‹ Traité de la physiognomie humaineChapitre 73 sur 92 · TYPE CARRÉ ALLONGÉ · texte numérisé non relu

TYPE CARRÉ ALLONGÉ

Vénus et Saturne (fig. 97). — Un visage assez maigre, avec de grands traits bien accusés, mais sans dureté; un Iront droit, modérément osseux, développé en hauteur et en largeur; la bosse frontale large et bien en relief; des sourcils noirs, droits à leur tête, infléchis à leur queue, légèrement froncés; de beaux yeux d’un noir velouté, modéré-

ment enfoncés ; la prunelle ardente, le regard triste et pensif, la paupière supérieure mince; l’inférieure légèrement gon^e et un peu violacée, près du nez ; un nez bien courbé

et fermement dessiné, un peu pointu en son extrémité; des narines bien dilatées et palpitant fréquemment; une bouche dessinée avec finesse et fermeté, dont les coins sont doucement abaissés et qui se resserre par instants; des lèvres assez minces, d’un rouge pâle; un menton fermement dessiné; le teint brun 'clair; la peau ferme, souple et chaude; des cheveux d'un noir d’ébène; la tête fermement posée, mais sans raideur; un cou bien fait; les épaules et la poitrine bien dessinées; la voix pleine et expressive: celte physionomie dénote une femme d’un esprit sérieux, concentré, méditatif, calculateur et taciturne ; qui parle fort peu, mais qui réfléchit beaucoup et profondément; mystérieuse dans ses projets et dans ses desseins, elle ne fait rien sans avoir longuement médité, ni sans avoir mûrement calculé la valeur et la portée de ses actes. Opiniâtre et arrêtée dans ses idées, elle ne revient jamais sur ses décisions. Douée de fermeté, de patience et de persévérance, elle poursuit sans s’arrêter la ligne qu’elle s’est tracée; et elle ne prend point de repos qu’elle n’ait atteint son but et réalisé ses projets. Défiante et soupçonneuse, elle ne se livre à personne ; aussi est-elle sa propre conseillère et ne se fie- t-elle qu’à elle-même du soin de ses affaires. D’une prudence et

d’une discrétion éprouvées, c’est dans le plus silencieux secret qu’elle accomplit ses œuvres. Sobre, laborieuse, économe, esclave du devoir, c’est une femme attachée au foyer et une mère dévouée. Sa froideur apparente cache une imagination ardente et exaltée. Chez elle le scepticisme s’allie à la plus étrange superstition. Ombrageuse, sombre, pessimiste et mélancolique, elle fuit le bruit du monde et se complaît dans la solitude. La jalousie et l’envie l’obsèdent et la font cruellement souffrir. Ses passions brûlantes, profondes et concentrées sont lentes à se manifester, mais terribles dans leur explosion. Cette femme fait tout avec passion et avec réflexion, le bien comme le mal. Elle aime et elle hait avec une même ardeur, et chez elle l’exaltation de l’amour est poussée jusqu’au délire, et la haine jusqu’à la fureur. Elle est d’une chasteté sauvage et fort défiante en amour; aussi ne livre-t-elle son cœur que très difficilement ; mais quand elle a une lois engagé sa foi et donné son amour, c’est pour la vie ; alors, pour celui quelle aime, elle poussera l’héroïsme et le dévouement jusqu’au sacrifice de sa vie. Mais une fatalité malheureuse s’attache à ses affections ; et de l’amour, elle ne connaît guère que les épines et les plus cruels déboires; aussi son cœur est-il continuellement en proie aux plus noirs chagrins.

Trompée et déçue dans le passé, sans espoir dans l’avenir, sa vie se consume dans les larmes et dans les plus poignantes déceptions.

Cette femme, douée d’une forte tête et d’une puissante énergie morale, est facilement abattue par les chagrins de cœur; c’est pourquoi, quand elle est blessée dans ses affections, trahie dans son amour, déçue dans ses plus chères illusions, sa tête s’égare; et dans la démence que lui cause son désespoir, elle termine souvent sa vie par le suicide.

Mais si elle est mère et qu’elle soit abandonnée par le lâche qui 1 aura séduite et trompée, le sentiment maternel la fera triompher de son désespoir. Elle vivra, incarnant son amour

dans son enfant, et confondant dans une même pensée et dans un même sentiment sa passion malheureuse avec son amour maternel ; sacrifiant ainsi les douleurs de son cœur aux devoirs sacrés de la maternité.

1 oui tant il est tort à craindre qu’affolée par la jalousie, elle ne termine sa vie par quelque crime passionnel.

