CHAPITRE XIII
1NFLUEKCK DU DÉBOISEMENT DES MONTAGNES SUE LES FLEOTF.S ET LES RIVIÈRES.
On reconnaîtra sans peine que tout fleuve est la propriété commune îles iliverses populations qui en occupent le bassin ; que les propriétaires îles fomls inférieurs ne peuvent y faire aucun ouvrage pour en ralentir le cours , île manière à nuire aux propriétaires des fonds supérieurs; et que ceux-ci peuvent s'en servir , soit pour faire écouler les eaux qui tombent sur leurs terres, soit pour exporter leurs denrées , soit pour faire arriver chez eux les choses dont ils ont besoin , et qu’ils ne peuvent tirer que de l'étranger.
Mais reconnaltra-l-on aussi que les populations formées dans les parties inférieures du bassin , dans celles qui les premières ont été converties en propriétés privées, et qui sont les mieux cultivées , les plus riches , les plus peuplées, sont de même propriétaires par indivis du fleuve sur le bord duquel leur agriculture , leur industrie, leur commerce se sont développés , et que les populations par lesquelles les plateaux et les versants des montagues sont occupés, ne peuvent le détériorer , en modifiant les terres qui y versent leurs eaux ?
Cette question est beaucoup plus importante que celle qui a été traitée dans le chapitre précédent ; les travaux que peuvent exécuter les habitants d'une ville sur le fleuve qui la traverse, ne peuvent jamais causer un
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grand dommage aux propriétés situées audessus d'eux, si d’ailleurs ils ne sont pas un obstacle à la navigation ; mais les propriétaires des terres les plus élevées , ceux qui possèdent les plateaux et les versants des montagnes , peuvent , par la manière dont ils disposent de ces terres, causer des dommages considérables aux propriétés inférieures et aux populations qui occupent le fond du bassin.
L'eau dont un fleuve est formé, n’est que l’eau de pluie ou de neige, qui tombe annuellement dans son bassin, qui s'infiltre lentement dans les terres , et qui , par les obstacles qu’elle rencontre , est obligée de reparaître sur la surface des fonds inférieurs ; dans les lieux très élevés où la chaleur ne dure jamais assez longtemps pour fondre complètement les neiges ou les glaces qui s’y amassent pendant une partie de l'année, on trouve, il est vrai, des eaux courantes qui ne proviennent pas d'infiltrations ; mais ce n’est pas de celles-là que nous avons à nous occuper ici : l’industrie humaine ne peut ni en accroître , ni en diminuer seusiblement la quantité.
Si l'eaude pluie s'évaporait à mesure qu'elle tombe , il n’y aurait plus d’infiltration, et par conséquent les sources et les rivières tariraient. Si , au lieu de s'évaporer , elle tombait