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DES TRAITS DU VISAGE, ET, EN PREMIER LIEU, DU FRONT

Après avoir examiné la physionomie dans son ensemble, il est indispensable de l’observer dans ses détails, et d’analyser chaque trait en particulier, en ayant bien soin de ne point perdre de vue l’indication physionomique générale, déterminée exclusivement par le type individuel. Les linéaments du visage sont comme autant de signes alphabétiques et de mots qui, combinés entre eux, produisent les phrases du langage physionomique dont l’ensemble, étant rapporté au type individuel, en donne la parfaite intelligence. La différence des types constitue la différence de la langue physionomique dont l’interprétation littérale, fidèle et exacte, est fort difficile, et exige un traducteur fort habile, sagace, perspicace, très expérimenté et impartial. C’est pourquoi, si quelque signe physionomique demeure inintelligible à l’interprétateur, il doit garder un sage et humble silence, dût-il passer pour ignorant, plutôt que de fausser la vérité par orgueil, en l’interprétant sans raison.

Le front, préférablement aux autres traits du visage, mérite une attention toute spéciale et une étude approfondie, parce que, considéré dans son ensemble, il révèle le cachet général du moral et du caractère individuel; et que dans ses détails, il indique les nuances, les forces, les faiblesses, les vertus, les vices, les instincts et les impressions secrètes.

Au point de vue de l’observation, le front a une très grande importance; il révèle la force ou la faiblesse de l'intelligence, les passions de l’esprit, la sérénité, la quiétude ou le trouble de l’âme, la sagesse ou la folie, l’innocence ou la perversité; enfin, il porte inscrit sur ses sillons, en marques indélébiles, les orages de la vie, ses joies et ses tristesses, le sceau de la destinée, et le cachet du bonheur ou du malheur.

Le front doit être considéré sous divers points de vue : 1° relativement à sa ligne de position ; 2° à sa forme ; 3° à sa dimension et à sa proportion ; 4° à sa constitution ; 5° à la nature et à la qualité de ses contours ; 6° on doit considérer les plis, les rides et les signes qui s’y trouvent ; la position de ces signes, leur nature et leur quantité.

Les fronts, par rapport à leur position, peuvent se diviser en trois classes : 1° les fronts perpendiculaires ; 2° ceux qui sont inclinés en arrière ; 3° ceux qui sont penchés en avant, ces diverses positions s’appliquent naturellement aux fronts vus de profil.

Envisagés relativement à la forme qu’ils décrivent, les fronts se divisent en deux classes : 1° fronts à lignes droites ; 2° fronts à lignes courbes ; autrement dit : fronts plats et fronts bombés.

Considérés relativement à toute leur surface, c’est-à-dire, vus de face, les fronts se divisent en quatre classes : 1° fronts carrés ; 2° fronts ronds ; 3U fronts ogivaux ; 4° fronts allongés.

Enfin, si les fronts sont envisagés au point de vue de leur dimension et de leur proportion, ils se divisent en cinq classes : 1° fronts hauts ; 2° fronts moyens ; 3° fronts bas ; 4° fronts larges; 5° fronts étroits.

(Fig. 52.) — Un front perpendiculaire qui décrit une courbe par le haut, indique une intelligence positive, froide et mathématique, qui n’agit qu’après avoir mûrement réfléchi, qui pense profondément et opère avec calme et lenteur ;

qui vient à bout des obstacles à force de patience et de ténacité. Mais un tel front décèle la pauvreté de l’imagination, l’aptitude aux sciences exactes, et l’inaptitude à la poésie et aux arts ; excepté à ceux qui concernent la mécanique et l’in- Fio. 5a dustrie.

(Fig. 53.) — Si le front est plat et perpendiculaire, depuis les cheveux jusqu’aux sourcils, cela dénote une très pauvre intelligence et un manque total d’imagination ; de plus, c’est le signe d’un esprit faible, creux, et cependant très opiniâtre.

îog, rq.

(Fig. 54.) — Un front perpendiculaire qui incline légèrement en avant, et qui est conformé comme celui-ci, indique un esprit réfléchi, rêveur et soucieux, qui pense beaucoup et qui agit peu.

(Fig. 55.) — Les fronts arrondis et proéminents à la partie supérieure, qui se terminent en ligne droite vers le bas, et dont l’ensemble offre une forme perpendiculaire, indiquent une intelligence vive et fantasque, une imagi- Fig-. 53. nation ardente et exagérée, un esprit

raisonneur, original, ergoteur et paradoxal, et enfin un caractère irritable, cassant et bizarre; qui agit par la tête et par calcul ; une personne enfin à laquelle les sentiments du cœur font complètement défaut.

(Fig. 36.) — Les fronts penchés en arrière, pourvu toutefois que cette inclinaison ne soit pas exagérée, indiquent un caractère impressionnable, qui agit sous l’empire du premier mouvement ; chez lequel la réflexion vient après l’action, et qui peut facilement glisser dans l’imprudence et dans l’inconséquence. De semblables fronts dénotent une imagination vive, irréfléchie, un esprit plus brillant que solide, et la prédominance des goûts artistiques ; enfin l’inaptitude aux mathématiques et aux sciences positives.

