‹ Traité de la Sainte Écriture d'aprés S.S. Léon XIIIChapitre 31 sur 39 · SON APEUNS TNA IT CO A ENT NP MONO EE IS · texte numérisé non relu

SON APEUNS TNA IT CO A ENT NP MONO EE IS

(p. 47), les défenseurs de la Bible ne les affronteront pas en soldats « mal équipés, »

« mal exercés » : plures sint paratiores, neque vero insuett (p. 46). Sur quoi Léon XII cite un admirable passage de saint Jean Chrysostome qu’il faut absolument lire dans le texte de l’encyclique (p. 47), et qui décrit parfaitement les conditions nécessaires d’une guerre victorieuse contre les ennemis

dela foi. — Aussi, dès que le rationalisme a

fait son entrée sur le champ de bataille, « d’illustres écrivains ont bien mérité des études bibliques en lui opposant des arguments tirés, comme les siens, mais légitimement tirés, de la philologie et des sciences voisines. » (p. 27.) Ce qu'ils ont fait, 1l faut le continuer et le développer dans une très ample mesure. Le Souverain Pontife détermine avec précision les lois à observer dans cette polémique, et nous allons en étudier le sens et les principaux corollaires.

59. — PREMIÈRE Loir. — « Enseigner les Lettres divines, dans les séminaires et dans les facultés, avec tout le soin que réclament

la gravité de cette science et la nécessité des temps; » sie omnino tradantur divinæ Litteræ, quemadmodum et ipsius gravitas disetplincæ et temporum necessitas admonent (p.31). — Par conséquent, a) former et employer de bons professeurs, pleins de confiance dans la tâche qu’ils ont à remplir (#id.); b) cette tâche consiste d’abord à enseigner « avec ordre et scientifiquement, » disposite scienterque, l’'Introduction Biblique dont il faut que « la théologie soit la compagne et l’auxiliaire, » comite et adjutrice theologia (p. 32); c) aborder ensuite l'interprétation des textes bibliques, d’une façon aussi ample que possible (p. 33), et suivant les principes établis plus haut; d) mais «on doit pourvoir à ce que les jeunes gens ne commencent l'étude de la Bible que convenablement instruits et munis,» de peur qu'ils ne travaillent en vain, ou même qu’ils ne tombent dans l’erreur, — séduits qu'ils pourraient être par les artifices du rationalisme, s'ils n’avaient d’abord religieusement et profondément étudié la philosophie

et la théologie sous la conduite de saint Thomas d'Aquin, dont la doctrine permet de parcourir sûrement et heureusement la périlleuse carrière de la théologie positive et biblique (p. 45). |

60. — DEuxIÈME Lor. — « Établir très fortement l'entière autorité des Saints Livres, » tpsorum auctoritas integra quam validissime asseratur (p. 45). — Pour cela, a) employer la méthode exposée dans notre ZJ° Question; b) cultiver les langues bibliques et autres anciennes, surtout sémitiques, et aussi l’érudition connexe à ces doctes langues (p. 48); c) se former et s’exercer à la critique, non pas à la fausse critique suivant laquelle tout doit se Juger d’après les seules rarisons internes du sujet ou du livre en question, mais à la critique véritable qui considère surtout les témoignages historiques et les raisons externes, et n'accorde généralement aux autres qu'un rôle secondaire et purement confirmatif (p. 49); d) acquérir une connaissance assez exacte du monde naturel pour être capable de découvrir et réfuter

les sophismes dressés contre la Bible au nom de la science moderne (p.51); mais ce dernier point mérite une attention particulière, et nous en faisons l’objet d'une loi spéciale. .

GE. — TrRoisièME Lori. — « Que le théologien et le naturaliste se renferment l’un et l’autre dans leurs limites, suis uterque finibus se contineant, et qu’ils se gardent de rien affirmer témérairement, ou de donner l’inconnu pour le connu, » comme parle saint Augustin : id caventes ne aliquid temere et incognitum pro cognito asserant (p. 51). Le Pape adresse cet avertissement au théologien comme au physicien, parce que l’un et l’autre peuvent être, exposés à franchir les bornes de leur domaine. — Le fhéologien est celui qui traite de Dieu et des choses divines; le physicien ou naturaliste est celui qui traite de la nature et des choses naturelles. Leur terrain est donc bien différent, et chacun doit prudemment se renfermer chez soi, au lieu de prétendre tout Juger et

