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DIFFÉRENTES FORMES D’OBSESSION

Tel sujet est obsédé par l’idée lixe d’une mort prochaine cl dont il sent comme les premières atteintes. Tantôt, il n ose

sortir de chez lui, de crainte de mourir subitement sur la voie publique; tantôt, il craint de se coucher, de peur tic mourir pendant son sommeil. Dans d’autres cas, l’obsession ne s’empare de l’individu qu’au moment où il franchit le seuil de sa porte pour sortir, et elle ne le quitte qu’à son retour chez lui.

Chez les saturniens et les terriens au type carré, l’obsession dure pendant des années; cette durée est parfois aussi longue que la vie des individus ; et malgré leur crainte excessive de la mort, ils sont entraînés au suicide.

D’autres fois, tourmenté par la crainte d’être empoisonné, l’obsédé refuse de prendre toute nourriture qu’il n’a pas préparée lui-même. De plus, il surveille attentivement tous ceux qui l’approchent et tous ceux avec lesquels il vit, de crainte qu’ils ne glissent quelque poison clans ses aliments.

Dans d’autres cas, l’obsédé, sans aucun sentiment de haine, de vengeance ou d’intérêt, est incité à empoisonner soit les siens, soit ses amis.

Si le sujet obsédé est domestique, il sera incité à empoisonner ses maîtres.

Le péril de l’acte est imminent, lorsque l’obsédé a le type mercurien mélancolique. On le reconnaîtra à ses yeux noirs petits et mobiles, sous d’épais sourcils noirs, qui dardent un regard d’un étincellement phosphorescent.

L’obsédé peut être tourmenté par une incitation qui le porte à tuer une personne qui lui est chère, comme sa mère, sa femme, son enfant. S’il a le type de Mars maléfique, son impulsion va jusqu’au fait : il tue l’être aimé.

J’ai connu un homme bien portant et bien équilibré, très instruit, occupant une haute situation dans la carrière diplomatique, qui, pendant des années, fut incité à tuer sa femme et ses trois enfants qu’il chérissait. Lorsqu’il était retenu à l’étranger par les exigences de son office, il se sentait vivement poussé à retourner près des siens pour accomplir son incitation homicide.

Certains sujets sont tourmentés par l’idée d’un crime imaginaire dont ils croient être les auteurs. Souvent ils se livrent à la justice comme coupables de ce crime.

Dans une autre forme d’obsession, ils se blessent cuxmêmes, et en accusent un être imaginaire.

Il est des obsédés qui subissent la suggestion attractive des éléments. Les uns ne peuvent approcher de l’eau sans éprouver l’impulsion de s’v précipiter. Les autres, en voyant des feux allumés, éprouvent une incitation analogue. D’autres ne peuvent se tenir sur un lieu élevé, à une fenêtre ou sur le bord d’un abîme, sans être portés à se jeter en bas.

Certains sujets en voyant un train en marche, ou une voiture lancée à toute vitesse, éprouvent l’incitation à se précipiter sous les roues du véhicule.

Il existe un cauchemar érotique que la médecine décrit sous le nom d’éphialte. L’éphialte constitue, dans ce cas, le phénomène de l’incube subjectif, c’est-à-dire de cette qualité de phénomène où l’acte qui paraît s’accomplir au dehors, et par le concours d’un être palpable, n’a d’autre réalité que le rêve physiquement provoqué, d’autre siège que l'imagination travaillée du sujet, tandis que, dans l’obsession succubique et incubique dont je parle ici, l'agent occulte obsédant, manifestement objectif, n’est point le fait de l’imagination, car il a son objet au dehors; l’œil peut voir cet objet, et la main le toucher; enfin l’agent qui suscite cet étrange phénomène , s’y rend tangible', et quelquefois visible; souvent même, il est l’un et l’autre, et parfois se révèle par des paroles. Parfois il annonce sa présence par un souffle léger, une faible agitation de l’air et de légers soupirs. Le phénomène se produit à des époques plus ou moins éloignées, mais qui coïncident avec les phases lunaires, surtout avec les syzygies. Il est à remarquer que le fait se reproduit généralement à la phase de la lune coïncidant avec celle où il s’est manifesté pour la première fois. Je sais un savant médecin, d’un esprit rassis cl sceptique, au

type carré allongé, associé à Saturne et la Lune, qui fut victime de cette obsession pendant des années, et qui finit par succomber à ses effets vampiriques.

Le type vénusien ou lunarien associé au type de Saturne ou à celui de Mercure, prédispose à cette étrange obsession.

Les femmes sont par leur nature plus accessibles que les hommes à cette obsession ; aussi le phénomène succubique est-il bien plus rare que l'incubique.

11 y a certains lieux fatidiques et hantés où les phénomènes de cette obsession sont permanents. En conséquence les sujets qui habitent ces lieux, ou qui y séjournent passagèrement, sont exposés à subir l'obsession précitée; mais en quittant lesdils lieux ils en sont délivrés.

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