(Fig. 37.) — Les fronts penchés en arrière, avec des contours tourmentés, dénotent une intelligence originale dans laquelle les éclairs de génie brillent au milieu de la confusion et de l’incohérence des idées ; l’imagination est ardente, sans règle, fougueuse et emportée ; elle brille par une fécondité excentrique et désordonnée qui peut séduire par la nouveauté des idées, la richesse des images et la vigueur du coloris. Le caractère est remarquablement fantasque et bizarre. Ceux auxquels appartient ce type poussent l’amour de l’indépendance jusqu’à l’oubli du devoir; ils n’agissent que par soubresauts d’inspirations spontanées et capricieuses qui changent sans cesse; ils ont l’horreur de toute règle et de toute discipline ; ils possèdent une grande loquacité scientifique qui a la prétention de raisonner sur tout, et qui casse, tranche et sabre les questions les plus graves avecune énergie audacieuse qui peut en imposer à un grand nombre de gens.

(Fig. 38.) — Les fronts dans le genre de celui-ci appar-

TRAITÉ DK LA l'H YSIONOMII! HUMAINE. 20

tiennent à des individus qui ne roulent dans leur esprit qu'idées bizarres et excentriques et que projets insensés. Ils se feront remarquer par l’impétuosité mobile et irréfléchie de

leur caractère capricieux, irritable et despotique; par leurs manies, par leur esprit de contradiction, par l’irrégularité de leur vie et par l’extravagance de leurs actions.

Fig. 58.

(Fig. 59.) — La personne qui porte un front semblable à celui de la figure 59 est douée d’une intelligence tardive et médiocre, qui a besoin de beaucoup de temps, d’étude, et de Fig- 5lj- l’aide des autres pour se développer

et se mûrir; en compensation, cette personne est douée de bonne volonté pour apprendre ; elle possède une âme simple, candide, exempte de duplicité, et un caractère rempli de douceur, de souplesse, de docilité et de sensibilité.

(Fig. 60.) — Les fronts allongés, à lignes droites qui penchent en avant, appartiennent à des individus rêveurs, doutant de tout dans leur intelligence étroite. Lents à concevoir, ils ne voient rien au delà de l’idée fixe qui les pré- F*g- ,}0- occupe, ils nourrissent leur esprit de

choses chimériques; tournant et retournant dans leur pensée un même projet, sans pouvoir l’effectuer, à raison de l’impossibilité de l’exécution; s’y opiniàtrant, à cause de cela, se buttant sur tout ; brillant peu par l’imagination; manquant de cœur et de sensibilité. Ils n’ont ni aptitudes, ni goûts artistiques; ils possèdent quelques aptitudes philosophiques et mathématiques, mais fort confuses et fort incomplètes. Ils

sont très tenaces, très entêtés, et ne prennent conseil que d’eux-mêmes.

(Fig. 61.) — Un front court à lignes droites, et penché en avant, indique une nature dure, arrêtée, excessivement opiniâtre, sans imagination, sans aucune sensibilité, qui agit sourdement et par calcul ; qui est remplie de mauvaise volonté et contrariante à tout.

Fig. (il.

(Fig. 62.) — Les fronts penchés en avant, arrondis et proéminents à la partie supérieure, indiquent une intelligence forte, mais confuse, propre à engendrer les idées et les doctrines les plus bizarres et les plus excentriques. Le génie et la folie se heurtent et se combattent dans un Fi&- 62-

semblable front dont la forme décèle un esprit systématique et inventif qui soumet tout aux formules mathématiques; qui se passionne pour les problèmes les plus abstraits et les plus ardus, qui médite constamment, s’isole de la vie réelle, argumentant et philosophant sur tout, et qui souvent déraisonne, à force de vouloir trop raisonner.

(Fig. 63.) — Les fronts proéminents dans le genre de celui-ci, indiquent une bien pauvre intelligence, un esprit lourd, bouché, des plus bornés, incapable de tout raisonnement; sans prudence, sans bon sens, sans discernement, dont toutes les actions sont marquées de sottise et d’imbécillité, et qui, malgré cela, est doué d’un entêtement

excessif, d’autant plus difficile à vaincre que l’intelligence annulée est rebelle à toute raison. Il faut ajouter à cela la taciturnité du caractère, une méchanceté sournoise et le développement des passions animales.

(Fig. 64.) — Un front semblable dénote une imagination exaltée et désordonnée ; la bizarrerie et l’extravagance des idées ; un caractère fougueux, fantasque, emporté, tyrannique et mobile, qui pousse la témérité et l’imprudence jusqu’à la plus audacieuse folie ; qui ne doute de rien, qui va toujours en avant, sans jamais regarder en arrière; qui n’agit que sous l’empire de sa fiévreuse exaltation, entrant en fureur et brisant tout lorsqu’il est contredit et entravé dans ses actions ou ses projets insensés. Il y a tout à redouter de la colère d’un semblable individu. On ne doit ni la provoquer, ni la braver.

