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COMPLICATIONS AVEC LES DOULEURS ARTICULAIRES

pus blanc et franchement phlegmoneux. J’ai vu dans un cas les grains glanduleux disséqués par la suppuration se séparer et toute la glande tomber sphacélée; il en était résulté une paralysie complète de la septième paire; le malade, guéri de sa pneumonie,’ avait uniquement succombé au désordre, à l'abondante suppuration que la parotide avait entraînée. La parotide est donc toujours un accident sérieux, une complication véritable entraînant après elle les plus grands périls.

§ 8. — Complications avec les douleurs articulaires.

Quatre malades n’ayant jamais eu antérieurement de rhumatisme articulaire ou musculaire, furent affectés, dans le cours d’une pneumonie, de douleurs vives dans une ou plusieurs articulations à la fois. Ces douleurs se déclarèrent dès les premiers jours de la pneumonie dans un cas, tandis que chez les trois autres elles ne survinrent que lorsque l’inflammation pulmonaire s’était déjà beaucoup étendue en surface et avait passé partout au deuxième ou au troisième degré. Ces douleurs occupaient une fois les deux épaules, chez un autre elles étaient bornées au genou droit, chez un troisième sujet elles affectaient l’articulation tibio-tarsienne gauche; enfin le dernier malade se plaignait à la fois du poignet droit et du genou gauche. Les douleurs étaient toujours très-vives; elles augmentaient par la pression et par les mouvements; dans aucun cas il n’y eut de la rougeur aux téguments; une seule fois j’ai constaté une tuméfaction considérable de l’articulation ; celle-ci était en même temps le siège d’une fluctuation évidente. Une circonstance qui mérite d’être signalée, c’est que chez les quatre malades, les douleurs ont toujours été lixes, elles ne se sont jamais déplacées, et lorsqu’elles ont occupé plusieurs articulations à la fois, elles les ont envahies ensemble. Trois des malades ont succombé avec une hépatisation grise; mais par suite d’un oubli vraiment impardonnable, j’ai négligé dans deux cas d’ouvrir les articulations qui étaient encore le siège de douleurs vives au moment de l’agonie. Chez le troisième sujet, le seul dont j’ai disséqué les jointures, j’ai vu que le poignet droit et le genou gauche qui avaient été le siège de fortes douleurs pendant la vie et de gonflement, étaient remplis d’un pus phlegmoneux inodore, les franges de la membrane synoviale étaient les seules parties de l’articulation qui fussent légèrement injectées.

Quelle est la nature des douleurs articulaires que je viens de décrire? Faut-il les regarder comme étant rhumatismales? Je

COMPLICATIONS

l’avais cru d’abord. Mais si ou réfléchit que l’un des caractères les plus remarquables des douleurs tenant au rhumatisme, c’est-à-dire la mobilité, a constamment manqué, qu’il n’v a eu de la tuméfaction t|ue dans un seul cas, on sera autorisé à élever quelques doutes. Enlin l’autopsie ayant montré une fois que du pus existait dans les articulations malades, on aura un nouvel argument pour regarder ces douleurs comme n’étant pas de nature rhumatismale. Comment expliquer ici la présence du pus? Il était impossible de regarder ce liquide comme ayant été sécrété par suite d’une arthrite ordinaire, car la membrane synoviale était partout lisse, molle, transparente, et il n’existait qu’une très- légère injection piquetée dans les franges synoviales articulaires, ce qui ne pouvait expliquer ni les symptômes observés pendant la vie, ni la production pathologique trouvée après la mort. Il y avait donc beaucoup de ressemblance entre cette lésion et les abcès articulaires qu’on observe dans les résorptions purulentes. Y avait-il alors une phlébite quelque part? J’eus cette pensée lorsque je procédai à l’autopsie: malheureusement la putréfaction m’a empêché de faire à ce sujet des recherches aussi complètes que je l’aurais voulu. Mais si nous devons conserver quelques doutes sur l’origine du pus, il est, je crois, bien démontré par l’étude que je viens de faire, que les douleurs articulaires observées chez ce malade n’étaient pas de nature rhumatismale.

§ 9. — Fréquences des complications précédentes dans les pneumonies consécutives.

