TYPE OVALE ALLONGÉ
Soleil , Mercure et Saturne (fig. 32). — Des traits nobles et ciselés ; la voussure du crâne élevée ; un beau front allongé, parfaitement voûté, ni osseux, ni charnu, uni, sans être tendu, qui s’incline doucement en arrière; des sourcils délicatement arqués, bruns, doux et touffus, qui ombragent des yeux correctement fendus en amande et modérément enfoncés, très vifs, d’un gris Fi*- 3a- foncé, l’iris pointillé d’or ; le
regard méditatif et profond ; les paupières supérieures assez épaisses et bien circonscrites, ornées de longs cils ; un nez courbé, correctement dessiné, au bout élégamment affiné ,
l’épine nasale bien arrêtée; les ailes du nez finement accusées ; des narines longues, bien arquées ; le canal agréablement prononcé ; une bouche assez petite, doucement close, dessinée avec finesse, souplesse et précision, dont les coins sont délicatement relevés ; des lèvres fines, fermes et lisses, modérément colorées; un menton légèrement carré, d’un relief et d’un contour élégant ; des joues finement dessinées; le teint mat, la peau souple, fine et unie ; des cheveux bien plantés, fins et bouclés, d’un châtain à reflets dorés; la voix flexible, d’une sonorité harmonieuse; une allure pleine de dignité, qui impose par son grand air et sa suprême distinction : tels sont les traits d’un homme que son rayonnement intellectuel place au premier rang, non seulement de son époque, mais de son siècle. Intelligence d’élite, esprit pénétrant, imagination féconde, ses conceptions sont hardies et profondes, ses idées pleines d’ampleur. Il a des envolées grandioses et sublimes, un sentiment exquis, un style élevé, poétique et inspiré. Gomme écrivain, il est sans égal ; grand peintre de la nature, il y excelle. Il brille surtout par l’éclat, le coloris et le grandiose des images; chez lui, le sentiment noble ou tendre est presque toujours mêlé de mélancolie et d’amertume.
C’est un habile diplomate, un homme d’État remarquable, qui a de grandes vues politiques, de vastes desseins ; partisan d’une politique sage, large et honnête, il réprouve et méprise les moyens bas et les voies tortueuses. Doué d’une grande volonté, il est inflexible, en ce qui touche ses principes et ses opinions. Il est jaloux de son indépendance, et chérit la liberté. Ce n’est ni un tlatteur, ni un courtisan. Plein du sentiment de sa dignité et de son mérite, il ne se courbe devant personne. Il ne s’incline avec noblesse et dignité que devant son souverain, mais tout en l’honorant et lui étant dévoué, il conserve son indépendance vis-à-vis de lui ; et, au risque de tomber en disgrâce et de perdre sa position, il n’hésite pas à censurer les actes de celui-ci avec une
respectueuse audace, quand il les juge injustes ou funestes au bien de l'État. Si son prince perd sa couronne et ses droits, il lui montre une fidélité chevaleresque en le suivant môme dans l’exil. Brisant sa glorieuse carrière, il repousse avec une fierté dédaigneuse les honneurs et les dignités qui lui seraient offerts par un pouvoir nouveau.
Il ne se montre ni vaincu par ses ennemis, ni terrassé par l’adversité. Il rentre courageusement dans la lutte, et, au risque de sa liberté, il se signale dans la politique par des critiques acerbes et audacieuses contre les puissants du jour.
Profondément attaché à sa patrie, il ne rêve que son bonheur et sa grandeur. Ce n’est pas un ambitieux vulgaire; son ambition est noble et fière. Il est loyal, intègre et désintéressé. Il est religieux par la raison et le sentiment. Son amitié est profonde, durable, mais rarement intime. Chez lui l’amour est sentimental et poétique, et tient plus de l’imagination que des sens.
Il est sujet à des mouvements d’orgueil, et a l’esprit de domination. Il aime le faste, le luxe, la magnificence. Peu attaché aux richesses, il se montre généreux; sa libéralité est noble, grande et royale.