(Fig. 65.) — Un front comme celui-ci indique un esprit systématique, fantasque, ergoteur, aux conceptions profondes, mais exagérées ; qui raisonne beaucoup, mais dont la logique et la justesse des idées ne répondent pas aux actes, principalement sous le rapport de la pratique de la vie. C’est un front de théoricien et d’inventeur, propre à concevoir les choses, mais qui faillira dans l’application ; aussi un homme avec un front semblable sera beaucoup plus propre à conseiller qu’à agir; et la prudence qu’il recommande aux autres lui fera souvent défaut à lui-même.

(Fig. 66.) — Les fronts courts, conformés comme celui-ci,

Fig. 65.

et sillonnés de rides profondes, appartiennent à des individus au caractère bouillant, pétulant et irascible, qui sont toujours mécontents, qui contrarient sur tout; avec lesquels

il est fort difficile de s’entendre et de vivre, parce qu’ils sont toujours prêts à quereller et qu’ils se courroucent, pour les choses les plus futiles; ils sont ergoteurs, vétilleux, chicanent sur tout, et veulent toujours avoir le dernier mot. Ils imposent leurs volontés, leurs opinions, et ne peuvent souffrir qu’on leur résiste. Arrêtés et cassants dans leurs jugements et dans leurs décisions, leur dureté les fera craindre et leur suscitera beaucoup d’ennemis ; leur opiniâtreté et leur imprudence les exposera aux erreurs et à de nombreuses déceptions.

Fig. 66.

Fig. 6;.

(Fig. 67.) — Le front carré, et composé comme celui-ci, indique une intelligence bien organisée, exempte d’excentricités, et qui agit sous l’empire de la raison et du bon sens; un esprit judicieux qui raisonne et qui réfléchit, avant d’agir ; qui n’est ni entraîné par l’impatience, ni arrêté par l’indécision ; mais qui, avant d’exécuter les choses, en considère et en calcule froidement les diverses chances, afin d’en prévoir le résultat et de n’ôtre pas surpris par l’imprévu. Les individus qui ont un front dans le genre de celui-ci ont l’esprit essentiellement pratique et positif ; conservateurs et scrupuleux observateurs des lois, ils sont pardessus tout amis de l’ordre, amateurs du progrès, pourvu qu’il s’accomplisse sans secousse et par la succession des temps. Réalistes par nature, leur intelligence ne s’élève pas dans les hauteurs de l’inconnu ; l’étude des lois physiques

leur suf lit. Aussi sont-ils incapables de creuser leur esprit, pénétrer et approfondir les mystères du monde invisible; raisonneurs et logiciens, l’imagination, la pénétration et l’inspiration leur font défaut.

(Fig. 68.) — Un front carré, avec des protubérances très saillantes, désigne un homme au caractère bouillant, impérieux, dur et cassant, qui impose sa volonté, et qui ne peut souffrir qu’on lui résiste; morose, grondeur, querelleur et maniaque, il est d’une opiniâtreté excessive ; inébranlable dans ses convictions, il exécute avec honneur la mission qui lui est confiée et se distingue dans l’accomplissement de son devoir. Dans l’application de la justice, il se montre inexorable et peut pousser la sévérité jusqu’à la cruauté. L'idéalité, la poésie sont absentes de ce front. L’esprit est positif, méditatif, inventif, systématique et calculateur. Un tel homme ne fait rien sans avoir profondément réfléchi. Il n’agit que d’après son propre conseil, n’associant personne à ses projets. Sa philosophie est rude et a quelque chose de sauvage. Il aime la solitude, et quand il est contraint de se trouver dans le monde, il se tient à l’écart. Il parle peu ; mais il est susceptible de s’enflammer dans la conversation, surtout lorsqu’il y trouve des contradicteurs. Chez lui, la prudence s’allie à la témérité et à l’audace. Il tient singulièrement à ses droits, et se montre toujours disposé à les faire valoir et à les défendre. Il est fort en controverse, employant l’argument et le sophisme. Si cet homme s’engage dans la voie de la politique, il sera fort à redouter comme adversaire, car alors il deviendra un terrible conspirateur, propre à concevoir des projets ténébreux et à les exécuter. Pour assurer le triomphe de ses opinions, il ne reculera devant aucune considération, pas même devant l’accomplissement du crime.

(Fig. 69.) — Un front carré, plat, uni, indique une intelligence étroite, une pauvre imagination, un jugement superficiel, un esprit dépourvu de feu et d’inspiration, mais positif, pratique et méthodique, incapable de rien inventer ; aux calculs mesquins; lent à prendre une détermination ; craignant toujours de trop s’avancer ; éprouvant des velléités d’ambition, mais manquant de l’énergie nécessaire pour les mettre à effet, et pour lutter ouvertement contre ses adversaires ; redoutant les partis extrêmes. Les individus qui ont un front semblable à celui-ci sont prétentieux, confiants en euxmêmes, et lorsqu’ils ont pris une détermination, ils agissent avec une opiniâtreté aveugle ; vaniteux et convoiteux d’honneurs, ils aspirent à dominer les autres; rusés, dissimulés et menteurs, ils cachent leurs artifices sous des dehors de bonhomie et de simplicité, s’immisçant partout oü il peut se présenter quelque porte ouverte pour satisfaire leur ambition et leur intérêt ; ils arrivent à bout de leur dessein à force de petites intrigues, de flatteries, et même de bassesses. Sans convictions sincères, ils se mettent au service de toutes les opinions, pourvu qu’ils y trouvent la satisfaction de leurs désirs. Ils se montrent de l’avis de tout le monde, en se gardant toujours adroitement une porte de sortie. Ce sont des esprits subalternes qui ont le talent de s’attacher à la fortune de quelque personnage important duquel ils acquièrent la confiance, par les prévenances, les flatteries, et un zèle ostensible et exagéré; et qui, la chance aidant, arrivent à une position de fortune et à des emplois fort au-dessus de leur mérite et de leurs capacités.

