‹ Traite de la predication a l'usage des seminairesChapitre 72 sur 89 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Des Avis *.

Des avis judicieux, clonnés avec zèle et à propos par un pasteur attentif à profiter de tout pour le salut de ses paroissiens, sont un * Voyez Méthode de Besançon, t. II.

puissant moyen do faire le bien. Ils pi'oduisent souvent plus d'impression que les sermons et les pi-ôiies; on les écoute avec plus d'attention, on en est plus touché, on les relient mieux et l'on aime à s'en entretenir hors de l'église et dans la famille. Tous ces avantages font qu'ils peuvent tenir lieu du prône quand ils ont duré un certain temps; et alors on peut les conclure en disant que, pour ne pas retenir trop longtemps les auditeurs, on se bornera ce jour-là à quelques couilos réflexions sur l'Evangile.

Pour que les avis produisent ces heureux fruits, il faut, avant de les donner, y bien réfléchir et se demander : 1" si la chose en vaut la peine : car un avis donné sur des minuties est tourné en ridicule ; U" s'il y a lieu d'espérer que cet avis sera bien reçu : car s'il n'y a pas de fruit à en attendre, il vaut mieux se taire ; 5° comment on mesurera ses expressions pour que l'avis soit juste, exact et clair : car si l'avis manque de justesse et d'exactitude, on ne songera qu'à le critiquer; et s'il manque de clarté, on ne le comprendra pas, on le dénaturera, et il en résultera plus de mal que de bien ; 4" enfin, comment, si nous étions à la place des auditeurs, il faudrait nous parler, pour que nous reçussions cet avis avec plaisir et fruit. Cette question, pour peu que nous connaissions les mœurs et la conduite des gens du monde, nous apprendra à accompagner toutes nos paroles de ce tact et de cette prudence qui les feront toujours bien recevoir, comme nous l'avons observé ailleurs. Telles sont les quatre questions qu'il faut se faire à soi-même avant de donner un avis; et de là nous pouvons tirer une conclusion de la plus haute importance : c'est qu'il ne faut jamais donner d'avis dans un prtîmier moment d'émotion, mais attendre toujours le calme et la maturité de la réflexion.

Après avoir bien réfléchi sur les avis qu'on a à donner et bien prié Dieu de les bénir, on peut monter en chaire et parler avec confimce. On commence par demander avei; autorité et bonté l'attentian des auditeurs, leur disant par exemple : « J'ai quelijues avis « iniportanls à vous donner ; je vous prie de les écouter avec grande « attention, de les recevoir avec docilité, connue je vous les donne (( avec affection et dans vos plus chers intérêts, d'en faire part à <t ceux qui ne sont pas à l'église, etc. J'ai la confiance que vous en (( profiterez, etc.. » Après ce préambule ou un autre semblable, ou dit ce qu'on a à dire, mais sans Irup l'étendre: la prolixité en diminuerait la force; ni sans liop l'abréger: on n'aurait pas le temps (lî faii'e impression. On l'appuie de raisons solides, sans y mêler ni

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