CHAPITRE Xin
influence da déboisement des montagnes sur les fleures et les
rWières.
On reconnaîtra sans peine que tout fleuve est la
propriété commune des diverses populations qui
en occupent le bassin ; que les propriétaires des
fonds inférieurs ne peuvent y feire aucun ouvrage
pour en ralentir le cours^ de manière à nuire aux
propriétaires des fonds supérieurs ; et que ceux-ci
peuvent s'en servir, soit pour foire écouler les eaux
fjuî tombent sur leurs terres , soit pour exporter •
leurs denrées y soit pour foire arriver chez eux les
choses dont ils ont besoin, et qu'ils ne peuvent tirer
que de l'étranger.
Mais reconnaitra-t-on aussi que les populations formées dans les parties inférieures du bassin, dans celles qui les premières ont été converties en propriétés privées, et qui sont les mieux cultivées, les plus riches , les plus peuplées , sont de même propriétaires par indivis du fleuve sur le bord duquel leur agriculture, leur industrie, leur commerce, se sont développés, et que les populations
196 DB l'IHILUBHGB DU DÉBOinHIlIT
par lesquelles les plateaux et les versans des mou — tagnes sont occupés^ ne peuvent le détériorer^ eira modifiant les terres qui y versent leurs eaux ?
Cette question est beaucoup plus importante que celle qui a été traitée dans le chapitre précédent ; les travaux que peuvent exécuter les habitans d'mle ville sur le fleuve qui la traverse^ ne peuvent jamais causer un grand dommage aux propriétés situées au-dessus d'eux ^ si d'ailleurs ils ne sont pas un obstacle à la navigation; mm les propriétaires des terres les plus élevées > ceux qui possèdent les plateaux et les versans des rnonti^ipies , peuvent , par la manière dont ils disposeat de ces terres^ causer des donmiâges considérables aux propriétés inférieures et aux populations qui occupent le fond du bassin.
L'eau dont un fleuve est formé > n'est que l'eau de pluie ou de neige ^ qui tombe annuellem^ dans son bassin y r^ui s'infiltre lentement dans ki terres 9 et qui^ par les obstacles qu'elle rencontre , est obligée de reparaître sur la surface des fonds inférieurs ; dans les lieux très-éievés où la chakor ne dure jamais assez long-temps pour fondre complètement les neiges ou les glaces qui s^ amasr sent pendant une partie de l'année^ on trouve ^ il est vrai ^ des eaux courantes qui ne proviennent pas d'infiltrations ; mais ce n'est pas de celles-là que nous avons à nous occuper ici ; l'industrie