partie
partie de l’ellipse soit susçeptr le cPagrandissément. Il ne faut qu’être observateur pour le reconnaître, fl est manifeste chez tous les enfans dont la dentition secondaire se présente favorablement, je Fai remarqué sensiblement dans un grand nombre de cas, et on ne peut en donner de preuves plus certaines, que l'écartement des dents temporaires, qui a lieu de cinq à sept ans. Ceux sur lesquels il ne s’opère pas, sont menacés d une seconde denture irrégulière. D’après cette observation pratique, on sent que quels que puissent être le zèle , le talent et la prudence du chirurgien , lorsqu’il s’est chargé d’aider l’arrangement régulier des arcades dentaires, lors du renouvellement des dents, il ne peut pas toujours réussir dans cette entreprise ; parce qu il se trouve quelquefois contrarié , soit par une disposition innée des mâchoires de l’enfant, soit par un manque de développement, soit parla sortie intempestive de quelques dents, soit par leur trop grande largeur, soit enfin parce que l’évulsion prématurée de quelques-unes aura été faite.
Il est donc très-essentiel de savoir que la, mauvaise configuration de la denture peut être occasionnée : ï°. Par un vice de conformation des mâchoires; 2°. Parleur simple défaut dç
développement dépendant de la santé de l’enfant ; 5°. Par un excès des dimensions de toutes les dents, quoique les mâchoires soient d'ailleurs bien conformées ; 4°. Par le développement
rapide de la dentition d’une mâchoire , et par le retard de celle de l’autre ; 5°. Enfin par la trop grande largeur des dents d’une mâchoire qui ne sont point en harmonie avec celles qui leur sont opposées*
Ces diverses configurations , tant de la mâchoire que des dents, sont susceptibles de variétés que l’expérience seule peut faire distinguer* II me semble que c est faute de les avoir
Suffisamment étudiées, que tant de dentistes ont adopté une uniformité de pratique qui tient de la routine.
Je ne parlerai pas ici de la déviation des dents, et qui dépend d’un défaut congenial des mâchoires; on sent que cette défectuosité appelée bec de lièvre , dans lequel la voûte palatine est souvent divisée, l’entraîne nécessairement : j’observerai seulement que dans 1 opération que cette lésion nécessite , le chirurgien doit avoir en vue non-seulement de rétablir la continuité deslevres, mais encore de régulariser, autant que faire se peut, l’arc dentaire.
Une des deux mâchoires peut etre conformée d'une manière vicieuse , mais quelquefois
elles le sont lune et 1 autre* la supérieure pèche dans ses formes , i°. Lorsque l’arcade alvéolaire est comprimée sur les côtés , et que la partie antérieure se porte trop en avant. Cette prédisposition est souvent accompagnée de la déformation des os du nez , qui sont serrés et forment le bec de perroquet. Le palais , au lieu de dessiner une voûte arrondie , présente une espèce de triangle, ainsi que les arcades d architecture gothique. ( 52.) Cette
conformation détermine le rapprochement des dents antérieures qui se groupent lors de leur sortie ; je 1 ai plus d unë fois observée dans toute une famille où elle semblait héréditaire. 2°. Le palais peut être mal conformé en sens inverse , et présenter une voûte très - applatie et trop spacieuse , mais alors l’arrangement des dents iî en souffrira point ; car, au lieu de se presser, elles seront écartées les unes des autres. Je remarquerai ici, encore une fois, que les rachitiques nés ont presque tous un palais trèsbeau ; ce qui atteste que le rachitisme ne nuit point au développement des os des mâchoires, ni a ceux qui s’y trouvent renfermés.
