‹ Traité de la proprietéChapitre 50 sur 54 · CONVERSION DU TERRITOIRE NATIONAL EN PROPRIETES PRIVÉES · texte numérisé non relu

CONVERSION DU TERRITOIRE NATIONAL EN PROPRIETES PRIVÉES

relativement aux diverses classes de la société; il est infiniment plus avantageux pour un grand nombre de personnes.

Il est évident d’abord que , par la transformation d’un marais en une terre fertile, aucun membre de la société n’a rien perdu, et que ceux qui, par leur industrie, ont concouru à la produire, non seulement ont vécu pendant l’opération, mais ont pu faire quelques économies; or, il n’est personne qui ne sache que la plupart des bommes ne peuvent vivre qu’en échangeant leur travail contre leur subsistance.

En second lieu , quand une terre inculte est convertie en une ferme , il se forme sur le champ une famille de fermiers, et comme il faut à cette famille des domestiques ou des ouvriers qui l’aident dans son travail, celle classe de la population s’accroît dans la mesure des moyens d’existence qui lui sont offerts *.

En troisième lieu , les hommes qui sont employés à la culture d’une ferme ne consomment pas tous les alimens qu elle produit; ils ont besoin de vête mens, de linge, d’instrnmens d’agriculture; et ils obtiennent ces divers objets au moyen d’une partie de leurs propres produits : une terre mise en culture est donc un débouché ouvert pour l’industrie manufacturière et pour le commerce; il suit de là que la population industrieuse des villes s’accroît par la culture , en même temps que celle des campagnes.

Il faut ajouter à ces divers avantages qui résultent de la création d’une propriété foncière , ceux qui en résultent pour le propriétaire et pour sa famille. Ceux-ci ne consistent pas seulement dans la jouissance du revenu que la terre produit; ils

1 • Ptiloul où il te trouve une place où deux personne* peuvent vivre commodément . dit Moatctquini , Use lait un mariage. La nature y porte asse* lorsqu'on n'est point arrêté par la difficulté de la subsistance. » Esprit des Lois % liv. xxill. cliap. X. — Cette observation de Montesquieu est le fondement de U doctrine que M. Maillais a déve*

consistent, en outre, dans la considération qui s’attache à ce genre de propriété , dans linflucncc qu’elle donne, et surtout dans la sécurité qu’elle produit pour les familles, relativement à leurs moyens d’existence.

Si donc nous admettons comme un principe incontestable , que toute valeur appartient à celui qui l’a créée, il s’ensuivra que les hommes qui, par la culture , ont converti en propriétés individuelles une partie du territoire national sur lequel ils s’étaient formés , n’ont rien ravi à personne, et que loin de commettre nue usurpation , ils ont puissamment contribue au bien-être de leurs semblables.

Quand on jette un regard superficiel sur la société même la mieux organisée , et qu’on voit à coté d’un grand nombre d’hommes qui vivent du produit de leurs terres, un nombre plus grand encore qui n’ont pour vivre que les produits de leur travail de chaque jour , on est tenté de considérer les premiers comme d’adroits usurpateurs , et les seconds comme des dupes ou des victimes; on demanderait volontiers que les parts fussent faites de nouveau, afin que chacun eut la sienne.

Celte injustice apparente s’évanouit, an moins en grande partie , lorsqu’on admet en principe que tout homme est le propriétaire des valeurs qu’il a créées , lorsqu’on observe la manière dont les propriétés se forment, et la marche que suivent les diverses classes de la population dans leur accroissement. Les fortunes nées de la fraude ou de la violence sont les seules que la morale et la justice puissent condamner a .

On a vu, par ce qui précède , comment ont été formées les propriétés individuelles

loppre dans «on Essai sur le principe de In population .

* Eu 1793 , au montent où quelques hommes attaquaient la société jusque dans se* fondement, un philosophe, M. Rœdeier, posa celte question dans un cours public :

■ Le droit «le propriété csl-il inhérent ù la oalurc

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