Il aura une multitude d’admirateurs, mais aussi de nombreux ennemis plus jaloux et envieux de l’auréole glorieuse de son génie que du prestige de ses honneurs.
Il sera adulé par les uns, haï par les autres. Sa fortune subira d’étranges vicissitudes. Elevé au comble des honneurs, tantôt il en descendra volontairement, tantôt il les perdra par des disgrâces injustes.
La fin de sa carrière sera marquée par des tristesses, des chagrins et de grandes adversités; mais son âme terme et fièrement trempée ne sera ébranlée ni par les coups de la mauvaise fortune, ni par l’injustice et 1 ingratitude des hommes. Il supportera ses maux avec une grandeur d’âme peu commune, et plein d’une religieuse résignation, il s’endormira dans la foi d’un monde meilleur.
Mercure et Vénus (fîg. 33). — Un type ovale allongé, avec des traits fins et réguliers; un crâne à voûte élancée; un front élevé, bien proportionné ; un frontal large, modérément proéminent, et qui du haut se courbe, en s’inclinant légèrement ; des tempes arrondies et peu saillantes ; des sourcils rapprochés des yeux, modérément arqués, nettement dessinés, épais, doux et couchés; des yeux fendus en amande, bruns, vifs et limpides; le regard bienfaisant, profond, calme et rêveur, la paupière supérieure mince, arquée et bien dessinée ; un nez légèrement aquilin, d’un contour correct, à épine arrondie, au bout droit, fin, et gracieusement arrondi ; des narines droites, fines et médiocrement dilatées; une bouche de moyenne grandeur, doucement close, souple, creusée au milieu, à peine relevée à son extrémité, et agréablement ombragée par une blonde et fine moustache, aux coins relevés ; des lèvres moyennes, rondes, roses, douces et bien bordées; un petit menton, droit, arrondi et fossu ; le teint changeant, mais habituellement un peu pâle ; la peau douce, fine, souple et nette ; des cheveux blond doré, très abondants, bouclés, fins et souples ; la démarche calme et dégagée; les mouvements du corps vifs et souples; le pas prompt et léger; une voix douce, vibrante et harmonieuse : cette physionomie annonce une nalure très impressionnable, poétique, artistique et romanesque, une âme noble et fière, un cœur tendre et aimant, un courage chevaleresque.
Cet homme est un rêveur sentimental qui se délecte dans la contemplation de la nature, qui est plein d’enthousiasme
et d’admiration pour les beautés de la création. Il est doux, allable, prévenant, d’un commerce bienveillant et facile dans les relations sociales; civil et gracieux dans ses discours et dans ses manières. Désireux de plaire à tous ceux qui l’approchent, il est toujours prêt à leur être agréable et à les obliger. Plein de désintéressement, il fait le bien par bonté de cœur, mais jamais par calcul, ni par ostentation. D’une nature généreuse, il est heureux d’exercer sa libéralité; et il le fait avec délicatesse et de façon à ne point blesser la susceptibilité de ceux 'qu’il oblige. Il pardonne de bon cœur à celui qui l’a offensé, et il tend généreusement la main à son ennemi. Il est fort jaloux de son honneur; aussi, malgré son humeur pacifique, il n’hésite pas, quand on l’attaque, à en demander réparation.
Il possède une gaieté douce et aimable, une franchise sincère, mais pas blessante, une expansion affectueuse, une amitié sincère, tendre, ardente et dévouée. Indulgent avec ses amis, il supporte leurs défauts, et ouvre les yeux sur leurs bonnes qualités plutôt que sur leurs faiblesses. Les déceptions, si amères qu’elles soient, n’ébranlent pas sa foi dans l’avenir; son cœur est plein d’espérance; aussi vit-il sous le charme des plus riantes et des plus douces illusions.
Ses passions sont douces, tendres et expansives ; son cœur est prompt à s’enflammer; il est voluptueux et amoureux par l’idée, constant et délicat en amour. Il est épris de la beauté, fortement incliné vers les femmes, et facilement dominé par elles.
