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SYPHILIS DES BRONCHES

taient des signes stéthoscopiques (ronchus et sibilants disséminés). Ces signes persistèrent pendant plusieurs jours avec une certaine fixité et ne disparurent sous l’influence du traitement spécifique qu’avec une lenteur parallèle à celle de l’érythème tertiaire, dont on connaît la ténacité habituelle.

II. La gomme bronchique n’a rien anatomiquement qui lui soit particulier. Elle ressemble de tous points à la gomme trachéale.

Je ne connais pas d’observation de gommes bronchiques isolées. A priori , s’il en existe, leurs conséquences sont certainement moins graves que celles des gommes de la trachée. Ici, en effet, l’obstruction ne porte préjudice qu'à une partie très restreinte du champ de l’hématose, puisque la bronche, à moins d’être une bronche tronculaire, ne commande qu’à un territoire limité du poumon. De telles gommes ne peuvent provoquer l’asphyxie. Elles peuvent cependant amener des hémoptysies graves, car elles ulcèrent la paroi, et rien n’empêche qu’elles ulcèrent les artères qui accompagnent le conduit aérien.

III. La syphilose scléro-gommeuse est la forme ordinaire de la syphilis bronchique. Son histoire est absolument calquée sur celle de la syphilis scléro-gommeuse Irachéale à qui elle est presque toujours associée. En pareil cas, les phénomènes trachéaux prédominent et les phénomènes bronchiques passent entièrement au second plan.

Il arrive cependant que la syphilose scléro-gommeuse soit localisée aux bronches.

Dans ce cas, si la lésion est unilatérale, elle se traduit à l’auscultation par une diminution du murmure vésiculaire dans le territoire correspondant, pour peu que la bronche soit suffisamment rétrécie.

La lésion bronchique est souvent bilatérale et affecte un siège de prédilection qui est la région initiale des deux grosses bronches. Ainsi, dans l'observation de Favraud (1), une femme de soixantetreize ans, atteinte de syphilis tertiaire du nez et de l’arrière-gorge, présentait un cornage très marqué avec tirage sus-sternal et susclaviculaire. Elle mourut d’asphyxie. A l’autopsie, on trouva un rétrécissement annulaire intéressant les bronches gauche et droite à leur point d’origine, sur une longueur de 5 à 6 millimètres, et transformant le conduit en un cylindre à lumière étroite et à parois fibreuses.

Rolleston et Ogle (2) ont relaté également trois observations de

(1) Favraud, Rétrécissement syphilitique des bronches. Journ. de Médecine de Bordeaux, 31 mai 1891.

(2) Rolleston et Ogle, Sténose syphilitique des deux bronches. Société clinique de Londres, 14 avril 1899, in Presse médicale , 15 juillet 1899, p. 19.

SYPIIILOSE SCLÉRO-GOMMEUSE.

rétrécissement syphilitique des deux bronches. La première se rapporte à une femme de vingt-cinq ans qui avait une toux continuelle ■et une respiration sifflante sans altération de la voix. La malade étant morte d’une pneumonie, on trouva, à l’autopsie, de la sclérose des poumons ; les plèvres étaient épaissies ; les deux bronches présentaient un rétrécissement au-dessous duquel elles étaient dilatées. Le foie était également affecté de lésions syphilitiques.

Le second cas est identique. Il s’agissait d’un jeune homme de vingt-neuf ans sur lequel on trouva en outre, à l’autopsie, des ulcérations bronchiques et des gommes testiculaires.

Le troisième cas était compliqué de perforation du voile du palais.

Le diagnostic est généralement difficile. Nous en avons déjà parlé au moment de la syphilis trachéale. Il faut, comme pour la trachée, établir d’abord le diagnostic du siège de l’obstacle, et, secondement, en chercher la cause.

Gerhardt a donné comme signes de la sténose trachéo-bronchique l’enfoncement inspiratoire des cartilages costaux du côté malade, la diminution de l’ampliation thoracique de ce même côté et l’exagération des vibrations thoraciques.

Pour différencier le rétrécissement trachéal du rétrécissement laryngé , Gerhardt a indiqué que, si le rétrécissement occupe le larynx, le malade, pour faciliter la respiration renverse la tête en arrière, tandis qu’il la rapproche du menton, lorsqu’il est atteint d’une sténose trachéale, afin de détendre la trachée et d’élargir le conduit rétréci. De plus, lorsqu’on applique les doigts au niveau de l’échancrure sternale, on perçoit, en cas de rétrécissement laryngé, aux deux temps de la respiration et toujours avec prédominance à l’inspiration, un bruit strident qui est remplacé, lorsqu’il s’agit d’un rétrécissement de la trachée, par un frémissement exclusivement expiratoire (1).

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