‹ Traité de la pneumonieChapitre 2 sur 157 · AVANT-PROPOS DË LA DEUXIÈME ÉDITION. IÎ · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS DË LA DEUXIÈME ÉDITION. IÎ

faits reste toujours la base immuable et solide de tous nos raisonnements.

Lorsqu’en 1841 parut la première édition de ce livre, on fut d’abord presque surpris que j’eusse choisi un sujet, disaiton, aussi banal que la pneumonie : car la plupart des médecins s’étaient habitués depuis longtemps à regarder les phlegmasies pulmonaires comme le type des maladies les mieux connues et les plus faciles à traiter. Mon livre prouva le contraire aux plus incrédules, et aujourd’hui, malgré l’élude nouvelle que j’en ai faite, il reste encore de nombreuses lacunes à combler. Comment en serait-il autrement ?

L’étude de la pneumonie est une des plus vastes de la pathologie. L’affection dont nous allons traiter est commune dans presque tous les pays du globe; elle est partout meurtrière, elle l’est plus spécialement peut-être sur notre continent ; elle sévit à tous les âges de la vie ; elle ne respecte aucune position sociale ; non-seulement elle atteint les individus valides, mais elle menace sans cesse tous ceux qui souffrent, et elle constitue une des complications les plus redoutables et les plus communes de toutes les maladies aiguës et chroniques.

Lorsqu’on étudie la pneumonie dans les principales conditions où elle se développe, combien on la trouve peu sem- ♦

blable à elle-même ! Existe-t-il une maladie aussi diversement grave, suivant la période de la vie où on l’observe? En trouve-t-on une autre qui se complique plus souvent d’éléments nouveaux qui en modifient, qui en changent la physionomie et jusqu’à un certain point la nature? Y en a-t-il une enfin qui reflète d’une manière plus saisissante le génie particulier des constitutions médicales? Si à toutes ces causes on ajoute encore les changements qui résultent du climat et des habitudes des peuples, on s’expliquera les divergences d’opi-

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