Les vices de la mâchoire inférieure sont de même sorte ; ou elle est comprimée sur ses parties latérales, et alors les dents antérieures se pressent et se placent les unes au-devant
des autres ; ou bien le cercle qu’elle décrit est trop grand , ce qui fait que les dents inferieures s’avancent , soulèvent la lèvre et croisent les incisives et les conoïdes supérieures en passant au-devant d’elles , lorsque labouche est fermée, ainsi que cela a lieu dans la denture des dogues. Cette prédisposition est aussi très - souvent héréditaire dans quelques familles. Elle est assez fréquente chez divers peuples, par exemple les Anglais , les Ecossais, etc. etc. Labouche Fannonce dès la plus tendre enfance , elle est aussi le partage de quelques sujets chez lesquels l’ossification générale s’opère avec difficulté, tels que les enfans d’un tempérament très-muqueux ; quelquefois la deuxième dentition , en déterminant un heureux afflux de sucs osseux vers les mâchoires , le diminue ; mais le plus souvent elle l’augmente. ( P . fig- 41* )
Ainsi qu’on le voit , les vices de conformation sont plus ou moins prononcés , et sont relatifs au développement fautif de l’une ou de l’autre mâchoire , ou meme de toutes les deux ensemble.
Le vice de configuration de la denture peut simuler celui de conformation de la mâchoire, mais l’habitude d’observer, empêchera le chirurgien de s’y tromper.
C’est ainsi que les dents inférieures sortant
beaucoup plutôt que les supérieures, ou bien étant trop larges , l’agrandissement rapide de la mâchoire diacranienne permettra aux incisives de se porter en avant.
Pendant ce tems, la mâchoire supérieure est restée oisive , les dents incisives s’y montrent enfin : mais celles d’en-bas qui les rencontrent à chaque occlusion de la bouche , les repoussent continuellement en dedans : de - là il résulte , soit une denture supérieure rentrante ou une denture inférieure saillante , qu’il est très-essentiel de distinguer de ce vice de conformation qu’on appelle menton de galoche. ( V oyez fig. 36. ) On peut remédier aux unes, tandis qu’il pourrait être dangereux , ou au moins inutile, de tenter de corriger ce dernier.
J ai d’autant cru devoir fixer l’attention sur ce sujet , que la plupart des auteurs ne s’y sont point suffisamment arrêtés. M. Du val en a parlé , et quoiqu’il se soit trop peu étendu sur ce point , on ne le consultera pas sans intérêt (i).
Au reste, les défauts de conformation réels sont assez rares. Les mâchoires peu\ent être très-bien conformées , et le palais présenter une voûte bien arrondie ; la mâchoire i? dé-
fi) Voyez le Dentiste de la Jeunesse, page 92.
rieure peut décrire un arc de cercle agréable , et les dents ne pas pousser plus larges que dans Fétat ordinaire; et cependant elles se placeront irrégulièrement. Là , il n’y a qu’un simple manque de développement , sans vice organique.
De même les mâchoires peuvent être suffisamment développées , néanmoins les dents sont mal rangées; dans ce cas, la largeur ^ plus qu’ordinaire ou contre nature de ces petits os, cause l’irrégularité de la denture (i), ( Voyez fig. 45.) Ici toute traction exercée sur ces organes serait imprudente , si préalablement on n’en facilitait l’arrangement en usant de la lime, si les couronnes seulement sont trop larges, et que les racines n’aient qu’un volume ordinaire ; ou bien en sacrifiant une des dents hors de rang, si les couronnes et les racines sont également trop grosses. Nous reviendrons sur ces points de pratique , en traitant de la méthode naturelle de diriger l’arrangement de la denture , à l’époque de la mue.
(ï) J’ai observé souvent des dents très-larges sur les enfans scrophuleux.
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Di sti notion clés Dents en deux classes $ Vune dite de lait, ou temporaire ; Vautre appelée adulte ou persistante. — Epoque du changement des dents appelé mue. — Erreur de ceux qui croient à une troisième dentition.
