des hymnes religieuses ou des ballades fantastiques.
Son cœur est aimant, son affection profonde et durable. Il est très sensible aux prévenances, aux bons procédés, et souffre cruellement du contraire. Il est attaché à son pays, à son foyer, à sa famille. Il aime tendrement ses enfants et se
dévoue pour eux. Sans ambition, il mène une vie retirée. Il n’appartient à aucune coterie scientifique ou littéraire; aussi, malgré sa grande intelligence et son mérite éminent, il n’arrive que tardivement à la célébrité. Victime de l’exploitation des autres, il ne recueille qu’avec beaucoup de peine le fruit de ses travaux. Son existence sera marquée par beaucoup de chagrins, et traversée par de nombreuses vicissitudes.
Sa vie sera mise en péril par l’eau et par le feu.
La Lune et Mercure (fig. 29). — Le type ovale franc, avec une charmante physionomie, des traits fins, des contours allongés, souples et gracieusement arrondis ; un front
allongé, délicatement voûté, uni, arrondi dans toute son étendue, et doucement incliné en arrière ; des sourcils blonds, gracieusement arqués, calmes, doux et couchés; de grands yeux bien ouverts en amande, bleus et limpides ; un regard calme et plein de douceur, doué parfois d’ u ne fixité étrange et somnambulique; la longs cils blonds ; des
Fig. 29.
conjonctive d’un blanc bleuâtre ; de
paupières fines; un nez droit finement dessiné, avec une épine délicate; les ailes du nez gracieusement dessinées; des narines allongées et peu dilatées; une jolie petite bouche ondulée, sou-
ple, très doucement close, et correctement dessinée ; des lèvres agréablement charnues, souples, rondes, lisses, douces, bien bordées et fraîches; un charmant petit menton, rond, légère-
ment fuyant; un ovale cl’un contour souple, pur et correct; un teint blanc; les joues légèrement rosées; la peau très (ine, souple et douce; une belle chevelure d’un blond doré, souple, fine et soyeuse; la tète un peu inclinée sur l’épaule : le cou long et fin, la voix douce, expressive et caressante, d’un timbre cristallin, se voilant par instants; la démarche très calme, le pas petit, léger, assez vite et incertain : celui qui possède une physionomie semblable a en aversion la vie turbulente, militante et agitée; il aime la vie douce, calme et tranquille, sacrifiant tout à la paix et au repos. Son caractère est plein de souplesse, de douceur et de bonté; d’une timidité excessive, mais aucunement sauvage. Il est gracieux, aimable, prévenant, attentif à faire plaisir aux autres. Il est aussi plein de bienveillance et de tolérance envers ses inférieurs. Sa patience et sa résignation sont inépuisables; quel que soit le chagrin qu’on lui cause, ou le mal qu’on lui fasse, on le trouve toujours prêt à pardonner. La sérénité de son âme n’est jamais troublée par la plus légère colère. Sa franchise est naïve et sans voile; on ne le surprend jamais en mensonge. S’il a commis quelque/aute, il avoue ingénument ses torts, sans chercher à les excuser. Dans ses heures d’effusion, il est démonstratif et caressant; son expansion est tendre, affectueuse et sans réserve. Sa gaieté est douce et communicative. Sa volonté est faible ; il est très irrésolu et se laisse facilement dominer par les autres. Il est constamment victime de sa douceur, de son désintéressement et de la bonté de son cœur. Comme il éprouve un grand bonheur à faire des heureux, il se sacrifie et se dépouille pour les autres, et se laisse tromper toute sa vie ; il est très aimant; sa tendresse et sa sensibilité naturelle le prédisposent à l’amour; mais s’il lui arrive de succomber à un involontaire entrainement, c'est à celui du cœur, et non des sens.