Il a l’esprit vif, observateur et inventif; l’imagination féconde et ardente. Doué d’intuition et de spontanéité, il devine les choses plutôt qu’il ne les apprend, et il possède au plus haut degré le tact artistique. Sa nature admirablement douée embrasse tous les arts dans la fécondité de son génie.
Il est rempli d’une noble émulation et fort désireux de gloire. Une chance constante et remarquable s’attache à scs pas; tout lui réussit et lui vient à souhait, protections
illustres et amitiés puissantes. Sa destinée est brillante et marquée au sceau du bonheur ; elle lui donne une ascension rapide et extraordinaire, une grande renommée, le comble d’honneurs, de dignités et de richesses. 11 y a cependant certaines ombres dans cette existence heureuse : ainsi son goût pour l’équitation pourra lui être funeste; sa vie sera mise souvent en péril par des accidents de cheval. Sa passion pour les plaisirs nautiques lui lera courir aussi de grands périls.
Mercure et la Lune (fig. 34). — Le type ovale allongé, avec des traits allongés, fins et corrects; un front carré, grand et large, uni, ayant la bosse frontale proéminente; des tempes larges et arrondies ; le tout perpendiculaire dans son ensemble ; des sourcils un peu arqués, lins, couchés, et nettement dessinés ; des yeux fendus en amande, bleus et très vifs, le regard mobile et éveillé ; les paupières supérieures assez saillantes ; un nez long, droit et fin, finement arrondi du bout ; des [narines rondes et peu ouvertes ; une charmante petite bouche mi-close, très souple, légèrement relevée des coins et demi-souriante ; des lèvres de moyenne grosseur, souples, arrondies et unies, bien bordées et vermeilles; le menton fin et gracieusement arrondi, avec une charmante fossette; les joues pleines et gracieusement dessinées; le teint rosé; des cheveux blonds fins et soyeux ; le cou fin et allongé : cette physionomie dénote un jeune homme d’une nature mobile, capricieuse, excessive-
ment impressionnable; curieux, indiscret, inconséquent, qui parle et qui agit sans aucune réflexion; qui, à une volonté faible, allie un entêtement irréfléchi. Hardi, bruyant et fanfaron avec les siens, il est timide et poltron avec les étrangers. Moqueur et taquin, il n’entend pas la plaisanterie et se fâche jusqu’à pleurer de dépit. C’est un grand prometteur, un vaniteux, un habile conteur, fort enclin au mensonge. Il est démonstratif et expansif. Sous sa naïveté se cache la tendance à la ruse et à la dissimulation. Mais c’est un bon cœur, incapable de faire sciemment du mal à personne. Il est doux, affectueux, caressant. C’est un charmant cajoleur qui, par la séduction de ses manières, prend facilement de l’empire sur les autres, mais plus particulièrement sur les femmes. Il est d’une gaieté folâtre; sa sensibilité est extrême ; le moindre reproche provoque ses larmes, mais chez lui les impressions sont vives et passagères. Il agit plus par sentiment que par raison. Plein de tendresse pour ses parents, il se plaît à les entourer de soins affectueux. 11 a le désir du bien, mais sa légèreté, son étourderie et son peu d’empire sur lui-même lui font commettre bien des fautes. Il subit facilement l’influence du milieu dans lequel il vit. C’est un esprit rêveur, contemplatif, intuitif, imaginatif, qui fait tout par inspiration, mais qui ne brille pas par le bon sens. Le sentiment artistique et le sentiment poétique sont développés chez lui; mais sa paresse naturelle l’empêche de mettre à profit ses facultés. Doué d’une excellente mémoire, il apprend aisément et promptement tout ce qu’il veut. Ses passions sont nerveuses, vives et capricieuses; il est excessivement lascif, mais plus encore en idée qu’en fait. C’est un amateur de friandises; il se laisse facilement prendre aux apparences ; tout ce qui brille 1 attire et le capti\e.
