CHAPITRE YIl
Des» iiI]ocsi£!osis.
Toutes les allocutions ont ceci de commun, qu'il n'y faut ni exorde, ni division, ni péroraison ; qu'elles ne souffrent ni longs raisonnements, ni grandes périodes, ni mouvements violents, ni figures véhémentes et vives apostrophes : le temps qu'elles durent est trop (;ourt pour qu'il y ait place à toutes ces choses. Mais chacune d'elles, s Ion son objet, doit avoir un genre spécial et une couleur particulière.
1° Si elle a pour objet de complimenter un évêque à son entrée dans l'église de la paroisse qu'il visite, le style doit être soigné, poli, gracieux , délicat , toutefois sans affectation ; le discours doit être court, il faut se borner à un petit nombre d'idées vives et frappantes: la louange doit être ménagée, soit parce qu'il n'est rien de si difficile que de louer comme il faut, et que la louange maladroite est du plus mauvais gotit, soit parce qu'on doit craindre d'offenser la modestie ou d'éveiller la critique. Le fond du discours doit contenir : 1° l'expression de la joie que tous éprouvent en recevant un pôre vénéré , le représentant de Jésus-Clirist dans le diocèse, le dispensateur des grâces attachées au caractère de successeur des apôtres ; 2° l'exposé de l'état religieux de la paroisse et de la manière édifiante dont on s'est préparé à recevoir la visite du premier pasteur ; 3® Tiusinuation des abus à corriger, du mi\l à réformer,
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mais pré-^ entée avec uns adivsse qui inén.ngc toutes les susceptibilités et ne puisse offiuser personne. — Si, au lieu de, l'évêiiue diocésain, on avait à complimenter quoique grand personnage, il faudrait ennoblir l'éloge en l'associant avec courage et prudence à quelque grande et utile vérité, faire sortir l'instruction de la louange elleliiéme, et êlre court pour éviter de se perdre dans des généralités ou des louanges déplacées.
2" Si l'allocution a pour objet d'exhorter les fidèles à entrer dans les dispositions que requiert une cérémonie, la célébration d'une fêle, la réception d'un sacrement, ou de les porter à bien rejnplir quelque devoir, à prendre part à quelque bonne œuvre, il faut parler au cœur, dire peu et bien : ce doit ê!re le langage d'un père à ses enfants, langage tendre, vif et animé, facile et naturel, plein de force et d'onction. Le fond du discours doit contenir : V l'exposé des motifs qui démontre la nécessité, l'importance et les avantages de la chose qu'on r>?commande ; 2'' l'indication des moyens ou de la manière de la bien faire.
S*^ Si l'allocution a pour obj.ît de féliciter ses auditeurs de quoique bonne œuvre, de quchiue acte de vertu ou de religion, il faut y mettre beaucoup d'âme, de chaleur, d'épanchoment de cœur et une sorte d'enthousiasme. On dnii, 1° les louer du bien qu'ils ont fait: (( Honneur à ces hommes de cœur et de courage, qui osent se mon- « trer hautement chrétiens! L:i rehgion les bénit, le ciel leur ap- « plaudit. Dieu les récompensera. » On doit, 2" tiri^des motifs d'espérance d'un bien plus grand encore qu'on attend d'cu.\ et de toute la paroisse encouragée par un si bel exemple.
A° Si l'allocution a pourobjtM d'expliquer ou de développer quelque point de la religion, connue une cérémonie de l'Église, l'examen de conscience, une prière, un verset de cantique, il faut alors beaucoup plus de simplicité et d'abandon : ce doit être comme une conversation noble et simple, parfaitement claire, abaissée, quand il le faut, aux détails les plus familiers, pour mettre les choses à la portée de tous les esprils, mais en même temps vive, animée, touchante selon le sujet, et par-dessus tout, toujours courte pour ne pas eniiuyerpar doslongucnis.
5" Si l'allocution a pour ol'jot de reprendre et de corriger, il faut appliquer les règles que nous avons données pour'os avis.