Doit-on s’étonner de ce que les anciens aient fait et répété des contes absurdes sur la dentition ; quand on réfléchit que même dans ces derniers tems , les auteurs modernes de physiologie , ne se sont nullement donné la peine de signaler les diflérences physiques auxquelles on distingue les dents appartenantes à rime ou à l’autre dentition? Des erreurs préjudiciables sont donc inévitables , si on néglige d’étudier les caractères propres, non-seulement à chaque classe de dents , mais encore à chacune des séries dont elle est composée. Les irrégularités de Yodontocie ne sont pas moins d’une connaissance indispensable. Il en est de meme du nombre, car Bichat (i) , pour avoir copié Bertin 9 a écrit mal-à-propos, que la première molaire temporaire doit être remplacée par deux bicuspidées. M. Baumes s’est également trompé.1
(i) Bichat ( Anat, generale , pag. 91 à 97 ) a accordé
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J essayerai donc de remplir les lacunes qui existent à ce sujet , dans la plupart de nos livres élémentaires: ainsi, chaque mâchoire d’enfant est garnie jusqu’à cinq ans et demi, environ, de dix dents quon appelle de la.it ^ mais qui sont mieux nommées temporaires , ou caduques (i), parce qu’elles sont remplacées par autant d autres. Ce changement a été désigné sous le nom de mue .
La couleur des dents primitives lire ^énérâlement sur le blanc bleu. Le volume des six antérieures est, d’ordinaire, moins considérable que celui d nu même nombre des plus petites dents d adultes. Leurs bords Iranchans sont plus minces, leurs couronnes sont plus
le nombre de 2,z£ dents à la première dentition ? il y a pai conséquent compris les premières molaires permanentes , qui appartiennent à la deuxième ? et qui sortent vers cinq ans et demi. En admettant trois molaires caduques de chaque côté, il commet non - seulement une eueur, mais il est en contradiction avec lui-même , car dans un endroit il admet douze dents temporaires à chaque mâchoire; tandis qu’un peu pi us bas il reconnaît que huit seulement doivent être remplacées. Il eut évité celte méprise , en consultant les ouvrages des dentistes, (ï) Eai vu , trois ou quatre fois ? une dent surnuméraire de première dentition , ce qui est excessivementrare. J’ai vu encore quelques exemples d’enfans auxquels il manquait une ou deux incisives temporaires.
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arrondies , et plus ramassées. Les quatre mo^ laires de lait n'ont point la forme des quatre bicuspidées , par lesquelles elles doivent être remplacées ; elles ont plutôt quelque ressemblance avec les molaires d’adultes; mais leur surface ne présente point les mêmes dessins. La première a trois pointes du côté de la langue , et deux du côté drs joues. Cette dent semble comprimée de dehors en dedans. La deuxième est plus arrondie , et offre cinq pointes, dont trois en dehors, et deux en dedans. Le côté de ces deux dents, qui répond aux joues, est applati, et incliné d’une manière remarquable ; près le collet on aperçoit une espèce de gibbosité.
Ces dents ont deux racines très-fortes, et très-écartées à la mâchoire inférieure ; elles en ont trois à la mâchoire supérieure. La première de ces molaires , c’est-à-dire , celle qui est la plus proche de la conoïde , étant d’environ un tiers moins volumineuse que celle qui la suit, a déterminé quelques auteurs à reconnaître une petite et une grosse molaire de première dentition; distinction juste, mais qui a fait commettre des fautes par ceux qui ne l’ont pas bien comprise. Ces dents, ainsi que les conoïdes, sont sujettes à ne pas être renouvelées au tems ordinaire de la mue , et dans ce cas 2
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elles persistent souvent un grand nombre d’années. Il est donc très-essentiel de bien connaître les caractères qui les font distinguer des dents d’adultes, afin d’éviter des méprises fâcheuses dans la pratique.
L’Ecluse (i) a prétendu que les dents dites de lait, n’étaient pas sensibles, et que si les en fa ns y éprouvent quelque douleur, elle a son siège non au ganglion , mais au périoste qui s’est enflammé par quelque cause. Un auteur moderne assure également aujourd’hui , qu’étant arrivées à une certaine époque , les dents temporaires cessent d’être placées sous l’influence nerveuse, par V étranglement du filet qui s Jy porte, J ai dû chercher, plus d’une fois, à m’assurer si ces suppositions avaient quelque fondement, parce que dans toutes les recherches que j’ai faites à ce sujet, tant seul qu’assisté d’élèves intelligéns , nous avons constamment suivi, jusqu’à l’epoque de la mue , les nerfs qui se rendent à la classe des dents temporaires.