Il ne comprend aucunement la pratique de la vie; ignorant de la valeur et de la puissance de l’argent, il donne et gaspille tout ce qu’il possède, sans s’inquiéter du lendemain. L’avenir lui apparaît radieux, il espère toujours; l’expé-
rienee n’a aucune prise sur lui; les déceptions et les leçons du passé n’ont pas le pouvoir de le mûrir. Il rêve la fortune par des voies extraordinaires et inattendues; au reste la chance le sert singulièrement, et tout lui réussit à souhait.
Saturne, Mercure et Mars (fig. 35). — Un crâne élevé, à
protubérances accusées, élargi en la partie pariétale; de grands traits aux contours raides et anguleux; un front carré,
osseux, à ligne droite; la bosse frontale bien prononcée ; les tempes osseuses et saillantes ; le muscle sourcilier vigoureusement accusé ; l’arcade sourcilière large, saillante et anguleuse; des sourcils noirs, épais, durs et dressés, énergiquement arqués; de petits yeux ronds, secs et pers, enfoncés dans l’orbite, dont la prunelle lance par instants des éclairs phosphorescents ; l’iris marquée de points safranés disposés en cercle ; un regard dur et perçant, d'une fixité persistante qui fascine; les paupières tendues et énergiquement dessinées, un peu rouges sur le bord ; la paupière inférieure saillante, tendue et veineuse; un nez long et saillant vigoureusement recourbé, à épine large et anguleuse, qui du bout se termine en pointe; les ailes du nez pincées et cartilagineuses ; des narines allongées, carrément dessinées; une bouche fermée et serrée, aux coins abaissés; des lèvres plates, minces, carrément arrêtées, et peu colorées; garnies de grandes moustaches rousses, dures, relevées en crochet; un menton maigre, d’un relief énergique et
Fig. 33.
traité de i.a physionomie humaine.
anguleux, portant une longue barbiche rousse, au poil raide, gros et dur ; les joues maigres, fermes, et carrément dessinées; les pommelles osseuses et saillantes; la peau ferme, sèche, et épaisse; le teint olivâtre; les cheveux bruns, grisonnant tôt, plats, gros et durs; des oreilles cartilagineuses, dégagées de la tête, et énergiquement dessinées; le cou maigre, mais fermement musclé; le cartilage thyroïde énergiquement prononcé ; les épaules carrément dessinées; le dos un peu voûté; le port de la tête ferme et raide; le corps vigoureusement charpenté; la voix forte et gutturale, au timbre cuivré; le parler haut, bref et ferme; la démarche mesurée et résolue : ces signes annoncent un homme d’une activité dévorante, d’une volonté de fer, qui possède une très forte tête, et dont le cœur de pierre est dépourvu de toute sensibilité. Dur, inflexible, impitoyable, froidement méchant, il prétend faire ployer tout sous sa puissante et terrible énergie. Ce tyran, ce despote, raide, cassant et arrêté en toutes choses, ne souffre pas qu’on discute ses idées, ni même qu’on en produise de contraires aux siennes. Il est très prudent, profondément astucieux, d’une opiniâtreté . excessive, et il possède en lui-même une confiance illimitée. Calme, très réfléchi, et patient dans ses œuvres, il pèse ses actes, médite ses paroles, faisant tout par compas et par mesure. Très ombrageux, et profondément dissimulé, il ne se confie à personne, préparant ses desseins dans un ténébreux silence; par une conduite habile et â force d’hypocrisie, il échappe à la pénétration des autres. C’est par une amitié feinte, qu’il capte la confiance de ceux qu’il a résolu de perdre. Il surprend et terrasse ses ennemis par des coups d’audace médités d’avance, savamment calculés et mûrement réfléchis. C’est un politique profond, astucieux et habile qui excelle dans le machiavélisme; un fourbe adroit qui n’est jamais pris au dépourvu, ni surpris par l'imprévu, â cause de sa promptitude â trouver des expédients pour se tirer d’embarras; ses paroles ont toujours un double sens,
et sa grande habileté dans l’art de discourir en voilant sa pensée, fait qu’il ne se compromet jamais.
