DES AFFECTIONS DE L’ESPRIT
Il y a différentes sortes de folies. La forme de chacune d’elles varie, selon le type, selon le tempérament, et selon le facteur typique astral, qui concourent à former l’individualité du sujet affecté. Nous allons montrer le genre de folie, propre à chaque type, dans un sujet prédisposé.
Chez les soléiens c’est l’orgueil et l’ambition ; chez certains sujets, la démence est telle qu’ils se croient être Dieu lui-même.
Les jupitériens ont la folie des grandeurs et des honneurs; la forme est généralement douce et inoffensive et leur raison reste saine pour les autres choses.
Les saturniens sont affectés de la folie de la persécution ; ils sont travaillés par une misanthropie qui les entraîne au suicide, malgré la crainte excessive qu’ils éprouvent de la mort.
Les martiaux ont la folie destructive; ils ne s’attaquent pas seulement aux choses inertes et à la végétation ; mais encore et surtout aux animaux et aux hommes; leur démence est effrayante et frénétique; ils hurlent, jurent et blasphèment; ils voient rouge et tuent la première personne qu’ils rencontrent sous leur main.
Chez les mercuriens, la folie consiste à se consumer à la recherche d’inventions irréalisables, à s’acharner sur des problèmes insolubles et à poursuivre opiniâtrement et sans relâche des projets chimériques ; dans leur démence, ils s’imposent les plus dures privations, supportent stoïquement la misère; et s’ils sont riches, ils sacrifient leur fortune, et même celle des autres, à la poursuite de leurs chimères.
Les individus vénusiens éprouvent les fureurs de l’amour; le délire érotique; la nymphomanie; le satyriasis, qui, dans certains cas, est poussé jusqu’au viol. Chez quelques individus, la démence consiste à exhiber en public leurs organes secrets.
Chez les lunariens, l’affection est extatique. Ce n’est ni l’extase des saints, ni celle des illuminés, ni l’extase contemplative des grands philosophes. Le sujet, anéanti, immobile, l’œil ouvert, livré tout entier à une pensée' dominante qui le ravit, reste étranger à ce qui l’entoure, insensible à toute espèce de stimulant.
Dans le type terrien, c’est la folie de l’avarice; le sujet qui en est affecté s’impose les plus dures privations et se refuse jusqu’aux choses les plus nécessaires à la vie; pour épargner son argent, quoique riche, il se fera inscrire aux indigents; le soir, il ira implorer la charité des passants; et pour subvenir à son existence, il ramassera dans les ordures les détritus alimentaires. Enfin dans son idolâtrie de l’or, il se laissera mourir de faim près de son trésor. Parfois même, il sacrifiera sa vie pour épargner son argent ; témoin ce paysan aisé des environs de Paris; la corde de son puits étant cassée, il se pendit, pour n’avoir pas à en racheter une autre.