LONDRES , I MADRID
H. Baillière, 219, Rpgcnt-Street. | Cu. Bailly -Baillière,
NEW-YORK , Cu. Baillière.
PRÉFACE
Nequc, te ut miretur Lurba, labores , Contontus paucis lectoribus.
(Horace, sat. x, lib. i.)
Eu tout ordre de faits, depuis les plus simples travaux manuels jusqu’aux œuvres sublimes du génie, tout repose sur des principes, et s’exécute selon des règles. La collection philosophique de ces principes et de ces règles constitue la théorie et la pratique, qui prennent les titres de science et d’art lorsqu’elles s’exercent dans des sphères très élevées , sur des sujets importants. Celui qui possède à fond une science est un savant; celui qui exerce habilement un art est un artiste: mais tous les hommes ne cul ti veut pas à la fois les sciences et les arts avec une égale supériorité, parce que ceux-ci exigent des aptitudes différentes et souvent opposées, d’où il résulte qu’à très peu d’exceptions près, tel qui brille comme savant, s’éclipse comme artiste, et réciproquement.
D’autre part, les sciences et les arts ont aussi leurs destinées, et mille vicissitudes de l’opinion, de la philosophie et même de la mode influent sur elles d’une manière favorable ou fatale. Ainsi s’explique la scission qui s’opère souvent entre les unes et les autres, scission déplorable surtout en médecine, où un pareil divorce ne s’établit jamais qu’au détriment du but complet que se propose la profession.
Aujourd’hui, les arts sont en grand honneur, les sciences sont moins favorisées; les artistes s’agitent et les philosophes sommeillent; en un mot, c’est le siècle des explorations et des expérimentations, et de toutes parts, même en médecine, on ne voit guère surgir que des ouvrages d’art ou de pratique.
Dans de pareilles circonstances, la publication de ce livre passera peut-être pour un essai téméraire, pour un accident, ou pour un non-sens; mais l’étonnement se dissipera et la
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raison médicale en décidera. En attendant, nous réclamons pour ce traité une modeste place au foyer commun, et l’on ne saurait nous la refuser, car ce n’est pas trop, vraiment, d’un livre dogmatique contre mille de pratique; et d ailleurs, la médecine ne peut que gagner elle-même à être présentée sous un aspect qui permettra à ceux qui savent déjà beaucoup de choses d’en saisir ou d’en retrouver encore d’autres qui leur sont peut-être moins familières.
Ija science médicale est tout entière dans les livres hippocratiques, mais on ne l’y trouve pas à l’état synthétique ou de coordination. Aussi, pour se faire une idée complète de la doctrine et de la manière artistique du père de la médecine, il faut lire et relire ses écrits, ceux de ses commentateurs et de ses continuateurs anciens ou modernes; il faut en étudier le sens, eu approfondir les textes, les opposer les uns aux autres, en discuter la portée et la limite; puis, après de longues et patientes méditations, extraire de tous ces livres les propositions fondamentales et les coordonner scientifiquement d’après les lois de la logique médicale.
Alors, avec de la persévérance, on peut s’élever à la notion pure de la doctrine d’IIippocrate, et apprécier l’esprit de la grande école de la nature dont il est le fondateur; on peut, par conséquent, en exposer le système et l’expliquer.
Mais, malheureusement, ce travail n’a pas encore été fait , et nous n’hésitons pas à attribuer au vide qu'il laisse dans la littérature médicale la défaveur et l’oubli dans lesquels la médecine philosophique est tombée malgré la pérennité de ses principes et la solidité de ses bases.
A la vérité, une école, une Académie pourraient seules entreprendre et résoudre avec succès une pareille œuvre; mais en attendant qu il entre dans les vues ou dans les mœurs des compagnies savantes d aborder ces questions, il y aurait de 1 injustice à se montrer trop sévère à 1 égard de ceux qui préludent à ces rudes travaux avec le courage opiniâtre «pie donne la véritable passion de la science.
