TYPE OVALE COURT
La Lune et Saturne (fig. 37). — Un grand front qui s’incline en arrière, convexe dans sa partie supérieure, à bosse fron tale large et osseuse ; des sourcils bruns, épais, couchés, régulièrement arqués et légèrement crispés; des yeux modérément enfoncés et doucement ouverts; la prunelle très noire ; l’iris gris foncé, semé çà et là de points argentés ou laiteux; la paupière supérieure bien dessinée et ornée de longs cils bruns ; l’inférieure large, épaisse et légèrement violacée ; le regard mélancolique et rêveur ; un nez droit bien proportionné, d un dessin fin et correct; les ailes délicatement accusées; des narines fines et peu dilatées ; une petite bouche sérieuse, dou-
cernent fermée, d’un contour ondoyant et précis ; des lèvres fines, bien bordées et peu colorées ; un menton d’un contour ferme, et légèrement en avant; le teint d’une pâleur jaunâtre ; des cheveux blond cendré, abondants et formant des mèches; la voix expressive et traînante par instants, avec des échappées de soupirs; le dos rond et voûté; la démarche lente et indécise, avec des pauses, où se parlant à lui-même, il fixe alternativement le ciel et la terre : ce sujet est doué d’une grande puissance d’imagination. C’est un rêveur profond, un intuitif, au génie poétique, un enthousiaste de l’art, un grand peintre de la nature. Ame souffrante et sensible, au cœur endolori et déçu, il couve en lui-même d’amères et poignantes pensées. Songeur solitaire, il s’en va, cheminant loin du monde, exhaler sa douleur sous l’ombre des bois. Parlant à la nature, à l’arbre séculaire, au ruisseau qui murmure, au vent qui gémit, il les prend à témoin de la méchanceté des hommes. Puis se redressant, et plein du feu sacré qui consume son âme, il accorde sa lyre; dans des envolées mystiques, dans des hymnes sublimes, il célèbre la gloire du Créateur, et chante ses œuvres. Tantôt, le cœur attendri, il laisse couler ses larmes; d’autres fois, mordu par l’orgueil, il séchante lui-même et s’élève un autel !
lia des élans sublimes, des ravissements qui le plongent dans l’extase ; puis par des retours soudains, étreint par le doute, il retombe meurtri sur la terre, et se débat dans le vide et la désespérance. Il aspire à la mort que pourtant il redoute, et s’arrête épouvanté devant l'abîme insondable de l’inconnu qui renferme le mystérieux au delà.
Il a des attendrissements, des langueurs, des résignations, suivis de mouvements de haine et de révolte ; mais c'est un révolté passif. Jaloux de son indépendance, servir est pour lui le plus grand des maux. Son humeur inquiète, son excessive susceptibilité et sa timidité le rendent malheureux. Il a des naïvetés d’enfant, et pourtant des accès de défiance et de soupçon .
Il convoite la gloire, et rien ne lui réussit ; la malechance s’attache à ses pas. Tout ce qu’il désire ou espère se retourne contre lui. Irrité contre le sort et contre les hommes, il tombe dans la misanthropie. Le cœur ulcéré de douleur et désespéré, il voit l’écroulement de tous ses rêves de bonheur. Il meurt accablé par les chagrins, les adversités et la persécution de ses ennemis. Cet homme de génie, victime de son mauvais sort et de l’injustice des autres, est menacé de mourir par le suicide, ou sur un lit d’hôpital. Pourtant la gloire à laquelle il aspirait si ardemment, et qui lui a été injustement refusée durant sa vie, il l’obtiendra après sa mort, et son nom sera célèbre dans la postérité.
Jupiter et Mars (fig. 38). — Une tête bien conformée; un large front, ni osseux, ni charnu, d’un contour simple, souple, modérément cintré par le haut ; l’arcade sourcilière large et bien accusée ; des sourcils médiocrement arqués, largement dessinés, et roussàtres ; des yeux bleus très vifs, franchement ouverts; la conjonctive d’un blanc bleuâtre, légèrement striée près du larmier ; le regard ferme, ouvert et profond ; un nez fort et un peu busqué , vigoureusement dessiné, à épine large et arrêtée, et dont le bout est carrément prononcé ; des narines bien ouvertes, fermes et charnues; une bouche largement et fermement dessinée, aux coins fouillés et relevés; des lèvres fermes, vermeilles et modérément charnues; un menton bien en relief, à fossette, d’une charnure ferme, et prédisposé à se doubler; des joues
fermes et bien en chair; le teint vermeil; de grands cheveux blond roux bouclés ; la voix étoffée, d’une sonorité éclatante; le cou gras et court; la tête fermement posée ; la démarche dégagée et décidée : cette physionomie dénote un homme qui a le sens pratique des choses et la rectitude de jugement. Il ne brille pas par l’imagination, mais c’est un esprit observateur, sagace et raisonneur, qui examine soigneusement les choses avant de les admettre, qui procède avec méthode, et n’est point systématique de parti pris. Il raisonne et disserte avec habileté, a la critique mordante et est enclin à contredire. Il a une élocution facile, une improvisation brillante et chaleureuse. Novateur audacieux, il ne recule pas devant la lutte, est ardent à propager et à défendre ses doctrines. La philosophie et la chimie sont du ressort de ses facultés: en cultivant ces sciences, il pourra y faire de remarquables découvertes.
