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THÉORIE DES MURS DE SOUTÈNEMENT

§ 80 Remarques générales.

Avant que la théorie de la poussée des terres ait été basée sur des principes en partie rationnels, on se contentait, pour le calcul des murs de soutènement, de formules empiriques qui tenaient incomplètement et inexactement compte des forces appliquées au mur : ces formules étaient établies de manière à donner, dans les cas ordinaires d'application, des dimensions sanctionnées par Texpérience. Telle est en particulier la formule de Vauban. Mais, à raison de leur origine, de semblables formules ne sont applicables qu^eetpe des limites restreintes et donnent en dehors de cçs limites tes résulr> tats les plus contradictoires. Leur plus grave dé&ut e&t cdui-^i : elles devraient donner Tépaisseur du mur en fonction de sa hauteur et de la hauteur des terres à soutenir ; or, elles donnent un nombre simplement proportionnel à la hauteur des terres à soutenir. De la sorte, s'il existe un très-haut massif derrière le mur (ca^ fréquent dans les chemins de fer), on obtient des dimensions énonnas»^ et si la hauteur du massif est infinie, on trouve une épaisseur infinie. Il est cependant évident que la hauteur et le fruit extérieur du mur restant les mêmes, l'iiugmentation du massif de terre a relativement peu d'importance, et que la poussée du massif contre le mur a toujours une valeur finie, quand même il soutiendrait le pied d'une montagne indéfinie.

Coulomb ayant découvert les bases véritables de la théorie de la poussée des terres, plusieurs auteurs ont établi des formules rationnelles pour les murs de soutènement ; fondées sur les vrais prin-

cipes, elles devraient . dépasser les étroites limites des formules précédentes et demeurer applicables à tous les cas possibles. Malheureusement il n'en est pas ainsi. J'ai reconnu que les formules dites rationnelles, dont l'énoncé m'était connu, ne donnent des dimensions admissibles que dans certaines limites que les auteurs ont d'ailleurs négligé d'indiquer ; en dehors de ces limites, leur application peut exposer à de graves mécomptes. Les murs de soutènement ont un rôle trop important dans la fortification et dans les travaux de chemins de fer pour qu'il ne soit pas intéressant de rectifier ces formules.

§ 81. Critique de la théorie de Poncelet et de Moseley.

Il ne s'agit point ici de discuter toutes les formules connues relatives aux murs de soutènement. Je me bgrnerai à montrer les erreurs que contient le traité de M. Poncelet sur la stabilité des revêtements et de leurs fondations (Mémorial de l'officier du génie, n° 19, 1838). Cette démonstration n'a pas moins d'importance que Fig. 132. l'établissement de formules nouvelles,

I car M. Poncelet jouit d'une si grande autorité, que beaucoup de constructeurs ne se donnent pas la peine de contrôler par eux-mêmes sa théorie, admettent ses résujtats comme incontestables et les appliquent sans aucune I inquiétude.

Considérons le cas général où un I massif BCIEF, limité à un terre-plein supérieur horizontal EF et à un talus d'inclinaison quelconque- EIG, s'appuie contre la face postérieure verticale d'un mur ABCD (fig. 432).

M. Poncelet commence par négliger le frottement du massif contre le parement postérieur BC et admet ainsi que la pression se développe normîdement à cette face. Or, dans la pratique, la paroi BC est moins polie ou plus rugueuse .que ne l'est une section de Tintérieur du massif de terre ; dans ce cas, évidemment, la paroi BC ne peut ag-fr autrement que ?i elle était une section du massif de terre;

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