On peut dire d’une manière générale que la plupart des maladies ou des accidents que nous venons d’étudier, compliquent assez rarement les pneumonies consécutives; c’est ce qui résultera des faits que je vais analyser.

De toutes les complications thoraciques que j’ai précédemment signalées, le catarrhe pulmonaire est presque la seule que j 'aie rencontrée quelquefois, dans les cas de pneumonies consécutives. Mais comme j’ai été obligé d’écarter tous les faits relatifs aux maladies thoraciques, tous ceux aussi dont les affections s’accompagnaient de bronchites, telles que les maladies du cœur, les fièvres typhoïdes, la rougeole, il s’ensuit qu’il ne m’est resté qu’un nombre de laits restreints et bien insuffisants pour étudier la question. Je dirai pourtant que, sur les pneumonies consécutives à des maladies organiques du foie, des reins, de l’utérus et de l’estomac, il y eut deux

COMPLICATIONS DES PNEUMONIES SECONDAIRES

fois un catarrhe pulmonaire assezélendu pour masquer quelques-uns des symptômes propres à l’inflammation pulmonaire. Celte complication catarrhale paraît être moins rare dans la pneumonie qui affecte les déments paralytiques.

Chez ces derniers, il semble aussi que la pleurésie concomitante est moins commune que dans les pneumonies ordinaires; il résulte, en effet, des recherches de M. Thore, que la plèvre n’a été trouvée enflammée que chez la moitié des aliénés qui furent emportés par une pneumonie aiguë. Dans les faits que j’ai recueillis, et en ne considérant la pleurésie que comme une lésion concomitante, je n’ai constaté aucune différence entre les pneumonies primitives et celles qui sont consécutives. 11 n’en a plus été de même de la pleurésie telle qu’elle doit être considérée dans cet article, c’est-à-dire assez étendue et assez grave pour constituer une véritable complication de la maladie primitive. Ainsi sur cinquante-quatre cas de pneumonie secondaire, je n’ai guère rencontré d’épanchement pleurétique un peu considérable que chez les individus dont la pneumonie était consécutive à une phlébite, et peut-être alors l’épanchement purulent dans les plèvres était-il plutôt l'effet de la maladie primitive que de la pneumonie elle-même. L’ictère n’a existé qu’une seule fois; il a paru se développer en même temps que la pneumonie, je pourrais presque dire que c’est lui qui fit découvrir la complication thoracique. Chomel ayant vu, en effet, se déclarer tout à coup un ictère, et ayant en même temps reconnu un appareil fébrile assez intense, une pneumonie fut soupçonnée, bien que le malade n’accusàl aucun trouble apparent du côté de la poitrine; l’auscultation pratiquée avec soin fit découvrir une phlegmasie du lobe inférieur du poumon droit.

Le délire est une complication assez fréquente des pneumonies secondaires. Je l’ai observé dans un douzième des pneumonies survenues dans le cours de maladies chroniques ; la proportion est plus grande encore pour celles qui viennent compliquer les maladies aiguës. Cependant, dans ces cas, il est souvent difficile de préciser la part qui appartient à l’affection première, et celle qui revient à la maladie intercurrente. Pour résoudre ce problème, il faut alors comparer le début et la marche de la pneumonie avec l’époque à laquelle le délire est survenu ; il faut aussi avoir égard à la nature de la maladie première. C’est ainsi, par exemple, que, si dans le cours d’une phlébite on voit du délire survenir peu après le développement d’une pneumonie, il sera plus rationnel de rapporter les troubles cérébraux aux progrès de la maladie primitive qu’aux développements de l’affection intercurrente; parce que, en

FORMES

effet, ledélire est un symptôme habituel des résorptions purulentes. Il en serait à peu près de même pour la fièvre typhoïde.

On voit, d’après tout ce qui précède, que les complications sont en général moins nombreuses et moins fréquentes dans le cours des pneumonies secondaires que dans celui des phlegmasies pulmonaires primitives. Cette différence dépendrait-elle de la marche, en général, plus rapide des premières ou bien serait-ce plutôt parce que, la faiblesse étant plus grande et la sensibilité générale plus émoussée, les phénomènes sympathiques éprouveraient, par cela même, plus de peine, plus de lenteur à se développer?

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