Ambitieux cruel et audacieux, il ne recule ni devant la violation des lois, ni devant le parjure, ni devant la spoliation, pas même devant les crimes les plus odieux.
Doué d'une rare présence d’esprit, il conserve un grand calme dans les positions les plus critiques, et au milieu des plus grands périls. Il sait aussi maîtriser ses impressions et composer son visage, au point de paraître heureux et l’esprit serein lorsque intérieurement il est assiégé de soucis, de tourments et d’appréhensions.
Sa colère est froide et terrible, mais il sait au besoin en comprimer les effets.
Il censure avec une extrême sévérité, et sans aucun ménagement pour personne. Maître, et chef dur et rigide, il imprime la terreur et le respect; et parmi ceux qui lui sont soumis, nul n’échappe au regard de son œil vigilant, ni au contrôle de son active surveillance. Juge sévère et inexorable, il punit avec la plus grande rigueur. Malheur à celui qui se déclare son ennemi, car sa haine est terrible et implacable, et il ne prend pas de repos qu’il n’ait assuré sa vengeance.
Il possède d’éminentes qualités d’ordre, sa mémoire est solide; son esprit, essentiellement méthodique et positif, est dépourvu de tout sentiment poétique et artistique. Sa causticité de caractère le porte à tout critiquer avec aigreur et partialité. II considère la religion comme un moyen puissant pour dominer les masses et les conduire; mais individuellement, il professe un scepticisme absolu, tout en évitant avec soin de s’ouvrir à personne sur ses croyances intimes. Son caractère impérieux, querelleur, bizarre et fantasque le rend fort difficile à vivre.
II méprise profondément les batteurs, les lâches, et ceux qui n’ont pas le courage de leurs opinions, tandis qu’il estime les individus doués d’un grand courage, d’un carac-
tère énergique et fièrement trempé, fussent-ils même ses contradicteurs et ses ennemis.
Il est très sobre, et supporte avec une courageuse résignation les plus dures privations. Rien qu’il soit fort enclin à 1 avarice, il est susceptible de faire des générosités par intérêt et par ostentation, et de séduire par des dons et des largesses ceux qu’il veut faire servir à ses desseins.
Plein de sang-froid et de courage martial, il affronte sans sourciller les plus grands périls. Fataliste, il se confie avec calme aux hasards de la fortune.
Gomme guerrier, ses profondes connaissances géométriques et mathématiques le font exceller dans la stratégie, ainsi que dans l’art d’inventer les engins de guerre.
Cet homme est un penseur profond, un écrivain remarquable; mais soit qu’il pense, soit qu’il écrive ou qu’il parle, il n’a qu'un seul et unique but, faire servir sa pensée, ses écrits et sa parole à la réalisation de sa dévorante ambition.
Mercure , Saturne et Jupiter (fig. 36). — Le type ovale allongé avec des traits fortement accusés, la partie inférieure du visage relativement courte; un crâne élevé et bien voûté; un front bien développé, carré, osseux, perpendiculaire; les tempes osseuses, médiocrement saillantes; le milieu du front traversé par des plis réguliers et horizontaux: des sourcils un peu froncés, très épais et couchés, rapprochés des yeux, horizontaux à leur tête, arqués à leur queue; des yeux allongés et enfoncés, légèrement clignotants par instants, gris d’acier, d’un éclat vif et intermittent; le regard ferme, d’une fixité glaciale; la paupière inférieure très mince; un très grand nez gros et saillant, à large épine, très large à sa base, droit, large et anguleux à son extrémité; des narines un peu obliques, épaisses et dilatées; une bouche serrée, creusée au milieu, et légèrement arquée à son extrémité, avec des coins fouillés, un peu abaissés; des lèvres minces, fermes, et peu colorées, sur le même plan, carrément
dessinées; un petit menton droit, osseux et anguleux; des joues maigres et anguleuses ; le teint d’une pâleur jaunâtre; la peau ferme et tendue; les cheveux bruns, durs et raides; la voix d’une sonorité basse, passant par instants du grave à l’aigu ; la démarche raide et compassée; le pas lent et régulier :
cet homme est un profond machiavéliste ; son énergie est froide et calculée; sa volonté ferme et réfléchie.
