INTÉRÊTS
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Comme 11 y a des lacunes dans ce tableau et que l'endettement de beaucoup de pays 'est aggravé, on peut évaluer à 150 milliards les dettes publiques des pays civilisés
la fiu do 1887 : la dette française forme le cinquième de la dette tqt&Ie du monda. Note de la 6« édition.)
Appendice de la sixième édition. — De nombreux calculs ont été faits de 1890 à 1898 pour déterminer l'importance des dettes publiques des divers états du globe. La plupart de ces calculs ne sont qu'approximatifs et contiennent soit des lacunes, soit des confusions ou des doubles emplois. Parmi ceux qui contiennent des lacunes, on doit citer les calculs qui ne tiennent compte que de la dette con* solidée, et qui ne recueillent pas dans les diverses parties des budgets les annuités résultant d'engagements envers les tiers et représentant le service de véritables emprunts. Parmi ceux, au contraire, qui sont entachés de doubles emplois et de confusions, on doit mentionner les calculs qui portent la dette publique de la France à 2o ou 36 milliards de francs par exemple, au lieu de 32 milliards 1/2 auxquels nous sommes arrivé (voir plus haut, page 619). Il est tout •à fait incorrect de porter à un pareil chiffre )a dette actuelle de la France ; on n'y arrive qu'en ajoutant à la dette en rentes le total brut •des annuités diverses à servir, au lieu du capital de ces annuités. Or, ce mode de comptabilité est des plus vicieux ; autant vaudrait dire qu'un homme qui devrait 400,000 francs au Crédit foncier, empruntés pour cinquante ans, moyennant une annuité de 4 1/2 p. 100 (amortissement compris), soit de 18,000 francs par an, serait débiteur 46 900,000 francs, ce qui est la somme des cinquante annuités de 48,000 francs; mais ce n'est pas la somme de ces annuités qu'il faut prendre, il en faut dégager le capital qui est de 400,000 francs et non de 900,000. Il en est de même pour la dette en annuités d*un Ëtat.
A titre de curiosité, et quoiqu'il ne s'agisse que des dettes consolidées, nous donnons ici, sur les dettes publiques de l'Europe, un tableau qui a été dressé par le ministre des finances d'Espagne, M. Navarre Reverter, dans son exposé financier du mois de juin 1896.
ÉVALUATION DES DETTES PUBLIQUES DE l'EUROPE (cOUSOlidées) Par M. Navarro Reverter, ministre des finances d'Espagne en 1896 (1).
Montant Proportion par
dM dettes. t£te d*habilaQt,
États. Population. Tr. fr. c.
Bulgarie 3,309,816 318,000,000 65,86
Danemark 2,209,564 255,121,538 110,89
Russie 88,906,9*21 14,318,058,599 161,34
Roumanie 5,038,342 1,182,916,707 234,78
Aliomagne 49,428,470 14,580,000,000 29i,99
Autriche-Hongrie 41,384,956 12,933,000,000 812,50
Grèce 2,187,208 730,979.175 33i,20
Espagne 17,565,632 5,941,459,-300 338,24
Belgique 6,262,272 2,169,730,204 346,47
Grande-Bretagne 38,779,031 16,1 17,000,000 415,61
^1) Bulletin de statistique et de législation comparée^ tome II de 1896, page 296*
eSO ' TRAITÉ DE LA SCIENCE DES FINANCES.
lUUe 30,724,897 13,900,000,000 419,85
Hollande 4,732,91 1 2,292,637,515 484,40
France 38,343,192 25,979,033,300 677,54
Portugal 4J08,178 3,741,950,626 794,13
' Ce tableau n*est qu*une ébauche informe. Il contient toutefois : :iuelques Iraits frappants, comme Ténormîté de la dette du Portugal, ^ays qui a toujours été lamentablement administré. ; 11 y aurait aussi h mettre en face des dettes des Etats leur actif. Certains calculs faits à ce sujet prêtent à la critique. Ainsi, d*après un document soumis à la Chambre des représentants à propos du budget de 1895, la dette de la Belgique aurait, pour la totalité, une contre-partie en outillage productif. L'Annuaire Statistique de la Belgique pour 4896, page 240, porte en effet à 2,246,366,647 francs -le capital de la dette publique du royaume en 1895; or, le calcul présenté à la section centrale de la Chambre des représentants était le suivant :
GOfITRB- VALEUR DB LA DBTTB PUBUQUB 8EL0B B!f ODTILLAOB PRODUCTIF
au Si décembre 1893. franea.
Chemios de fer 1,863,219,856,60
Télégraphe et bateaux à vapeur 26,517,025,73
Canaux 170,484,283,15
Rivières 81,242,683,58
Ports et côtes, polders 101,105,321,59
Routes et ponU 55,070,685,63
Constructions, bâtiments civils 152,641, 182,60
Objets d'art et de science 7,366,262,12
Maisons d'école 50,067,778,29
Total 2,007,715,079,29
Ainsi, pour les neuf dixièmes, la dette publique de la Belgique serait représentée par un actif productif. On ne peut, toutefois, admettre cette façon de présenter les choses. Elle peut avoir son utilité pour prouver qu'un pays n*a pas gaspillé. Mais, comme le fait remarquer H. Ë. Van der Smissen, auteur d'un article auquel nous empruntons ce renseignement (1), celte somme de 2,007,745,079 fr. 29 portée plus haut est simplement l'addition des dépenses extraordinaires faites pour les objets mentionnés depuis 1830.
11 n'y a lieu de tenir compte qUe àe l'actif productif de revenu. Ainsi, en 1895, Texcédent des recettes sur les dépenses des chemins de fer de TËtat belge a été de 64,034,038 fr. (2) et a couvert pour les deux tiers le service de la dette publique en 1896, qui exigeait 104,562,885 fr.
Les Statisiical Abstracls anglais mettent, depuis quelque temps, l'actif de l'État productif de revenu, par exemple les actions de Suez appartenant à la couronne, en face de son passif, c'es l-à-dire de sadelte.
(1) Moniteur des Intérêts matériels du 25 septembre 1898.
(2) Annuaire statu iigue de la Belgique (I89C), page 351.