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est une mine féconde , renfermant des richesses dont la plupart des praticiens sont loin de soupçonner la valeur : elles n’attendent pour être exploitées , qu’un observateur habile qui sache les apprécier.
Les dents ne sont point des corps inorganiques , ainsi qu’on le dit dans un grand nombre d’ouvrages de physiologie ; elles sont douées de presque toutes les qualités de nos autres solides. La constitution , le tempérament , les maladies influent sur leurs affections , et de cellesci peuvent naître , dans l’organisme , des lésions graves dont la cause ne doit pas être ignorée des médecins.
Une séméiologie compîette de la bouche nous manque , et j’avoue que , pour l’entreprendre, il faut réunir plus de talens et d’expérience que je n’en ai encore acquis ; d’ailleurs elle renferme deux parties bien distinctes , susceptibles d’être traitées isolément. Une d’elles est déjà passablement connue des médecins; c’est
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celle qui s’occupe des signes qu’on peut tirer de l’inspection de la bouche , dans un état manifeste de maladie aigue :
cependant les ouvrages qui en traitent ex professo > renferment des lacunes que leurs auteurs combleront assurément dans leurs éditions subséquentes j et peut-être trouveront-ils dans l’article que je consacre à la séméiotique, quelques remarques dont ils pourront tirer parti.
Une autre portion de la séméiologie traite des signes qu’on peut tirer de l’examen de la bouche , dans cet état relatif à chaque individu, qui est désigné collectivement sous le nom de santé . C’est à l’étude de celle-ci que je me suis livré. Pour se la rendre familière, il faut s’y exercer long-tems , en comparant un grand nombre de sujets , non-seulement avec d’autres, mais encore avec eux-mêmes. Après les avoir vus enfans, il faut les suivre jusqu’à l’âge viril pendant ce tems , on tiendra note des dérangemens ou des améliorations que leur constitution aura éprouvée , etc.
Ayant - propos.
Les renseignemens qu’on obtient d’un grand nombre d’observations de ce genre? apprennent à reconnaître par l’inspection de la bouche , quelles ont été les maladies auxquelles les sujets qui consultent aujourd’hui y ont été plus disposés dans leur jeunesse. On trouvera à la lin de ce Traité un aperçu de ce genre de semeïotique qui est trop peu connu.
Mais qu’il est loin d’être parfait ! et combien je regrette que 9 retranché dans les limites étroites de mon peu de savoir y je n’aie pu qu’ébaucher un sujet digne de la plume d’un Pinel , ou d’un Halle! Je dois donc m’excuser en quelque sorte de l’avoir entrepris , en avouant que je ne l’ai fait que par déférence pour les élèves qui ont occasion de vérifier à P hospice des Orphelins ce que je leur en dis dans mon cours.
Au reste , je n’annonce point ici une découverte toute récente ou qui m’appartient , j’y ai seulement ajouté quelques choses* je les soumets au jugement des hommes de Fart . en leur avouant que
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j'ai recueilli divers notes qui m’ont servi à composer l’article dont il est question , dans les ouvrages de médecine anciens et modernes , où il en est dit çà-et-là quelques mots : cependant c’est plus particulièrement dans les écrits de plusieurs de nos dentistes les plus estimés, qu’on trouve rassemblée une partie des matériaux à Faide desquels on peut composer ce genre de séméiotique.
Ainsi B unon y Fauchard y Bourdet ont signalé les érosions des dents comme des signes certains que l’enfant a éprouvé une maladie grave à une des époques de la dentition.
Mahon a dit que la couleur des dents indiquait la constitution non-seulement des enfans , mais même donnait des indices sur celle de leurs pères et mères.
Laforgue , dans ces derniers tems , a porté son attention sur la couleur du sang artériel examiné au travers des vaisseaux capillaires des lèvres. Ayant feuilleté tout ce qui a été écrit avant lui ,
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il a donné une séméiotique buccale qui me semble avoir été trop mal-traitée par les critiques : car , de ce que cet ouvrage contient beaucoup d erreurs 7 s'en suit-il qu’il n’y ait rien de bon?