PREFACE
Or, ceci nous détermine à publier un livre qui nous a coûté plus de vingt années de recherches et de méditations. Puisse-t-il épargner à d’autres d’aussi longs travaux! puisset-il montrer à tons le véritable horizon delà science et de l’art! puisse-t-il, enfin, faire réfléchir ceux qui, plus ou moins étrangers aux principes de la science, se targuent de leur office sans se douter qu’en médecine, toute pratique qui n’est pas éclairée par une théorie savante redescend d’elle-même au niveau d’un métier déplorable, aussi funeste à la vie du malade qu’à 1 honneur du médecin !
Ce livre a pour objet de faire connaître la science médicale. Il est divisé en deux parties. La première répond aux premières aspirations des élèves : elle est consacrée aux questions d initiation et d’histoire. La seconde est réservée à 1 exposition des principes de la médecine : elle résume les questions dogmatiques, et complète ainsi l’éducation scientifique de l’étudiant et du jeune médecin.
Dans ce travail didactique, nous nous sommes appliqué d’abord à faire connaître le fait-principe de la médecine. Nous avons ensuite déduit de ce principe les conséquences qui en dérivent et qui sont confirmées par l’observation et 1 expérience. Puis, nous avons présenté chacune de ces conséquences ou déductions logiques comme autant de propositions fondamentales dont l’ensemble est l’expression même de la constitution de la science médicale : constitution dont la connaissance, si incomplète qu’elle puisse paraître, est néanmoins aussi indispensable au médecin que celle des sciences morales ou politiques peut l’être elle-même aux hommes du culte ou de la loi. D’ailleurs, les autres sciences n ont, en dernière analyse, ni une autre origine, ni une autre base; mais, de même que la médecine, elles reposent sur un principe qui les contient, comme une cause contient ses effets. C’est ainsi que les sciences physiques et chimiques sont basées sur les principes de l’attraction et de l’affinité, et que les sciences morales sont elles-mêmes mon moins solidement
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établies sur le lai! de la charité, sur l'amour du prochain, cette autre attraction, celte attraction du cœur, de source si pure et presque divine.
De plus, nous nous sommes attaché constamment1^ imprimer aux définitions et au langage de la médecine un caractère homogène, également conforme à l’esprit de cette science et au principe philosophique qui la dirige. Enfin, nous avons particulièrement insisté sur cette vérité, que la médecine est une science au même degré que les autres sciences, et qu’elle mérite, à ce titre, la considération que l’on accorde aux connaissances qui sont posées sur des axiomes, c’est-à-dire sur des faits à l’épreuve de toutes les vérifications de la logique et de l’expérience.
Du reste, la nécessité de connaître les principes est tellement évidente, qu’il suffit de l’énoncer pour la faire agréer. En effet, pour que l’esprit veuille, il faut qu’il sache; or, il ne peut savoir et vouloir qu’autant qu’il possédé certains principes auxquels il a assez de confiance pour leur subordonner sa morale, sa conduite et sa pratique. Et ceci est surtout applicable à la médecine ; car ici la pratique est un art, et cet art, le premier de tous par l’objet qu’il se propose, n’est, eu définitive, légalement constitué qu’autant que la science, qui en est le principe, l’a positivement consacré.
Ces vérités seront peu goûtées des érudits au jour le jour, qui n’ont ni l’habitude d’apprendre, ni le temps de penser. Elles ne seront guère mieux appréciées de ceux qui, n’ayant pas de croyances, ne voient dans la médecine qu'un exercice empirique et mercantile; mais elles seront accueillies par les savants de bon aloi et par les véritables praticiens, qui ont le sens des hautes conceptions, et qui se laissent diriger par leur raison scientifique qui toujours examine, compare et ne se détermine qu’après avoir réfléchi et jugé.
toutefois la connaissance des principes ne suffit pas: il faut, pour qu’elle ait un résultat et de la valeur, que la philosophie anime ces principes et leur imprime en quelque sorte
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un corps et un esprit. C’est dans ce but que nous nous sommes déterminé à les synthétiser d’après les règles de la philosophie baconienne, et c’est à ce résumé dogmatique que nous avons donné le nom de Traite de science médicale, nous proposant par sa publication de faire connaître la vérité première sur laquelle repose la médecine, ainsi que les conséquences qui découlent de cette vérité.