C’est un rêveur sentimental qui poétise et idéalise tout, qui est attiré et séduit par le merveilleux et chez lequel le sentiment prédomine la raison ; qui agit par intuition et par
inspiration; qui se plaît à la vie contemplative, et qui n’éprouve que de l’aversion pour le réalisme et le positivisme de la vie terrestre. C’est un mystique religieux, sujet aux extases et aux visions, et chez lequel lame domine le corps. Sa foi est toute de cœur, pleine d’amour, et le porte aux élans d’enthousiasme. Il semble que son âme, entraînée dans ses ravissements extatiques, soit prête à s’affranchir du corps pour s’élancer dans l’infini.
Vénus, Mars, Mercure (fig. 30). — Un crâne développé en hauteur, ayant une forme oblongue; une physionomie
mobile avec de grands traits aux contours arqués ; un grand front bien voûté, qui du haut s’incline fortement en arrière ; les temporaux prononcés et veineux ; l’arcade sourcilière large et bien arquée ; des sourcils très bruns, bien tracés, arqués et mobiles, qui, par instants, s’élèvent et s’abaissent alternativement; des yeux fauves énergiquement fendus, d’un éclat changeant, qui parfois s’ouvrent singulièrement avec un étincellement étrange ; le regard enflammé et inquiet; un grand nez courbé, vigoureusement dessiné, un peu anguleux en son extrémité; les ailes du nez charnues, des narines bien dilatées et parfois frémissantes ; une bouche souple et largement dessinée, des lèvres charnues, fermes et colorées, ombragées par une moustache roussàtre; un menton d’un contour ferme et arrondi ; des joues fermes et
modérément charnues; le teint brun, les pommettes et le front marqués de rougeur; des cheveux bruns aux reliefs roussâtres ; le cou nerveux ; la voix vibrante ayant des inflexions de douceur et de rudesse ; le parler animé et un peu saccadé, entremêlé de soupirs; l'allure nerveuse, mélangée d’énergie et de mollesse : ces caractères dénotent un homme chez lequel la raison et l’imagination sont perpétuellement en lutte, où le cœur et la tête présentent un étrange mélange qui engendre entre eux des conflits et des contradictions.
Ce sujet est tout à la fois spéculatif et pratique; il se partage entre l’inspiration et le calcul, entre les arts et les mathématiques. Ses inspirations, ses désirs, ses goûts et ses inclinations sont en perpétuelle contradiction. Il a le désir du bien et l’amour de la vertu, et cependant son âme est souvent éprouvée et agitée par de fortes sollicitations au mal. Tour à tour entraîné vers le ciel et ramené sur la terre, il lutte et se débat sans cesse entre l’esprit et la matière. Alternativement maître de ses passions et dominé par elles, il vit en révolte perpétuelle avec luf-même. Tantôt il mortifie ses sens, tantôt il se laisse aller aux entraînements voluptueux de son cœur.
Cet homme ne pourra pas vivre sans religion; mais sa raison et sa foi seront continuellement en lutte. Entraîné à croire par un besoin impérieux, il se verra ensuite arrêté par le doute. Son incertitude et sa versatilité l’exposeront à changer de religion et à s’en créer une de son choix.
On pourra voir cet homme, dégoûté de la vie, renoncer au monde pour s’enfermer dans un cloître ; puis, par un retour soudain, il pourra quitter la vie monastique et changer sa foi en incrédulité.
Son imagination le porte vers le merveilleux, et sa raison le ramène à la réalité. Il est porté à tout croire, et en fait, il doute de tout. Chez lui l’idéalisme et le réalisme sont perpétuellement en lutte.
Il aura des éclairs d’intuition, des pressentiments, mais il ne les écoutera pas, et cependant les événements justifieront ses sentiments secrets. Souvent aussi, tout en faisant part aux autres de ses pressentiments à leur égard, il les avertira de n’y point ajouter foi ; à cause de cela, il sera plus nuisible qu’utile à ceux qu’il conseillera.
