DE LA DÉGRADATION DES RITIÂBSS EN F&AHGE
Dans les vallées ou dans les plaines traversé» par des rivières ou par des fleuves^ la coltare donne^ au contraire^ aux terres une grande valeur; là^ souvent il su£Qt dW petit espace pour fûie vivre un grand nombre de personnes dans l'abondance; des capitaux considérables qui fournissent des moyens d'existence à des milliers d'ouvrier»,
ou quatre ans ; dans d'autres, une fois tous les six ou sept ans; dans d'autres , à des intervalles plus éloignés encore. Dans k département des Deux-Sèvres , il est des terres qu'on ne colyite qu'une fois tons les sept ou neuf ans. Statistique géitérab de la France^ p. i58 et a5o. Sur les montagnes qui formûent jadis une partie du département du Rhin-et-Moselle, les récoltes se succèdent plus lentement encore. « Sur les montagiMi et dans les bruyères, disait en i8oa le préfet de ce département , une grande partie des terres n'est ensemencée que tOM les dix, douze, quinze et même Tingt ans : pendant ce long espace de temps, le champ repose, et n'offre qu'une yaine pâture au bétail ; de manière que les terres arables sont, dans cei contrées, distribuées à peu près comme les coupes de bois aménagées. Lorsqu'on a fait le tour du territoire , on revient ai sol d'où l'on est parti ; on y trouve un gazon de mousse | de lichen, de carex , de tithymales , de bruyères et de genêts , afso force thym et serpolet sauvage. On lève le gazon au hoyaOf on le sèche , on le brûle ; et les cendres ou le résidu de cei matières végétales servent d'engrais à la terre; on l'ensemenci de seigle, d'avoine ou de blé sarrazin. » Statistique ginérak de la France, Département du Rhin«et-Moselle , p. i37.— « Ce long repos qu'on laisse à un sol ingrat, dans l'inteatioii de l'améliorer , semble le rendre plus paresseux et plus sauvage. » Ibid.
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êont réunis sur un petit nombre de points; une usine qui ne tient pas y sur les bords d'une rivière^ l'espace qui serait nécessaire sur une montagne pour assurer^ pendant tout le cours de l'année^ du fourrage au moins dispendieux de nos animaux y su£Bt quelquefois pour £aire vivre à Taise plusieurs centaines de familles.
Compromettre les nombreuses propriétés que renferment les vallées et les plaines traversées par des courans d'eau y dans Fespérance de créer que^ ques chétif» moyens d'existence sur le sommet ou sur la pente des montagnes ^ est donc tout à la fois le plus faux et le plus mauvais des calculs.
Quel est l'intérêt des hommes qui ne peuvent vivre qu'au moyen de leur travail ? C'est d'avoir la pluB grande part possible aux biens qui sont annuellement produits et consommés chez la nation à laqudile ils appartiennent. Or , il est incontestable que ceux qui sont obligés d'arracher leur subsistance à des terres ingrates , se donnent plus de peine et sont plus mal partagés que ceux qui concourent à la production sur des terres fertiles. Il n'y a pas un ouvrier , dans une bonne ferme y qui voulut être logé y vêtu y nourri comme le sont les gens qui cultivent^ à leur profit^ les terres les plus pauvres de nos montagnes. Quand le titre de propriétaire ne produit pas d'autre avantage pour celui qui le porte , que de le condamner à un tra-
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vail fort dur, et à vivre d'un peu de lait et de pain d'avoine , il est acheté trop cher (i ).
n résulte de ce qui précède que les choses ; comme les persomies , otit entre elles des rapports de dépendance qu'on ne brise pas impunément; il existe entre elles un enchaînement d'effets et de causes qu'il n'est pas possible de négliger, sans s'exposer à tomber dans les plus déplorables erreurs. La force et les ressources d'une nation dépendent de son agriculture , de ses manufiactures, de son commerce; son agriculture, ses manufiBictures, son commerce, dépendent, en grande partie, des fleuves et des rivières qui traversent son territoire; ses fleuves et ses rivières dépendent des sources qui les alimentent, et les sources dépendent de la nature et de la disposition du sol qui reçoit les eaux de pluie ou de neige.
Nous dépensons, en France, des sommes énormes pour feire des canaux , et pour rendre navigables, en toute saison ^ nos fleuves et nos rivières , et jusqu'ici nos efforts n'ont pas produit de grands résultats. Si l'on s'avisait enfin d'agir sur le sol qui
(i) « Leur nourritarey disait le préfet da Doiiba, en pariiBt des habitans des montagnes de ce département , consiste en pain d'avoine, mêlé d'orge et d'un peu de blé, en légumes, en lait et en fromage maigre ; deux fois par semaine, ils mangent du lard. « Statistique génémle de la France. Département dn Doubs, p. 67 et 68.
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reçoit les eaux dont nos rivières sont formées^ pour l'obliger à les mieux retenir^ et à les distribuer d'une manière moins irrégulière , on obtiendrait des résultats plus avantageux. En même temps qu'on améliorerait d'une manière permanente tous les cours d'eau y et qu'on donnerait ainsi un stimulant à tous les genres d'industrie , on éviterait le danger de manquer de combustible.
Après avoir démontré qu'un fleuve et les rivières qui le forment^ sont la propriété commune des populations qui en occupent les bassins , il est presque inutile d'ajouter que les ports de mer sont aussi des propriétés nationales : c'est une vérité que tous les peuples se sont accordés h reconnaître^ et qui a peu besoin d'être développée.
Les rivages ^ lais et relais de la mer sont mis aussi au rang des propriétés publiques^ ainsi que je le ferai voir plus loin j aussi , lorsque des communes ont voulu s'emparer des biens de cette nature, comme faisant partie de leurs propriétés communales^ leurs tentatives ont été réprimées (i).
Il est d'autres parties du territoire national qui restent dans le domaine public ; on y laisse souvent de vastes foréte ou d'autres terres.
(i) Voyez les décrets de la Convention nationale du ii nivôse an II (3i décembre 1793) , et ai prairial suivant (9 juin
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Ayant exposé dam lea' chapitres précédens quelle est la nature de certaines propriétés nationales^ il reste à &ire connaître^ comment on peut en régler la jouissance de la manière la plus avantageuse pour le public et pour les particuliers ; mais je dois £ure connaître auparavant les mesures qu'on a prises y à diverses époques^ pour arrêter ou prévenir le déboisement des montagnes.
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