Jamais il ne laisse échapper une parole qui puisse découvrir ses secrets. Il est absolu dans ses idées, arrêté dans ses opinions, inébranlable dans ses plans. Par sa diplomatie active et silencieuse, il parvient à déjouer les efforts et les mauvais desseins de ses ennemis. C’est un homme pratique, fort expérimenté, et plein de tact, qui parle peu, mais qui agit avec maturité. Discret et défiant, il ne s’ouvre à personne; aussi prend-il ses précautions envers ceux qui sont en rapport avec lui, en éprouvant leur probité et leur discrétion. Il possède beaucoup de prudence, beaucoup de bon sens, un jugement sain et exempt de passion. Plein de sang-froid et maître de lui-même, il commande à ses impressions. Dans les occasions les plus critiques et les plus périlleuses, il conserve un calme si grand que pas un pli de son visage ne trahit les inquiétudes et les émotions de son âme. C’est une forte tête, un diplomate consommé, un habile et profond politique, qui a le secret de faire triompher ses systèmes et ses vues; qui juge froidement les événements, cl qui, ne se
faisant aucune illusion ni sur les hommes, ni sur les choses, se trouve rarement surpris par l’imprévu. On le voit clans les positions les plus difficiles et les plus critiques, demeurer calme, résolu, occupé sans inquiétude de ce qu’il doit faire pour en triompher.
Il a l’esprit essentiellement conservateur et se défie des idées nouvelles. En politique, il est opposé aux nouveautés; il les combat par la parole, par les écrits, par la force, ou les mine secrètement par d’habiles manœuvres. Défenseur de l’ordre, il est entièrement soumis à l’autorité légale, et ennemi de toute révolution.
Il veut une justice sévère et impartiale; aussi est-il dur et inflexible dans l’application des lois; impitoyable et sans miséricorde pour la rébellion, il est partisan d’une répression prompte et énergique. Mais s’il sait punir, il sait aussi récompenser; dans la limite de son pouvoir, il s’emploie activement à faire obtenir des distinctions au mérite et à la vertu .
Dans le commandement, il est ferme, juste et digne. Il sait se faire craindre et obéir de ses inférieurs; se montre très rigoureux dans l’accomplissement du devoir et de la discipline, aussi bien pour lui-même que pour les autres.
C’est un grand orateur parlementaire. Son élocution est simple, sévère, nette, claire, correcte, persuasive, noble et souvent sublime.
Il est très intéressé, quoiqu’il soit probe et incorruptible. Il est grand et généreux par politique et par ostentation; cœur froid et insensible, il ne comprend rien au sentimentalisme.
Ses mœurs sont austères, sa sobriété excessive; il méprise le luxe. Le confort de son foyer domestique est correct et sévère.
Il ne pardonne pas les offenses, mais il ne songe point à s’en venger; il écrase scs ennemis de son dédain et de son mépris.
Rusé diplomate, il possède l’art d’amener les événements,
et d’en calculer les résultats. Plein cle ressources pour arriver à ses lins, il sait par d’habiles manœuvres tromper ses ennemis et les diviser. Quand un homme comme celui-ci se trouve dans l’opposition, c’est un adversaire dangereux et redoutable, avec lequel un gouvernement, si fort qu’il soit, est contraint de composer, pour éviter le péril d’un renversement.
Cet homme aura une grande célébrité politique ; comblé d’honneurs et de dignités, il sera le premier après le chef de l’État.
Mais s’il vit dans une époque de troubles et de révolution, il mourra victime des passions politiques.