DU MAGNÉTISME
Bien que le magnétisme ne constitue pas une doctrine médicale, il doit néanmoins trouver sa place ici, en raison des ressources puissantes qu'il fournit parfois à la médecine. En effet, I histoire nous apprend que, dans tous les temps et chez tous les peuples, il a existé des hommes qui se sont livrés avec ardeur à la pratique du magnétisme, et qui ont avec son aide opéré des cures si extraordinaires, qu’on les eût volontiers regardées comme des miracles.
Le magnétisme était pratiqué dans l'Inde par les brames; les Égyptiens l’exerçaient aussi dans les temples d lsis, d’Osiris et de Sérapis. Enfin, c’est incontestablement dans la science du magnétisme,qui, du res te, a servi de base à la plu part des religions païennes, . que les prêtres de ces diverses religions ont puisé les éléments de la puissance théocratique qui a parfois pesé si lourdement sur les peuples et sur les gouvernements. C est par les cures merveilleuses qu’ils obtenaient, qu’ils sont parvenus à subjuguer la raison non seulement des classes pauvres et ignorantes, mais encore des classes riches et cultivées. Du reste, les prêtres se gardaient bien de divulguer cette partie de leur science ; ils en faisaient, au contraire, un mystère, soit dans leur intérêt pécuniaire, soit pour accréditer par des prodiges la puissance de leurs dieux. Ils étaient si jaloux de leurs connaissances, que les uns mouraient en emportant avec eux leur secret, tandis que les autres ne le confiaient à leursaffidés qu’après de longues initiations et sur la foi du serment. Enfin, de l’avis de tous les écrivains, cette médecine sacrée constituait la meilleure et la plus importante partie de la science des Égyptiens.
Si les détracteurs du magnétisme, si certains membres-bornes des sociétés savantes, magnifiquement ignorants et pompeusement débiles, savaient mieux, ou même savaient un peu ce que c’est que le magnétisme, ils cesseraient de clabauder avec tant
i, d’impertinence contre une science qu'ils ne comprennent pas , et qui Hniia pm les écraser tôt ou tard sous le poids même du ridicule qu’ils s’efforcent de soulever contre elle.
Le magnétisme a pour objet de nous faire connaître l’action intime et réciproque que les êtres animés exercent les uns sur les autres. Il nous enseigne jusqu’où peut s’étendre la puissance de la volonté, car l’action magnétique bien jugée n’est, en réalité, que l’extension du pouvoir qu’ont tous les êtres vivants d’agir sur les organes qui sont soumis a leur action. Lnfin , le magnétisme nous éclaire sur nos facultés médicatrices et sur les moyens de les employer à guérir ou à soulager les maux de nos semblablés, en dirigeant sur eux, par notre volonté, le principe qui nous anime.
Mesmer, disciple de Macvvel, fut le premier qui développa scientifiquement la théorie du magnétisme animal, et qui expliqua les cures magnétiques par la communication des esprits qui se dégagent du corps humain. L’imposition des mains, lelectricité du regard et de la parole, le toucher, les frictions, les pressions, les passes et 1 insufflation, constituent les procédés magnétiques, c’est-à-dire les moyens à l’aide desquels nous augmentons et nous dirigeons la faculté vitale médicatrice en vertu de laquelle nous exerçons une action intime et salutaire sur les êtres animés et sur nos semblables. La première condition pour magnétiser, c’est de vouloir magnétiser; car, nous l’avons déjà dit, c’est la volonté qui dirige et qui soutient l’action de l’agent magnétique, c’est-à-dire l’action du fluide nerveux qui opère tous les phénomènes magnétiques. La seconde condition, c’est d’avoir une grande confiance dans ses propres facultés, dans ses forces magnétiques. La troisième condition, c’est d’avoir affaire à un sujet confiant et résigné. Enfin, il faut autant que possible qu il y ait entre celui qui magnétise et celui qui se fait magnétiser cette sympathie active qui existe entre toutes les parties d un corps organisé, et qui est aux êtres animés ce que 1 affinité est aux êtres inanimés.
