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DE LA POSSESSION

Dans la possession, l’agent occulte n’agit pas du dehors, comme dans l’obsession ; il envahit le corps même du sujet, en faisant pénétrer dans son organisme un fluide perturbateur, propre à faire naître en lui des sensations étranges et des impulsions criminelles.

Le sujet affecté de la possession se débat, écume, hurle comme un enragé. Il déchire ses vêtements, se met nu, profère des paroles obscènes, d’horribles blasphèmes; cherche à mordre ceux qui l’approchent, chasse loin de lui scs parents et ses plus intimes amis.

Dans certains cas, le possédé, paraissant s'affranchir des lois de la pesanteur, peut s’élever en l’air à une certaine hauteur.

D’autres fois, son corps acquérant la souplesse et l’élasticité du serpent passe à travers des barreaux de chaises ou de fauteuils, sans paraître les toucher.

Dans la forme mercurienne, les possédés parlent diverses langues inconnues d’eux-mêmes; parfois des langues incoin-

prises par les savants. D’autres, saisis d'inspirations étranges et d’une fureur divinatrice, révèlent les pensées des personnes présentes et les choses les plus secrètes de la vie de ceux qui les soignent et les exorcisent, lis dévoilent aussi les meurtres et autres crimes commis et demeurés cachés.

Dans une autre forme de possession, la forme terrienne, le goût est étrangement dépravé. Les individus sont entraînés à se nourrir de matières en putréfaction; de la chair crue et pourrie des animaux abandonnés sur la voie publique.

D’autres subissent une impulsion génitale irrésistible pour les femmes mortes; ce qui les porte à déterrer les cadavres dans les cimetières pour les violer.

Dans la forme martiale et terrienne, le possédé tue pour tuer, sans motif, sans distinction de personnes. Quelquefois la possession meurtrière cesse dès le premier meurtre accompli. D'autrefois la rage homicide s’accroît avec les meurtres, et le possédé rêve une destruction universelle.

Dans la possession à forme saturnienne et terrienne, certains sujets s’imaginent être de terre, et restent continuellement immobiles. D’autres marchent avec une extrême lenteur, évitant avec soin les obstacles et la rencontre de ceux qui se présentent devant eux, de peur qu’étant de terre ils ne soient fracassés. Il en est qui refusent opiniâtrement de manger, persuadés qu’ils ne vivent plus, et qu’ils sont au nombre des morts. Tous craignent extraordinairement la mort. Pourtant le désespoir les conduit au suicide.

Dans une autre forme de possession terrienne, qui se rencontre généralement avec le type carré, le sujet se croit changé en animal ; il aboie comme les chiens, hurle comme les loups, imite le chant du coq ou le cri de quelque bête; fuyant la lumière du jour, il erre à travers la nuit et parfois il se relire dans les profondeurs des forêts. C/csl dans cette catégorie de possédés que rentrent ceux que nos pères appelaient des loups-garous.

Dans la forme mercurienne et lunarienne, tantôt le corps

du sujet semble acquérir une taille gigantesque, ce qui fait que quand il marche dans les rues, sa tète lui parait atteindre le laite des maisons, et qu’il voit sur les toits ce qui s’y passe; d’autres fois son corps semble s’abaisser jusqu’à la taille intime des pygmées. D’autre part, il est tourmenté du désir de voler en l’air ; et plusieurs peuvent trouver la mort lorsque, étant à une fenêtre, ils s’élancent dans l’espace, croyant s’envoler.

Chez d’autres possédés, il survient un désaccord entre l’esprit et le corps matériel, d’où vient une transposition des sens. Chez certains, le sens de la vue est transposé à l’épigastre; chez d’autres, le sens de l’ouïe est transposé soit aux mains, soit à la plante des pieds.

La musique a une certaine iniluence dans l’obsession et dans la possession. Cette influence est tantôt bonne, tantôt mauvaise, suivant qu’elle est appropriée à la nature, au type et au tempérament du sujet.

Dans certains cas, elle atténue les crises, et parfois môme délivre l'obsédé ou le possédé. D’autres fois, elle aggrave le mal.

Chez un sujet prédisposé, certaines musiques et certains airs peuvent déterminer l’obsession ou la possession, qui, chez lui, était à l’état latent. Dans un autre ordre de choses, la vue de certaines personnes, de certains tableaux ou de certaines statues peuvent produire le même effet.

Le vrai penseur reste confondu et effrayé devant ce monde invisible et inconnu qui nous entoure, et contre lequel nous sommes humainement impuissants. Nous nous enorgueillissons de notre pauvre science, pourtant nous sommes entourés de mystères ; et sans sortir de nous-mêmes, si nous nous considérons, tout est pour nous ténèbres et ignorance. Nous ignorons notre origine, nous ne savons d’où nous venons, pourquoi nous sommes sur la terre et où nous allons. Pour l’homme, il n’y a qu’une chose certaine, c’est la dissolution de son corps matériel.

L’esprit des âmes méchantes peut parfois s’approcher du corps de l'homme pour le tourmenter, l’obséder, s’efforcer même d’absorber son lluiile vital par une sorte de vampirisme. Par contre, il peut être accordé à certaines âmes heureuses que leur esprit s’approche de nous pour nous fortifier et nous éclairer comme font les bons anges.

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