DE LA P&09&IÉTÉ ET DE LA JOUSMANGE
soumises à des gouvernemens indépéndaDS les uns des autres^ et dont les intérêts sont opposes^ rien n'est plus difficile que de £edre respecter les droits des diverses parties de la population.
Le Rhin , par exemple ^ est la propriété commune de plusieurs cantons de la Suisse^ de la France^ du grand-duché de Bade^ de la Bavière^ du grand-duché de Hesse^ du duché de Nassau, de la Prusse^ de la Belgique et de la Hollande. Tous ces peuples doivent donc jouir de la faculté d'y naviguer^ depuis le point où il se décharge dans la mer^ jusqu'au point où il cesse d'être navigd^le ; et cette £sM:ulté leur est formellement reconnue par la convention feiite le 34 mars i 854 , entre la plupart de ces puissances. Mais ce n'est qu'après des difficultés infinies qu'on est parvenu à s'entendre^ et à poser quelques règles auxquelles tous ces états se sont soumis» La pratique fi^a nahre tôt ou tard des difficultés nouvelles , et il est douteux qu'elles soient résolues à la satisfection dé toutes les puissances^ parles autorités qu'on a conslituée8 ou reconnues par le traité.
S'il est difficile d'établir des lignes de douanes sûres^ entre des peuples qui sont séparés par des montagnes^ à combien plus forte raison il sera difficile d'en établir sur les rives d'un fleuve parcouru par des bateaux chargés de marchandises qui cherchent des acquéreurs^ et qui passent à
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travers de populations qui ne demaBdeat qu'à les aehetœ I C'est ordinairement dans les gorges des montagnes et dans des passages difficiles à éwiter, (pi'oa place les bureaux de douanes ; mais , quand on fleuve est divise entre plusieurs nations^ on est oUîgë de les établir sur le bord de la route que paioourent les marchandises auxquelles on înteniît Teitfrée dû territoire.
Le mal devient beai»coop plus grave sî h mësînteUîgenœ s'établit entre quelquesHwes des puii-> Maces qui tiennent sous leur domination diverses parties du fleuve; les questions de droit qui devraient être résolues par des cours de justice , suivant les règles ordinaires de la jurisprudence , deviennent des causes de guerre; et les guerres , en pareil cas^ ont la plupart des effets des guerres civiles.
Quoique les habitans du bassin du Rhône forment plusieurs peuples indépendans les uns des autres , la propriété de ce fleuve ne fait pas naître des questions aussi graves et aussi nombreuses que celles auxquelles donne naissance la propriété du Rhin. La perte du premier de ces fleuves^ au fort de rÈcluse^ et la rapidité qu'il a^ en sortant du Léman^ sont de trop grands obstacles à la navigation^ pour qu'il puisse donner lieu à des difficultés sérieuses. Depuis le point où il se jette dans la mer jusqu'au point oii il cesse d'être navigable , le territoire qu'il parcourt appartient exclusivement à la France^ et