Selon Hippocrate, la médecine est basée sur ce dogme fondamental, qu’il y a au sein de tout être vivant une force vive, une puissance, une nature qui est formatrice, conservatrice et médicatrice.
Aux termes de ce principe, la nature suffit à tout. Elle préside à la formation des organes et dirige les fonctions; elle reçoit l’impression des agents modificateurs et elle réagit contre eux ; enfin elle détermine la marche, le développement et la solution des maladies par des lois préétablies qui lui sont propres.
Puis, de ce principe dérivent certaines conséquences logiques qui ont force de dogme, et que l’on peut considérer comme les articles mêmes de la constitution de la science médicale, tels que nous avons pu les extraire des livres hippocratiques ou les composer sur leurs modèles et d’après leur esprit. Voici ces dogmes :
i° La science médicale est la science des principes de la médecine et des lois vitales (1).
2° Il y a dans tout état morbide quatre objets principaux à considérer: i° la cause morbifique 'ou le principe du mal ; 2° 1 effet produit par la cause morbifique ou l affection pro-
(i) ! ne chose étrange et vraiment incroyable, c’est quil n’y a de chaire de science médicale dans aucune Faculté, ce qui , soit dit en passant, explique parfaitement comment on entame la médecine par le milieu , sans se douter du commencement, et par conséquent de la fin!... On nous objectera peut-être que la chaire Je patholoijie et Je thérapeutique générales, créée pour Uroussais, pourvoit a tout , mais nous répondrons que la valeur seule des mots fait justice de cette prétention, cl qu en tout état de cause on devrait du moins changer le titre de •'it'-c lune, et surtout fixer rigoureusement le pitrgrarnme de son enseignement.
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prement dite; 3° la nature médicatrice ou le principe du bien ; / j° l’action médicatrice ou le travail salutaire entrepris par la nature, c’est-à-dire la réaction. Ainsi donc il y a dans tout état morbide une affection et une réaction : uue affection qui est le produit d’une cause morbifique et qu’il faut combattre ou surveiller; une réaction qui est l’œuvre de la nature médicatrice et qu’il faut favoriser ou diriger.
3° Toute maladie est le résultat de la lutte qui s’établit entre une affection et une réaction, ou, pour mieux dire, c’est cette lutte elle-même dans toute sa manifestation phénoménale.
4° La nature d’une affection est dans la nature de la cause morbifique qui la produit; la nature d’une réaction est dans la nature du sujet qui réagi t ; enfin, la nature d’une maladie participe à la fois de ses principes élémentaires et constituants, c’est-à-dire de la nature de l’affection ou de l’action morbide, et de la nature de la réaction ou de l’action médicatrice.
5° L’économie animale est sujette à des modifications et à des altérations organiques et dynamiques parfaitement compatibles avec la vie.
6° Il y a uue grande différence entre uue indisposition et une affection, une affection et. une réaction, une réaction et une maladie.
