AYANT-PROPOS
Les Elèves en Médecine pour lesquels je me suis chargé de faire ? chaque année y un Cours spécial sur la Médecine dentaire 9 m’ont , à plusieurs reprises y demandé de faire imprimer mes leçons y afin de posséder un Traité général des Maladies de la bouche et
des dents. Je me suis occupé ? en conséquence y du plan de cet important travail j mais aussi-tôt qu’il fut arrêté ^ je m’aperçus ? à mon grand regret, qu’il me manquait beaucoup de matériaux que je ne pouvais obtenir que du tems 9 de l’expérience y de la bonne volonté des savans chirurgiens et médecins en chef des grands hôpitaux 9 et sur-tout de la bienveillance des hommes philantropes auxquels le Roi confie le soin, et le soulagement des Indigo ns.
La plupart des ouvrages que nous possédons sur Fart du Dentiste P ne
jj Avant - propos.
peuvent être considérés que comme des abrégés qui, d’ailleurs, ne sont point en parfaite harmonie avec nos connaissances physiologiques actuelles.
Les Journaux de Médecine renferment des trésors , mais il faut les trier parmi une foule" d’autres : ce qui demande beaucoup de recherches.
Toutes ces considérations m’ont donc déterminé à publier mon travail non en un corps d’ouvrage , mais par parties , et à mesure que chacune sera mise au complet. Ainsi, après ce Traité de la seconde dentition , j’en mettrai un sous presse , où je m’occuperai de la Mécanique Dentaire et des palais artificiels , attendu que j’ai réuni tous les matériaux nécessaires à sa composition.
Tandis qu’on imprimera celui ci , j’en achè verai un qui est très-avancé , et dans lequel je traite des maladies des dents et de diverses affections des gencives, et où seront indiqués les moyens thérapeutiques et les opérations qu’elles réclament.
A V A N T - P R O PAS, iij
An fin ^ aussi- tôt que j "aurai p i [ s’assembler assez de faits , tirés soit de ma pratique , soit de celles de nies confrères . je donnerai un volume sur les grandes maladies de la bouche.
Tel est le projet que j’ai formé : ne désirant rien tant que de pouvoir le conduire a une heureuse fin , j’y consacre sans relâche ceux de mes momeus
J A S-' vi. >
qui ne sent point employés à i 'exercice de ma profession ? et je tâche en outre d’intéresser à son exécution les hommes de Part qui peuvent me fournir des renseigne-
mens ; puisque c’est ainsi seulement qu’il me sera possible de vaincre les difficultés que présente cette dernière partie de mon travail.
Je joindrai, à chaque volume 7 un certain nombre de figures représentant les nombreux sujets dont j’aurai à parier ; elles seront exécutées avec la même fidélité que celles qui sont jointes à celui-ci. Ce n’est point un luxe déplacé dans ries livres de cette nature ; car les descriptions présentant toujours de l’aridité , onthe-
it
fy Avant - propos.
soin d’être soutenues par des moyens qui parlent plus sûrement à l’imagination du lecteur. Les gravures augmentent, il est vrai , le prix d’un ouvrage : mais celui qui , en le publiant , n’entend point faire une spéculation de librairie 9 et dont tous les efforts tendent à être de quelque utilité tant à ses élèves qu’à ses confrères , trouve dans la reconnaissance des uns ^ et dans l’estime des autres ? un dedommagement suffisant des peines qu’il s’est
données.
Le médecin qui , après avoir acquis les connaissances générales de son art , se livre spécialement à l’étude d’une seule branche , s’aperçoit bientôt qu’elle est susceptible d’une grande extension.
Chaque jour il trouve quelque chose de nouveau là ou ses devanciers croyaient qu’il serait impossible de pouvoir ajouter. Combien ne doit-on pas de decouvertes à ceux qui cultivent une seule partie?
Combien d’autres , sont encore réservées à ceux qui suivront la même marche?
Oue de secours la médecine n’a-t-elîc
Avait - propos.
pas reçus , même de l’empirisme pur et simple? et que ne doit -elle pas en attendre maintenant qu il peut être éclairé par le flambeau de la physiologie ?
L’Odontotechnie , après avoir été connue des anciens , tomba dans l’oubli pendant les tems de barbarie ; et certes , c’est une des branches de l’art médical qui s’y est trouvée plongée le plus longtems 5 elle n’en fut retirée que pour être exploitée par les mains spéculatrices du plus honteux charlatanisme , dont quelques gens instruits ne l’ont enfin arrachée qu’avec lenteur et difficulté.
En effet ce n’est que depuis une soixantaine d’années, que plusieurs chirurgiens ont eu le courage de s’élever audessus des préjugés du vulgaire, afin d’ouvrir une nouvelle carrière à leurs successeurs. Néanmoins , et malgré les écrits de divers savans dentistes modernes , cette partie est restée le partage de quelques initiés ? au milieu desquels certains profanes ignorans se glissent furtivement, sans que la police médi-
VJ Avaït-propos,
cale y mette obstacle, De-3à , le petit nombre de bons chirurgiens-dentistes , et 3a grande quantité de ceux qui n'ont rien de commun avec eux , qu’un titre qu’on obtient trop facilement.
Ces abus étant signalés , il serait digne du gouvernement de les arrêter, en ouvrant enfin aux élèves , dans le sein même des facultés, des moyens d’instruction sur diverses brandies de Fart, pour lesquelles il n’y. a pas de cours publics:
tels que V odontotechnie > les maladies des y eux , qui forment des parties susceptibles d’être exercées spécialement; ce que l’expérience a confirmé depuis si long-tems.
Si ce vœu , formé jadis par le savant Fauchard 7 renouvelé par plusieurs Chirurgiens-Dentistes modernes, émis encore aujourd’hui par les Etudia ns et par tous ceux qui mettent les progrès de Part , et le soulagement de l’humanité au-dessus de quelques intérêts particuliers , que cette institution pourrait
Avant - propos. vij léser (1)5 si ce vœu , dis-je, venait à être exaucé, on verrait bientôt dans chaque ville de France, des hommes instruits , qui , connaissant parfaitement les maladies de la bouche et des dents , pourraient, en conséquence^ les traiter avec plus de succès qu’on ne le fait, surtout dans les provinces.
La partie de la médecine qui s’occupe des affections de la bouche et des dents ,
(i) On dit qu’il entre dans le plan de la loi que le gouvernement préparé sur l’exercice de la médecine , pour réprimer les abus auxquels a donné lieu celle du 10 ventôse an 11 d assurer a chacun des Professeurs des facultés, un traitement fixe et honorable, et qu’ils n auraient plus de gratifications sur les produits des réceptions. S’il en est ainsi, espérons que l’instruction médicale des élèves pourra enfin recevoir son complément au moyen de deux ou trois cours, très-nécessaires, et vivement désirés : car alors la gloire de l’art ne se trouvant plus en opposition avec les intérêts de quelques individus , l’enseignement retrouvera les protecteurs naturels qu’une institution vicieuse lui a fait perdre.