(Fig. 70.) — Un front carré et bien proportionné, avec des protubérances saillantes, sans exagération, indique chez la femme une intelligence plus solide que brillante, un esprit très raisonneur, observateur et judicieux, comparant et

analysant les choses avec justesse et savoir, opérant avec ordre

et méthode, fouillant les questions avec ténacité, afin de les approfondir; se passionnant à la lecture des œuvres de philosophie ; brûlant du désir de se rendre célèbre par son savoir littéraire et par ses doctrines, mais glissant facilement dans les paradoxes et dans les utopies.

Lne telle femme qui aurait l’ambition de tout savoir affronterait même les difficultés des sciences exactes.

Les femmes qui ont un front semblable ont l’esprit ardent et les passions brûlantes. Elles brillent plus par les qualités de l’esprit que par celles du cœur. Aveuglées par l’orgueil et par le sentiment de leur supériorité intellectuelle, elles aspirent à dominer les autres. L’autorité et la suprématie de l’homme leur est insupportable et les révolte ; aussi brûlent-elles du désir de l’égaler, et de s’affranchir de son joug. Leur caractère opiniâtre, impérieux et tyrannique les rend difficiles à vivre. Plus sages en théorie qu’en pratique, leurs actions sont souvent en contradiction avec leurs doctrines ; mais leur prudence, leur force de volonté et le sentiment du devoir que la raison leur impose, leur font vaincre les mauvaises tendances de leur caractère, et les préservent des écarts qui en seraient la conséquence.

(Fig. 71.) — Les fronts allongés en ovale et conformés comme celui-ci appartiennentà des individus rêveurs, idéalistes et enthousiastes, à l'imagination riche, brillante, facile, ardente, artiste et poétique ; qui agissent sous l’empire de l’inspiration et de la spontanéité. Doués d’intuition et de pénétration, ils conçoivent avec une extrême facilité ; aussi devinent-ils les choses plutôt qu’ils ne les apprennent; ce qu’ils ne saisissent pas et ne

comprennent pas de suite, ils ne le sauront jamais. L’excessive ilexibilité de leur intelligence et leur perspicacité naturelle les rendent propres à apprendre une grande diversité de choses, et cela, presque toujours sans maîtres. Mais la grande mobilité de leur esprit et leur amour du changement t’ont qu’ils ne prennent ni le temps, ni la peine de creuser et d’approfondir les choses. Leur nature essentiellement spéculative et spiritualiste absorbe leur esprit dans les théories, et néglige complètement le côté pratique. Chez eux les impressions sont vives, mais passagères. Faiseurs de projets, ils prennent subitement feu et flamme pour des idées nouvelles, mais ils sont incapables de rien suivre avec persévérance. Amoureux d’indépendance, toute règle et toute discipline leur fait peur. Impossible de les saisir, ils échappent à toute domination. Ils promettent avec facilité, mais ils oublient aussitôt l’engagement qu’ils ont pris. L’idée du devoir les effraie, parce qu’ils en craignent la chaîne ; la servitude leur paraît le plus grand des maux. L’ordre et la méthode leur font défaut. Ils sont singulièrement amateurs du merveilleux, inventeurs et peu imitateurs. Leur grande imagination et leur amour des fictions et des choses romanesques les rendent conteurs et leur font malgré eux travestir la vérité.

Mais, si dans un front semblable l’ossification est prononcée, l’esprit sera plus réfléchi, plus calculateur et bien moins mobile. L’ardeur de l’imagination et l’impressionnabilité seront modérées par la réflexion et par la maturité du jugement ; à la pénétration, à la perspicacité et à l’intuition, se joindront la raison, la logique, le bon sens. La facilité de conception sera complétée parla recherche des causes, par l’analyse et par l'approfondissement des choses. Le caractère sera plus stable, et doué d'une forte dose d’opiniâtreté ; enfin la tendance aux fictions et au mensonge sera combattue par une conscience chatouilleuse et rigide et par l’amour de la vérité.

