CHAPITRE Ylïl
Des Lectures icnblicjiucs.
Les lectures publiques sont un moyen d'instruire et d'exhorter {rôs-précieux, qui réunit plusieurs grands avantages. Elles peuvent d'iibord suppléer à la prédication dans bien des occasions où les travaux et les sollicitudes du ministère, le détail du gouvernement et les soins mêmes que demande le prône de chaque dimanche ne laissent pas le temp; de préparer uae instruction ou une exhortalion convenable, par exemple, aux prières du soir pendant l'a vent et le carême ; puis elles mettent de la variété dans l'instruction, préviennent le dégoût qu'engendre l'habitude d'entendre toujours la môme personne, et sont un remède à celte sorte d'insensibilité que trouve trop souvent en nous une voix avec laquelle nous sommes familiarisés ; enfin elles ont plus d'autorité que les discours sur les gens du peuple : quand un pasteur leur fait envisager que ce n'est pas lui qui condamne tel abus, que c'est le livre même, et un livre composé par dos hommes d'esprit et de mérite, un livre approuvé par les évoques, celte considération frappe singulièrement ces esprits grossiers, et ils ne voient rien à répliquer.
Mais pour que ces Lctures soient utiles, il y a plusieurs régies à oljscrver.
i° Il faut choisir des lectures claires, simples, adaptées aux ba- ;.i)ins des auditeurs et proportionnées à leur intelligence. Pour cela, il faut préparer d'avance ce qu'on doit lire, et omettre, sans le laisser apercevoir, ce qui ne convient pas, par exemple certains raisonnements trop subtils, certains détails trop diffus, certaines expressions obscures ou un peu libres, certains développements bons pour des riches et des gens du grand monde, mais qui ne s'appliquent pas à des gens de la campagne, à des ouvriers, des pauvres et autres personnes du peuple.
2" Il faut faire ces lectures d'un ton de voix naturel, en articulant bien distinctement, en prononçant posément, gravement et avec l'intérêt d'un homme qui sent ce qu'il lit. Une lecture faite froidement et avec un air d'insouciance ne peut pas intéresser; le cœur li'entcnd que le laiignge du cœur. 11 y aurait le même inconvénient
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à prendre un Ion pénélié dès ronvorturc dn livre ou dans les choses qui n'auraient rien de louchant. La sensihihté simulée refroidit autant ou plus que rins^'nsihililé même.
f)" Il faut faire ressortir ce qu'il y a de plus utile ou de plus sailhiut dans les lectures, par des réflexions courtes, mais bien présentées, et par des applications pratiques aux auditeurs. Ces réflexions et ces applications doivent avoir été prévues ; car si on ne disait que des choses vagues et faiblement présentées, on ferait plus de mal que de bien, on énerverait l'effet de la lecture au lieu de le corroborer.
4° 11 faut éviter les lectures trop longues qui faligueraie:)t les auditeurs, et faire en sorte qu'elles finissent toujours par quehjue pensée frappante, quelque trait qui aille au cœur. Quand on rencontre de ces morceaux heureux, il faut terminer là la lecture, dût-elle êtr,; beaucoup moins longue ; mieux vaut s'arrêter que d'affaiblir, en continuant, une salutaire impression produite.
Les meilleurs livres à lire sont l'Inslruclion des pauvres, par le P. Huby; le Trésor des pauvres, par madame le Prince de Beauniont; le Catéchisme de Couturier disposé en forme de lectures , par îlgr Morlot, archevêque de Paris; les quatre Années pastorales, par Badoire ; les Pensées de Ilumbert, la Doctiinc chrélieiine de Lhoniond, l'histruction de la jeunesse, l'Ame sanctifiée ou la Religion ;'^ratique, par Baudrand.