tout régenter chez l’autre, suis uterque fini-

bus se contineant. La supériorité de la théologie ne l’autorise pas à produire des affirmations téméraires en matière de choses naturelles; et la rigueur de la méthode physique n'autorise pas davantage le naturaliste à prononcer témérairement en fait de choses théologiques : ne aliquid. temere asserant. Si le théologien ne sait pas avec une entière certitude ce qui est relatif à la nature physique, qu’il ne le dise pas; et si le physicien ne connaît pas parfaitement la théologie, qu’il ne théologise pas : ne incognitum pro cognito asserant.

62. — De là suivent plusieurs conséquences d’une importance extrême. — &) Si le théologien et le physicien restent ainsi dans leur sphère respective, il n’y aura jamais de réelle dissension entre eux, » nulla quidem vera dissensio ‘intercesserit (p. 51). Car, Dieu n’ayant pas voulu nous enseigner les sciences naturelles (Question IIT°), et la théologie n’ayant pas à enseigner ce que Dieu n’enseigne pas, elle n’empiétera pas.

sur la physique; et d'autre part, la physique

n’aÿant pas à enseigner ce que la théologie

enseigne, elle n’empiètera pas sur la théologie; leurs enseignements ne seront donc jamais vraiment en opposition. Le théologien se gardera soigneusement de vouloir gouverner les sciences physiques au moyen de la Bible; et le physicien ne sera pas assez inconsidéré pour tenter de régir la foi et les mœurs au nom des sciences naturelles. —

Saint Thomas donne à ce sujet un remar-

quable avertissement, dont jamais les théo-

logiens et les exégètes ne devraient perdre lé souvenir : « Il me semble plus sûr, quant

aux points que les philosophes ont commu-

nément admis, et qui ne répugnent pas à

hotre foi, de ne les pas affirmer d’abord

comme des dogmes de foi, encore que l’on

puisse quelquefois les introduire dans l’en-

seignement sous le nom des philosophes ; | et ensuite, de ne les pas nier comme contraires à la foi, de crainte de fournir aux sages de ce monde une occasion de mépriser la doctrine de la foi » (p. 93).

‘63. — Mais supposons b) qu’un conflit

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surgisse néanmoins entre le théologien ét le naturaliste, non par la faute du premier, mais par celle du second qui oserait attaquer, comme contraires aux données de la science, des textes bibliques relatifs ou non à la foi et aux mœurs. — En ce cas, 1° le théologien démontrera que les véritables et bien certaines découvertes de la science ne sont pas réellement opposées à la Bible légitimement expliquée. Quidquid ipsi de natura rerum veracibus documentis demonstrare potuerint, ostendamus nostris Litteris non esse contrarium, disait saint Augustin (p. 51).

Léon XIII ajoute : Quæ speculatores naturce certis argumentis certa jam esse affirmartint, interpres ostendere debet nihil Seripturis recte explicatis obsistere (p.54). Et encore : Nihil ex rerum natura colligi posse quod cum Sertpturis revera pugnet (p. 61). — 2° Le théologien démontrera ensuite que les résultats ou données scientifiques réellement con-.

traires à la Bible ne sont pas certains et avérés, comme ils prétendent l’être, mais controuvés et très faux. Et s’il ne peut

encore fournir cetté démonstration, qu'il n'hésite pas, en attendant, à croire qu'elle se fera un jour à l'avantage de la Bible; et que ces objections, qui lui semblent insolubles, apparaîtront bientôt dans toute leur inanité, dans toute leur fausseté. Quidquid autem de quibuslibet suis voluminibus, dit saint Augustin, ts nostris Litteris, id est, catholicæ fidei, contrarium protulerint, aut aliqua etiam facultate ostendamus, aut nulla dubitatione credamus esse falsissimum (p.51). Léon XIIT développe ainsi sa pensée : « Si quelque contradiction semble se rencontrer, il la faut soigneusement résoudre, d’abord en consultant de prudents théologiens et interprètes sur le sens le plus vrai ou le plus vraisemblable du texte biblique mis en question; ensuite en pesant avec plus de soin la force des arguments qu’on y oppose.

