DE LA BÉGRABATION DES RIVIÈRES EN FRAKGE
les terres les plus fertiles et les grandes masses de populations.
Un des premiers et des plus grands intérêts d'un peuple est donc de veiller à ce que le sol sur lequel tombent les eaux qui alimentent ses sources et forment ses rivières , ne soit pas dénaturé j car c'est de là que dépendent, en grande partie , et] «es richesses et sa durée ; et il est bien évident qu'il ne peut exercer cette surveillance et agir dans l'intérêt de la conservation de tous ses membres, qu'autant qu'il est uni en corps de nation , et <juc les diverses fractions dont il se compose, sont soumises à une loi commune.
Ji'action qu'un gouvernement exerce pour la conservation des sources et ^de rivières , n'est pas une atteinte aux propriétés des personnes qui possèdent les plateaux et les versans de montagnes; elle est, au contraire, une garantie pour les propriétés, infiniment plus précieuses^ qui se trouvent au fond des bassins, et pour les populations qui s'y sont développées.
Les terres les plus fertiles , celles qui donnent les récoltes les plus abondantes , et qui exigent le moins de travaux , étant mises en état de culture, et transformées en propriétés individuelles longtemps avant qu'on songe à s'approprier et à cultiver celles qui demandent de grands travaux, pour pe donner que de faibles produits, ainsi qu'op
PAR LE DÉBOISBMSICT DES HOUTAOHBS* 331
Pa déjà vu ; et les vallées et les plaines situées dans les bassins des fleuves et des rivières étante par consérpient^ cultivées et peuplées avant les plateaux et les versans les plus élevés des montagnes , il s'en suit que les changemens opérés dans le sol de ces plateaux et de ces pentes^ s'ils ont pour effet de tarir les sources ou de former des torrens^ firappent^ dans leurs moyens d'existence, les populations formées dans les vallées et les plaines inférieures ; tandis que l'interdiction de dépouiller de bois ou de défricher les terres les plus élevées, afin de conserver ces mêmes populations , ne condamne personne à la destruction , ni même à ce genre de misère qui résulte nécessairement d'une suppression de moyens d'existence.
L est rare que le déboisement et le défrichement du sommet et des pentes les plus rapides des montagnes , au lieu d'en accroître la valeur , ne la détruisent pas 3 mais, dans les cas même où ils l'augmenteraient, l'accroissement serait infiniment petit; les terres placées sur des lieux très-élevés, et d'une culture difficile, ne sont jamais très-productives ; il en faut une vaste étendue pour jouir d'un très-médiocre revenu ('l).
(i) En France, les terres situées an sommet ou sur les pentes les plus élevées des montagnes, quand elles sont susceptibles d'être cultivées, ne donnent pas une récolte toutes les années; dans quelques départemens, on les cultive une fois tous les trois