Le Soleil et la Lune (fig. 98). — Une physionomie empreinte de grandeur et de noblesse; des traits corrects aux

dâtres, limpides, à la prunelle vive, à l’iris pointillé d’or; la conjonctive blanche et nette; le regard calme, ferme, profond ; un nez bien proportionné, aquilin, correctement dessiné, droit, ferme et affiné en son extrémité ; des narines de forme allongée, d’une ouverture agréablement arquée; une bouche assez petite, chaste, sérieuse, doucement fermée, d’un dessin souple et correct, aux coins droits et fouillés ; des lèvres incarnates, de grosseur moyenne, douces et polies, bien bordées et fermement arrondies; un menton droit, bien en relief, et d’un contour ferme et arrondi ; le teint blanc

contours fermes et souples; un beau front bien proportionné, perpendiculaire, ni osseux, ni charnu; bien voûté, et dont la courbure est plus prononcée vers le haut ; des sourcils doucement arqués, nettement dessinés, fins et couchés, d’un blond doré, qui ombragent de beaux yeux bien ouverts, légèrement enfoncés, ver-

rosé; la peau fine, forme et souple; des cheveux très épais, lins, souples et soyeux, d’un blond doré; l’oreille un peu inclinée, bien dessinée et' bien rebordée ; la tète fièrement portée, mais sans aucune raideur; un cou bien fait et très blanc; de belles épaules; un corps bien forme et bien proportionné; la démarche calme et imposante, sans affectation ; le pas assuré, léger et régulier : ces traits indiquent une femme d’un caractère sérieux; antipathique à tout ce qui est léger et frivole; douée d’énergie et de résolution; d’une volonté ferme, exempte de dureté ; qui possède une forte tête, un jugement sain et sage; beaucoup de bon sens; qui agit avec réflexion et prudence ; parle avec modération ; écoute avec attention les opinions des autres et sait profiter de leurs observations. Elle est de bon conseil, et lorsqu’on la sollicite de donner son avis, elle le fait avec prudence et discrétion. Elle cache sous une véritable modestie son mérite et ses vertus. Douée de droiture et de sincérité, d’une franchise digne et réservée, elle abhorre la ruse, la dissimulation, le mensonge et l’hypocrisie. Amie de la vérité et de la justice, elle s’applique à n’y point manquer, et se montre consciencieuse jusqu’au scrupule. Ses intentions sont droites, ses mœurs pures, sa conduite exemplaire. Elle est attachée à ses devoirs et entièrement dévouée aux siens. Pleine de déférence et de prévenance pour son époux, elle ne cherche qu’à lui plaire et à le rendre heureux. Par de tendres et amicales paroles, elle le console dans ses peines et relève au besoin son courage abattu. Estimant par-dessus tout la paix du ménage, elle écarte soigneusement tout ce qui pourrait la troubler. Elle est non seulement épouse vertueuse, mais aussi mère tendre et sage ; elle enseigne à ses enfants les devoirs de la famille et de la société; exige d’eux le respect qu’ils doivent à leur père et à elle-même. Elle ne les llatte point, les réprimande avec dignité et bienveillance ; mais n’hésite pas à les punir lorsqu’ils manquent à leurs devoirs.

Elle possède à un haut degré les qualités d’ordre et d’éco-

nomie. Elle excelle dans la gouverne et dans l’administration des affaires de sa maison. L’ordre, la propreté et le confortable régnent dans son intérieur; mais, par sagesse, elle en bannit le luxe et la somptuosité, bien qu’elle en ait le goût.

Bonne et généreuse, elle s’impose volontairement des privations pour le bien-être des siens, pour rendre service à scs amis et pour faire des œuvres de charité. De goûts simples, de désirs honnêtes, d’aspirations justes, elle ne se fait d’illusions sur rien. Sa religion élevée est exempte de bigoterie. Rigide dans ses principes, elle tient plus à l’honneur qu’à la vie. Sa gratitude pour ceux qui lui ont rendu des services est éternelle. Elle est très sensible aux offenses, en garde longtemps le souvenir, mais elle les pardonne avec générosité. Elle conserve scrupuleusement la foi jurée. Son affection est sérieuse, profonde et constante. Elle est ombrageuse en amour, mais elle ne le laisse point paraître. Ses passions sont fortes, nobles et héroïques. Maîtresse d’elle-même, elle fait tout plier devant le devoir, et méprise la coupe empoisonnée des plaisirs. Elle n’est pas enivrée par la prospérité, ni aveuglée par les grandeurs. Elle supporte ses chagrins avec courage et résignation et son âme résiste à l’adversité.