7° La vie dans son mouvement décrit uue parabole exactemeut semblable à celle d’un boulet lancé dans l’espace. Pendant le parcours des deux branches de cette parabole, 1 homme éprouve dans sa santé des modifications, des altérations ou des changements qui se lient les uns à son développement organique, les autres à sa chute. Mais ces changements sont on nécessaires on inévitables, et il faut savoir par conséquent les supporter. Us tiennent à l’exercice de la vie, à des états passagers et à des mouvements fonctionnels de formation et de déformation dirigés par des lois qui nous suivent sur lecliptique de la vie et nous font parcourir tous
PREFACE
les temps de l’enfance, de la jeunesse, de l’âge adulte et de la vieillesse, comme d’autres êtres de l’exubérante nature parcourent les phases accidentées des saisons. Ainsi donc , par une loi suprême, il faut nous résigner à vivre successivement à la manière d’un enfant, d'un adolescent, d’un adulte et d’un vieillard, sans trop nous préoccuper de ces conditions fugitives de l’existence.
8° Là nature médicatrice agit de trois manières en pré-
sence des causes morbifiques. Elle procède : i° par expulsion ou élimination de la cause morbifique; 2° par neutralisation ou destruction de cette cause; 3° par récorporation, c’est-àdire par la réparation du mal occasionné par elle ou par y l’action médicatrice. Ces trois modes d’action de la nature •
forment trois lois pathologiques naturelles ou médicatrices qui prennent les noms de lois d’expulsion, de neutralisation et de récorporation.
g0 La loi d’expulsion offre trois choses importantes à considérer, savoir : les moyens d’expulsion employés par la nature et qui constituent les fonctions éliminatriccs spontanées ou naturelles; les appareils vitaux à l’aide desquels elle parvient à éliminer les agents morbifiques; les voies qu’elle choisit pour opérer cette élimination.
10° Les principaux moyens qu’emploient les lois de neutralisation et de récorporation varient suivant les causes morbifiques, selon les sujets frappés par ces causes, et suivant une foule de circonstances et de conditions diverses qui rentrent toutes dans ce qil’on appelle l’ordre des indications, de l’opportunité et de l’occasion.
1 1° La loi de récorporation et de régénération tient sous sa dépendance tous les mouvements d’assimilation , de nutrition, de résolution, de cicatrisation, de dérivation cl de révulsion.
1 2° Les lois vitales ne s’exercent que sous certaines réserves d’opportunité et de forces, relatives les unes, aux conditions particulières dans lesquelles se trouvent les malades, les au-
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1res aux ressources vitales dont ils disposent; or, après la science de l’opportunité, l’art de bien diriger les forces du malade, de les soutenir, de les augmenter ou de les réduire selon les indications culminantes, est le plus délicat parmi ceux qui incombent au médecin. Il résulte de ce corollaire que l’hygiène et la science de 1 alimentation et du régime fournissent à l’art les moyens les plus puissants.
i3° La médication spécifique constitue la seule et dernière ressource dans les affections aiguës causées par des agents miasmatiques ou toxiques. Les médications expulsive, neutralisante et récorporante, suffisent dans les affections déterminées par des causes ordinaires.
i4° Comme interprète et ministre de la nature, le médecin doit s’efforcer de ramener toute la thérapeutique à la discipline de trois lois pathologiques artificielles ou artistiques qui répondent, fidèlement aux trois grandes lois médicatrices naturelles que nous avons désignées sous les noms caractéristiques de lois d’expulsion , de neutralisation et de récorporation.
1 5° Les lois pathologiques artistiques président à l’évolution et à la succession des phénomènes thérapeutiques que le médecin excite artificiellement dans l’économie souffrante pour provoquer ou pour aider l’action de la nature médicatrice. Il j a trois lois pathologiques artistiques ou artificielles; elles conspirent au même but que les lois naturelles médicatrices, et elles prennent, comme elles, les noms de lois d’expulsion, de neutralisation et de récorporation.
i6° Les lois pathologiques artistiques emploient trois médications spéciales, savoir : les médications expulsive, neutralisante et récorporante, auxquelles répondent trois ordres d’agents médicamenteux : les évacuants, les spécifiques et les altérants.
