LES AVIS
rcproclies, ni paroles piquantes qui sentent Thumeur, ni menaces, ni invectives, et l'on s'attache à rappeler aux auditeurs ce qu'ils doivent à Dieu, au public, à eux-mêmes ; on les excite parla vuo de la récompense, on les effraye par la pensée de la moit, du jugement, de l'enfer, présentée avec bonté, en tempérant toujours ce que le reproche a d'amer par la douceur et la tendresse de la charité.
Lorsque l'avis a été goûté et suivi de son effet, il faut en féliciter les auditeurs, leur témoigner son contentement et sa grande consolation: ces paroles d'encouragement leur font plaisir, les disposent à la docilité pour une autre fois, et resserrent les liens entre le pasteur et le troupeau. Si, au contraire, l'avis n'a pas réussi, il faut, après beaucoup de prières adressées à Dieu, le réitérer avec patience et douceur, à la première occasion favorable ; le rappeler en particulier au saint tribunal, dans les visites, dans les conversations, et prouver ainsi qu'on ne perd pas de vue le bien entrepris, qu'on le poursuit avec modération, mais avec constance.
Il ne faut jamais donner d'avis , ni pour ses intérêts personnels, ni sur des matières qui pourraient tourner à la diffamation de quelque personne en particulier, ni contre des désordres secre's dont la révélation serait un scandale ou donnerait heu à des jugements ou soupçons téméraires ; ni pour censurer tout ce qu'on a appris s'être passé de peu régulier dans la semaine, soit entre particuliers, soit dans le secret des fjmilles. Quand même le scandale serait public, ce n'est pas toujours une raison d'en parler publiquement. Il faut voir auparavant si un pareil remède n'aigrira pas au heu de corriger ; et supposé qu'on croie prudent d'en venir là, il faut se défier delà vivacité et de l'indignation du zèle qui pourraient laisser échapper quelque parole imprudente, exagérer le mal et parler avec humeur: c'est le cas de préparer, aux pieds du crucifix ou de l'autel, ce qu'il convioit de dire, et encore alors serait-il bon de prendre conseil d'un confrère sage et expéiimenté.
Los avis ne doivent pas être trop fréquents, assiieta vilescunt; et, pour les donner, il faut choisir les temps convenables, c'est à-dire le temps où il est probable qu'on les recevra le mieux ; le temps où l'on peut les mettre en pratique hic et nunc ; enfin les occasions qui y prêtent, par exemple une moi t subite, une maladie contagieuse, un temps d'afflictions ou de calamités, le nouvel an, l'approche du carnaval, l'ouverture du carême et du temps pascal, le dimanche des Rameaux pour instruire sur la semaine sainte, les dimanches d'a\ant
les Rogations et la Fêle-Dieu, l'époque des foius, des n:G"iG3Gr.3 :t des vendanges , l'entrée de l'iiivcr pour prévenir les dangers des soirées, quelque grande solennité, la fêle du patron ou d'un autre saint dont on citera quelques traits louchants. On trouvera tous ces avis dans la lléthode de Besançon et dans la Théologie de Sœltler, t. V,p. IGG.