(Fig. 72. ^ — Un front rond et semblable à celui-ci indique une puissance assez forte, mais confuse ; un esprit actif, bouillant, et très entreprenant, d’une expansivité excessive; un homme qui agit beaucoup plus qu’il ne pense, ayant hàte de mettre à effet ses conceptions, sans prendre le temps de les mûrir. Il est dévoré par la fièvre d’action, et sans cesse emporté par un irrésistible besoin de Fis’ :a-

produire, sans se préoccuper des obstacles et des difficultés ; il ne croit rien d’impossible à la puissance de l’action subite et énergique. Défiant l’imprévu, il aborde tout avec audace et témérité ; il s’irrite des obstacles, mais redouble d’efforts sans se décourager; il avance toujours sans regarder en arrière ; mais il échoue souvent dans ses projets et dans ses entreprises par défaut de prudence et de réflexion et par précipitation ; mais luttant toujours et s’opiniâtrant, il triomphe enfin par la vigueur de la volonté et l’excès de la témérité. Ceux qui ont ce front en partage, ont une imagination bouillante et fantasque qui brille par la richesse des images, la vigueur du coloris et l’originalité des conceptions. Chez eux, le style, bien qu’exagéré et un peu sauvage, a un charme particulier qui frappe vivement et qui séduit tout d’abord, mais qui perd considérablement par l’analyse, à cause du défaut de cohésion et de bon sens qu’on y remarque ; c’est pourquoi ils parlent mieux qu’ils n’écrivent, leur élocution facile et brillante les rendant naturellement orateurs. La confiance qu’ils en ont eux-mèmes leur donne un rare aplomb. Enflés d'orgueil et dévorés d’ambition, le courage ne leur fait pas défaut; il s’accroît et s’enflamme par les obstacles et les périls. Le feu de la colère s’allume facilement dans leur âme, mais dure peu. Us font tout avec passion, le bien comme le mal. Ils sont ergoteurs, contradicteurs et processifs. En affaires, leur excessive promptitude dégénère lâchement en brouillonnerie et leur cause de grands embarras et de grands

dommages. Ils ne souffrent pas que l’on porte atteinte à leur honneur, ni à leurs droits, étant toujours prêts à les défendre, même au péril de la vie. L’irritabilité, l’impétuosité et la brusquerie de leur caractère les rendent difficiles à vivre. Ils recherchent les grandes émotions, se complaisent au mouvement et à la vie agitée ; ils ont la passion des voyages et des aventures. Par leur brusque franchise, leur esprit frondeur et provocateur, ils se créent beaucoup d’ennemis; ce qui les expose à des rixes et à des duels. Chose singulière, autant ils sont rudes, fiers et cassants avec les hommes, autant ils sont faibles avec les enfants, par lesquels ils se laissent facilement fléchir et conduire, bien qu’en grondant.

(Fig. 73.) — Le front uni et rond en forme de boule, indique une intelligence lourde, épaisse et obtuse qui ne parviendra jamais à la maturité, et qui, quoi qu’on fasse pour la développer, restera toujours dans l’enfance; une imagination pauvre, burlesque et confuse; un esprit grossier, maladroit et inconséquent, qui n’enfante qu’inepties et balourdises ; qui est d’un entêtement invincible et bestial ; une nature insouciante, insensible, lâche et paresseuse, qui se plaît dans l’inaction et l’oisiveté ; qui a des passions sourdes et brutales, et qui ne jouit que parles sens ; un caractère taciturne, sournois, sauvage et défiant, qui prend ombrage et jalousie de tout; mais qui cache et dissimule ses pensées, ses projets et ses impressions et qui enfin, n’ayant rien pour se faire aimer ni estimer, devient le bouc émissaire de sa famille et de la société.

(Fig. 74.) — Un front de forme triangulaire, avec des protubérances saillantes, indique un homme à imagination ardente, fantasque et capricieuse, un cerveau brûlant dans

Vvg. -A

lequel une multitude d’idées fermentent, bouillonnent et se heurtent sans cesse; un esprit impétueux, exalté et exagéré, aux conceptions promptes et hardies, mais enclin à les effec-

tuei avant leur parfaite maturité; agis-

//mK, sant avec une ^nde énergie, sous

l’empire d’idées préconçues, et emporté par une activité fiévreuse que ' ” rien ne peut modérer. Inventeur, cal-

b'g' A‘ culateur et systématique, il fouille et

creuse sans relâche son intelligence pour en tirer des inventions nouvelles. Mais il sème plutôt dans le champ de la théorie que dans celui de la pratique ; jetant çà et là des idées lumineuses dont d’autres individus s’emparent, qu’ils font fructifier, et dont ils lui ravissent le monopole, l’honneur et les avantages.

Il est philosophe, raisonneur, argumentateur, et enclin aux opinions et aux doctrines paradoxales ; crédule par tendance, religieux par instinct et par besoin, sceptique par raison et par système, il ne croit que ce qui lui est démontré d une façon presque mathématique; bien qu’il poursuive ouvertement de ses sarcasmes toute superstition, qu’il argumente aussi contre les religions, il est lui-même secrètement religieux.

En toutes choses, c’est un homme qui appréciera plus l’idée que le rendu. Doué d’aptitudes mathématiques et mécaniques, il aime les sciences exactes et se livre avec entraînement aux sciences abstraites. Esprit expérimentateur et chercheur, il consume sa vie à l’étude de problèmes insolubles ; et par suite de sa nature contradictoire, il passe du positif au spéculatif, cultivant simultanément la physique et la métaphysique, la chimie et l’alchimie ; enfin fouillant et sondant l’inconnu, et se passionnant pour la science. Mais toutes ses passions s’effacent devant la prédominance de son orgueil.

