DE LA POSITION DE LA TÈTE
Canme la tête occupe le premier rang entre les parties du corps, aussi l'occupe-t-elle dans le geste, dit Quintilien^ On doit la tenir droite et dans une assiette naturelle. On l'élève avec modestie quand on s'adresse à Dieu ou aux saints, quand on parle du ciel et de tout ce qui inspire la joie; on la baisse dans la tristesse, dans les récits lugubres, dans l'aveu de nos faiblesses ou de nos fautes, en évitant toutefois, quand on l'élève, d'imiter le mouvement des oiseaux qui boivent, ou quand on la baisse, le mouvement des personnes assoupies. On l'élève encore quand on admire, et on l'incline médiocrement quand on compatit, qu'on prie, qu'on conjure, qu'on sollicite. '■ ï^. In '"'7': "—-"^ quand on affirme, qu'on exhorte, qu'on confond; refuser, témoigner de l'horreur ou de l'aversion. «,a.o .^ «v. xc«^ Jamais la tenir trop haute; ce serait signe d'orgueil et de suffisance ; ni penchée, ce serait marque d'indolence; ni habituellement baissée, cela ôle toute dignité ; ni roide et immobile, cette position a quelque chose de fier et de repoussant. Il faut éviter encore d'en frapper l'air par des mouvements déplacés, ou de sembler vouloir la cacher entre ses épaules, ou de la soutenir de sa main, ce qui donnerait un air de nonchalance.
Telles sont les règles d'après lesquelles le prédicateur doit parler en chaire. Quand il est descendu de la tribune sacrée, il lui reste encore plusieurs devoirs à remplir®. 1° 11 doit prier pour ses auditeurs, afin qu'ils profitent de l'instruction, et pour lui-même, afin d'obtenir la grâce de faire ce qu'il a enseigné. 2° Il doit noter sur son cahier les pensées ou tournures frappantes que lui a inspirées la chaleur du débit et les modifications que lui ont suggérées soit ses propres observations, soit celles d'autrui. « C'est, dit le cardinal « Maury', en prêchant cinq ou six fois un discours et en le corri- « géant immédiatement après, qu'on en juge très-bien et l'effet et « l'ensemble, qu'on peut en fortifier les mouvements, en élaguer « les longueurs, en multiplier et perfectionner les beautés. » 3° 11 doit s'appliquer à quelque bonne lecture ou autre occupation, pour faire diversion soit avec la vaine complaisance quand il croit avoir
* Lib. XI, c. VIII. — 2 Voyez le Guide de ceux qui annoncent la parole de Dieu, p. 2n et suiv. — ' Essai sur l'éloquence de la chaire, c. lxxvui.
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eu du succès, soit avec la tristesse quand il pense avoir mal réussi, A" 11 doit s'humilier avec cahne devant Dieu des fautes qui lui sont échappées dans ie débit, sans s'en excuser devant les hommes, sans s'inquiéter et encore moins s'informer de ce qu'on pense et de ce qu'on dit, ne pas mendier des éloges, et, s'il en reçoit, ne pas s'i complaire, mais se demander ce qu'il en pensera à l'heure de h mort, au jugement dernier ou dans l'élernilé.
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