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II. BIBLIOGRAPHIE

Les ouvrages qui traitent de cette partie du droit civil sont de deux espèces. La première s'occupe de l'interprétation des sources, la seconde du système (1). La ligne de démarcation entre ces deux classes^ d'ouvrages peut en même temps être considérée comme une division chronologique dans laquelle le seizième siècle formerait la limite ; seulement il ne faut pas prendre ceci trop à la lettre, car chronologiquement la fin de la première classe et le commencement de la seconde se confondent.

Première classe : Interprètes.

1. La glose sur les parties du corpus juris, citées plus haut comme sources.

Un très-grand nombre des opinions et des controverses postérieures se trouvent déjà dans la glose ; aussi l'importance particulière de celle-ci s'explique facilement par la nature même de la matière, dans laquelle il importait bien plus de connaître à fond les collections justiniennes que d'y appliquer des connaissances historiques. Pour apprécier combien il est à regretter que nous n'ayons conservé des travaux des glossateurs presque rien que les mauvais extraits qu'en a faits Accurse, il suffit de prendre connaissance du peu que nous ont laissé dans ce genre Placentin (f 1192), Azo (f après 1230), Roifredus (t après 1243) et Odofredus (t 1265) dans les écrits suivants :

Plackntini Summa in Cod., lib. 7, tit. 32 (ici 35), p. 328-333 ;

(1) Il va sans dire que chaque auteur doit être classé d'après son principal ouvrage, et que tous ses autres écrits doivent être cités en même temps que celui-ci.

INTRODUCTION

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lib, 8, ttt, 4-6, p. 373-377; lib. 8, tii, 9 (Ici 11), p. 379-380.

Ed. Mogunt. 1536, fol.

AzoNis Summa in Cod., titt. citt. foU 134-135, 145-149. Edit.

(Lugd.) 1537, fol.

AzoNis kd singulas leges XII librorum Cod. Just. commentdrius

et magnus apparatus. Paris, 1577, fol.

La plus grande partie de la glose du Code est prise dans cet

ouvrage. Lib. 7, tit. 32, p. 567-571; lib. 8, tit. 4-6; tit. 9, p. 615-

RoFFREDi Tractatus judiciarii ordinis, p. 2, 8. (Voy., plus bas,

au commencement de la quatrième section.) Odofredi Prœlect. in Big. novum. Lugduni, 1552, fol. 51-65, 100-

104. Et in secundam partent Codicis. Lugduni, 1549, fol. 103-

2. Les commentateurs depuis Accurse jusqu'à la fin du quinzième siècle.

Ces ouvrages sont bien moins utiles que les précédents pour l'étude de la matière, mais ils ont de l'importance pour l'histoire des doctrines, surtout de celles de l'école française qui vient immédiatement après, et sous ce rapport on est loin d'en avoir assez tiré parti.

3. Udalr. Zasius (t 1535). — Son cours sur une partie du titre des Pandectes de possessione a été imprimé pour la première fois, avec plusieurs autres écrits : Basil., 1543, fol., ensuite : 0pp., tom. 3 (Francof., 1590 f ), pag. 78-161.

4. Andr. Alciatus (t 1550). Ses leçons sur neuf passages du titre des Pandectes de possessione se trouvent : 0pp., tit. 1 (éd. Francof. 1617 f.), p. 1188-1263. — Il faut y ajouter :

De quinque pedum prœscr. num. 76-119 (tit. 3, p. 350). Comm. in L. 115, de v. s. (tom. 2, p. 987), Dispunct. L. 1. cap. 1 (tom. 4, p. 143).

On sait que c'est avec Zasius et Alciat que commence un meilleur goût dans la manière de traiter le droit civil; mais cette amélioration ne se fait guère encore remarquer dans les leçons ezégétiques.

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INTRODUCTION

5. ^MYL. Ferretus (t 1552). — Ses leçons sur trois passages du même titre des Pandectes (L. 1,3, 12), dans lesquelles le reste a été accidentellement intercalé, se trouvent : 0pp., t. 1 (Francof., 1598, 4), pag. 514-630. À la fin se trouve : finis 1551.

Un peu lourd et diffus, mais non pas sans des vues nouvelles.

6. Franc. Duarenus (f 1559). — Son cours, extrêmement approfondi, embrassait tout le titre des Pandectes, mais il ne nous en reste que l'interprétation des onze premiers fragments ; ils se trouvent : 0pp. (Lugd.,1584, f.),pag. 819-872; ces leçons ont été données après 1549, car Ulpien y est cité. — 11 faut y ajouter :

Comm. in tit. de adq. vel amitt. poss. (p. 816-818]. — C'est un

abrégé systématique de la doctrine.

Bisput. annivers.y lib. 1, c. 18, p. 1385.