Il est susceptible de pousser la sobriété jusqu’à l’ascétisme; et absorbé par ses idées et par ses recherches, il peut sou-

vent oublier ses sensations physiques et ses besoins corporels. Son caractère, malgré ses formes impétueuses, brusques et rudes, contient un grand fonds de bienveillance; et quoiqu’il soit fort peu accessible à la tendresse et à la sensibilité du cœur, il est philanthrope par raison et par philosophie. Irritable et colère, il ne peut souffrir qu’on lui résiste; on obtient beaucoup de lui par le raisonnement et par la persuasion; mais rien par l’intimidation ou par la force. Sa brusque franchise et son excessive indépendance lui suggèrent des ennemis et des embarras ; sa fierté naturelle et son défaut de souplesse de caractère peuvent être fort nuisibles à sa réussite et à l’avancement de sa position ; mais son énergie et sa volonté le rendent propre à la lutte, et sa philosophie lui fait braver les adversités. Raisonneur en affaires, mais sans ruse ni adresse, il se fait facilement duper par les habiles et les menteurs. Son manque d’ordre et son peu d’inquiétude du lendemain le rendent peu propre à conserver les biens acquis ou possédés. Malgré son imprévoyance, il pousse, en bien des cas, l’économie jusqu’à l’avarice. Il est rare qu’un pareil homme ne subisse pas de grandes infortunes et même ne tombe pas dans la nécessité ; si sa grande fortune le met au-dessus du besoin et à l’abri de la misère, il éprouvera des désastres qui lui feront perdre une grande partie de ses biens.

(Fig. 75.) — Un front de forme triangulaire, large, uni, légèrement bombé, n’ayant aucune ride permanente, mais se plissant assez facilement sous l’empire des préoccupations et des émotions, dénote un individu dont l’intelli- Fiff- >5-

genceest douée de finesse, de souplesse et de délicatesse ; un esprit rêveur, poétique et artistique, qui est dépourvu de feu et d’énergie, mais auquel l’inspiration et l’intuition ne font pas défaut, et qui est susceptible de s’enthousiasmer pour le

beau. Chez lui, le tacl supplée à la profondeur et à la solidité intellectuelle. Ce n’est ni un logicien rigide, ni un grand penseur. Il est incapable de conceptions profondes. Sa philosophie nuageuse et rêveuse est toute poétique. Il brille par la facilité de l’exécution, la légèreté de la touche et le bon goût ; par la grâce et la finesse des pensées, par l’âme et par le sentiment ; enfin, par une imagination féconde et fleurie. Chez lui l’initiative est intempestive, et souvent irréfléchie; l’activité saccadée, son indécision habituelle faisant place parfois à une détermination subite. La persévérance lui fait défaut : manquant de prudence, il peut facilement glisser dans l’inconséquence. Il n’a point d’ordre et ne s’entend nullement à la gouverne de la vie. Doué d’une impressionnabilité vive, mais de peu de durée, il est sujet aux inquiétudes et aux appréhensions. Sa gaieté est plus apparente que réelle. Son esprit facétieux est souvent en proie à de profondes mélancolies, à des vides de l’âme, à des dégoûts et à de funestes découragements : cela, souvent, sans causes appréciables. Toute occupation assidue lui étant insupportable et antipathique, il travaille par boutades, selon la disposition de son esprit. Sa sensibilité et sa tendresse de cœur sont plus grandes en apparence qu’en réalité. Sous son expansivité bruyante se cache un fond de dissimulation. Il est tout à la fois spiritualiste et sensuel ; mais il jouit plus particulièrement par l’imagination. Ami des illusions, passionné poulies aventures, il poursuit des rêves chimériques. Il a des passions très vives, et nourrit des amours impossibles à réaliser. En dépit de l'âge, il conserve les feux et les illusions de l’amour.

Beaucoup plus ambitieux en fait qu’en apparence, il obtient peu de satisfaction à ses désirs. Il a peu de stabilité dans ses affections. Son courage ne répond pas à certaines al lui es fanfaronnes qu'il affecte.

Son caractère souple, affable, aimable et courtois lui assure de nombreux amis et des appuis bienveillants qui

contribuent puissamment à sa réussite. Enfin, ce front porte le cachet du bonheur et du succès, et il révèle des chances singulièrement heureuses.

