‹ Traité de la physiognomie humaineChapitre 72 sur 92 · TYPE CARRÉ FRANC · texte numérisé non relu

TYPE CARRÉ FRANC

La Terre, Vénus et Mars (fig. 95). — Des traits un peu courts, réguliers et bien accusés ; un front droit, développé en largeur, au frontal modérément éminent ; les tempes larges, charnues et renflées; des sourcils noirs très épais presque conjoints ; des yeux très bruns et très vifs ; le regard égrillard, un nez un peu arqué et bien dessiné, légèrement carré du bout; une bouche assez petite, d’un contour précis et ondoyant; des lèvres fermes, charnues, d’un rouge de cerise, et qui par instants ont un léger frémissement; la lèvre supérieure un peu velue; un menton

courf., saillant et fortement arrondi; des joues modérémen charnues et d’un contour soutenu, le teint brun; une abondante chevelure brune; des épaules un peu hautes; la taille bien prise; une voix forte, qui par instants a des inflexions f de douceur : ces traits dénotent une femme d’une nature essentiellement pratique et positive, qui a la vraie perception des intérêts matériels de la vie et dont l’esprit ne conçoit et n’apprécie rien au delà des choses matérielles et des intérêts pécuniaires. Toutes ses actions sont soumises à un calcul étroit et égoïste. Pourtant son cœur n’est pas entièrement mauvais ; il est parfois susceptible de bons mouvements envers les malheureux. Chez elle le sens moral est obscurci, et la conscience lui manque. Mais elle possède des qualités appréciables; ainsi, elle est très laborieuse, dure à la peine, bonne ménagère, propre, économe, et elle a beaucoup d’ordre dans ses affaires.

Elle a un gros bon sens, de la réflexion et de la ténacité dans la poursuite de ses projets. Elle est rusée, et avec des apparences de loyauté et de rondeur en affaires, elle trompe indignement les autres. Tous les moyens lui semblent bons pour satisfaire son ardente cupidité. Elle est effrontée, menteuse, impérieuse, très entêtée, insoumise, tracassière, querelleuse, prompte aux grosses injures; ses manières sont libres et inconvenantes; sa familiarité est accompagnée d’agaceries. Elle est d’une gaieté licencieuse ; mais elle est aussi sujette à des accès d’humeur noire, à des terreurs secrètes et à des velléités de suicide. Quoique agressive et furibonde, prompte aux voies de fait, elle n’est pas foncièrement méchante; sa haine et sa rancune ne sont pas profondes. Elle a des mouvements de vengeance qui s’apaisent vite, si elle ne trouve pas immédiatement l’occasion de l’exercer. Elle se rit ostensiblement de la foi jurée; néanmoins, elle est jalouse et tyrannique en amour. Cynique, libertine, éhontée, sans retenue dans ses emportements passionnels, elle se donne volontiers au prc-

ni ici* venu qui lui plaît. Capricieuse clans son libertinage* elle change facilement d’amant; insatiable clans sa sensualité ardente, elle a souvent pour la satisfaire plusieurs amants à la fois. Il est à noter que cette femme si ardemment cupide donnera plus volontiers de l’argent à ses amants qu’elle n’en recevra d’eux ; et qu’elle, si agressive, si colère, si prompte à frapper, s’effacera devant eux, se pliera à leurs exigences, si tyranniques qu’elles soient, et subira volontairement, patiemment et sans se plaindre, leurs mauvais traitements ; et quiconque voudrait la défendre se ferait à ses yeux un mauvais parti.

Cette femme chez laquelle les instincts sensuels les plus grossiers parlent si impérieusement, ne peut que descendre jusqu’au dernier degré du vice et s’avilir dans la prostitution, quelle que soit d’ailleurs sa condition sociale, si par une grâce du ciel même, elle n’est pas arrêtée clans le cours de ses débordements.

