COMPLICATIONS CÉRÉBRALES
du moins momentanément ; ils se plaignent de céphalalgie, et vomissent parfois. Mais dans ces cas il n’y a jamais le carus qui accompagne les affections graves des méninges et de l’encéphale; on peut réveiller aisément les petits malades, et on ne trouve pas d’ailleurs cette série d’accidents qui marquent la première période des méningites, si communes à cet âge; on ne note pas les cris hydrencéphaliques, le grincement de dents, le mâchonnement, l’inégalité du pouls, etc., enfin une exploration attentive ne tardera pas à faire découvrir dans la poitrine la cause des désordres cérébraux. Ceux-ci, d’ailleurs, lorsqu’ils se déclarent dès le début, ne persistent guère au delà de quatre, cinq ou six jours. Cependant, il arrive parfois que l’état comateux continue jusqu’à la solution de la maladie par la guérison ou par la mort.
Ce que je viens de dire des enfants s’applique en grande partie aux vieillards; la somnolence, le coma, sont des accidents trèscommuns chez eux ; parfois ils sont prédominants et ils se déclarent dès les premiers instants de la maladie; aussi peuvent-ils faire méconnaître le véritable siège de l’affection. Mais si on considère la rareté extrême des inflammations intracrâniennes à cet âge, et par contre la fréquence excessive des pneumonies à cette période de la vie, c’est à celle-ci qu’il faudra penser et c’est la poitrine qu’on devra explorer tout d’abord, lorsque dans le cours d’une maladie fébrile on verra survenir chez un vieillard les symptômes cérébraux sur lesquels j’appelle l’attention du lecteur.
3° Eclampsie. — Une complication bien autrement grave que les précédentes est l’éclampsie. Elle est spéciale à l’enlance et presque
■ exclusive aux sujets âgés de moins de cinq à six ans. Ces convulsions peuvent être partielles, ne consister qu’en une raideur des membres ‘supérieurs, en un spasme des muscles de la face et des yeux; ailleurs elles sont générales, et elles affectent communément alors la forme d’un accès épileptique. Cet accident peut se déclarer à toutes les périodes de l’affection, il n’est pas rare de voir les convulsions éclater dès le début en même temps que la
' fièvre et souvent lorsque rien encore ne révèle l'existence d’une phlegmasie thoracique; plus souvent les convulsions éclatent pendant les périodes ascendante et d’état; enfin, elles peuvent être
■ un accident delà période ultime, elles précipitent alors la terminaison fatale. Les convulsions qui se déclarent dans le cours d’une
| pneumonie n’ont rien de spécial ; quant à leur marche, il peut n’y avoir qu’un accès; ailleurs les convulsions se répètent à des inter- ' valles plus ou moins rapprochés. Dans le premier cas, les malades i reprennent connaissance en ne conservant parfois qu’un peu d’hé-
COMPLICATIONS
bétude; dans le second, d est ordinaire de voir les enfants tomber dans un état de somnolence et de coma, qui peut être l’avant-coureur delà mort.
On ne trouve aucune lésion constante pour expliquer les accidents éclamptiques; ce que nous avons dit précédemment à propos du délire s’applique aussi aux convulsions. La congestion cérébrale qu’on voit plus souvent après les accès éclamptiques qu’à la suite du délire peut souvent être considérée, bien moins comme cause de troubles nerveux que comme la conséquence de la gêne apportée à la circulation.
§ 7. — Complications avec les parotides.
Comme on le peut voir, dans toutes les maladies graves, une inflammation des parotides se développe parfois dans le cours de la pneumonie. Cet accident est heureusement fort rare. Sans être spécial à la pneumonie du vieillard, on peut dire qu’à peu près inconnu dans l’enfance et dans la jeunesse, fort rare dans l’âge adulte, on l’observe surtout au delà de soixante ans. Ce n’est pas nécessairement dans le cours des phlegmasies pulmonaires en apparence les plus graves que la parotide se développe, ni lorsque la pneumonie est à son apogée, mais plus souvent elle se déclare au moment où la maladie semblait tendre vers la résolution ; plusieurs fois même les malades touchaient déjà à la convalescence. Si la parotide est une crise, je la crois presque toujours mauvaise. L’inflammation parotidienne n’est presque jamais double; mais une des glandes est envahie par le travail inflammatoire dans toute son étendue. Rapide dans son évolution, il suffit de vingt-quatre ou quarante-huit heures pour que la tumeur acquière le volume du poing. Rouge ou violacée, dure, généralement très-douloureuse, elle n’a guère d’autre terminaison que la suppuration et parfois la gangrène. La suppuration est toujours précoce, mais emprisonné au milieu des grains glanduleux qui résistent plus que le tissu cellulaire interstitiel, bridé en outre par un plan aponévrotique des plus résistants, le pus se réunit rarement en foyer un peu considérable. Cependant, à la partie supérieure, il est commun de voir une collection se former et se frayer une issue par le conduit auditif externe, inférieurement le pus peut fuser le long des vaisseaux vers la région sus-hyoïdienne et jusque dans la poitrine; partout ailleurs le pus reste presque infiltré , et lorsque la mollesse de la tumeur engage à la diviser avec l’instrument, on ne peut par la pression que provoquer l’issue d’une petite quantité d’un