(Fig. 76.) — Si le front triangulaire ou ogival se trouve étroit, très plat et uni avec une tension affectée de la peau, cela dénote un individu fourbe et menteur qui, sous des apparences de bonhomie, de naïveté et de sincérité enfantine, pousse la ruse et la dissimulation jusqu’à la rouerie. C’est un égoïste, au cœur de glace, lâche, opiniâtre, d’une vanité excessive; tyrannique, incapable de dévouement et de grandes passions ; agissant en tout pour la satisfaction de son intérêt ; prodigue pour lui-même, avare pour les autres; ayant une ambition de parade, une âme basse et servile ; sous une timidité feinte, cachant un aplomb imperturbable ; tout en affectant l’ignorance, il a une intelligence rompue aux ruses et aux intrigues des affaires. Il s’immisce partout où son intérêt le pousse; arrivant à bout de ses desseins, à force de petites intrigues, de ténacité et d’importunité. Humble avec les grands et les puissants, il fait au besoin des courbettes devant eux; mais il se montre dur, insolent et arrogant envers les petits et les faibles. Il affecte une franchise dont il est dépourvu, est toujours prêt à sacrifier et à trahir ses plus intimes amis, et ne recule pas même devant la plus noire ingratitude, lorsque son intérêt l’exige. Il promet sans cesse et n’effectue jamais aucune de ses promesses. Cynique et déloyal, il joue parfaitement la comédie pour servir ses desseins, et de cette façon trompe souvent les plus habiles. Loin de se déconcerter, lorsque ses ruses sont découvertes, il les rejette simplement sur son inexpérience et sa maladresse. Il faut être un habile physionomiste pour découvrir l’adresse, la ruse et la perfidie, qui se cachent sous les apparences trompeuses de ce front, que l’on peut facilement prendre

pour celui d’un naïf innocent, ou d’un esprit fort voisin de la bêtise.

(Fig. 77.) — Un front étroit et triangulaire, conformé comme celui-ci, dénote un individu dépourvu d’intelligence, sans aucune capacité, et qui restera toujours dans l’imbécillité, quels que soient les soins que l’on prenne pour développer ses facultés. Chez lui, l’indocilité et l’entêtement sont extrêmes. Sans résister ouvertement, il n’en fera toujours qu’à sa tête. Indolent, lâche et paresseux, il se complaît dans l’oisiveté la plus absolue. Le jeu même a peu d’attrait pour lui. Insouciant, sans cœur, poltron, il n’est relevé par aucune qualité. Il ment bêtement et rejette toujours ses fautes sur autrui. Insensible et égoïste, il n’a que des instincts grossiers. C’est un être vicieux, enclin à l’impudicité, et plus particulièrement à l’onanisme. Il est gourmand, glouton, et susceptible d’une méchanceté sournoise.

Front plat. — Le front plat et étroit dénote la pauvreté de l’intelligence, un jugement très borné, le défaut de prudence, et l’absence complète des facultés imaginatives ; ainsi que la faiblesse de la mémoire.

Front allongé. — Les fronts allongés, un peu convexes et osseux, annoncent un mélange d’idéalité et d’opiniâtreté; mais aussi le manque d’initiative pratique.

Fig-

Front bas. — Les fronts bas indiquent une nature positive, résistante et dépourvue d’instincts généreux.

Un front bas, osseux et aux contours anguleux, dénote la rudesse de l’esprit, la dureté et 1 inflexibilité du caractèie.

Proéminence des temporaux . — La proéminence des tem-

poraux indique l’énergie d’action, l’initiative, un caractère colérique, agressif et querelleur. Si les veines temporales sont très apparentes, l’irascibilité n’en sera que plus grande.

Si la proéminence des tempes est produite par le développement en saillie des muscles temporaux, le caractère sera bouillant, impérieux, audacieux, imprudent, doué d’initiative et d’énergie spontanée, mais sans durée. La personne agira sous l’impression du premier mouvement. Sa colère, prompte et terrible, est susceptible de dégénérer en fureur lorsqu’on lui résiste. Le caractère est provocateur, querelleur et batailleur.

Mais si les tempes sont enflées, et comme boursouflées par un amas graisseux, c’est un signe de peu d’énergie active, de mollesse dans la résistance, de boutades colériques et de goûts pacifiques.

Enfin, si la proéminence des temporaux est produite par la saillie des os, et que les veines temporales soient très apparentes et gonflées, c’est signe d’une activité réfléchie, d’une énergie d’action très persistante, d’une forte audace et d’un courage calculé et réfléchi ; de sang-froid au milieu du danger ; d’une colère lente à éclater, mais terrible et capable de durer longtemps ; cela indique encore un esprit rancunier, contradicteur, ergoteur et chicanier.

Ceux qui ont les temporaux proéminents et le frontal déprimé, n’ont pas l’intelligence saine; leur jugement est dépourvu de bon sens; ils exécutent sans réflexion les bizarreries qui leur traversent l’esprit ; et leur témérité audacieuse et insensée est le produit d’une folle impétuosité, qui, exaltant leur énergie brouillonne et leur initiative hors de saison, les empêtre dans de fâcheuses affaires, et les expose à bien des périls.

Le front grand, plat, étroit et penché en arrière est un signe de timidité, de grande faiblesse d’esprit et de caractère.

TltAITfi DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE.

(Fig. 78.) — Un front très osseux, convexe au milieu, développé en hauteur et en largeur, indique un esprit penseur et

réfléchi, une mémoire solide, beaucoup de prudence, et une opiniâtreté excessive, une logique serrée, du sang-froid, un esprit observateur et calculateur, qui n’agit qu’après avoir mûrement examiné les choses; enfin, un caractère méditatif, concentré et diplomate.

Un front concave à la partie supérieure, indique un manque absolu de mémoire.

Fig-, ;8.

(Fig. 79.) — Un front fixant par le haut, quelle qu’en soit d’ailleurs la forme, est un signe néfaste qui n’indique aucune stabilité dans le bonheur.