Quoique l’examen anatomique eût pu me suffire , j’ai voulu convaincre tous les jeunes gens qui suivent mon cours; en conséquence, j’ai fait , à deux reprises différentes , et en pré-
(i) Page n 4*
sence de ceux qui se trouvaient à ma visite des Orphelins , les deux expériences décisives ci-après , et que Ton peut facilement répéter.
i°, J’ai enfoncé un stilet très -fin dans le canal central de plusieurs dents temporaires attaquées de carie ; à l’instant même la douleur qui a été ressentie par l’enfant , m’a déterminé à faire l’évulsion de la dent.
2°. Sur divers autres, de six à sept ans, j’ai coupé avec une pince tranchante quelques dents incisives, de manière à mettre à découvert le ganglion: ensuite, soit que j’aie fait laver la bouche avec de l’eau froide, soit que j’aie irrité le nerf avec un stilet, ou que j’aie appliqué dessus un peu de nitrate d’argent, j’ai déterminé beaucoup de douleur. Donc, elles sont sensibles , donc elles continuent à recevoir des nerfs jusqu’à Fépoque de leur chûte.
Toutefois on rencontre , de teins à autre , des dents temporaires dont les nerfs et les vaisseaux ont été étranglés ,*et même absorbés par les membranes de la dent de remplacement; mais cela n’est qu’accidentel, et ces dents sont d’une couleur bleuâtre remarquable.
Les dents adultes, ou d’adultes, composent la seconde dentition, les dix antérieures de cette classe forment un ordre de dents appelées
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remplaçantes, parce qu’en effet elles succèdent à la classe entière des temporaires.
Les dents molaires d’adultes composent celui des permanentes ; celles - ci ne poussent qu’une seule fois , elles n’exigent la chute d aucunes dents pour se placer , et si une d elles est enlevée 5 il n’en revient point ordinairement une autre. Je dis ordinairement, parce qu il pourrait arriver qu’un germe surnuméraire se rencontrant entre ses racines , donnât naissance à une nouvelle dent qui se montrerait dans la suite.
Mais ces exemples sont excessivement rares , et quoiqu’on en ait cité beaucoup , le plus grand nombre me paraît apocryphe , et mérite peu de confiance , étant d’ailleurs rapportés pas des hommes , qui, quoique très — savans, étaient néanmoins étrangers à Fart du chirurgiendentiste.
Chaque classe est composée de plusieurs séries dans lesquelles on range les dents de même espèce. Leurs noms leur viennent, soit de leurs usages , soit de leurs formes. Ainsi , les quatre dents antérieures sont appelées incisives ou cunéiforme s , parce qu elles sont taillées en biseau. Pour la mâchoire supérieure, on les distingue en grandes ou centrales y et en moyennes ou latérales .
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 la mâchoire inférieure , ces dents sont appelées petites , mais, par une singularité remarquable , les latérales sont les plus larges , même chez les animaux. Celles qui sont placées après les cunéiformes , Cuit reçu une foule de noms dont les plus ordinaires sont ceux d angulaires j parce qu’elles se trouvent a-peu-près vers l’angle des lèvres ; d'œillères , parce quelles sont placées sous l’angle des yeux; de canines 5 parce qu’on les a comparées a celles des chiens ; de lanières , parce que dans les carnivores, elles servent à déchirer leur proie; enfin on les appelle encore cuspides ou colloïdes ? dénominations qui me paraissent etre les meilleures. Ces dents sont plus bombées que les cunéiformes y ou incisives» Viennent ensuite les petites ou semi-molaires, mieux appelées hicuspidées , parce quelles sont années de deux pointes ; elles diffèrent donc beaucoup des molaires de lait qu’elles ont remplacées. Enfin on appelle molaires ou machelieres , celles qui suivent. Celles - ci ont encore reçu le nom de quadricuspidées , par rapport aux quatre éminences qu’on remarque sur leurs couronnes. En général cette série de dents présente une surface quadrilataire dont les angles sont arrondis ; leur côté labial , et celui qui répond à la joue , sont arrondis.
