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ÉCOLES DE RHODES, DE CNIDE ET DE COS

On n’a que de bien vagues notions sur ces écoles fondées pai es fils de Podalvre. Cependant on sait que les médecins de l’école le Cnide étaient exclusivement empiriques, et qu ils n avaient lour tous les maux que des recettes très compliquées qu ils un- Voyaient sans la moindre science, et seulement pat analogie ou »ar imitation. Cependant, on doit leur rendre cette justice qu ils menaient note de tous les symptômes même des plus indifféients in apparence et qu'ils excellaient réellement dan? lait de les

282 RÉSUMÉ DK l’histoire DK LA MÉDECINE,

observer et de les classer. Chrysippe et Eudoxe se distinguèrent particulièrement sous ce rapport. On doit à Eurvphon le livre des Sentences cnidiennes , ouvrage fameux pour cetie époque.

L’école de Cos, qui passe, à juste titre, pour la méiropolede la médecine, a pris naissance en Ionie, dans une ravissante partie de la Grèce, chantée autrefois par Homère. L’école de Cos fait orgueilleusement remonter son origine jusqu’à Esculape, mais il est de fait qu’elle ne fut réellement constituée, comme école, par Hippoloque, que l’an trois mille cinq cent du monde. Ses fondateurs se vantaient d’avoir puisé leur doctrine dans le grand livre de la nature et de l’avoir augmentée et perfectionnée par leurs rapports avec les Asclépiades d’Égypte. Ce qu’il y a de certain, c’est que l’école de Cos a réuni, comme dans un foyer commun, les lumières de tous les siècles qui l’avaient précédée, et cju'el le a répandu de vives clartés sur ceux qui lui ont succédé. A Cos, les disciples se liaient avec leurs maîtres par un serment solennel, et les maîtres étaient pour eux l’objet du plus grand respect. On exigeait de la part du néophyte une vocation prononcée, des mœurs irréprochables et des talents naturels, parce qu’on voulait avant tout des hommes dignes de la profession médicale, que l’on considérait comme un sacerdoce. Aussi les disciples de ce femps-là se mettaient à l’œuvre sans courir, par 1 intérêt, après le métier ; et les maîtres professaient pour l’honneur et la dignité de l’art et par amour pour 1 humanité. Ils faisaient leurs cours en langue aphoristique, et, pour former des praticiens habiles, ils se faisaient suivre de leurs disciples au lit du malade et complétaient ainsi l’enseignement delà science par celui de l’art. Les élèves étaient pendant longtemps auditeurs passifs ; et on ne leur confiait le soin absolu des malades que lorsqu ils avaient donné des preuves d'une instruction et d'une habileté suffisantes. L’esprit de la doctrine de Cos était éminemment dogmatique. On partait de ce principe que I observation raisonnée et dirigée vers la connaissance des lois vitales est la source même de toutes les vérités médicales. Toute la doctrine de Cos, qui était un ensemble de vitalisme, de solidisme et d'humorisme, reposait comme sur sa base sur deux principes fondamentaux qu’on retrouve à chaque page dans les écrits des maîtres, à savoir : sur l'autocratie de la nature, et sur sa puissance formatrice et médicatrice.

Aux Sentences cnidiennes publiées par Euryphon, l’école de Cos

opposait avec orgueil le livre des Conques, composé par ses plus illustres maîtres. T/école de Cos se glorifiait aussi d’avoir produit le traitédes Fractures, celui des Articulations, celui des Frictions, et le traité De humoribus , qui était comme le programme de toutes les questions de clinique. Le livre des Conques était, comme l’indique son nom, Co-acta (faits en commun), l’ouvrage de plusieurs auteurs. Ainsi, les matériaux étaient toujours sur le métier ; ils formaient des fragments d’attente auxquels on ajoutait successivement d’autres fragments. On fortifiait les observations anciennes par des observations nouvelles; puis, on revoyait le tout, on le corrigeait, on l’épurait, et quand on avait longtemps médité sur la valeur et la portée des faits, on formulait en dernier ressort la loi de tous ces faits. C’est ainsi qu’on faisait autrefois les traités généraux, et c’est ce qui a fait dire, avec une parfaite raison, que la voix d'Hippocrate n était pas la voix d’un seul homme, mais la voix d’un grand nombre de siècles, et comme l’expérience accumulée de plusieurs âges. Beaucoup des livres de Cos ont été ou détruits, ou perdus, mais il en reste encore quelques uns. Quant a 1 esprit de cette école, nous le retrouvons à 1 état de perfectionnement dans le vitalisme hippocratique, qui en est la continuation.

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