Et si quelques lignes néfastes s’y rencontrent, cela révèle de grandes adversités, d’immenses désastres, des périls violents. Celui qui possède un tel front, fût-il placé au plus haut rang de l’échelle sociale, fût-il même roi, doit s’attendre à de terribles catastrophes, et souvent même à une mort violente.

(Fig. 80.) — Un front grand, large, osseux, proéminent au milieu, du haut brusquement renversé en arrière, et sillonné de rides horizontales et profondes, dénote une intelligence d’élite, mais incomplète; un homme qui a le feu et l’inspiration du génie, mais qui est dépourvu de calme, et qui laisse beaucoup à désirer sous le rapport du bon sens; qui a dans l’esprit une exubérance d’idées, maïs du désordre ; de grandes et sublimes conceptions, se confondant avec d’autres excentriques et bizarres;

enlin une certaine incohérence de pensées qui décèle une folie latente. Il indique encore un esprit penseur, observateur, chercheur, systématique, inventeur, très raisonneur et paradoxal; une imagination brillante, ardente et fiévreuse, qui s’égare facilement dans les abstractions, et qui est susceptible de se passionner pour des utopies.

Il y a menaces de ténèbres dans ce cerveau. La folie peut se déclarer subitement chez celui qui le possède, à la suite de quelque violente catastrophe d’affaires, de perte de position, par un orgueil profondément blessé, ou par une ambition ruinée.

(Fig. 81.) — Un front allongé, fortement renversé en arrière, comme un mur qui s’affaisse; ayant un pli profondément marqué, qui, partant du sourcil, s’étend jusqu’au milieu du front, dénote un individu d’une exaltation excessive, téméraire, imprudent à l’excès, aux passions bestiales et indomptables, d’une colère féroce, d'un orgueil excessif; enfin un pauvre insensé, chez lequel la folie atteint aisément le paroxysme de la fureur. C’est un fou haineux et méchant qui assouvira dans le crime ses passions, ses inimitiés et sa haine; être dangereux que l’on doit se garder de contrarier, qu’il faut fuir au plus tôt, et sur lequel on doit exercer une continuelle surveillance, si l’on est forcé de vivre avec lui.

(Fig. 82.) — Un front qui décrit une courbe très décidée, et qui par le haut se replie fortement en arrière, avec le sinus frontal très peu échancré, dénote un individu d’une impressionnabilité excessive; capricieux, indécis et mobile, qui agit par saccades, par boutades et sans réflexion;

obéissant constamment à son inspiration présente et à l’entraînement du premier mouvement; laissant ses idées aller à l’aventure, sans lois ni principes; agissant sans but déterminé, et au gré des circonstances; ayant une imagination très vive, enthousiaste, mobile et capricieuse ; qui s’enflamme pour les idées nouvelles et pour les singularités les plus étranges; qui est avide du merveilleux, et qui s’élance avecpassion à la poursuite de l’inconnu. Esprit poétique, sentimental, romanesque et artistique, il ne vit et ne jouit que par l’idée. D’un cœur sensible et très faible, cet homme est passionné par l’imagination, et enclin aux fugitives amours. Son caractère est doux, souple, très indépendant; il échappe à toute domination par son excessive mobilité. Il manque d’ordre, de pratique et de gouverne de la vie ; est d’une grande inconséquence ; très indiscret, par l’effet de sa brouillonnerie habituelle. C’est un cerveau faible, incapable de supporter les grands chagrins ; principalement ceux du cœur et de la famille. Il en souffre cruellement, malgré son indifférence apparente. Ce front indique encore une prédisposition marquée à la folie douce et mélancolique.

(Fig. 83.) — Un front convexe au sommet, qui se creuse au milieu, avec des rides grandes, profondes, tortueuses et entrecoupées, et dont l’arcade sourcilière s’avance brusquement en forme anguleuse, indique î-ig. 83. un individu très opiniâtre, taciturne, ombrageux, jaloux, audacieux et orgueilleux; dune mélancolie dangereuse et exaltée ; un esprit fanatique, qui nourrit de sombres et criminels projets; un sectaire dur et inexorable; enfin, un fou méchant, chez lequel la haine et la vengeance sommeillent sans s’éteindre, et se réveillent ardentes et terribles. Si, dans la société, vous rencontrez un individu ayant un front comme celui-là, gardez-vous bien de vous en faire un ennemi, et fuyez-le.

(Fig‘. 84.) — Un front grand, et penché en avant, convexe au sommet, noueux au milieu, et profondément plissé, dénote une intelligence pensive, mais confuse, qui se consume dans la recherche de problèmes chimériques et insolubles, et à la découverte d’inventions nouvelles; un homme dont la raison s’égare et s’abîme dans les utopies; et qui enfin succombe à la folie sous l’empire d’une idée fixe.

(Fig. 85.) — Un front semblable, sillonné de rides circulaires et profondes, indique une intelligence des plus nulles, un esprit stupide et paresseux ; un caractère très craintif, timide, sans initiative, sans énergie ni courage, mais d’une faiblesse et d'une lâcheté excessives.

Et si les sourcils sont très éloignés des yeux, c’est signe d’une imbécillité absolue.

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