CHAPITRE XX
DE LA PROPRIETE, DE l.’cSAtiE ET DE L’EETRETIEX DES CHEMINS PCBUCS.
En considérant dans son ensemble la population Formée dans un grand bassin , on voit qu’ellé se partage en une multitude de groupes plus ou moins nombreux, plus ou moins éloignés les uns des autres, selon que la terre . qui les nourrit est plus ou moins Fertile , et que l'agriculture et les arts sont plus ou moins avancés. Ces groupes , unis par un langage commun et par des besoins réciproques , ne peuvent existerqu'au moyen d'uu déplacement continuel de choses et de personnes.
L’agriculture, les manuFaclures , le commerce , sans lesquels aucune nation civilisée ne saurait subsister , exigent, en effet, que les hommes qui s’y livrent , et la plupart des choses qui en sont l’objet , passent ou soient sans cesse transportés d’un lieu â un autre.
La Famille qui vit dans le hameau le plus obscur a besoin d’ètre journellement en communication, non-seulement avec les champs, les vignes ou les prés d’où elle tire scs moyens d'existence, mais encore avec les habitants du voisinage et avec les populations urbaines qui consomment une partie de scs denrées ; et qui lui Fournissent , en échange , une multitude d’objets dont elle ne saurait se
(t) Un arrêté du gouvernement du 11 juillet 1797 ordonne qu’il sera fait dans chaque département un étal général des chemins vicinaux, état d'après lequel l’administration départementale désignera ceux qui, à raison de leur utilité,
passer, et qu’elle est incapable de produire.
Les habitants des villes, de leur cAlé, ne peuvent exister que par de nombreuses communications, soit avec les campagnes qui les environnent , soit avec d’autres villes ; ils en ont besoin pour se procurer des subsistances, et les matières premières de leur industrie ; ils en ont besoin, en outre, pour livrer au commerce les objets qu’ils ont Fabriqués, ou pour acquérir ceux qu'il leur est plus avantageux d'acheter que de produire.
La part que les citoyens prennent au gouvernement, et l'action que le gouvernement a souvent à exercer sur eux ou sur leurs biens , nécessitent encore des communications nombreuses entre les diverses fractions dont une nation se compose : les personnes répandues dans les campagnes ont besoin de communiquer entre elles, si elles ont des magistrats ou des délégués à élire ; elles ont besoin decommuniquer avec les officiers public, pour invoquer leur appui quand leurs droits sont menacés ou compromis; avec les préposés du trésor public, pouracquitter leurs contributions (i).
Le gouvernement, de son cAté, ne peut remplir les devoirs qui lui sont imposés,
doivent être conservés, et prononcera la suppression de ceux reconnus inutiles, qui seront rendus à l'agriculture. On lit, en tète de cet arrêté, les motifs suivants :
i Considérant que la destination des chemins
Digiti.