MANIERE DE PRECHER SDR LES SACREMENTS
instruction sera reçue avec d'autant plus de plaisir qu'elle se rattachera à des signes sensibles que les fidèles s'estimeront heureux de comprendre, et qu'elle leur enseignera d'une manière plus facile à retenir tous les devoirs que le sacrement leur impose.
DE LA FORME A DONNER ACX 1NSTRL'CTI0:<S SDR LES SACREMENTS.
Les instructions sur les sacrements s'adressent tantôt au public du haut de la chaire, tantôt aux particuliers dans l'administration même du sacrement. Nous allons traiter séparément ces deux cas.
Des instructions publiques sur les sacrements.
l" Si l'on n'a qu'une seule instruction à faire sur un sacrement, on peut diviser ainsi son sujet : Excellence du sacrement^ premier point ; et sous cet énoncé on comprend son excellence proprement dite, sa nécessité et ses avantages ; dispositions qu'il demande^ second point; obligations qu'il impose, troisième point; et, en traitant ces deux derniers points, on expose les cérémonies comme développements et comme preuves de la doctrine.
2° Si l'on a plusieurs instructions à faire sur le même sacrement, les six paragraphes indiqués dans l'article précédent fournissent matière à six instructions et plus encore. Ainsi, par exemple, si je veux traiter le sacrement de pénitence, je puis facilement faire six instructions : la première traitera du précepte divin de la confession, des avantages d'une bonne confession, du crime de ceux qui ne se confessent pas ou qui se confessent mal. La seconde traitera de l'examen de conscience, et là j'en ferai voir l'importance, j'en dirai les qualités, et j'exposerai la manière de le faire. La troisième traitera de la contrition; et là encore j'en montrerai l'importance, j'en expliquerai les conditions, et j'enseignerai la manière de la former dans soir cœur. La quatrième traitera du ferme propos et en fera connaître la nature et la nécessité, les caractères et les marques. La cinquième traitera de la confession, en développera les qualités et exposera la manière de se confesser. La sixième, enfin, traitera de la satisfaction ou de la pénitence à laquelle nous sommes obligés, même pour les péchés pardonnes ; et là, réunissant avec la pénitence sacramentelle la pénitence laissée à notre discrétion, j'exposerai son
348 TRAITÉ DE L.\ mÉDICATION
importance, sa rigueur, et la manière de la faire. — Si je veux traiter rEucharistie, que '>, madères à instructions ne s'oflVent pas à la pensée! On pou/rait, dans un premier discours, montrer l'obligatioip de communier et toul ce que cette obligation a de doux et d'aimable; dans un second discours, faire ressortir l'outrage que la communion indigne fait à Jésus-Christ, et les maux qu'elle fait à l'homme ; dans un troisième, exposer les avantages de la bonne comnmnion et les dispositions pour bien communier; dans un quatrième, enfin, traiter la communion fréquente, et exposer sa nécessité pour plusieurs, ses avantages pour tous, et ses conditions.
5° Pour remphr tous ces canevas ou autres semblables, on trouvera d'excellents matériaux dans les principaux auteurs de sermons ou de prônes, dans les catéchismes de Couturier, de M. de Lantages et surtout du concile de Trente.
Des instructions à adresser aux particuliers dans radministration des sacrements.
Nous n'avons point à parler ici de la Confirmation et de l'Ordre : ceux qui seront un jour les ministres vénérés de ces deux sacrements sauront, mieux que nous ne pourrions l'indiquer, ce qu'il convieiît de dire en les administrant. Il s'agit donc uniquement ici des instructions que doit adresser le prêtre dans l'administration des sacrements de Baptême, de Mariage, de Pénitence, à une première communion, en donnant le viatique et l' Extrême-Onction. Une allocution instructive et pieuse est dans ces cas de la plus grande importance ; les Rituels de presque tous les diocèses la prescrivent; le prêtre ne peut avoir d'occasion plus favorable d'annoncer la parole de Dieu : ce sont même souvent les seuls cas où il puisse faire entendre des paroles de foi et de salul à plusieurs qui ne viennent jamais à l'église hors de ces circonstances ; et où serait en lui le zèle du salut des âmes, s'il manquait une occasion qui peut-être ne se représentera plus? Enfin, dans ces moments si sérieux on est mieux disposé à entendre parler de Dieu, si j'en excepte le Mariage, où le prêtre, par la gravité du langage, doit suppléer à l'imperfection des dispositions.
Mais pour que ces instructions soient utiles, il faut d'abord qu'elles soient courtes, et fortes de choses en proportion de leur brièvelè* Elles ne doivent guère dépasser cinq à six minutes, excepté à la première communion, où l'on peut parler pendant dix minutes avant et dix miimles après. Il faut, en second lieu, qu'elles soient bienappro-