Toujours désireux d’épancher son cœur, il ne le fera qu’avec réserve, même avec ses plus intimes amis. Il aura des élans d’eflusion, de tendresse et d’amour, mais sa raison sera comme honteuse de ces sentiments qu’elle taxera de faiblesse.
En art, ou en littérature, son goût, son style, et sa manière de faire seront très variables; il s’adonnera tantôt au genre classique, tantôt au genre romantique; souvent même on remarquera dans ses œuvres un mélange du classique et du romantique. Son indécision sera fort préjudiciable à toutes ses affaires.
Ces perpétuels tiraillements d’esprit, cette lutte continuelle avec lui-même, le rendront extrêmement malheureux. Cette double nature lui fera la vie anxieuse et pénible, et le portera, si ce n’est au suicide, du moins à en avoir souvent la pensée.
Vénus, la Lune et Saturnie (fig. 31). — Une physionomie d’une tranquillité douce et sereine; des traits fins et corrects ; un beau front, bien proportionné, bien voûté, doucement penché en arrière; des sourcils bruns, étendus, fins, nettement dessinés et régulièrement arqués; de beaux yeux fendus en amande, d’un noir velouté, légèrement enfoncés, au regard calme, rêveur et profond ; un nez droit, bien proportionné, correctement dessiné, gracieusement arrondi du bout; des ailes fines et souples; des narines délicatement ouvertes; une petite bouche sérieuse, au contour souple et gracieux, dont les coins sont finement relevés; des lèvres fines, arrondies, incarnates, et exactement bordées; un
menton droit, d’un contour arrondi avec précision, orné d’une petite fossette ; des joues d’un dessin correct et soutenu; la peau lisse, souple, fine; le teint rosé dans la première jeunesse, devenant pâle après; des cheveux abondants, bouclés, fins, doux et cendrés ; la voix douce et expressive ; la démarche très calme et rêveuse : cette physionomie de jeune homme indique une intelligence précoce, qui est prématurément développée et n’a pas d’enfance ; une àme ferme ; un penseur profond ; un génie méditatif,
B Fig. 3i.
souvent tourmenté par le
doute, désabusé tôt des vanités du monde. Entièrement appliqué à l’étude, à l’observation des lois de la nature, il s’absorbe dans la recherche des plus grands problèmes philosophiques, et pâlit dans les plus profondes méditations de la métaphysique.
Esprit sage, calme, réfléchi, il examine tout avec une grande attention, et ne fait rien inconsidérément; il est attaché à ses opinions et les défend avec courage. Il n’est pas sans imagination; chez lui, la philosophie n’exclut pas le sens poétique. Il est doué de sentiments élevés, de sensibilité; en amour, il est rêveur, chaste et platonique; son amitié est discrète, profonde et dévouée ; c’est seulement dans l’intimité qu’il se montre expansif. Il est reconnaissant ; sensible aux injures, il en conserve longtemps le souvenir, mais ne cherche pas à s’en venger. Sa gaieté est douce et teintée de mélancolie ; il est sujet à de vagues tristesses intérieures. Il est timide, réservé, modeste; ne connaît rien de 1 intrigue, ne sait ni faire valoir son mérite, ni défendre ses intérêts; facilement exploité par les faiseurs et par les intri-
gants, il est exposé à être la victime de la méchanceté des hommes. Son indépendance d’écrivain, sa puissance de controverse, la grandeur de son mérite et ses idées personnelles, lui créeront beaucoup de jaloux, des ennemis acharnés et des persécutions.
11 achètera fort cher sa célébrité, par son mérite et non par la laveur. Il s’élèvera aux honneurs et à une haute situation dans les lettres et dans les sciences ; mais, par plusieurs lois, il tombera en disgrâce par le fait de l’envie et de la jalousie de ses ennemis.
Sa tendance au doute l’exposera à changer de religion ; mais il reconnaîtra ses erreurs, et reviendra à sa foi primitive. Il mourra jeune en sage et en croyant, dans un état voisin de la pauvreté.