La faculté magnétique existe chez tous les hommes, mais tous me la possèdent pas au même degré. Elle se développe en nous par l’exercice et par l liabitude. Le magnétisme n exerce oïdinaii rement qu’une action assez faible sur les personnes qui jouissent i d’une santé parfaite. D’autre part, beaucoup de personnes qui se ! disent insensibles au magnétisme ne le sont véritablement que
27 2 RÉSUMÉ DE l’histoire DK LA MÉDECINE,
parce qu’elles n’ont pas encore rencontré le magnétiseur qui leur convient. Le magnétisme a essentiellement pour 1 »ut de développer les forces médicatrices et de seconder les efforts de la nature; il donne de la force et du courage, il faut bien se garder d’exercçr le magnétisme par curiosité, par amusement, et surtout dans le dangereux espoir de produire des effets singuliers. Le magnétisme est un don de Dieu, il nous l’a confié pour être utile à nos semblables ; nous ne devons par conséquent le pratiquer qu’avec une grande pureté d’intention et un recueillement tout religieux. Quant aux lois qui président aux divers modes d'action de cette faculté précieuse, il faudrait un second Newton pour en formuler le code. Abstenons-nous donc et attendons ; mais, en attendant, exerçonsnous à diriger ce pouvoir naturel, et ne repoussons pas la doctrine qui a pour objet de nous éclairer’sur la nature et les attributs d’un agent qui dénote l’existence d’un mode particulier d’actions électriques inhérentes à la matière animale.
Étudions pratiquement le magnétisme, consultons les livres de Puységur et Deleuze, qui ont porté les procédés magnétiques à un très haut degré de perfection. Mais surtout ne tournons ni le dos ni la raison au magnétisme, parce que les phénomènes qu il produit nous semblentau premier abord extraordinaires; car, sachons-le bien, la nature n’enfante que des faits ordinaires, et l’extraordinaire ne donne ordinairement que la mesure de notre ignorance du de notre incapacité. Cicéron disait déjà de son temps à ce sujet: « Quelque phénomène qui se présente-à vous, il est de toute nécessité que la cause en soit dans la nature; quelque étrange qu’il vous paraisse, il ne peut être hors de la nature : cherchez-en donc la cause et tachez de la trouver si vous pouvez. Si vous ne la trouvez pas, tenez pour constant qu’elle n'en existe pas moins, parce qu’il ne peut rien se faire sans cause. Et toutes ces terreurs ou ces craintes que la nouveauté de la chose aurait pu faire naître en vous, repoussez-les de votre esprit en considérant qu elles viennent de la nature. » N’oubliez pas non plus que la plupart des savants sont sujets à une espèce d immobilité qui a sa source dans un profond sentiment de satisfaction, d’amour-propre repu qui les porte à nier et à repousser les faits qu ils ne connaissent pas ou qui ont été découverts par tics hommes nouveaux. Enfin, cherchez vous-même la vérité, et elle apparaîtra à votre constance opiniâtre.
Parmi les faits du magnétisme, il en est un qui domine tous les
i antres, et que nous devons signaler ici, c’est le somnambulisme.
I: Le somnambulisme est une existence agrandie, mais c’est une < existence interne et concentrée, si l’on peut s’exprimer ainsi, et 1 celui qui la possède est éminemment actif, quoiqu’il ait l’air profondément absorbé et comme endormi.
Cet état diffère essentiellement de l’état de veille et de sommeil ; il forme en quelque sorte une condition spéciale.
Tout ce que le somnambule a lu, vu, entendu, imaginé pendant sa crise, il l’oublie entièrement lorsqu’il revient à son état ordinaire, et ce qu’on peut faire de mieux, c’est de ne pas l’en instruire. Pendant l’action il s’exprime mieux que de coutume, et il a plus d’esprit et plus de raison que dans l’état de veille; enfin il se développe en lui un sens nouveau, qui est comme le centre des autres et qui l’éclaire sur sa conservation. Le somnambule est soumis à l’influence de celui < jui le magnétise et cette influence peut lui être utile ou funeste selon la volonté du magnétiseur. Le somnambule acquiert pendant la crise des facultés qu’il n’avait pas. Ainsi il jouit de la vue à distance et de la faculté de prédire l’avenir: toutes choses que nous devons indiquer ici, mais sur lesquelles nous nous garderons bien d insister parce qu’elles n’entrent pas dans le plan que nous nous sommes imposé. Disons seulement que le somnambulisme était connu et exploité dans l’Inde bien avant l’expédition d Alexandre le Grand. En effet, on lit dans un ouvrage qui traite des mystères en usage parmi les Brames que, par une pratique commune appelée Matricha-Marhon, les Indiens savaient obtenir une nouvelle sorte de vie. Selon l’auteur de cet écrit, les Indiens de ces temps reculés considéraient la région épigastrique comme le siège habituel de l’âme. Ils promenaient leurs mains depuis cet endroit du corps jusqu’à la tête, ils pressaient, iis frottaient quelques nerfs qu’ils supposaient correspondre à ces différentes parties et ils prétendaient qu’en agissant ainsi, ils transportaient lame au cerveau. Or le Brame qui avait subi cet effet pensait que son corps et son âme étaient réunis à la divinité dont il faisait lui-même partie!