Cette femme est apte au commerce et à ce qui concerne l’exploitation des choses rurales, comme les fermes, les meuneries. En portant son activité dans ces carrières, elle pourra facilement acquérir de la fortune. Mais son ardente passion du lucre la portera à frauder; et à cause de cela, elle sera exposée à avoir des démêlés avec la justice, et même à subir la prison pour ces sortes de délits.

Mars et Vénus (fig. 96). — Des traits fortement marqués; un front court uniformément arrondi, qui s’incline un peu en arrière; les tempes arrondies et veineuses; des sourcils élevés, roussâtres, bien fournis, arqués, et plus hauts à leur queue qu’à leur tête ; de gros yeux pers à fleur de tête ; la prunelle pétillante ; les paupières supérieures larges et épaisses; des rides prématurées à l’angle extérieur de l’œil ; le regard vif et gaillard ; un grand nez fortement courbe et saillant, dont le bout se recourbe en s’arrondissant; les ailes du nez épaisses ; des narines longues et larges ; une grande

bouche, pas entièrement close, au contour relâché, aux coins relevés et presque toujours souriante ; de grosses lèvres, assez mollement arrondies, très colorées, et souvent

caressées avec la langue ; la lèvre inférieure un peu en avant; un menton large, charnu et peu saillant ; des joues grasses ; le teint très coloré ; des cheveux d'un châtain roux; le cou assez court, gros et gras ; des épaules larges et fermement arrondies; des seins puissants ; la dé-

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marche vive et

bruyante ; le pas sûr et pesant ; une odeur forte et âcre se dégageant du corps : ces traits physionomiques indiquent une femme qui, sous l’apparence de la bonhomie, cache une nature vicieuse et pleine de malice. Elle est fine, hardie et rusée ; rien ne la rebute pour arriver à ses fins. Curieuse et bavarde, elle est sans cesse à voisiner, voulant savoir toutes les nouvelles de sa maison et de son quartier ; aimant à faire des cancans et des médisances sur les uns et sur les autres ; n’épargnant ni les siens, ni elle-même ; racontant à ses voisines ses affaires les plus intimes; n’ayant point de honte de leur confier les détails les plus secrets de ses intrigues amoureuses. Elle est d’une sensibilité affectée, et rit et pleure facilement, et souvent pour peu de chose. Elle n’a point un mauvais cœur ; quoique très intéressée, elle donne volontiers aux pauvres. Elle est aussi très obligeante avec ses amis et ses voisins et fort empressée à leur rendre service. Sa colère est

prompte et tapageuse : elle crie, jure, tempête, mais ne fait de mal à personne ; sans haine et sans rancune, elle pardonne aisément les offenses. L’égalité, la jovialité et la souplesse de son caractère font qu’elle s’accommode à vivre avec tout le monde.

D’une nature insouciante, d’une gaieté folle et bruyante, elle aime les chansons grivoises, les lectures et les conversations licencieuses; elle se plaît au récit des histoires scandaleuses. Elle est fort gourmande, fort encline aux excès de table ; elle a le vin bon et gai. D’une sensualité ardente, elle n’est que difficilement satisfaite dans ses désirs libidineux. Vantarde en libertinage, elle dit encore plus qu’elle ne fait. Enflammée cl’un amour grossier pour les jeunes garçons, elle s’ingénie à les séduire et à les corrompre, pour arriver à satisfaire avec eux ses appétits dépravés.

Autant par intérêt que par goût, elle se fait volontiers entremetteuse d’intrigues galantes. Elle aime l’argent, non pour thésauriser, mais pour satisfaire ses goûts de toilette, et surtout ses appétits sensuels. Il y a chez cette femme un tel obscurcissement du sens moral, qu’elle pourrait s’avilir jusqu’à être incestueuse. Elle n’est pourtant pas dépourvue de libre arbitre, et si elle employait sa volonté au bien, elle pourrait refréner ses mauvais instincts, et s’amender dans une large mesure.

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