Et il ne faudrait pas abandonner la Bible lors même que les apparences lui demeureraient contraires ; car, le vrai ne pouvant aucunement être opposé au vrai, on doit être certain qu’une erreur s’est glissée, ou dans

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l'interprétation du texte sacré, ou dans l'argumentation dirigée contre lui; et si l’on ne voit pas encore assez clairement laquelle de ces deux hypothèses 1l faut admettre, on devra suspendre provisoirement son jugement. Car de très nombreuses objections, empruntées à toute sorte de Sciences, ont été longtemps et fréquemment dirigées contre l'écriture, qui sont maintenant complètement abandonnées comme vaines. »

(p. 61). — Le Souverain Pontife avait dit auparavant : « Même en montrant que les résultats scientifiques donnés comme certains, et appuyés sur des arguments dits certains, ne sont pas en opposition avec la Bible convenablement expliquée, l’interprète ne doit pas oublier qu'il est parfois arrivé que tels et tels résultats ainsi loués ont ensuite été révoqués en doute et rejetés par les savants, » postea in dubitationem adducta sint et repudiata (p.54). — Et il conclut que «le temps fait justice des fausses opinions, tandis que la vérité demeure et se fortifie pour toujours » (p. 62); qu'il faut

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donc imiter, « quand quelque texte se trouve trop difficile pour être expliqué, » (p..63) la prudence et la modération de saint Augustin en pareil cas (tbid.). |

64. — Supposons enfin, ç) — ce qui malheureusement est fort fréquent, — que le naturaliste s’en prenne à la philosophie et à la raison elles-mêmes, s’efforçant de les ruiner au nom de la science moderne. Alors le théologien et l’exégète pourront le renvoyer, lui et ses détestables opinions, aux vrais et solides philosophes qui ne manqueront pas d’en faire bonne et prompte justice. Quod. si physicorum scriptores, terminos disciplinæ suæ transgressi, in provinciam philosophorum perversitate opinionum invadant, eas interpres theoloqus philosophis * mittat refutandas (p. 54).

65. — QUATRIÈME Lot. — « Bien qu'il faille défendre énergiquement la Sainte Écriture, il ne s'ensuit pas qu’on doive défendre sans discernement toutes les pensées que chacun des Pères et ensuite chacun des exégètes ont pu émettre en l’expliquant » (p.52). —

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Loi très importante, dont l’encyclique nous donne ainsi le sens et le motif : « Car, influencés par les opinions de leur époque, peut-être n’ont-ils pas toujours parfaitement jugé selon la vérité, dans l’explication des textes où 1l est question de choses physiques ; qui, prout erant opiniones ælatis, in locis edisserendis ubi physica aguntur, fortasse non ita semper judicaverunt eæ verttale ; et ils ont pu proposer certaines explications qui ne sont plus guère approuvées de nos jours; » ut quædam posuerint quæ nune minus probentur (p. 53).

66. — Ainsi, comme le dit saint Thomas, « dans les choses qui ne sont pas de nécessité de foi, én his quæ de necessitate fidei non sunt, 1l a été permis aux Saints Pères, comme à nous, de différer d'opinion, » lCuit Sanctis diversimode opinari, sicut et nobis (p. 58). — De là vient qu’en dehors « des choses appartenant à la foi ou tout à fait liées avec elle » (tbid.), il n’y a pas d’unanimité dans la Tradition; et que « nombre d’interprétations jadis proposées pour certains

passages bibliques n’appartenant pas proprement à la règle de la foi et des mœurs, ont été plus tard corrigées d’après des recherches plus approfondies; » non pauca de quibusdam Scripturæ locis non proprie ad fidei morumque pertinentibus requlam, sunt quondam interpretando proposa, in quibus rectius postea vidit acrior quæzdam investigatio (p. 62). — Soyons donc modestes, prudents, et bien persuadés que nous ne serons nullement déshonorés pour avouer, comme saint Augustin, que nous ne comprenons pas toute la Bible, et que même nous en ignorons plus que nous n’en savons (1bid.).

L’exégèse n’est pas encore arrivée à sa perfection totale ; et si « le temps qui efface les opinions » a fait justice de bien des objections dirigées contre la Bible, Léon XIII reconnaît qu'il a fait également justice de certaines interprétations hasardées ; nempe opinionum commenta delet dies, sed veritas manet et invalescié in æternum (ibid.).

