DE L’UTILITÉ PRIMITIVE DES FONDS DE TERRE
jours , à des courses longues et fatigantes.
Le genre d'industrie auquel il se livre, et les privations auxquelles il est condamné , ne seraient pas moins insupportables pour un homme civilisé , que ne le seraient pour lui les travaux auxquels se livrent les habitants de nos campagnes. Dans toutes les positions, c'est donc par son travail que l'homme s'approprie les choses dont il a besoin pour exister.
Il suit des observations qui précèdent, que la plus grande partie' de la valeur qu'ont les terres chez les nations civilisées, est le résultat de l'action que les hommes ont exercée sur elles , et des progrès de la population.
Si une lieue carrée de terre fournit, parmi nous , des moyens d'existence à douze cents personnes , par exemple , onze cents parties de la valeur qu’elle a , sont des produits de l'industrie humaine. Le douze-centième qui reste, représente la valeur qu’avait la terre, lorsque abandonnée à sa fertilité naturelle, elle
servait de retraite aux auimaux nécessaires à l’existence d'un seul homme.
Cette différence , entre la valeur primitive du sol et la valeur que lui donnent l’industrie humaine et l'accroissement de la population qui en est la suite naturelle , est tellement considérable que, pour y croire, il faut en quelque sorte faire violence à son esprit.
Crpeudant , c’est une vérité dont l’évidence ne peut être contestée, quand on observe quelle est la valeur des terres dans les contrées où la civilisation n'a jamais pénétré, et qu'on étudie l'histoire des établissements formés par des Européens sur des terres qui n'étaient habitées que par des sauvages.
Si ce qui précède ne suffisait pas pour démontrer que les hommes qui, les premiers, ont mis la terre en culture, dans quelque pays que ce soit, et qui se la sont ainsi appropriée, n'ont rien ravi à leurs semblables, les chapitres suivants suffiront pour dooncr à cette vérité le caractère de l’évidence.
DE LA CONVERSION Dll TERRITOIRE NATIONAL EN PROPRIÉTÉS PRIVÉES. 55