Quelque surprenants que soient les phénomènes du somnambulisme,quelque variables qu ils nous paraissent et quel que soit logent de ces phénomènes, sur la nature duquel on est encoi e loin d’être parfaitement d’accord , nous devons apporter une gi aride attention à leur examen et nous garder surtout de les rejeter quand nous ne les avons pas vus, sous le banal prétexte qu ils
nous paraissent inexplicables. lin elfel , nous sommes si loin de connaître les merveilles de la nature, <ju’il serait absurde de nier l’existence de certains phénomènes uniquement parce qu'ils sont inexplicables dans l'éial actuel de nos connaissances. La prudence en décide autrement : elle veut, d accord avec l’expérience et la raison, que nous examinions les phénomènes extraordinaires avec une attention et une constance d’autant plus grandes qu’ils nous paraissent plus étonnants et plus difficiles à admettre. On peut dire aujourd’hui que le magnétisme est destiné à reproduire presque à volonté des phénomènes vraiment incompréhensi, les jusqu’alors et qui cependant se manifestent sans cesse depuis que le monde existe. On peut soutenir qu’en ajoutant d autres faits aux laits déjà si nombreux de la physique , ou, pour mieux dire, qu’en agrandissant sa sphère et en la surcomposant d une nouvelle physique, d’une physique animale , le magnétisme animal fera disparaître une foule de préjugés et d’erreurs et donnera un jour le dernier mot de ces enchantements et de ces maléfices que des imaginations ardentes et pusillanimes ont attribués à des esprits, à des lutins ou à des causes surnaturelles.
Pendant trop longtemps la pratique du magnétisme a été fatalement livrée au ridicule, faute d’avoir été examinée et ju ée sous son véritable point de vue. Elle a été durement repoussée par quelques esprits avec un dédain superbe et systématique. Mais : aujourd’hui 1 horizon de cette science s’éclaircit, elle commence à se débarrasser des entraves qui l’étreignaient; on se livre de toutes parts aux applications de sa théorie, et le temps n’est pas très éloigné où, malgré des résistances opiniâtres et intéressées, l’étude du magnétisme deviendra l’objet des méditations et des travaux des hommes les plus éclairés dans les sciences physiques. Que ses destinées s'accomplissent , et nous le verrons absorber toutes les autres branches de la science médicale. Il nous montrera la source de ces faux miracles qui, de tout temps, en imposèrent à la plèbe et servirent d aliment à son insatiable superstition. Enfin, il nous dévoilera l’origine de tous ces prodiges faciles que les prêtres des faux dieux opéraient autrefois dans le but très coupable d extorquer la confiance des hommes trop crédules et de s’approprier leurs richesses.
Quelle que soit 1 opinion que l’on ait d’ailleurs du magnétisme, on ne saurait refuser de reconnaître que tous les êtres animés exercent les uns sur les autres une certaine influence, et que
parmi eux ceux (ju i , par leurs facultés, occupent le sommet de I échelle, sont véritablement doués d’un sentiment instinctif et souvent irrésistible, qui leur donne à chaque instant et comme à leur insu la connaissance de ce qui est utile ou nuisible à leur conservation et, qui plus est. la faculté merveilleuse de développer et d’augmenter le pouvoir qui naît de cette connaissance par des procédés dont on retrouve la source dans la médecine occulte ou hvnoscopique des premiers hommes.