7. Barth. Romuleus (depuis 1548, professeur à Ingolstadt. Mederer. ann. Ingolst. I, 207). — Comm. s. repet. ad rubr. et L. 1 {^rinc.) de acq. vel amitt. poss. Lugd. 1561.8. — Extrêmement diffus et dépourvu de goût (1).

8. JoAN. Corasius (t 1572). — L'auteur ne parle que de deux passages du titre (0pp. ed. Forster, Vitemb., 1603, f., T. 1, p. 918-968) et ce qu'il dit est assez insignifiant.

9. Jac. Cujacius (t 1590). — 11 a interprété la majeure partie des sources sur cette doctrine, mais son interprétation est moins approfondie que celle de Duarein, et trop souvent peu satisfaisante. La mobilité de ses opinions se trahit aussi dans cette matière ; il ne sera donc pas superflu de citer ici, autant que possible dans un ordre chronologique, tout ce qui s'y rapporte dans ses écrits. Les pages sont indiquées d'après

(1) La mention de Romuleus a été ajoutée dans la quatrième édition.

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les deux éditions napolitaines de ses œuvres complètes (172!^ et 1758, 10 volumes de texte et un volume d'index, fol.) ; ce qui est marqué d'un * n'a été imprimé qu'après sa mort et contre son gré :

1556. Notœ prions in § 4, /. per qnas personas et §§ 4-6, 1. de interd,[t. 1, p. 94, 284-285).

1556. Observ. I, 20; II, 35. — Ces observations ne se rapportent qu'à quelques passages ou à des questions spéciales. Elles se trouvent toutes dans le troisième volume de la collection.

1557. Notœ in Pauli Sent, recept., lib. 5, tit. 2 et 6. (Tit. 1, p. 469, 478.)

1559. Observ. IV, 3, 7, 8, 11.

1562. Observ. V, 15, 17, 18, 19, 20, 22, 23, 27.

1564. Observ. VI, 4; VII, 38.

1569. Observ. IX, 32, 33.

1569. Paratit. in Dig. XLI, 2. (Tit. 1, p. 843, avec des notes de Fabrot.

1573. African. Tr. 7, L. 40; Dig., deposs. (t. 1, p. 1401).

1577. Observ. XVII, 2. (Imprimé pour la première fois dans

0pp. Paris ap Nivell. 1577, fol., t. 5.) 1579. Observ. XVIII, 23.

1579. Paratit. in Cod. VII, 32; VIII, 4, 5, 6, 9. (T. 2, p. 471,

528-530, 532, avec des notes de Fabrot.) •1584-1585. Récitât, in Pauli (1) comm. ad Ed. (t. 5). Dans les

passages qui se rapportent à. notre matière; surtout : L. 1, 3,

Jyig. y deposs., p. 690-719.

1585. Notœ posteriores in § 4. 1. per quas pers., et §§ 4-6, /. de

interd. (T. 1, p. 94, 284, 285.) 1585. Observ. XXIII, 21 ; XXIV, 9, 10, 11, 12. "1588. Recitationes in tit. Dig. de adq. vel amitt. poss. (t. 8,

p. 236-315). — Pour la première fois, et mieux que dans la

collection des Œuvres, Spirœ, 1594, in-4o. (? Observ. XXV, 5, 32, 33, 34; XXVII, 7, 22.) — Imprimé pour la

première fois en 1595.

*? Notœ in Dig., XLI, 2. (T. 10, p. 512.) 1 Notœ in Cod., VII, 32; VIII, 4. (T. 10, p. 691, 697, 698.) *t Récitât, in singg. LL. Cod. (T. 9), VU, 32 (p. 1004-1019); VIII,

(1) Les leçons sur Papinien(T. 4), Julien, etc., etc. (T. 6) ont ici moins d'importance parce que les textes mêmes en ont moins.

(NTHODUCTION.

4, 5, 6, 9 (p. 1148-1173). — Cet écrit, comme les deux précédents, fut imprimé pour la première fois en 1597. *? Comment, s. Scholia in Institutiones , ad § 4. I. per quas pers. (T. 8, p. 690.) — Imprimé pour la première fois en 1658.

10. JuL. A BEYMA(t 1588). Ses leçons très-insignifiantes sur le titre du Digeste et du Code se trouvent dans : Comm. in varias titulos juris. Leovard. 1645,4 (321-408, p. 409-427).

11. HuBERTUS GiPHANius (f 1604). L'interprète le plus profond et le plus complet; les cahiers de ses élèves, d'après lesquels presque tout ^ a été imprimé, semblent avoir été trèsincomplets, et l'impression elle-même s'est faite très-négligemment. Voici les textes qu'il a interprétés :

Tit. Dig. de adq. vel amitt. poss. {lecturœ Altorphiœ. Franco f.,

Tit. Cod. deadquir. et retin. poss. {ibid.j p. 526-537). Ej. tit. lu. 3 {Explanatio Codicis, Colon. Plane. ^ 1614, 4. P. 2,

Lib. 8, Cod., Proleg. deremed.poss. {ibid.f p. 257-269). Tit. Cod., unde vi {ibid., p. 276-298). Tit Cod., uti possidetis {ibid., p. 298-308).

