CHAPITRE XIV
LES DETTES DES GRANDS ÉTATS {fin). — DES DIFFÉRENTES MÉTHODES POUR APPRÉCIEB LE POIDS d'une DETTE PUBLIQUE.
De l'extension et de la progression des dettes publiques des États civilisés. — Tous les pays, sauf les pays barbares, ont une dette nationale.
Les États qui ont une dette plutôt apparente que réelle, la Prusse, les colonies Australiennes. — La dette publique de ces pays est plus que compensée par l'importance du domaine foncier ou industriel de l'État. — Un État a toujours avantage à conserver un minimum de dette pour faire coter son crédit.
De la prétendue influence des races sur la formation des dettes des différentes nations. — Théorie de M. Dudley-Baxter. — Réfutation de cette théorie. — Ensemble des dettes du monde civilisé à diverses époques : en 1715, en 1793, en 1820, en 1848, en 1870, en 1880 et en 1886.
Des différentes méthodes pour évaluer le poids des dettes publiques — La comparaison du montant en capital des dettes de deux États ou des dettes d'un même pays à deux époquas différentes ne donne que des indications vagues et de médiocre importance. — Il vaut mieux comparer les intérêts que les capitaux pour se rendre compte de la différence des charges. — Ce que l'on peut induire de la charge moyenne des intérêts d'une dette publique par tête d'habitant. — Cette méthode d'évaluation est parfois très vicieuse ; exemple de l'Australie. — Recherche de la proportion des intérêts d'une dette publique avec l'ensemble du revenu national. — Application de cette méthode à l'Angleterre et à la France.
Du rapport des dettes publiques à l'ensemble des dépenses budgétaires. — Conclusion à tirer de ce rapport. — Péril particulier des dettes extérieures ; exemple de la Russie et de la République Argentine. — L'abus des emprunts extérieurs conduit au cours forcé.
Les deux phénomènes économiques qui ont permis aux États civilisés d'augmenter considérablement leurs dettes sans faire banqueroute 584