Mercure et Saturne (fig. 99). — Un visage allongé aux traits secs et anguleux ; un front osseux, allongé, de forme ogivale, uniformément courbé dans sa partie supérieure, droit et saillant à sa base, et qui est penché en arrière dans toute son étendue; l’arcade sourcilière très anguleuse; des sourcils horizontaux, abaissés, noirs, épais, durs et conjoints; de petits yeux creux, très noirs, chatoyants, à demi ouverts; la prunelle phosphorescente, entourée d’un cercle de petits points blanchâtres, situés sur l’iris ; un regard vipérin, qui se tient constamment baissé, et cependant auquel rien n’échappe ; un nez long et maigre, qui s avance tout d’un trait, et dont le bout saillant et un peu relevé s’en

va fortement en pointe ; dos ailes petites, durement accusées et pincées ; des narines terreuses, à ouverture écliancrce ; une grande bouche fermée, tirée, serrée, et sèchement des-

sinée; des lèvres très minces, plates, sèches et décolorées ; un menton osseux, saillant, pointu à sa base; des joues maigres ; la peau sèche et comme parcheminée ; le teint blême ; la tête droite et raide ; le cou maigre et long ; les épaules étroites et tombantes ; le dos un peu voûté ; la démarche raide; le pas petit, vif, léger et précautionneux, marchant sur la pointe du pied ; la voix faible et aiguë accompagnée d’un certain sifflement : ces caractères physionomiques indiquent une femme qui possède une forte tête, une volonté de fer, un caractère résolu, arrêté et très énergique, mais aussi plein de souplesse ; sa ténacité et sa persévérance viennent à bout de tout. A la ruse du renard cette femme joint la prudence du serpent ; aussi agit-elle avec précaution, et ne frappe-t-elle qu’à coup sûr. Maîtresse d’elle-même, elle sait, suivant les circonstances, dissimuler sa nature et composer son maintien, poursuivant sans faiblir le rôle qu’elle s’est tracé. Arrogante, hautaine et dédaigneuse, elle sait, quand son intérêt l’exige, se faire humble et rampante. Ses actes sont tous l’effet de la réflexion, de la préméditation et d’un calcul intéressé. Profondément astucieuse, elle manie le mensonge avec une audace et une habileté étonnantes. Si, par hasard, elle est surprise en faute, elle ne se déconcerte pas, et s’en tire avec adresse à son

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avantage. Elle pleure au gré de sa volonté ; mais sous sa sensibilité apparente se cache un cœur dur et méchant. Son eflusion, sa tendresse et ses caresses dissimulent la malice de ses pensées et le piège qu’elle vous tend pour surprendre vos secrets, pour vous en imposer, vous dominer et vous trahir. Intrigante habile et redoutable, elle s’immisce, pour nuire, dans toutes les affaires d’autrui. Pour arriver à ses fins détestables, elle se sert de la calomnie, même envers ses bienfaiteurs ; excitant secrètement les uns contre les autres, semant la discorde dans les familles et dans les ménages. Haineuse et vindicative, elle poursuit de sa vengeance celui qui l’a offensée ; et par des machinations odieuses et ténébreuses, elle s’efforce de ruiner sa réputation et son crédit. Cette affreuse mégère a les enfants en horreur et elle se montre dure et cruelle envers eux. Elle est d’une avarice ardente et féroce. Hypocrite consommée, elle dissimule la noirceur de son âme sous la fausse apparence d’une vie austère et d’une dévotion rigide. On la voit toujours à l’église, fréquentant les sacrements avec une fervente assiduité; elle est de toutes les confréries, s’insinue dans toutes les œuvres de bienfaisance, y acquiert la haute main, et se sert des aumônes dont elle est la dispensatrice pour l’accomplissement de ses projets ténébreux. Elle courtise les prêtres, et elle les déchire en secret. On la cite comme une sainte femme et c’est un véritable démon. Sa bouche est à Dieu et son âme au diable. C’est une femme, en un mot, dans la tète de laquelle germent les plus abominables desseins. Si, mariée, elle hait son mari, elle ne résistera pas à l’infernale pensée de s’en débarrasser par le poison, tout en feignant de lui prodiguer les soins les plus dévoués.

Cette femme possède un terrible pouvoir absorbant. Elle vampirise ceux qui habitent avec elle. C'est une possédée qui, par le raffinement de ses œuvres diaboliques et de ses empoisonnements, se rendra tristement célèbre dans les annales du crime.

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