PROLOGUE
But et caractère de ce Commentaire, 1-2; autorité de l’encyclique, 3; division du présent travail en dix questions, 4.
1. — Ce n'est pas un Commentaire littéral, une « glose perpétuelle, » que nous offrons ici de l’encyclique sur les Etudes
Bibliques. Nous laissons de côté, malgré
leur grand intérêt, mais à cause de leur absolue clarté, les enseignements de Léon XIII touchant l’histoire, l'utilité morale et l’organisation pratique de ces études. Nous con-
centrons notre attention sur le dogme de
l’Ecriture Sainte, en le considérant en lui-
même et dans ses conséquences polémiques. Notre Commentaire appartient à la théologie dogmatique et apologétique.
2. — Nous ne cherchons pas les éléments de ce travail en dehors de l’encyclique pontificale : elle est assez riche, assez lumineuse, assez précise, pour suffire abondamment à notre instruction. Elle a, de plus, une autorité sans égale et devant laquelle il convient que toutes les autres s’'inclinent. Le maître qu'on va entendre, c'est Pierre parlant par la bouche de Léon et interprétant, élucidant, complétant, les décrets des conciles de Florence, de Trente, du Vatican. Nous ne ferons que noter ses paroles, qu’en indiquer le sens d’après la tradition du langage théologique, qu’en marquer enfin le but et la portée.
3. — Le Souverain Pontife ne montre sans doute pas ici le dessein de faire de nouvelles définitions de foi; mais il entend certainement maintenir et développer les anciennes. Il s’adresse solennellement à l’Église universelle; il mentionne expres-
sément son autorité apostolique, movemur nempe ac prope impellimur sollicitudine apostolici muneris (p. 12); il déclare parler sous l'influence divine, aspirante Deo (p.63); il veut que ses conseils et ses ordres, consilia et jussa nostra (ibid.), soient gardés et observés religieusement, qua par est religione custodiantur et observentur (ibid.); il
agit comme défenseur de la révélation et
comme pasteur du divin bercail (p. 12) :
et l’on ne saurait un seul instant hésiter à reconnaître dans son encyclique un de
ces documents, d’origine et d'autorité surnaturelles, qui font loi pour tout chrétien
et particulièrement pour tout théologien.
4. — Dix questions fondamentales se posent relativement à la Bible étudiée au double point de vue dogmatique et apologétique : 1° Qu'est-ce que l’Écriture Sainte?
— 2° Comment peut-on en démontrer la
divinité? — 3° Quel. est-le contenu de Ia Bible? — 4° De quelle manière Dieu a-t-il voulu constituer la Bible? — 5° Quel est, sous le rapport critique ét textuel, l’état
présent de la Sainte Écriture? — 6° Quelle est l’autorité, soit absolue soit relative, des textes originaux et des anciennes versions
de la Bible? — 7° Par quelle méthode pouvons-nous découvrir le vrai sens des textes bibliques ? — 8° Par quels moyens et avec quelles armes devons-nous défendre l’Écri-
ture Sainte? — 9° Y a-t-il quelque erreur
dans la Bible, et tout ce qu’elle renferme est-il objet de foi divine? — 10° Quelles relations spéciales existent entre la sainte théologie et la Sainte Écriture? — A ces intéressantes et graves questions, nous répondrons par les déclarations du Souverain Pontife lui-même, en prenant soin de renvoyer fidèlement aux pages du texte latin de son encyclique, tel que nous l’avons donné au commencement de ce volume...
LÉ. D dci Pat pl 2 ST ESS