‹ Traité de la physiognomie humaineChapitre 64 sur 92 · TYPE CO.VOÏDE COURT · texte numérisé non relu

TYPE CO.VOÏDE COURT

La Terre, la Lune et Mars (fig. 51 \ — Des traits communs, durs et ramassés ; un front bas, plat et ridé, fuyant

par le haut ; des tempes proéminentes; des sourcils horizontaux; de gros yeux saillants, glauques, troubles et chassieux; sur l’iris, un double cercle formé de points entourant la prunelle, les uns violacés, les autres roux ; le regard mauvais, d’une fixité bestiale ; la paupière inférieure gonflée et violacée dans le coin ; un nez plat, anguleux du bout ; une bouche serrée et grinçante, aux coins abaissés et plissés ; des lèvres plates, raides et pâles ; un petit menton en avant, durement dessiné ; des mâchoires larges et osseuses ; les pommettes saillantes ; le teint livide ; des cheveux durs, gros, raides, d’un brun sale et graisseux ; la tête enfoncée dans des épaules ramassées ; la démarche féline et rampante; une voix rauque et sourde : ces traits dénotent un être malfaisant, taciturne et sauvage ; un individu d’humeur

noire, qui fuit la lumière, et qui se plaît clans l’obscurité et dans les ténèbres. Du corps de cet homme, il se dégage comme une odeur de suie. Le cœur plein de fiel, ce misérable s’en va solitaire par voies et par chemins, la tête basse, l’œil fixé en terre, ruminant toujours en lui-même quelque mauvaise action, nourrissant quelque projet sinistre. Sa malfaisance sournoise est terrible dans sa manifestation. Quoique brutal, il n’en est pas moins profondément rusé et dissimulé. Combinateur du mal, il l’effectue avec des apparences d’inconscience et d’irresponsabilité. Les bons sentiments n’ont aucune prise sur cette nature ingrate et perverse, réfractaire au bien, persistante dans le mal, et se complaisant dans l’abjection de ses vices, de ses goûts crapuleux et de ses inclinations patibulaires. C’est un cœur de pierre qui demeure insensible aux soins les plus tendres, les plus affectueux et les plus dévoués; et qui pousse la noirceur de l’ingratitude jusqu’à faire du mal à ses bienfaiteurs. Fils indigne et dénaturé, il outrage son père ; est insensible à la tendresse et aux larmes de sa mère, qu’il insulte et qu’il ose même frapper.

Impie et brutal, il ne reconnaît ni Dieu ni maître, se révolte contre toute autorité, et n’admet d'autre loi que la satisfaction de ses instincts matériels et de ses passions bestiales. Pour satisfaire son amour effréné de l’argent, il entre hardiment dans la voie du déshonneur. Il met à l'accomplissement du mal une énergie obstinée et farouche. C’est un individu fortement prédisposé à la possession.

Il subira des peines infamantes, des incarcérations, le bagne et mourra ignominieusement sur l’échafaud. Malheur à la société lorsqu’un individu semblable apparaît dans une époque malade, corrompue et profondément troublée ! car alors les pires instincts de sa nature perverse se déchaînent. Il apparaît comme un météore sinistre et dévastateur pour bouleverser tout, pour semer l’épouvante et la stupeur parmi ses concitoyens, et pour les terrifier par son audace et par son énergie farouche et sanguinaire.

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