§§4-6, I. de interdictis {Comm. in Institut. Francof., 1606, 4, p. 431 435.

Joignez-y encore :

Antinom.jur. civ. y\ih. 4, Disp. 48, de interdictis {Francof., 1605,4, p. 263-277) — Toutefois, l'authenticité des passages qu'on y attribue à Giphanius est encore plus problématique que dans ses leçons exégétiques.

12. GuiL. Maranus (t 1621). — Ses œuvres (ed. TraJ. 1741, f.) renferment, outre une introduction insignifiante relative à cette matière (p. 473-475), un commentaire sur les trois premiers fragments du titre des Pandectes (p. 599-613). Ce commentaire ne renferme pas grand'chose.

Deuxième classe : Auteurs systématiques.

Placentin et Azon (num. 1) donnèrent déjà un aperçu sommaire, sumrna, de cette matière, en guise d'introduction à l'in-

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terprétation des textes; Duarein et plusieurs autres suivirent leur exemple. Nous ne voulons cependant nommer ici que les auteurs qui se proposaient pour but l'exposé même de la théorie, qu'ils l'aient d'ailleurs exposée en entier, ou qu'ils n'aient voulu que la compléter sous un rapport spécial, comme Merenda et Cuperus, par exemple, pourvu que le résultat obtenu présente une certaine importance (1). Mais cette restriction ne saurait s'appliquer aux ouvrages les plus récents, sur la valeur scientifique desquels les auteurs postérieurs ne se sont pas encore prononcés. Quant aux ouvrages qui embrassent tout le droit civil, nous pouvons à peu près les passer complètement sous silence, parce qu'ils nous apprennent rarement quelque chose de nouveau sur l'une ou l'autre matière spéciale.

13. Vaconii a Vacuna novœ declarationes, Eomœ, 1556, 4^, Ub. 2. Declar. 56-92, f. 52-102.

Tout l'ouvrage a été écrit par un auditeur d'après les leçons orales du maître ; le second livre contient une série de dissertations sur la possession, qui manquent non pas de science, mais de clarté et de précision.

14. Georg. Obrecht (t 1612) : Methodica tractatio. .. tituli Dig. et Cod. de adq. poss., in très partes atque disputationes distincta. D'abord (d'après Lipenius) : Argentor., 1580. Plus tard dans : Disputât. Ursellis, 1603, 4^. P. 1, num. 25 (p. 517-571).

La première des trois disputationes {cap. 1-5) traite de la notion de la possession; la seconde (cap. 6-13), de l'acquisition; la troisième (cap. 14-19), de la perte de la possession. — C'est un ouvrage fort utile tant à cause de la méthode simple

(1) Le dix-septième siècle est particuHèremeat riche en dissertations auxquelles ce serait faire beaucoup trop d'honneur que de dire de chacune en particulier Qu'elle ne signifie rien.

LNTRODUCTION.

et facile qu'à raison des idées très-justes qui lui servent de fondement.

15. Hugo Donellus (t 1591). Nous avons à citer ici : Commentarii J. Civ., Mb. 5, cap. 6-13 (sur la possession

elle-même), p. 183-198; lib. 15, cap. 32-38 (sur les interdits), p. 799-816. Les onze premiers livres parurent d'abord à Francfort en 1589 et 1590, 2 vol. f.; l'ouvrage complet parut ensuite à Francfort, 1595-1597, 5 vol. f. L'indication des pages se réfère à l'édition de Hanau, 1612, 1 vol. fol. Ajoutez :

Comm. in Cod., lib. S, tit. 4, 5, 6 (p. 265-285, f.); sans grande importance.

L'exposé que cet auteur donne de la théorie de la possession est excellent; il est même le seul qui ait indiqué et développé le lien entre cette théorie et l'ensemble du système du droit civil. Ces parties intégrantes d'un ouvrage plus vaste ne pouvaient renfermer de dissertations proprement dites ; cependant il est impossible de méconnaître qu'elles ont précédé le reste de l'ouvrage. Sa théorie est d'ailleurs en même temps une des plus connues et une des moins connues qu'il y ait. Certaines de ses propositions sont citées à tout propos; mais l'exposé de l'ensemble, mérite principal de l'auteur, passe généralement inaperçu; Hilliger en a même publié un extrait annoté, afin de confirmer en quelque sorte cette manière très-fausse d'user de cet ouvrage.

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