‹ Traite de la predication a l'usage des seminairesChapitre 57 sur 89 · MANIÈRE DE PRÊCHER SUR LES SACREMENTS · texte numérisé non relu

MANIÈRE DE PRÊCHER SUR LES SACREMENTS

pnées à la circonstance, et pour faciliter au prêtre l'accomplissement de cotte condition, nous allons parcourir les différents cas,

I" Pour un Baptême, il faut commencer par rappeler au recueillement Tespril peut-être dissipé des auditeurs, en leur montrant le profond respect qui est dû au sacrement, et les grandes choses qui vont s'opérer dans l'enfant qu'on présente. D'esclave de Satan, il va devenir enfant de Dieu et de l'Église, héritier du ciel, temple du Saint-Rspriî, pur comme un ange, plus grand que les anges par sa dignité de chrétien et son union avec Jésus-Christ. Mais aussi, et c'est là la seconde réflexion, que de grandes obligations vont lui être imposées ! Obligation de renoncer au démon, à ses pompes et à ses œuvres, obligation de vivre de la vie de Jésus-Christ : Quicumque baptizati estis, Christiwi induistis^. 11 faut ensuite faire rentrer les auditeurs en eux-mêmes pou>r qu'ils jugent comment ils ont porté ce beau titre de chrétien et en ont rempli les obligations, les inviter à renouveler les promesses de leur baptême avec la résolution d'y être plus fidèles, et rappeler aux parrains et marraines qu'ils y sont spécialement tenus, puisqu'ils vont faire haute profession de la foi au nom de l'enfant, promettre à Dieu qu'il exécutera les engagements qu'ils vont prendre en sou nom, et s'obliger à y veiller.

2° Pour le Mariage, il faut : 1° faire ressortir combien c'est un grand sacrement, tant parce qu'il représente l'union de Jésus-Christ avec son Église, que parce qu'il décide du bonheur de la vie entière, et même souvent de la vie éternelle, en unissant les destinées des deux époux par des liens indissolubles ; quoi de plus grave, de plus digne de sérieuses réflexions ! 2" il faut expliquer ce que les deux époux se doivent l'un à l'autre : le mari doit aimer son épouse comme Jésus-Christ a aimé son Église, l'honorer comme une partie de lui-même et avoir pour elle une bonté compatissante. L'épouse doit avoir pour son mari l'amitié et la complaisance, le respect et la soumission de l'Éghse pour Jésus-Christ ; tous deux doivent ne faire qu'un cœur et qu'une âme; s'assister dans leurs besoins, se supporter dans leurs faiblesses ou leurs défauts, s'édifier par de bons exemples, s'aider par de bons avis et être l'un pour l'autre comme un nouvel ange gardien. 3" Il faut ajouter que si le ciel bénit leur mariage, ils devront élever leurs enfants dans la pratique et l'amour de la religion, que c'est là une obligation dont ils sont redevables i Dieu, à rÉ;,dise, à la société, à eux-mêmes, puisque leur boidieur eu dépend.

* Galat.. m, 27.

350 TPAITE DE LA TREDICATION.

5' Pour la Pénitence, il faut une exhortation courte, pleine de charité, qui ne contienne aucun reproche pénible à l'amour-propre, qui soit appropriée ù l'intelligence, au caractère, aux besoins du pénitent, et réunisse le langage de la confiance à celui de la crainte. Cette exhortation doit contenir, sinon toujours, au moins le plus souvent : 1° des avis sur la nécessité de se corriger des fautes accusées, et d'entrer dans une vie meilleure; les moyens et les pratiques les plus propres à réformer les défauts du pénitent, et à lui l'aire acquérir les vertus, comme la fuite des occasions, la fidélité aux exercices de piété, etc.. ; 3° les motifs de contrition. — On se sert utilement pour cette allocution de la considéiation du mystère ou de la fête qu'on célèbre et qu'on se prépare à célébrer.

4° L'exhortation d'avant la première communion doit contenir les actes préparatoires à la réception du sacrement, c'est-à-dire les actes de foi, d'humilité, de contrition, d'amour et de désir: il faut les présenter avec clarté et simplicité pour qu'ils soient à la portée des enfants, mais en même temps avec l'onction et la chaleur d'une âme fortement pénétrée. Après la communion, l'exhortation doit contenir une adoration humble mêlée d'admiration et d'amour pour le Dieu qui est en leur poitrine ; des rcmercîments pour une si grande grâce ; des prières pour tous leurs besoins : nul moment plus favorable pour tout demander; l'offrande de toute leur personne à ce Dieu si prodigue de lui-même, pour ne plus vivre que de son amour et selon son bon plaisir ; enfin la résolution de continuer à fréquenter les sacrements, à assister aux instructions, à fuir les occasions et compagnies dangereuses; et ici on fait une apostrophe aux parents pour leur dire que ces enfants, si purs aujourd'hui, sont un trésor que l'Église leur confie, qu'ils en répondront devant le tribunal de Dieu, s'ils ne veillent pas à sa garde, et surtout s'ils allaient détourner ces chers enfants de la vertu par leurs discours ou leurs exemples.

5° Pour le viatique, l'exhortation d'avant et d'après doit contenir à peu près les mêmes actes dont nous venons de parler. On ajoute seulement auparavant quelques réflexions touchantes sur la bonté de Nolre-Seignenr qui vient en personne visiter le malade, le consoler, le fortifier, nourrir son âme de sa chair et de son sang ; et après la communion, on l'engage â se tenir uni à Jésus souffrant sur la croix, à hn oflrir sa maladie, à s'abandonnera la Providence, â lui redire souvent du fond du cœur : Fiat vohmtas tua.

6° Enfin, pour l'Extréine-Onction, il faut l*» faire admirer la bonté

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