DÉPENSES EFFECTUÉES
réellement effectuées
dans le budget.
sur les évaluations primitives.
liv. slerl.
liv. sterl.
liv. slorl.
Ainsi, dans la Grande-Bretagne, les dépenses réelles ne dépassent guère que de 49 millions de francs en moyenne les évaluations, tandis que depuis 1878 en France l'écart est de 200 millions. Cependant la période de dix ans que nous avons considérée comprend plusieurs expéditions étrangères, celle dans le sud de l'Afrique, contre l'Afghanistan, les préparatifs que nécessita la guerre turco-russe, l'indemnité de 3 millions de livres pour l'Alabama. Dans les années où il n'y a aucun de ces événements extraordinaires, le budget primitif n'est guère dépassé, comme en i874-75, 1876-77 et 1881-82.
Cette habitude française de dépasser les crédits primitifs et cette habitude anglaise de s'écarter aussi peu que possible de ces mêmes crédits doivent naturellement avoir une grande influence sur le sort des budgets définitifs dans l'un et l'autre pays. Aussi en France presque tous les budgets se soldent en déficit; presque tous les budgets anglais offrent, au contraire, un excédent des recettes réalisées sur les dépenses efTectuées.
En Angleterre, dans la dernière période de trente-quatre années (1848 à 1882), on trouve vingt- deux exercices qui se soldent en excédent des recettes sur les dépenses ; douze exercices seulement offrent un déficit généralement minime: sur ces douze exercices qui sont en dé-
ficit, cinq ont été signalés par des guerres lointaines : à savoir, les exercices 1854-35, 1835-56 et 1836-57, par l'expédition d'Orient; les exercices 1867-68 et 1868-69 par la guerre d'Abyssinie. On peut donc dire que la règle presque sans exception en Angleterre pour les années de paix, c'est un excédent assez notable des recettes sur les dépenses (1). En France, au contraire, pendant les vingt-neuf années qui se sont écoulées de 18-40 à 1868, on constate vingt-cinq exercices qui se sont soldés en déficit, quatre seulement qui offrent des excédents : encore ces excédents si rares sont en partie fictifs et sont dus h des emprunts, comme en 1855 et en 1868. En réalité, de 1840 à 1868, il n'y a eu que deux années, 1858 et 1865, qui aient présenté un excédent de bon aloi, c'est-à-dire un excédent qui soit dû aux recettes ordinaires, sans supplément de ressources tiré de l'emprunt. La lecture du tableau qui suit ne peut manquer d'être instructive ; elle montrera où conduisent les crédits supplémentaires; ces chiffres sont empruntés au Compte général de r administration des finances pour 1869 (page 519).
Tableau des excédents et des déficits des budgets français, de 18 iO à 1869.
ANNÉES