En toutes choses, il a le courage de ses opinions. On trouve chez lui un fond de sentiment religieux; mais il est porté à se créer une religion personnelle. Autoritaire, attaché à ses droits, il ne souffre pas qu’on y porte atteinte. Son penchant à l’orgueil lui fait désirer la louange et l’approbation, et le rend très sensible à la considération du monde. Il n’a pas le cœur tendre; pourtant il n’est pas inaccessible à la pitié. Sa franchise est brusque et parfois involontairement blessante, mais quand il s’en aperçoit, il reconnaît son tort, et s’en excuse aussitôt. Il est enclin à la raillerie, mais quand il s’y laisse aller, c’est avec esprit et retenue. On ne le trompe pas deux fois. Ce n’est pas sans efforts qu’il parvient à maîtriser ses tendances colériques. Il apprécie l’argent, mais il n’est ni avare, ni prodigue. 11 est sociable, attaché à sa famille; aime ses enfants mais sans faiblesse. Il a le goiit du confortable et se montre sensible aux plaisirs de la table. Il est ambitieux de renommée, désireux d’honneurs et de décorations. Cet homme est chanceux, et sait tirer avantage des circonstances propres à favoriser ses pro-
jets et ses espérances; sans grands efforts, servi par sa chance, il arrive à la fortune et aux plus hautes situations, qu’il a l’esprit et le bonheur de conserver intactes. Quelle que soit la carrière qu'il embrasse, il s’y fait remarquer. Médecin, on le trouve théoricien et praticien habile, et chef d’école renommé. Dans le sacerdoce, il se place au premier rang comme théologien et orateur de la chaire. Dans la magistrature, par son savoir et par ses lumières, il s’élève aux premières charges. Telles sont les carrières où cet homme est appelé à briller. Favori de la fortune, il terminera sa vie au sein des honneurs et de la renommée.
Soleil, Mercure et Mars (fig. 39). — Un crâne affectant la forme conoïde ; un front allongé, osseux, chauve au sommet, droit à la base, cintré par le haut; qui dans toute son étendue est fortement penché en arrière ; des tempes larges et proéminentes; l’arcade sourcilière saillante et anguleuse; des sourcils durement arqués, au poil roux, dur et dressé; l’œil fauve, enfoncé et vigoureusement dessiné ; la prunelle flamboyante, et sur l’iris, un cercle formé de petits points rouges et safranés ; un regard d’une fixité étrange, et qui lance des éclairs ; un grand nez courbé, énergiquement et hardiment dessiné, ferme et pointu en son extrémité ; l’épine durement accusée ; les ailes du nez minces, et sèchement dessinées ; des narines longues et fermement ouvertes ; une bouche petite, mi-close, au contour sec et arqué, avec des coins abaissés ; des lèvres minces, carrément dessinées ; la
levre inférieure en arrière sur la supérieure; un petit menton sec, saillant et vigoureusement accusé ; des joues maigres, les pommettes d’un relief anguleux ; l’allure ferme, hautaine et résolue; le teint jaune de miel, devenant rouge par instants, surtout en parlant; l’oreille cartilagineuse et rapprochée de la tête ; des cheveux plats et roux ; la voix mobile, passant du grave à l’aigu ; la parole prompte et abondante; les reins cambrés; le pas grand, vite et léger : cette physionomie est celle d’un homme ayant un caractère excessivement énergique; qui est plein d’audace, de fougue et de résolution ; dont la volonté est absolue et inébranlable, la colère prompte et violente. Il possède une activité prodigieuse, une initiative fiévreuse et un enthousiasme entraînant. Son imagination est vive, féconde, ardente et exaltée. C’est un grand métaphysicien, un excellent raisonneur, mais aussi un habile sophiste et un contradicteur qui se complaît dans les grandes et longues controverses. Il est singulièrement original par ses manières, par sa façon de penser, de juger et d’agir, qui ne sont les manières et les façons de personne autre. Orateur éloquent et plein de feu, il remue les âmes, et par la fougue de son éloquence, il exerce un grand empire sur la multitude.
Plein d’orgueil, il ne prend conseil que de lui-même, et méprise les opinions des autres. Il est ennemi de tout joug et de toute discipline; aussi vit-il en lutte avec la société, et en révolte contre toute autorité, particulièrement contre l’autorité spirituelle.
Les projets les plus extraordinaires, les plus gigantesques et les plus téméraires occupent son esprit ; les utopies les plus étranges sont l’objet de ses méditations. Rêveur enthousiaste, il allie le sublime du génie à la folie. C’est unnovateurd une rare audace, un révolutionnaire d’idées et de doctrines qui, étant dévoré d’ambition, n’aspire qu’à renverser les choses établies; luttant avec courage et opiniâtreté, il ne recule devant aucun obstacle, ni aucune puissance, pour assurer le triomphe
de ses doctrines. Son esprit est entièrement captivé par l’idée religieuse. Illuminé fervent et enthousiaste, il se prétend éclairé et inspiré par Dieu, pour réformer les croyances religieuses, et pour fonder une religion nouvelle; dans son fol orgueil, il se croit appelé à transformer le monde. Fanatique impitoyable, il persécute cruellement ses contradicteurs. Il impose même ses croyances par la force, et ne craint pas de faire verser des Ilots de sang pour le triomphe de sa cause. Il a le mépris de tous les biens d’ici-bas, affronte tous les périls avec un fier courage, et, s’il lui faut payer de sa vie le zèle qu’il a mis à soutenir ses opinions, il a l’héroïsme du martyre et regarde la mort avec intrépidité. Rempli d’un enthousiasme surhumain, il marche au supplice en chantant des hymnes.