La marclie suivie par la nature , dans la première odontocie , n’est pas toujours la même pour la deuxième ; ainsi, dans l’une, les bieuspidées seront sorties avant les conoïdes ou canines, et dans l’autre, elles pousseront après. La première dentition peut encore s’être ter-* minée de bonne heure , et la deuxième être tardive , et vice versa . Elles sont donc absolument indépendantes l’une de l’autre. Ainsi un enfant qui a eu de fort mauvaises dents temporaires , peut avoir d’excellentes dents & adultes. C’est encore le lieu d’observer que les dents primitives sont rarement mal rangées, tandis que celles de remplacement le sont trèsfréquemment. D’après la connaissance du développement des dents, au moyen de germes , on voit que ce n’est pas parce qu’on ôte une temporaire y qu’il en poussera une & adulte ; mais que l’absorption et la chute naturelle de la première n’arrivent qu’au tant que la secondaire se développe ; de sorte que , s’il n’en est pas ainsi, la primitive peut rester en place pendant toute la vie, ce qui fait qu’on en rencontre de tems à autre sur des personnes d’un âge très-avancé. Mais de même que les feuilles qui n’ont point quitté l’arbre à l’automne, se fanent et jaunissent, ainsi les dents temporaires restées en place au - delà du
troisième ou quatrième lustre, perdent cette blancheur qui en faisait le charme ; nées pour être remplacées à une époque déterminée, la nature semble , lorsqu’elle est passée, ne leur accorder qu’à regret une très - petite quantité de sucs nourriciers. Il est facile de s’apercevoir maintenant, que c’est au séjour prolongé et à la mue tardive de quelques-unes de ces dents , qu’est due l’erreur ridiculement, accréditée cl* une troisième dentition.
La mue des dents étant une loi de notre organisation , l’homme de l’art appelé pour diriger l’arrangement des dents adultes, doit avoir une connaissance exacte des faits physiologiques dont nous venons de donner l’esquisse. Il doit savoir agir à propos ; mais plus souvent encore il restera tranquille spectateur , afin de ne pas contrarier la nature par des opérations douloureuses et inutiles.
Il est quelques époques de la vie , destinées à voir s’opérer certains phénomènes : ainsi la respiration s’établit à la naissance; les dents temporaires sortent dans les deux premières années ; puis elles muent dans le cours du deuxième et du troisième lustre ; la menstruation ne s'annonce assez fréquemment que lorsque la dentition est terminée , etc.
Ce sont les premières dents molaires, ou
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permanentes , qui donnent le signal de la mue / elles sortent ordinairement de cinq à six ans * elles sont rarement plus tardives , et se placent à la suite des dents temporaires. C'est ainsi que, prévoyant à tout 5 le créateur donne de nouvelles dents avant de nous priver de celles du jeune âge. Mais la mue de quelques temporaires peut avoir lieu bien avant la sortie de celles de remplacement; cela dépend du développement. quelquefois très - précoce des absorhans qui entrent dans la composition de l’appendice de la matrice dentaire ; ce n’est qu’une particularité, car, dans le plus grand nombre des sujets, la mue d’une temporaire est suivie de près par Y odontocie de celle qui doit la remplacer. Et, quoique la sortie de chaque série de dents soit susceptible de variétés, on peut distinguer trois ordres naturels dans Y odontocie de remplacement, quelquefois l’époque à laquelle elle commence.
