RÉSUMÉ DOGMATIQUE
tique n’accepte plus de guet t es de mots, elle est la lumière et la vérité même. Elle est par conséquent à la portée de tous les esprits réfléchis, et elle serait accessible au plus simple bon sens, si le bon sens, dépouillé de tout amour-propre, n’avait aucune servitude officielle à ménager, aucun Dieu familier à protéger ou à défendre....
Du reste, dans l’intérêt de l'humanité et pour l’honneur de la médecine, il est grand temps que l’opinion se fixe et que la religion scientifique se recueille et se reconstitue, car, nos dieux s’en vont et la confiance publique nousabandonnede toutes parts! En effet, pénétrez dans les plus hautes régions sociales et jusqu’aux cours souveraines et, partout au foyer de la famille, vous trouverez en exercice les Protestants de la médecine ! Ce sont eux qui siègent aux conseils des Grands, et qui gouvernent leur raison médicale. Les hippocratistes n’y arrivent plus qu’à titre de gens du monde ou d’anciens amis. On les accueille encore avec bienveillance, mais on ne les consulte pas et on ne les écoute plus. Enfin, si n’étaient les chirurgiens que la douleur convie toujours, parcequ’on n’a pas encore inventé le moyen de remplacer les opérations par des globules, nous serions complètement expulsés des régions supérieures au profit de la petite bourgeoisie et du menu peuple.
Mais les chirurgiens, hommes de science et de pensée, portent haut la dignité de la profession, et tandis qu’ils rallient par leurs succès l’estime de l’opinion momentanément égarée par nos tristes discordes, nous pouvons encore reconquérir notre vieille réputation et notre autorité, en condensant nos forces, et en faisant, de l’esprit de toutes les écoles, un même esprit, un seul système, et une suprême unité. Agissons et nous serons à la hauteur de notre mission et de nos devoirs, et l’on respectera de nouveau nos arrêts, comme on respecte ceux de la vérité.
Mais pressons-nous, car la défection est partout, dans les écoles, dans les académies, au sein de tous les cercles, et par surcroît de malheur, notre science est veuve de son représentant le plus illustre, le plus énergique, et le {dus écouté: elle vient de perdre Orfila , qui personnifiait la médecine française , dont il était le Mécène.. !
Rallions-nous donc et que chacun se rappelle que dans lescorps collectifs, armée, clergé, académie, les hommes, à l’exception du chef, ne sont rien que des hommes, c’est-à-dire que des éléments similaires, sujets éphémères de ces agglomérations humaines, ce
qui fait que l'honneur particulier est dans l’honneur de tous et (jue de l'abnégation et du sacrifice de chacun à l’intérêt commun résultent exclusivement la gloire du corps, sa puissance et sa renommée.
Enfin, quels que soient les défauts du travail de généralisation, dont nous donnons ici le résumé, le principe, qui lui a servi d élément philosophique sera maintenu, et toujours repris ou invoqué, car il est l’unique et légitime appui de la science médicale, hors de laquelle il n’y a pas d’art médical et, par conséquent, pas de médecine.