‹ Traité de la science médicaleChapitre 8 sur 106 · DE LA CONSTITUTION DE LA MÉDECINE · texte numérisé non relu

DE LA CONSTITUTION DE LA MÉDECINE

L’excitabilité est la source et. le moyen de la faculté de sentir, de recevoir ou d’être impressionné.

L’irritabilité est la source et le moyen de la faculté de réagir, c’est-à-dire de repousser les causes morbifiques, et de réparer le mal qu'elles ont causé.

Ces facultés ou propriétés générales de l’organisme sont, en raison de leurs affinités réciproques, continuellement mises en jeu par des causes ou des agents excitateurs, dont les uns sont favorables et les autres nuisibles. L’hygiène nous fait connaître les premiers et l’étiologie nous fait connaître les seconds.

De l’action de ces causes sur les propriétés générales de l’organisme, résulte l’excitation, qui est un état, une loi.

La vie nous est inconnue dans son essence, mais elle se révèle par des phénomènes qui se rattachent à l’action des trois facultés ou propriétés fondamentales que nous avons déjà indiquées, — à savoir la plasticité, l’exci tabilité et l’irritabilité. — Il est une science qui essaie d’en faire connaître les mystères, c’est la biologie, ou pour mieux dire, l’anthropologie, qui comprend toutà la fois l’anatomie, la physiologie, la pathologie et la psychologie.

La vie a trois modes d’expression ou trois manières d’être , ce sont : la santé , l’indisposition et la maladie.

La santé est la force vitale en équilibre; c’est la pondération exacte des solides et des liquides animés par la force vitale. — C’est le rapport harmonique des excitants et de l’excitabilité, c’est faction normale, c’est le jeu physiologique des fonctions et de leurs rapports, c’est la vie bien portante.

L’indisposition, si judicieusement appelée par Fernel constitulin neutra, est un effort de désordre contre lequel les mouvements conservateurs s’élèvent de toute leur puissance. Et nous ne saurions assez le répéter, ces mouvements conservateurs prennent leur source dans l’organisme, c’est-à-dire dans cet assemblage merveilleux de rouages vivants dont les derniers atomes ne sauraient se soustraire aux lois qui les régissent ; dans cette machine admirable au sein de laquelle tout se communique, se distribue et se partage, l’ordre et le désordre, le plaisir et la douleur, la décomposition et la vie.

La maladie est un état complexe: c’est un ensemble d’actions et de réactions de lésions occasionnées par des causes morbifiques et d’elforts salutaires exécutés ou entretenus par les forces vitales médicatrices. C’est un conflit général, une sorte de bataille où l’on

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distingue, d’une* paît, une foule de mouvements destructeurs, et, de l’autre, autant de mouvements réparateurs; en un mot, c’est l’action morbifique et l’action médicatrice en lutte contrastante.

Tels sont les principaux dogmes de la médecine hippocratique; c'est sur eux que repose la médecine et comme science et comme art. Une chose à constater, c’est qu’il entre dans la destinée de cette doctrine d’avoir toujours été invoquée comme autorité par les hommes de toutes les sectes. En effet, il n’v a pas de fauteur de doctrine qui n’ait cherché à appuyer ou à relever sa théorie par quelques emprunts arrachés à la doctrine d’Hippocrate.

La meilleure manière de faire accueillir le vitalisme, c’est de répandre et de vulgariser ses principes ; c’est d’épurer, de refaire son vieux langage et de donner à la science d’Hippocrate une mise plus neuve et en quelque sorte de saison. Alors de toutes parts on se sentira mieux disposé à l’examiner, et lorsqu’on aura établi une comparaison rigoureuse entre ses préceptes pleins de sagesse et de sens , et les excentricités, les énormités des autres doctrines toujours en fermentation ou en lutte , le choix ne sera pas long. On adoptera la vraie médecine, celle de la nature, et l’on observera fidèlement ses préceptes , comme on observe les dogmes et la morale de la religion, cette excellente médecine du cœur et de la raison.

Déplus, du moment que les vérités du vitalisme auront pénétré dans les esprits , on reconnaîtra aisément que la médecine , telle qu’elle est enseignée dans la plupart des écoles, est réellement une science comblée d’erreurs; on reconnaîtra que son langage est infidèle, et l’on sera même obligé d’admettre que l’expérience elle-même, du point de déplacement où l’on presse, l’observation médicale n’est, en définitive, qu’un mensonge, qu’une déception ; qu’il faut par conséquent tout refaire, la théorie et la pratique, la science et l’art. Dans ce but, on adoptera notre méthode et nos principes, parce qu’on reconnaîtra nécessairement que la médecine doit avoir un but exactement semblable à l’acte qui constitue la vie et la maintient par une loi conservatrice ; alors on proclamera hautement que le devoir du médecin est d’agir selon la nature, c est-à-dire de ne faire que ce qu elle ferait elle-même si elle n était vaincue dans ses efforts, si elle procédait librement, sans encombre ni obstacles.

Ln résumé, le vitalisme ainsi perfectionné par le secours des méthodes philosophiques que les esprits éclairés et sévères por-

DES DÉVOLUTIONS DE LA MÉDECINE

tent de toutes parts dans les nombreux sujets des sciences médicales; le vitalisme, disons-nous, finira par constituer non plus une doctrine particulière, mais une doctrine générale, la seule soutenable et la seule vraie. Alors son principe fondamental sera universellement reconnu comme l’expression d’une vérité absolue, et il deviendra de ce moment pour tout le monde ce qu’il est déjà pour quelques bons esprits avancés, savoir, le lien naturel et nécessaire de toutes les connaissances qui constituent par leur ensemble la médecine positive.

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