Premier ordre ; quelquefois dès l’âge de cinq ans, mais plus ordinairement de six à huit ou même à neuf, suivant la force de l’enfant, deux incisives centrales temporaires muent d’abord à la mâchoire inférieure, pour être remplacées par deux nouvelles. Ensuite, tombent les centrales temporaires supérieures , dont deux autres occupent bientôt l’emplacement.
Les
Les incisives latérales inférieures suivent celles-ci , elles le sont à leur tour par les latérales de la mâchoire supérieure : mais elles n’alternent pas toujours ainsi.
Après l’éruption de ces dents , il y a un repos plus ou moins long , et qui est même souvent de deux ou trois ans. Puis , vers l’âge d’environ neuf, dix, douze et même quatorze ans , les premières bicuspidées de l’une et de l’autre mâchoire , chassent les premières ou petites molaires de lait; ensuite viennent les deuxièmes bicuspidées qui déterminent la mue des deuxièmes molaires temporaires. Enfin les Conoïdes , ou canines d’adultes , s’emparent de la place des primitives du même nom, ( r. fig. 28 et 29. )
Dans cet ordre il y a une variété qui consiste en ce que, quelquefois, les deuxièmes bieus-* pidées ne sortent qu’après les conoïdes.
Le second ordre naturel ne diffère du premier qu’en ce que la conoïde ou canine sort avant la première et même la deuxième bi- Cuspidée. ( V. fig. 3o. ) — Zc troisième ordre consiste dans la sortie instantanée des conoïdes et des bicuspidées. ( V. fig. 5i.)
Le premier ordre me paraît être le plus fréquent. Le deuxième ensuite. Quant au troisième , il l’est infiniment moins.
Les deuxièmes grosses molaires ou quadricuspidées j viennent ordinairement aussi-tôt que les conoïdes sont en place, c’est-à-dire, vers l’âge de douze ans. Mais il arrive , de tems à autre 5 qu’elles les devancent. La sortie des dents présente encore de fréquentes irrégularités; quelquefois on voit des sujets de dix à douze ans ? dont un côté de mâchoire n’a pas encore mué, tandis que de l’autre, toutes les dents sont renouvelées. La ligne médiane sépare alors , dans la même bouche , la première dentition de la deuxième , qui se trouvent réunies. Chez certains, une partie des dents d'une mâchoire est sortie , tandis qu’à l’autre rien ne les annonce. A l’hospice des Orphelins où une grande quantité d’enfans est soumise à mon examen, j’ai vu des bicuspidèes venir à sept ans , et les incisives ne sortir qu’à douze , etc. etc.
En général, j’ai observé que Tune et 1 autre dentitions sont plus précoces sur les enfans sujets à quelques maladies dont le siège est à la tète , tandis qu’elles sont plus tardives sur ceux qui ont des affections muqueuses et mésentériques.
La classe de dents adultes se compose de vingt - huit dents chez une certaine quantité il individus ; cependant chez le plus grand
nombre il en survient encore quatre de la dixîmitième à la vingt-quatrième année ; mais leur sortie est par fois très-retardée , puisque Ton a occasion de voir quelques personnes qui ne les ont eues qu’après soixante ans, et mêmô beaucoup plus tard (Y),
singu-
ïièrement sur la physionomie , car c'est à mesuré seulement qu’il s'opère y que les os maxillaires s'étendent davantage , que l’angle de l’inférieur et la tubérosité du supérieur se portent plus ou moins en arrière , et que le diamètrje perpendiculaire de la tête acquiert plus dë hauteur.
Quelle différence entré la bouche de l’enfant de cinq ans et celle de celui de huit ou neuf ; Tune est arrondie et gracieuse , l’autre semble avancée et d une grandeur extrême. Eu effets la sortie assez rapide des six à huit dents antérieures apporte un changement presque subit dans la physionomie. Le développement des bords alvéolaires s’opère avec tant de promptitude, qu’il ne semble plus y avoir d’harmonie entre les os maxillaires et ceux du reste de la face.