67. — CINQUIÈME Lor. — « Ce qui précède sera utilement appliqué aux sciences con-

nexes, surtout à l’histoire » : Aæe ipsa deinde ad. cognatas disciplinas, ad historiam præserim, juvabit transferri (p. 54). — Car la science historique, la linguistique, l’archéologie, l’histoire des religions, ont été mises à contribution par les adversaires de la Bible, avec une ardeur, une partialité, une audace extraordinaires. — Si le théologien et l’historien restaient chacun sur leur terrain, s'ils étaient toujours prudents et modérés, ils n’auraient pas de véritables querelles. Mais les empiètements se produisent, les assertions téméraires se multiplient, et la Bible se voit reléguée parmi les fables, les mythes, les traditions imaginaires. — Que Dieu n’ait pas voulu nous enseigner par elle l’histoire profane des peuples anciens; qu’il n’ait pas fait de ses hagiographes les annalistes officiels de Memphis ou de Babylone; qu'il leur ait permis de parler en histoire le langage de leurs contemporains, quand ni la foi, niles mœurs, ni le salut des hommes, ni même la réalité des faits et des événements n’en pouvaient subir aucun dom-

mage; qu'il n’ait pas empêché plus tard les Saints Pères ét les exégètes catholiques d'interpréter ces passages relatifs à l’histoire profane avec les lumières et les ressources moins abondantes de leur époque, — l’encyclique ne s’y oppose pas plus qu’elle ne S’opposait tout à l'heure, sur le terrain des sciences physiques, à des observations et remarques analogues : hæc ipsa ad cognatas disciplinas, ad historiam præsertim juvabit transferri. | |

« 68. — Mais elle impose au théologien, justement par cette dernière formule, le devoir 1° de montrer que rien de certainement prouvé par les sciences historiques n’est certainement opposé à l'Écriture légitimement interprétée; 2° de prouver, s’il le peut, — et au moins de croire, en attendant, — que des faits certainement contraires à ce Livre divin ne seront jamais véritablement et définitivement établis; 3° de rappeler que plus d’un, après avoir été considéré comme absolument ruineux pour la Bible, à ensuite perdu son propre crédit avec

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ses apparences de certitude ; 4° de renvoyer à la saine philosophie les théories rationalistes dont s’inspirent trop souvent les critiques et les archéologues modernes. Hæc ipsa ad cognatas disciplinas, ad hisltoriam praæsertim, juvabit transferrr. | 69. — Enfin, — ce qui du reste convient aux discussions d'ordre physique comme aux controverses d'ordre historique, — le théologien.se souviendra «qu'il se peut faire, ou bien que les copistes n'aient pas toujours très exactement reproduit leur texte, — ce dont il faut juger avec circonspection et sévérité, sans rien admettre qui ne soit convenablement démontré; ou bien que le véritable sens d’un passage démeure ambigu, — auquel cas on recourra fort utilement aux meilleures règles de l'interprétation ; » fier quidem potest ut quædam lhibrariis in codicibus describendis minus rectèe exciderint, quod considerale judicandum est nec facile admittendum, nisi quibus locis rite sit demonstratum ; fieri eliam potest ul germana alicujus loci sententia permaneat anceps, cui enodandæ: mul-

tum a@fjerent oplimæ interpretandi regulæ (p. 99).

70. — SIXIÈME LOI — « [l est à souhaiter qu’à la défense des Saintes Écritures conspirent et collaborent ceux d’entre les catholiques dont le nom a quelque autorité dans les sciences profanes » (p.59). — Leurs secours est indispensable à «un plein et parfait emploi du haut savoir pour la cause de la Bible» (ibid.); et si jamais ces utiles auxiliaires n’ont fait défaut à la théologie et à l’exégèse, on doit souhaiter de voir au- Jourd’hui leur nombre se multiplier grandement : aique utinam eo amplius in fidei subsidium augescat (p. 60); optamus nimirum et cupimus ut plures patrocinium divinarum Lillerarum rite suscipiant tleneantque constanter (p. 12). — D'autres catholiques, largement dotés de ressources matérielles par la divine Providence, feront une excellente œuvre en fournissant des subsides aux ecclésiastiques et laïques voués à l’étude et à la défense des Livres Saints. (p. 60).— . L’encyclique trace aux savants qui voudront

travail.

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