Or, nous le demandons aux hommes vraiment éclairés, en méditant sérieusement sur la nature de cet instinct qui pique en dedans tous les êtres animés, n’est-on pas irrésistiblement porté à croire qu’il dérive de cette âme universelle qui d’un souffle de vie anime tous les corps; cpii, fluide ou esprit, pénètre toute la nature et remplit l’univers d’une activité perpétuelle?Ce pouvoir instinctif se retrouve dans tout ce qui existe, il lie entre eux les êtres des trois régions de la nature, comme disaient les anciens. Chez l’homme et chez les animaux la matière est gouvernée par l’intelligence et par l’instinct; chez les végétaux il n’y a plus que des instincts, mais ces instincts sont plus sûrs. Enfin , chez les corps de la matière inorganisée, les affinités, les attractions et les répulsions règlent seules le choc des molécules.
En résumé, toute la nature est pénétrée de vie et chaque corps en possède assez pour agir selon ses affinités, ses instincts ou sa volonté réglée d’avance par la volonté suprême. Ainsi donc à l’homme l’intelligence pour mobile et pour guide; aux végétaux et aux animaux l’instinct; aux corps inorganiques l’affinité et l’attraction. Voilà la gradation de cette chaîne admirable dont les anneaux unissent le ciel à la terre. Grâce à son intelligence , l’homme prend connaissance de l’univers tout entier, et par la force de la pensée, guidée par la conscience, il s’élève jusqu’à la connaissance de l’être qui a tout créé. Par leur instinct les animaux choisissent le terrain qui leur convient, ils cherchent le ruisseau qui les nourrit et le rayon de soleil qui les vivifie; et certains végétaux eux -mêmes, avec leurs vrilles rameuses qui leur servent de bras et de mains, s’attachent pour la vie aux rameaux qu’ils préfèrent. Enfin, en vertu de leurs affinités réciproques, les molécules de la matière inorganique s attirent et se repoussent et elles finissent par former des masses qui obéissent dans leurs oscillations aux lois éternelles de 1 attraction. Ainsi donc , une loi suprême entretient le mouvement au sein de tout
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eu qui est et la vie coule à plein boni dans l’univers comme un
fluide éternel.
Du reste, pour comprendre le fait-principe de l’existence universelle, pour s’élever philosophiquement jusqu’à l’idée d une puissance générale universellement répandue et imprimant le mouvement à toute la matière conformément aux lois d’une harmonie constante, il faut avoir préalablement acquis une grande habitude de l’observation , de la réflexion et de la méditation ; il faut savoir lire dans le livre de la nature, formé de toutes sortes de textes , les uns d’une espèce et les autres de l’autre, que l’ignorance repousse et que la sagesse rassemble avec amour et s’efforce d’expliquer : alors l’énigme du monde devient facile, et l’on saisit son dernier mot. Mais combien peu connaissent le grand livre de la nature, et combien peu sont réellement philosophes ou seulement physiciens ! Voilà la cause de cette stérile oligarchie qui déclasse tout et glace tout, quoique la lumière déborde et afflue de toute part.
Comment, tout vit dans l’univers , toutes les parties s’appellent et se correspondent, tous les corps exercent les uns sur les autres une action intime et élective, et l’homme au milieu de tous ces êtres, serait seul fatalement déshérité de cette féconde et pré- . cieuse prérogative d’activité.... ! Comment , le chef d’œuvre de la i création resterait impuissant et muet au sein de ce concert d’ex- i pressions ! Non , tel n est point son lot ; la raison et la justice s’y opposent. Puis , elle ne serait pas soumise aux lois d’une mécanique supérieure, cette admirable machine animale, dont les plus beaux monuments de l’art offrent à peine de faibles modèles....! Et elle ne serait pas pénétrée d’électricité ardente cette substance essentiellement vivante, dont la matière se transforme à l’infini et présente à chaque instant le spectacle certain d’une éternelle métempsycose ! La raison répugne à une pareille interprétation et nous admettons la proposition contraire ; nous en attestons les frémissements de la pulpe, l’électricité des sens et les foudres de la parole.
Etudions donc les phénomènes que présentent les corps organisés, et nous y retrouverons de la physique et de la chimie, mais de la physique et delà chimie vivantes, ce qui justifie le nom de propriétés vitales qu’on a donné aux sources actives de ces phénomènes, pour les distinguer de celles qui président aux mouvements analogues chez les êtres inorganisés et que l’on dé-
signe, à cause de cela, sous les noms de propriétés physiques et chimiques.