Aussi , à l’époque de la deuxième dentition ,
Le développement des dents influe
(i) Voilà encore une irrégularité qui a fait croire à nue troisième dentition»
l’expression enfantine se perd-elle pour prendra celle de l’adulte , l’angle facial , au lieu d’etre si ouvert , devient plus alongé.
On remarque un changement aussi frappant * lorsqu’après avoir eu toutes ses dents, une per-* sonne s’en trouve privée rapidement; car* non - seulement les brèches qui en résultent sont désagréables pour la prononciation, mais encore elles déterminent la déformation des traits du visage. Le volume des dents de deuxième dentition est très-variable , il n’est point dans l’espèce humaine proportionné à la force des individus. Ainsi, on voit des gens très - robustes avoir de très - petites dents* tandis que des êtres chétifs en ont d énormes. L’examen des dents, sous ce rapport, pourrait donner lieu à des considérations physiologiques intéressantes; mais ce serait m’écarfcer de mon sujet, que d’en traiter ici. Voyez les fig- 20 , 29 , 5o , etc.
Il se rencontre quelquefois des personnes dont la voûte palatine et la mâchoire inférieure sont grandement développées, tandis que leurs dents sont très-étroites, de sorte qu’entre chacune d’elles , il reste un espace remarquable ; c’est un petit désagrément auquel nous ne devons pas chercher à remédier.
Quoique la bouche de l’homme soit ordinalrement garnie de vingt-huit ou de trente dents , cependant il arrive que quelques germes de dents (¥ adultes ne se développent pas, ou bien qu’ils ne le font que tardivement. Dans ce dernier cas, l’appareil absorbant détruit également la temporaire sus ou sous-jacente, qui n’a pas mué. Les conoïdes, les bicuspidées , et les petites cunéiformes , ainsi que je l’ai déjà dit, offrent le plus fréquemment ces bizarreries. J’ai eu occasion de voir beaucoup de personnes âgées , auxquelles il est poussé des dents tardives; notamment une dame de soixante-dix ans , dont chaque mâchoire a été gratifiée de quatre excellentes dents , après la chute de toutes les autres. C’étaient les conoïdes qui n’étaient pas venues à lage de l’adolescence , ainsi que celles de sagesse > qui étaient restées, un grand nombre d’années, enfermées dans les mâchoires. Des gens peu exercés auraient pris cet exemple comme une troisième dentition ,
Si les anciens anatomistes avaient eu des notions plus vraies de la formation des dents , et des bizarreries de la nature , touchant les époques variables de leur sortie , ils n’auraient point copié les uns sur les autres les fables d’Euriphie, d’Euryptolême , de Pyrrhus, etc.g
il 5
gu’on dit n’aroir eu qu’une dent, occupant toute la mâchoire (i).
Qu’opposerons-nous à ceux qui nous assurent qu’une des filles de Dlithridate avait deux rangées de dents , et qu’il en était de même de Thimachus? Que répondre encore à ceux qui nous dirent que trois rangées armaient les mâchoires d’Hercule , ainsi que celles d’un des enfans de l’anatomiste Colomb ? Nous répondrons qu’on verrait encore ces phénomènes se reproduire, si les dentistes n’avaient l’attention de faire à teins révulsion des dents temporaires, dont les racines ne se trouvent pas entièrement, ou même du tout absorîjées, lors de la sortie de celles de remplacement, Car si l’on n’en agit ainsi, celles-ci viennent tantôt en dedans , tantôt en dehors ; ce qui présente réellement un nombre extraordinaire
(î) Ne serait ~ il pas même possible que le texte des anciens eût êtê défiguré par les traducteurs ? Ainsi Fes tus appelle Prussias , Monodous r n ayant qu’une dent à la mâchoire supérieure , mais il ne dit pas que cette dent occupait toute cette mâchoire. Nous ne voyons, hélas! aujourd’hui que trop de personnes auxquelles il n’en reste pas davantage. Au reste , le tartre amassé sur les dents par défaut de soin , les réunit par fois tellement, que des gens peu attentifs pourraient bien croire encore qu’elles ne forment qu’un seul et même corps.