‹ Traité de la science médicaleChapitre 7 sur 106 · DE LA CONSTITUTION DR LA MEDECINE · texte numérisé non relu

DE LA CONSTITUTION DR LA MEDECINE

font tous les jours des préceptes de la morale c|u’ils saluent respectueusement en théorie, et qu'ils foulent brutalement aux pieds dans leur pratique. Mais rappelons-nous au contraire (jue notre science ne peut se conserver pure et digne de l’admiration générale, qu autant qu’on respecte son principe, semblable en cela à la religion même qui ne permet pas qu’on touche à l'infaillibilité doses dogmes.

Il est un fait également important à constater, c’est qu’on ne peut bien comprendre l’esprit et le génie du vitalisme, qu’autant que l’on possède déjà des notions suffisantes sur la vie générale, sur la vie humaine et sur la nature de l’homme, car le vitalisme est en définitive l’étude élevée de la nature vivante et de ses rapports infinis.

L’établissement du vitalisme a eu des conséquences immenses. Du moment où il a été créé, la médecine n’a plus été la servante de la philosophie. Elle a cessé par conséquent de faire partie des dépendances de cette orgueilleuse souveraine, et elle s’est posée elle-même comme une science autocrate méritant cette position par l’indépendance de ses lois. La nature mieux comprise a été regardée comme la source ou du moins comme la raison de la vie. A la faveur de ses lois bien étudiées, on est parvenu à se rendre compte des phénomènes de la santé et de ceux de la maladie. Jusque-là les tourmentes et les désordres de l’économie avaient toujours été regardés par les médecins, comme des maux nécessairement et fatalement dangereux. On n avait entrevu ni la cause, ni le lien, ni la différence, ni la raison, ni le but des phénomènes de l état morbide. xVvec Hippocrate tout devint simple, palpable et facile à expliquer. On reconnaît que tous ces phénomènes effrayants résument en définitive les ordres de la nature dont ils sont l’expression ou la loi. et l’on vit qu’il y avait deux parts à faire pour tous ces symptômes qui s’enchaînent, nui se poursuivent, et dont l’action différente a un but différent aussi, à savoir: une part pour l’action morbide, une autre pour l’action médicatrice.

Depuis ce moment, le médecin sait oit il va, il sait ce qu’il fait ou du moins ce qu’ii veut faire, et il marche par l'imitation et l’expérience à un but certain et évident. Sous les lumières du vitalisme, les puériles connaissances des premiers âges ont disparu, et les hommes de la science ont cessé de voir partout et loujours du désordre et de redoutables dangers dans les phénomènes in-

solites. En un mot, on est arrivé à une théorie rationnelle et philosophique. On sait maintenant que toutes les forces de la vie ont pour but essentiel de concourir et de coopérer à une fin commune, à la conservation delà santé et à la guérison des maladies. On sait que la fièvre elle-même, qui survient au milieu du désordre, 11e doit pas être regardée comme un accident de [dus, comme une complication, mais le plus souvent comme un moyen, comme un effort de guérison, comme une fonction pathologique. Or les conséquences de cette découverte d'Hippocrate sont incalculables , et c’est sur elles que repose le vitalisme moderne. En voici les principales propositions fondamentales ou les dogmes:

La médecine a pour objet la connaissance de la matière organisée et des lois qui régissent cette matière vivante, ses opérations et ses actes.

La science de la matière organisée vivante ou de la nature phvsique de l’homme, nous est enseignée par l’anatomie, par la physique et par la chimie médicale.

La connaissance de la force vitale et de son activité, et d autre part la connaissance de la nature morale de l’homme, nous sont révélées par la physiologie, par la pathologie et par la psychologie.

Le moral et le physique agissent et réagissent puissamment l’un sur l’autre ; leur étude combinée est du ressort de la philosophie médicale.

Une science n’est créée qu’autant qu’on a dégagé de la multiplicité des faits propres à celte science le fait initial ou générateur qui domine tous les autres et auquel ils se rapportent. Ce fait en médecine, comme dans les autres sciences, doit être expérimental.

Le fait principe ou générateur de la science de l'homme, le fait expérimental de la médecine, c’est le fait principe de la force vitale, d’où dérivent tous les faits secondaires et leurs rapports.

Les mots nature , force vitale, archée, puissance vitale , principe vital , sont synonymes. La force vitale est à la fois formatrice , conservatrice et médicatrice.

De la force vitale découlent directement trois forces secondaires, savoir: la plasticité, l’excitabilité et l’irritabilité. Ces ( roi s forces secondaires peuvent être considérées comme constituant les propriétés générales de lu matière organisée.

Un donne le nom de plasticité à la propriété qu’a la matière vivante de refaire ses parties et ses humeurs, par une espèce de chimie vivante.

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