Cette distinction est capitale et fondamentale, car, en bonne philosophie , il faut admettre autant de causes différentes qu’il y a de groupes d effets différents. Or, il y a une différence si marquée et si profonde entre les propriétés vitales et les propriétés physiques, également réglées par des lois, quelles sont constamment à 1 égard les unes des autres, dans un véritable état de lutte et d’antagonisme : ce qui apparaît surtout après la mort, alors que le corps, privé de ses propriétés actives, passe tout entier sous l’empire absolu des lois physiques, qui le désagrègent, le dissocient et le réduisent par la putréfaction à ses derniers éléments.
Et que ce matérialisme fugitif de la vie n inquiète et ne chagrine personne ; car, comme nous le verrons dans le chapitre consacré à la nature de l’homme, il y a vraiment un hiatus immense entre la physique du monde et la physique vivante proprement dite , et ce hiatus est encore dépassé de toute la hauteur de la raison divine , lorsque de la force électrique qui préside aux phénomènes physiques et de la force vitale qui préside aux phénomènes vitaux, on s’élève par la pensée à la contemplation ascétique de la force morale qui, de la conscience humaine, s’élève par la foi jusqu’à Dieu , où toutes les perfections se retrouvent.
En effet, matérialiser par l’électricité animale les phénomènes purement vitaux et les reporter tous au magnétisme , c est faire de la physique transcendante ; mais cette science toute mécanique n’a rien à voir dans celle du cœur ou de la raison, qui vit de sa vie propre au sein de la physique vivante par un mystère que la religion nous indique, mais qu il appartient à Dieu seul de connaître.
Ainsi donc, sans déroger aux principes religieux, on peut admettre que la vie animale dépend de 1 électricité vitale, comme la vie morale dépend de lame qui est nous (nous pensant, jugeant et voulant) , tandis que notre appareil physique, notie revêtement, notre corps , est a nous et n est pas nous. En e et , lame, ou la personnalité humaine, habite le coips, mais e e le constitue pas. Elle lui est unie temporairement par les liens es plus étroits , mais elle ne lui appartient pas. Au contrane, le domine et elle le dirige, quand elle vit de la vie qui essentielle et propre.
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Maintenant, et après ces considérations que nous avons cru devoir exposer ici , pour ne laisser aucun doute sur nos principes, nous dirons que toutes les sciences réputées exactes aujourd’hui, ont. commencé par des ébauches : qu ainsi la physique des Brachmanes se réduisait à quelques notions d'optique et de fantasma* gorie; que l’astronomie a commencé par l’astrologie et que la chimie n’était encore que de l’alchimie il y a trois cents ans. Eh bien , il en a été de même pour le magnétisme animal ; il a eu aussi ses temps fabuleux, mais ses destinées s’accomplissent , et nous touchons à l'époque où il prendra sa place à la tête de la physique animale, et donnera physiquement la solution d’une foule de problèmes réputés physiologiques. Attachons-nous donc à l’étude des phénomènes magnétiques dans l’immense échelle des êtres; mais procédons lentement, sagement et dans cette recherche défions-nous également des enthousiastes et des détracteurs: les uns se laissent séduire par des demi-jours et se contentent d’expériences suspectes, entreprises sans méthode et sans critique ; les autres , trop souvent entraînés par des intérêts personnels, se prononcent systématiquement contre les procédés du magnétisme sans les avoir suffisamment examinés et ils en contestent les effets parce qu’ils ne les connaissent pas. Évitons ce double écueil , et ne demandons au magnétisme que ce qu'il peut nous donner. Il peut seconder les efforts de ceux qui cherchent dans les ressources de notre propre nature les moyens de guérir les maux qui frappent l’humanité. Employons-le délicatement dans ce but, et seulement comme un complément de l’art médical qui a pour objet suprême la thérapeutique naturelle. En agissant ainsi, nous agirons sagement selon la nature et^elon la loi; mais défions-nous toujours des faux apôtres, car en fait de magnétisme, comme en fait de religion, il y a de mauvais ministres et des ministres infidèles.