1 7° La médication altérante a pour objet de rendre autre (aller), c’est-à-dire de modifier l’état de 1 économie. Elle emplo'e dans ce but trois médications spéciales : i° la médi-
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cation tempérante ou antiphlogistique, qui répond à l’état de sur-excitation de l’économie; 9° la médication tonique, qui répond à son état de sous-excitation ; 3° la médication régulatrice, qui répond à l’état nerveux ou ataxique.
i8° La nature a mis en nous une infinité de ressources, et elle a institué, pour la défense de la vie, une médecine naturelle qui fait que chaque créature peut, dans la majorité des cas, se guérir elle-même.
19° Le médecin ne doit jamais agir que de concert avecla nature; quand elle est contraire, tout devient superflu.
9.00 L’art médical est le produit de la science appliquée ou réduite en règles pratiques. Il consiste à détruire les causes morbifiques, à soutenir et diriger les forces de la vie, et à mettre les malades dans les conditions les plus favorables à leur guérison.
Chacune de ces propositions est, dans cet ouvrage, l’objet d’un chapitre spécial ; mais comme nous prévoyons que beaucoup de lecteurs ne feront que compulser notre travail, nous avons cru devoir le résumer dans cette préface, en faveur de ceux qui, par défaut de temps ou par insouciance, ne vont jamais au delà des préambules. Et, d’ailleurs, en agissant ainsi, nous fournissons à chacun un moyen rapide et facile de prendre une idée sommaire de la doctrine d Hippocrate, et d’en apprécier l'unité, la simplicité et la clarté.
Quant au titre que nous avons choisi, les uns le trouveront bien ambitieux; les autres le repousseront, au contraire, comme impossible! Nous répondrons aux premiers : Notre livre traite de toutes les matières qui composent la science médicale, et il en traite exclusivement; il est, par conséquent, de l’ordre des traités, et nous n’avons fait que céder au courant des choses, en lui donnant ce nom. Nous dirons aux seconds: Vous ne croyez pas à l’existence de la science médicale:’ Eh bien, jetez les yeux sur la médecine, et. vous reconnaîtrez que s’il lui reste quelque prestige, elle le doit
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positivement à ses principes qui ont toujours survécu au naufrage des systèmes.
Du reste, cet ouvrage n’est point écrit pour ceux qui n’ont, en médecine, ni foi, ni loi, ni principes, quelle que soit d’ailleurs la position plus ou moins officielle que la fortune leur ait donnée. Il est destiné aux élèves, aux jeunes médecins et aux esprits non prévenus qui ont l'habitude de la réflexion et de la philosophie. Néanmoins nous accepterons de tous, et avec un grand empressement, la critique qui en sera faite; mais nous la réclamerons surtout des hommes classés par leurs travaux scientifiques, les seuls qu’on puisse , sur le terrain que nous avons exploré , accepter sans restriction comme jurés ou comme rnailres.
Maintenant, quel que soit le sort réservé en certaines écoles à cet essai de coordination scientifique, le premier entrepris à ce point de vue dogmatique, la doctrine d Hippocrate n’en souffrira pas ; car la grande question du vitalisme est de la nature de celles dont la solution n’appartient pas aux fantaisies de quelques sectes militantes, mais à la raison scientifique nationale et étrangère, qui, dans les questions de principes, constitue la véritable opinion publique. Or, c’est à ce tribunal suprême que le vitalisme en appellera toujours en dernier ressort.
Enfin, ce livre atteindra le but que nous désirons : i° s’il met un terme aux questions de certains Aristarques, esprits trop forts, ou frelons de notre profession, qui demandent encore où l'on trouve la science médicale ; 2° s’il fait sentir aux dissidents la nécessité impérieuse d’une communauté de vues et d’enseignement, sagement élablis sur uu principe; 3° s'il peut contribuer à démontrer l’authenticité de la science médicale, dont les bienfaits, trop souvent oubliés ou méconnus, s’étendent depuis viDgt siècles à tous les êtres de la nature.
Dr Ed. AUBER.