Après avoir vérifié tout ce qui m’a paru bien établi par mes devanciers , je me suis aperçu qu’il restait encore à glaner dans le champ où ils avaient moissonné ? car ils ont omis de porter leur attention 5 i°. Sur l’état de la salive qui est plus ou moins muqueuse j 20. Sur celui des gencives qui varie suivant les constitutions ; 3°. Sur la nature et la formation du tartre , et sur les causes de l’abondance de ce calcul par suite de certaines affections locales , ou résultant du tempérament 5 4°- Sur les lésions primitives aiguës ou chroniques de la muqueuse générale de la bouche 7 et sur les ehangemens qu’elle éprouve consécutivement aux altérations de certains organes splanchniques.
En dirigeant mon attention vers ces differens sujets 7 j’y ai découvert des motifs
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de méditation sur lesquels les auteurs les plus recommandables d’ouvrages de séméiotique générale ? ne se sont point arrêtés.
D’un autre côté 7 les changemens qui surviennent dans la nuance et la solidité des dents , dans la couleur et la consistance des lèvres et des gencives ; la différence de quantité et de qualité du mucus buccal 7 etc. , pendant le cours des maladies aiguës ou chroniques , pourraient également donner lieu à des considérations d’une certaine importance
pour le diagnostic et le pronostic
Mais c’est à ceux qui se livrent à la grande médecine 9 qu’il appartient de se livrer à ce travail y parce qu’eux seuls se trouvent en possession des moyens de les étudier.
De même c’est parce que les chirurgiensdentistes se trouvent journellement dans une position favorable pour s’occuper de la partie de la séméiotique dont je tracerai quelques lignes 7 qu’ils sont les
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premiers qui aient écrit spécialement sur ce sujet ; car 9 visitant un grand nombre de bouches ? et voyant souvent les mêmes personnes ? ils doivent nécessairement remarquer dans les divers organes soumis à leur inspection ? des changent en s plus ou moins frappans qui les conduisent à la recherche des causes productrices. J’en dirai autant des qualités physiques du sang artériel « vu à nud ? ou au travers des capillaires des lèvres , etc.
Pourquoi donc quelques écrivains renommés ont-ils déposé leur gravité ordinaire pour tourner en plaisanteries des faits qui méritaient d’être vérifiés sérieusement? Pourquoi d’autres «, au lieu d’adresser aux dentistes mie sage et paternelle critique leur ont -ils prodigué d’injurieuses personnalités ? . . . . Qu’importe le titre légal de celui qui fait une découverte? N’est-elle pas même le plus souvent due au hasard ? et si quelque individu , doué du génie de l’observation 9 en fait d’utiles a l’humanité ? ne serait-
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ce pas le comble de l’orgueil ou de la folie y de les récuser sans examen?
Ainsi donc , en réfléchissant que la médecine-dentaire est une partie à laquelle peu de savans se sont livrés jusques-ici? ne peut-on pas appliquer à ceux qui s’en occupent ce que Sprengel a
dit des Grecs commençant à se livrer
à l’étude de l’art médical ? « Qu’ils
» peuvent faire des progrès d’autant plus grands qu’ils ont plus de liberté » dans leurs pensées ? et que leurs recherches ne sont point limitées par >> des idées reçues . »
Les ouvrages de Fauchardy de Bimon^ de Jourdain , de Laforgue y de Duval, et de beaucoup d’autres y même moins renommés ? renferment d’excellentes choses 9 qui y si elles avaient été connues des nosologistes et des physiologistes , leur eussent épargné de commettre des erreurs et de laisser exister des lacunes remarquables dans leurs traités. Il est donc fâcheux qu’ils aient négligé ou dédaigné daller puiser a ces sources naturelles:
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car l’art de guérir est immense , il ressemble à un fleuve alimenté par un grand nombre de rivières dont une seule ne peut être détournée qu’au préjudice des navigateurs. En conséquence , c’est à ceux qui prétendent à l’honneur de l’enrichir ou de veiller sur son intégrité , d’y ramener jusqu’au moindre ruisseau.